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Créé le 05 août 2003
AURANTIMONAS, AURANTIMONAS CORALICIDA
Depuis 1973 (date de la description de la maladie de la bande noire), les coraux et notamment les scléractiniaires sont de plus en plus fréquemment victimes de maladies provoquant à la fois une diminution du nombre des coraux et une diminution de leur diversité. Des agents étiologiques ont été identifiés pour quelques maladies* mais, dans la majorité des cas, ils demeurent inconnus. En 1995, une équipe du "Florida Marine Research Institute" décrit une maladie des coraux vivant au large de la Floride à proximité d'îles appelées les clefs de la Floride ou Florida Keys (les Florida Keys comprennent des milliers de petites îles et de récifs de corail formant un archipel courbé s'étendant sur plusieurs centaines de kilomètres). L'épizootie atteint 17 espèces de scléractiniaires et notamment le corail étoile elliptique (Dichocoenia stokesi**). Les signes cliniques rappellent ceux de la peste blanche du corail (coral white plague) décrite dans les années 1970 et la maladie fut appelée "white plague type II" (peste blanche du type II).
Les examens bactériologiques, effectués sur une colonie malade, ont permis d'isoler la souche WP1, capable de reproduire la maladie chez des coraux sains. En se basant sur quelques caractères phénotypiques et sur la séquence de 300 paires de bases de l'ARNr 16S, la souche WP1 a été primitivement identifiée comme un représentant du genre Sphingomonas.
Le genre Aurantimonas, tel qu'il est défini par Denner et al., rassemble des bacilles à Gram négatif, non sporulés, strictement aérobies, catalase et oxydase positives, produisant un pigment intracellulaire caroténoïde. Ce genre se caractérise également par son ARNr 16S, son G + C p. cent, ses quinones, ses polyamines et ses acides gras. L'unique souche de Aurantimonas coralicida est constituée de bacilles à Gram négatif dont la morphologie évoque une corynébactérie ou un représentant du genre Arthrobacter, de 1,0 µm de diamètre sur 1,5 à 2,5 µm de longueur, mobiles grâce à une touffe de flagelles polaires, halophiles, nitrate réductase négative, non indologènes, ne produisant ni hydrogène sulfuré ni acétoïne.
Les principaux caractères biochimiques ont été étudiés en utilisant des galeries API 20E, API 20NE et API ZYM. L'inoculum est mis en suspension dans une eau déminéralisée contenant 40 g de NaCl par litre et la lecture est effectuée après 5 heures d'incubation pour les galeries API ZYM et jusqu'à 7 jours d'incubation pour les galeries API 20E et API 20NE.
La croissance (gélose trypticase soja, gélose trypticase soja au sang de mouton, milieu marine agar 2216) nécessite du NaCl à la concentration moyenne de 3,2 p. cent et elle est observée pour des températures de 28 et de 37 °C. Après 3 à 4 semaines d'incubation, une croissance est également observée à 4 °C. Aucune culture n'est obtenue à 45 °C ou sur un milieu de MacConkey.
Aurantimonas coralicida est responsable de la peste blanche de type II des coraux. La maladie débute à la base de la colonie puis elle progresse rapidement vers le sommet et elle peut conduire à la mort de toute la colonie. Des photographies de peste blanche de type II, affectant des colonies de Dichocoenia stokesi, sont disponibles sur les sites The Coral Disease Page (voir le fichier White Plague) et Florida Marine Research Institute (voir le fichier 2003 Coral Features).
Orientation bibliographique DENNER (E.B.M.), SMITH (G.W.), BUSSE (H.J.), SCHUMANN (P.), NARZT (T.), POLSON (S.W.), LUBITZ (W.) et RICHARDSON (L.L.) : Aurantimonas coralicida gen. nov., sp. nov., the causative agent of white plague type II on Caribbean scleractinian corals. Int. J. Syst. Evol. Microbiol., 2003, 53, 1115-1122. RICHARDSON (L.L.), GOLDBERG (W.M.), KUTA (K.G.), ARONSON (R.B.), SMITH (G.W.), RITCHIE (K.B.), HALAS (J.C.), FEINGOLD (J.S.) et MILLER (S.L.) : Florida's mystery coral-killer identified. Nature, 1998, 392, 557-558.
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Des agents étiologiques ont été identifiés pour sept maladies : Aspergillus sydowii responsable de la "sea fan disease", Aurantimonas coralicida à l'origine de la peste blanche de type II du corail (coral white plague type II), des cyanobactéries provoquant la maladie de la bande noire (black band disease), ¤ Serratia marcescens subsp. marcescens responsable de la maladie des taches blanches (white pox) de l'espèce Acropora palmata, ¤ Thalassomonas loyana responsable de la peste blanche de l'espèce Favia favus, ¤ Vibrio mediterranei à l'origine du blanchiment des coraux (coral bleaching) de l'espèce Oculina patagonica et ¤ Vibrio coralliilyticus responsable du blanchiment des coraux de l'espèce Pocillopora damicornis.
Classification de Dichocoenia stokesi (corail étoile elliptique) d'après le NCBI Taxonomy Browser : Eukaryota ; Fungi/Metazoa group ; Metazoa ; Eumetazoa ; Cnidaria ; Anthozoa ; Zoantharia ; Scleractinia ; Faviina ; Meandrinidae ; Dichocoenia ; Dichocoenia stokesi. Pour une photographie de Dichocoenia stokesi, voir le fichier Dichocoenia stokesi sur le site Florida Marine Research Institute. Pour des informations scientifiques sur l'ordre des Scléractiniaires, voir la page Scleractinia sur le site Invertébrés protégés et/ou menacés en France (Laboratoire de Biologie des Invertébrés Marins et Malacologie, Muséum National d'Histoire Naturelle).
La souche SI85-I9A1 (une souche d'origine marine capable d'oxyder le manganèse), la souche Eplume 4.J1 (isolée des eaux du Pacifique) et la souche R7951 (isolée de l'eau de mer dans l'Arctique).
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