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Créé le 07 juin 1998
ANAEROBIOSPIRILLUM
Voir aussi le fichier: ¤ Succinivibrionaceae.
Systématique
En 1976 Davis et al. isolent de la gorge et du caecum de chiens Beagle, trois souches de bactéries anaérobies, à Gram négatif, spiralées, mobiles grâce à une ciliature lophotriche et amphitriche et ils proposent de placer ces bactéries dans le nouveau genre Anaerobiospirillum avec la dénomination de Anaerobiospirillum succiniciproducens. En 1980, ces nomenclatures ont été incluses dans les Approved Lists of Bacterial Names.
La détermination du G + C p. cent, les études d’homologie ADN-ADN et les caractères phénotypiques montrent que les souches de Anaerobiospirillum-like constituent une nouvelle espèce, pour laquelle Malnick valide la nomenclature de Anaerobiospirillum thomasii.
En 2002, Misawa et al. décrivent deux souches de Anaerobiospirillum sp., les souches B0101 et 3J102, isolées d'une chienne âgée de deux mois. Le profil électrophorétique des protéines et l'étude des séquences des ARNr 16 suggèrent que ces deux souches constituent une nouvelle espèce du genre Anaerobiospirillum.
L'étude des séquences des ARNr 16S montrent que Anaerobiospirillum succiniciproducens et Anaerobiospirillum thomasii appartiennent à la classe des ¤ Gammaproteobacteria (phylum des ¤ "Proteobacteria", domaine ou empire des "Bacteria ou des "Eubacteria") et qu'elles sont apparentées à Succinivibrio dextrinosolvens et à Ruminobacter amylophilus. En 1999, Hippe et al. placent le genre Anaerobiospirillum dans la famille des ¤ Succinivibrionaceae.
Caractères bactériologiques
Anaerobiospirillum succiniciproducens et Anaerobiospirillum thomasii Le genre Anaerobiospirillum (Anaerobiospirillum succiniciproducens et Anaerobiospirillum thomasii) est constitué par des bacilles à Gram négatif, non sporulés, de forme hélicoïdale, de 0,6 à 0,8 mm de diamètre sur 3 à 15 mm de longueur (mais la longueur peut parfois atteindre 32 µm), mobiles grâce à une touffe de flagelles (au nombre d'environ 16) insérée à chacune des extrémités de la cellule, anaérobies strictes, catalase négative ou très faiblement positive, oxydase et nitrate réductase négatives, lipase négative, n’hydrolysant ni l’esculine ni la gélatine ni l’hippurate ni l’urée, à métabolisme fermentatif, fermentant le glucose en produisant de l'acide succinique, de l'acide acétique et, en faible quantité, de l'acide lactique et de l'acide formique.
Un caractère positif est obtenu pour les tests leucine arylamidase, N-acétyl-bêta-glucosaminidase, acidification du galactose, du glucose et du maltose.
La culture nécessite des milieux riches, spécialement développés pour les bactéries anaérobies et additionnés de sang de cheval. Après 3 jours d'incubation en anaérobiose, les colonies ont un diamètre de 0,5 à 1 mm, elles sont circulaires, convexes et translucides. La température optimale de croissance est comprise entre 37 et 42 °C. Aucune culture n'est obtenue à moins de 33 °C ou à plus de 44 °C. Les principaux caractères permettant de différencier Anaerobiospirillum succiniciproducens et Anaerobiospirillum thomasii figurent dans le tableau I. Espèces innomées
Les souches B0101 et 3J102, présentent la majorité des caractéristiques décrites ci-dessus, même si quelques caractères n'ont pas été étudiés (leucine arylamidase, N-acétyl-bêta-glucosaminidase, estérase (C-4), estérase-lipase (C-8), lipase (C-14), valine arylamidase, cystine arylamidase, trypsine, chymotrypsine, phosphohydrolase, alpha-galactosidase, bêta-glucuronidase, bêta-glucosidase, alpha-mannosidase, alpha-fucosidase, acidification du cellobiose, du galactose, du maltose, du mannitol, de la salicine, du sorbitol et du tréhalose).
Seuls les caractères morphologiques et structuraux ont été étudiés pour les souches de Anaerobiospirillum spp. mises en évidence par De Cock et al. dans l'intestin du chat et les caractères décrits ci-dessus pour Anaerobiospirillum succiniciproducens et Anaerobiospirillum thomasii ne concernent donc pas ces souches.
Habitat et pouvoir pathogène
L’habitat semble être constitué par l’intestin du chien et du chat. Anaerobiospirillum succiniciproducens et Anaerobiospirillum thomasii seraient des hôtes normaux de la flore intestinale et elles sont dépourvues de pouvoir pathogène pour les carnivores.
Anaerobiospirillum succiniciproducens et Anaerobiospirillum thomasii ne font pas partie de la flore du tube digestif de l’homme, mais elles sont susceptibles de provoquer des diarrhées (Anaerobiospirillum succiniciproducens, Anaerobiospirillum thomasii) ou des septicémies (Anaerobiospirillum succiniciproducens) chez les sujets affaiblis (alcoolisme, athérome, cancers, diabète sucré, syndrome d'immunodéficience acquise, mauvaise dentition, intervention chirurgicale récente). Chez l’homme, la contamination se ferait par voie orale car la septicémie est souvent précédée ou accompagnée de troubles gastro-intestinaux, mais elle pourrait également résulter de la contamination d’une plaie. En effet, dans un cas de septicémie, la contamination semble avoir pour origine une plaie souillée par de l’eau de mer dans laquelle la bactérie serait capable de survivre.
Les infections à Anaerobiospirillum sont peut-être sous-estimées car elles ne sont pas recherchées en routine par tous les laboratoires et leur diagnostic est difficile.
Diagnostic bactériologique
Le diagnostic bactériologique est difficile pour de nombreuses raisons :
L'isolement du germe au sein d'une flore complexe nécessite l'utilisation d'un milieu sélectif mis au point par Malnick et al. Ce milieu contient 2500 UI/L de polymyxine, 20 mg/L de vancomycine, 100 mg/L de sulfaméthoxazole, 250 mg/L de bleu Victoria et 50 mL/L de sang de cheval lysé par la saponine. Sur ce milieu, les colonies ont un aspect caractéristique car elles ont une couleur bleu foncé alors que les autres bactéries capables de se développer donnent des colonies soit bleu pâle (Lactobacillus sp.) soit blanches (Enterobacteriaceae) soit grises (Desulfovibrio sp.).
Les caractères permettant un diagnostic différentiel entre Anaerobiospirillum succiniciproducens et Anaerobiospirillum thomasii sont donnés dans le tableau I.
Sensibilité aux antibiotiques
La sensibilité aux antibiotiques n'a été évaluée que sur un nombre réduit de souches. Ces bactéries sont généralement sensibles à l'association amoxicilline-acide clavulanique, à la carbénicilline, à la céphalotine, à la céfoxitine, au chloramphénicol, à l'azythromycine, à la ciprofloxacine, à la gemifloxacine, à la trovafloxacine ou au chloramphénicol et résistantes à la céfalexine, à la vancomycine, à la clarithromycine, à la clindamycine, à la lincomycine, à la polymyxine B, au sulfaméthoxazole et à l'acide nalidixique.
Orientation bibliographique
DAVIS (C.P.), CLEVEN (D.), BROWN (J.) et BALISH (E.) : Anaerobiospirillum, a new genus of spiral-shaped bacteria. Int. J. Syst. Bacteriol., 1976, 26, 498-504. GOLDSTEIN (E.J.), CITRON (D.M.), VRENI MERRIAM (C.), TYRRELL (K.) et WARREN (Y.) : Activities of gemifloxacin (SB 265805, LB20304) compared to those of other oral antimicrobial agents against unusual anaerobes. Antimicrob. Agents Chemother., 1999, 43, 2726-2730. HIPPE (H.), HAGELSTEIN (A.), KRAMER (I.), SWIDERSKI (J.) et STACKEBRANDT (E.) : Phylogenetic analysis of Formivibrio citricus, Propionivibrio dicarboxylicus, Anaerobiospirillum thomasii, Succinimonas amylolytica and Succinivibrio dextrinosolvens and proposal of Succinivibrionaceae fam. nov. Int. J. Syst. Bacteriol., 1999, 49, 779-782. MALNICK (H.) : Anaerobiospirillum thomasii sp. nov., an anaerobic spiral bacterium isolated from the feces of cats and dogs and from diarrheal feces of humans, and emendation of the genus Anaerobiospirillum. Int. J. Syst. Bacteriol., 1997, 47, 381-384. MALNICK (H.) : Genus II. Anaerobiospirillum Davis, Cleven, Brown and Balish 1976, 503AL emend. Malnick 1997, 383. In : D.J. BRENNER, N.R. KRIEG, J.T. STALEY and G. M. GARRITY (eds), Bergey’s Manual of Systematic Bacteriology, second edition, vol. 2 (The Proteobacteria), part B (The Gammaproteobacteria), Springer, New York, 2005, pp. 582-583. MALNICK (H.), THOMAS (M.), LOTAY (H.) et ROBBINS (M.) : Anaerobiospirillum species isolated from humans with diarrhoea. J. Clin. Pathol., 1983, 36, 1097-1101. MALNICK (H.), WILLIAMS (K.), PHIL-EBOSIE (J.) et LEVY (A.S.) : Description of a medium for isolating Anaerobiospirillum spp., a possible cause of zoonotic disease, from diarrheal feces and blood of humans and use of the medium in a survey of human, canine, and feline feces. J. Clin. Microbiol., 1990, 28, 1380-1384. MISAWA (N.), KAWASHIMA (K.), KONDO (F.), KUSHIMA (E.), KUSHIMA (K.) et VANDAMME (P.) : Isolation and characterization of Campylobacter, Helicobacter, and Anaerobiospirillum strains from a puppy with bloody diarrhea. Vet. Microbiol., 2002, 87, 353-364. RIFKIN (G.D.) et OPDYKE (J.E.) : Anaerobiospirillum succiniciproducens septicemia. J. Clin. Microbiol., 1981, 13, 811-813. TEE (W.), KORMAN (T.M.), WATERS (M.J.), MACPHEE (A.), JENNEY (A.), JOYCE (L.) et DYALL-SMITH (M.L.) : Three cases of Anaerobiospirillum succiniciproducens bacteremia confirmed by 16S rRNA gene sequencing. J. Clin. Microbiol., 1998, 36, 1209-1213. WECKE (J.) et HORBACH (I.) : Ultrastructural characterization of Anaerobiospirillum succiniciproducens and its differentiation from Campylobacter species. FEMS Microbiol. Lett., 1999, 170, 83-88. YUEN (K.Y.) et YUNG (W.H.) : A case report of Anaerobiospirillum causing septicemia. J. Infect. Dis. 1989, 159, 153-154.
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