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Créé le 26 janvier 2005
AVIBACTERIUM
Autres dénominations :
Voir aussi le fichier : ¤ Pasteurellaceae, Pasteurellales.
Avertissement :
Introduction
Les représentants de la famille des Pasteurellaceae sont isolés chez de nombreuses espèces d'oiseaux appartenant à 10 ordres différents : Anseriformes, Ciconiiformes, Charadriiformes, Columbiformes, Falconiformes, Galliformes, Gaviiformes, Passeriformes, Psittaciformes et Ratitae.
Les analyses basées sur les séquences des ARNr 16S montrent que ces taxons sont répartis dans six groupes phylogénétiques :
Le groupe "Avian" = "Groupes 3A et 3D de Dewhirst et al." = "avian 16S rRNA cluster 18 de Olsen et al." est quantitativement le plus important. Dans la suite du texte, nous désignerons ce groupe sous le nom de "groupe 18".
Haemophilus paragallinarum, "Pasteurella species A", Pasteurella avium, Pasteurella gallinarum, Pasteurella volantium ont fait l'objet d'une étude phénotypique et génotypique dont les résultats conduisent Blackall et al. à proposer le nouveau genre Avibacterium.
Systématique
En 2005, Blackall et al. publient un article consacré à la taxonomie de cinq espèces du "groupe 18", quatre espèces dont les nomenclatures sont validement publiées (Haemophilus paragallinarum, Pasteurella avium, Pasteurella gallinarum et Pasteurella volantium) et une espèce encore innomée ("Pasteurella species A"). Ultérieurement, Bisgaard et al. proposeront une sixième espèce, Avibacterium endocarditidis. Haemophilus paragallinarum En 1931, Blieck propose le nom de "Bacillus haemoglobinophilus coryzae gallinarum" pour des souches responsables du coryza infectieux aviaire. En 1934, Deplane, Erwin et Stuart renomment cette bactérie "Hemophilus (sic) gallinarum". La culture des souches de "Haemophilus (corrig.) gallinarum" semblait requérir la présence du facteur X (hémine) et du facteur V (NAD). En 1962, Page isole des souches responsables du coryza aviaire, mais n'exigeant pas le facteur X. En 1969, Biberstein et White placent ces souches dans la nouvelle espèce Haemophilus paragallinarum.
À l'exception de l'exigence en facteur X, les caractères bactériologiques et le pouvoir pathogène de "Haemophilus gallinarum" et de Haemophilus paragallinarum sont identiques. Les techniques de mise en évidence de l'exigeance en NAD et en hémine, telles qu'elles étaient disponibles dans les années 1930, n'étaient pas fiables. Avec les techniques actuelles, toutes les souches isolées de coryza aviaire depuis le début des années 1960 se révèlent X-indépendantes. Aucune des souches originales, qualifiées de "Haemophilus gallinarum", n'est actuellement disponible, mais il est fort probable qu'elles soient identiques à Haemophilus paragallinarum. Aussi, en 1980, les Approved Lists of Bacterial Names ne retiennent que la nomenclature de Haemophilus paragallinarum.
À partir de 1992, des souches de Haemophilus paragallinarum du sérogroupe A, non exigeantes en facteur V, ont été isolées en Afrique du Sud. En 2004, des souches similaires ont été identifiées au Mexique. Selon la terminologie de Mutters et al., les souches "classiques" (NAD-dépendantes) constituent le biovar 1 et les souches NAD-indépendantes sont classées dans le biovar 2. Les hybridations ADN-ADN, effectuées sur la souche type de Haemophilus paragallinarum (la souche NCTC 11296) et sur la souche SA4461 du biovar 2, révèlent un pourcentage d'homologie de 89 p. cent. Ces deux souches appartiennent donc à une unique genomospecies (voir le fichier ¤ "Définitions d'une genomospecies et d'une espèce bactérienne"). Les ARNr 16S de la souche NCTC 11296 et de la souche SA7177 du biovar 2, présentent 97,7 p. cent d'homologie. De plus, les souches du biovar 2 sont typables dans le schéma de Page (Cf. infra) et un test de PCR, spécifique des souches de Haemophilus paragallinarum, permet d'identifier les cultures du biovar 2. L'ensemble de ces données permet de conclure que les souches du biovar 1 et les souches du biovar 2 appartiennent à une unique espèce. Il est intéressant de remarquer que l'indépendance en facteur V de la souche ATCC 27722 de Haemophilus ducreyi est codée par un unique gène, le gène nadV, porté par le plasmide pNAD1. L'introduction de ce plasmide dans une souche de Haemophilus influenzae ou de ¤ Actinobacillus pleuropneumoniae confère à ces souches un caractère NAD-indépendant. Les travaux de Bragg et al. ont montré que le transfert d'un plasmide présent chez une souche NAD-indépendante de Haemophilus paragallinarum permettait à une souche NAD dépendante de croître en l'absence de NAD. Même si le ou les gènes plasmidiques n'ont pas été identifiés, les travaux effectués sur Haemophilus ducreyi suggèrent que seule une petite partie du génome est responsable de l'indépendance vis-à-vis du NAD, ce qui explique qu'une même genomospecies puisse rassembler des souches NAD-dépendantes et NAD-indépendantes. Pasteurella (Haemophilus) avium, Pasteurella species A, Pasteurella volantium La nomenclature de Haemophilus avium (souche type ATCC 29546), proposée par Hinz et Kunjara en 1977, a été incluse dans les Approved Lists.
En janvier 1985, Mutters et al. montrent que les souches de Haemophilus avium se répartissent en trois genomospecies et qu'elles sont plus proches de Pasteurella multocida (espèce type du genre Pasteurella) que de Haemophilus influenzae (espèce type du genre Haemophilus). Les trois genomospecies sont identifiables par leurs caractères phénotypiques et Mutters et al. proposent les modifications présentées ci-dessous.
Pasteurella gallinarum Pasteurella gallinarum est la nomenclature proposée en 1955 par Hall, Heddleston, Legenhausen et Hughes pour des souches isolées de poulets souffrant de choléra chronique. En 1980, cette appellation sera incluse dans les Approved Lists.
Outre les volailles, des souches qualifiées de Pasteurella gallinarum ont été isolées de l'homme, du chien, du porc, du cobaye et du rat.
Publication valide du genre Avibacterium
L'étude des ARNr 16S de cinq souches de Haemophilus paragallinarum (la souche type de l'espèce, une souche du biovar 1 sérogroupe A, une souche du biovar 1 sérogroupe B, une souche du biovar 1 sérogroupe C et une souche du sérogroupe A biovar 2) montre que les homologies de séquence sont d'au moins 97,7 p. cent.
Une analyse phylogénétique montre que le sous-groupe formé par Haemophilus paragallinarum, Pasteurella avium, Pasteurella gallinarum, Pasteurella volantium et "Pasteurella species A" est monophylétique. Les caractères bactériologiques de ce sous-groupe et des espèces qui le constituent permettent une identification phénotypique. Aussi, le 11 janvier 2005, Blackall et al. valident la publication de cinq nouvelles nomenclatures : Avibacterium (espèce type Avibacterium gallinarum), Avibacterium avium (basonyme Haemophilus avium, autre synonyme homotypique Pasteurella avium), Avibacterium gallinarum (basonyme Pasteurella gallinarum), Avibacterium paragallinarum (basonyme Haemophilus paragallinarum) et Avibacterium volantium (basonyme Pasteurella volantium).
Avibacterium endocarditidis La nomenclature de Avibacterium endocarditidis a été validement publiée le 06 décembre 2007 pour 27 souches isolées de poules appartenant à un même élevage. Ces souches, initialement incluses dans le taxon 50 de Bisgaard, présentent les caractères phénotypiques du genre Avibacterium. L'électrophorèse en champ pulsé (digestion de l'ADN par les enzymes SmaI et XbaI) montre que toutes les souches présentent le même électrophorétype. L'analyse des séquences des ARNr 16S révèle que le taxon le plus proches est la souche Modesto du sérogroupe C de Avibacterium paragallinarum. L'étude des séquences du gène recN (voir Proposed minimal standards for the description of genera, species and subspecies of the Pasteurellaceae. Int. J. Syst. Evol. Microbiol., 2007, 57, 166-178) montre que les pourcentages d'homologie obtenus avec les autres espèce du genre Avibacterium est au maximum de 85. Les 27 souches peuvent être différenciées des autres espèces du genre ce qui permet à Bisgaard et al. de décrire une nouvelle espèce, Avibacterium endocarditidis.
Caractères bactériologiques
Genre Avibacterium Les souches du genre Avibacterium sont constituées de bactéries à Gram négatif, bacillaires ou polymorphes, se présentant de manière isolée ou groupées par deux ou en courtes chaînes, immobiles, non sporulées, aéro-anaérobies ou micro-aérophiles, oxydase positive, réduisant les nitrates en nitrites, acidifiant le glucose sans production de gaz. . Une réponse positive est obtenue avec les tests acidification du D-fructose, du D-mannose et du saccharose. . Une réponse négative est notée pour les tests alpha-galactosidase, bêta-glucosidase, bêta-glucuronidase, alpha-fucosidase, alpha-mannosidase, bêta-xylosidase, acidification de l'adonitol, de l'amygdaline, de l'arbutine, du cellobiose, du dulcitol, de l'esculine, de l'inuline, du m-érythritol, du D-fucose, du gentiobiose, du D-glycogène, du D-mélibiose, du D-mélézitose, du L-rhamnose, de la salicine, du L-sorbose, du D-turanose et du L-xylose. . Une réponse variable est observée pour les tests catalase, phosphatase, ADH, LDC, ODC, ONPG, PNPG ( p-nitrophenyl-bêta-D-galactopyranoside), VP, RM, uréase, indole, phénylalanine désaminase, production d'hydrogène sulfuré (milieu TSI), citrate de Simmons, croissance en présence de KCN, acidification du mucate, croissance sur un milieu au malonate, gélatinase, hydrolyse du Tween 20, hydrolyse du Tween 80, acidification du D-arabinose, du L-arabinose, du D-arabitol, de la dextrine, du L-fucose, du D-galactose, du glycérol, du m-inositol, du lactose, du maltose, du D-mannitol, du D-ribose, du D-sorbitol, du tréhalose, du raffinose, du xylitol et du D-xylose.
. Les Avibacterium sp. sont des bactéries mésophiles, incapables de croître sur une gélose de MacConkey, pouvant exiger le facteur V mais cultivant sans adjonction d'hémine (réponse positive au test à la porphyrine*).
Les caractères permettant de différencier le genre Avibacterium des autres genres de la famille des Pasteurellaceae sont donnés dans le tableau I. Avibacterium avium Les souches de Avibacterium avium exigent le facteur V, elles sont catalase positive, phosphatase positive, D-galactose positive, tréhalose positive et ONPG négative. Elles donnent une réponse négative pour l'acidification du D-arabinose, du L-arabinose, du m-inositol, du lactose, du maltose, du D-mannitol et du D-sorbitol. L'acidification du D-xylose est variable selon les souches. D'autres caractères sont donnés dans le tableau II. Avibacterium endocarditidis Les souches de Avibacterium endocarditidis n'exigent pas le facteur V. Sur une gélose au sang de bovins, les colonies sont circulaires, à contour régulier, légèrement surélevées, lisses, brillantes ou opaques, non hémolytiques et leur diamètre est compris entre 1 et 1,5 mm après 24 heures d'incubation à 37 °C. Une réponse positive est notée pour les tests catalase, bêta-galactosidase, alpha-glucosidase, assimilation (API 20NE) du glucose, du mannose, du mannitol, de la N-actétylglucosamine, du maltose, du gluconate et du malate. Une réponse négative est obtenue pour les tests citrate de simmons, VP, RM, uréase, ADH, LDC, ODC, TDA, indole, gélatinase, production d'hydrogène sulfuré (milieu TSI), hydrolyse du Tween 20, hydrolyse du Tween 80, mucate, malonate, croissance dans un bouillon au KCN, assimilation de l'arabinose, du caprate, de l'adipate et du phénylacétate. D'autres caractères sont donnés dans le tableau II. Avibacterium gallinarum Outre les caractères du genre Avibacterium, les souches de Avibacterium gallinarum sont catalase et phosphatase positives, elles acidifient la dextrine, le D-galactose, le maltose, le D-ribose et le tréhalose, elles n'acidifient ni le L-arabinose ni le D-mannitol ni le D-sorbitol. Une réponse variable est notée avec les tests ONPG, acidification du D-arabinose, du D-arabitol, du L-fucose, du glycérol, du m-inositol, du lactose, du raffinose et du D-xylose. Avibacterium gallinarum n'exige pas le facteur V, sa croissance est généralement stimulée par la présence de 5 à 10 p. cent de dioxyde de carbone et la plupart des souches donnent des colonies de couleur jaune grisâtre. D'autres caractères sont donnés dans le tableau II. Avibacterium paragallinarum
Avibacterium paragallinarum rassemble des souches parfois capsulées, agglutinant les hématies de poulets, catalase négative et ONPG négative.
Avibacterium paragallinarum acidifie le D-mannitol et le D-sorbitol. En revanche, cette espèce donne une réponse négative pour l'acidification du D-arabinose, du L-arabinose, du D-arabitol, du D-galactose, du glycérol, du m-inositol, du lactose, du raffinose et du tréhalose.
Les souches du biovar 1 sont NAD-dépendantes alors que les souches du biovar 2 n'exigent pas le facteur V. La croissance de la très grande majorité des souches, au moins à l'isolement et lors des premiers repiquages, est stimulée par l'adjonction de 5 à 10 p. cent de dioxyde de carbone dans l'atmosphère d'incubation. La croissance est possible pour des températures variant entre 25 et 45 °C avec un optimum thermique compris entre 34 et 42 °C. La présence dans les milieux de culture de 1,0 à 1,5 p. cent de NaCl est essentielle pour la croissance. Quelques souches exigent également la présence de 1 p. cent de sérum de poulet.
D'autres caractères sont donnés dans le tableau II.
Par agglutination sur lame, Page sépare les souches de Avibacterium paragallinarum en trois sérogroupes, les sérogroupes A, B et C.
Il existe une corrélation entre les sérogroupes de Page et les sérogroupes de Kume et al. Aussi, en 1990, Blackall et al. unifient les deux schémas.
Des variants atypiques du sérogroupe A, non reconnus par un anticorps monoclonal spécifique de ce sérogroupe, ont été identifiés en Argentine et au Brésil.
Avibacterium volantium Avibacterium volantium rassemble des souches catalase, phosphatase et ONPG positives. Elles acidifient la dextrine, le D-galactose, le maltose, le mannitol, le D-ribose et le tréhalose. Le L-arabinose, le D-arabitol, le glycérol, le m-inositol et le raffinose ne sont pas acidifiés. L'acidification du D-arabinose, du L-fucose, du lactose, du D-sorbitol et du D-xylose est un caractère variable selon les souches. La croissance nécessite du NAD et quelques souches produisent un pigment jaunâtre. D'autres caractères sont donnés dans le tableau II.
Habitat et pouvoir pathogène
Avibacterium avium, Avibacterium gallinarum, Avibacterium volantium, "Avibacterium species A"
Avibacterium avium, Avibacterium volantium et "Avibacterium species A" sont considérés comme des micro-organismes faisant partie de la flore normale des poulets.
Avibacterium gallinarum est considéré comme une bactérie pathogène opportuniste, capable de provoquer des troubles en association avec des mycoplasmes ou des virus. L'habitat de ce germe n'est pas connu avec certitude et, à l'exception d'une souche isolée chez un canard, Avibacterium gallinarum n'est pas présent dans l'appareil respiratoire des oiseaux sains.
Avibacterium endocarditidis Les souches de Avibacterium endocarditidis ont été isolées en 2004 de 22 poules adultes élevées au Danemark et appartenant à un même élevage. Vingt souches ont été isolées des valvules cardiaques d'animaux atteints d'endocardite. Quatre souches ont pour origine le foie et la rate de deux oiseaux atteints d'endocardite, deux souches ont été isolées de lésions d'arthrite et une souche a été isolée d'un animal présentant une péricardite (mais pas d'endocardite). Avibacterium paragallinarum
L'espèce la plus importante en médecine vétérinaire est Avibacterium paragallinarum qui est l'agent du coryza infectieux aviaire, également connu sous le nom maintenant impropre de hémophilose aviaire. Cette maladie a une répartition mondiale, notamment dans les pays où l'élevage est intensif.
Cliniquement, le coryza infectieux a été décrit chez le faisan, la pintade et la caille, mais seuls les oiseaux de l'espèce Gallus gallus ont permis d'isoler Avibacterium paragallinarum. Il semble donc qu'il faille prendre avec une certaine prudence, les cas décrits chez les oiseaux autres que le poulet. Expérimentalement, le canard, la corneille, la dinde, le moineau et le pigeon sont réfractaires à l'infection et il en va de même pour le cobaye, le lapin et la souris.
Les poulets porteurs sains et infectés chroniques sont les réservoirs de germes. Après une période d'incubation de 24 à 72 heures, en l'absence de complications bactériennes ou virales, les animaux réceptifs développent des signes cliniques évoluant sur une période de 2 à 3 semaines. Les animaux de tous âges sont sensibles, mais la maladie est moins sévère chez les oiseaux jeunes.
À l'autopsie, on note une inflammation catarrhale de la muqueuse nasale et des sinus, un œdème sous-cutané de la face et des lésions de conjonctivite. Les lésions de pneumonie ou d'aérosacculite sont plus rares, mais l'inflammation des sacs aériens peut être à l'origine de saisies importantes à l'abattoir (69,8 p. cent de carcasses saisies lors d'une épidémie survenue en Alabama).
Les facteurs de pathogénicité sont encore mal connus.
Diagnostic bactériologique
Genre Avibacterium
Même si toutes les souches n'exigent pasle facteur V, l'isolement des Avibacterium sp. doit être réalisé sur une gélose au sang contenant 1,6 à 25 µg/mL de NADH ou 20 à 100 µg/mL de NAD. Le facteur V peut également être apporté par une souche de staphylocoques ensemencée selon une strie longitudinale. La souche de staphylocoques, généralement une souche de Staphylococcus epidermidis, doit être préalablement testée pour sa production de NAD.
L'identification est difficile et repose sur les caractères culturaux et sur les caractères biochimiques. L'identification au niveau du genre est possible pour toutes les espèces à l'exception de Avibacterium paragallinarum qui ne peut être différenciée des ¤ Gallibacterium sp. qu'au niveau de l'espèce. Voir le tableau I et le tableau II. Avibacterium paragallinarum
Pour la recherche de Avibacterium paragallinarum, le jetage constitue un mauvais prélèvement et on lui préférera un écouvillonnage de l'exsudat présent dans les sinus après ouverture stérile. Les prélèvements doivent être ensemencés le plus rapidement possible car la culture est négative sur des prélèvements conservés 3 jours à 4 ou à -20 °C. Dans le milieu de transport de Amies, contenant du NAD et du sérum de poulet, les souches de Avibacterium paragallinarum restent viables 18 jours à 4 ou à 37 °C.
Une technique simple d'identification des souches NAD-dépendantes repose sur l'exigence en facteur V (croissance satellite autour d'une strie de staphylocoques), l'absence de catalase et l'inoculation expérimentale de la culture dans les sinus de poulets sains (apparition d'un coryza en 24 à 48 heures).
Les caractères permettant de différencier Avibacterium paragallinarum des autres espèces la famille des Pasteurellaceae et isolées chez les oiseaux sont donnés dans le tableau I. Pour distinguer Avibacterium paragallinarum de ¤ Gallibacterium anatis, il sera nécessaire de recourir aux caractères présentés dans le tableau II.
Le typage des souches dans le schéma de Page peut être réalisé dans des laboratoires spécialisés. Le typage selon la technique de Kume est difficile à réaliser et de ce fait moins utilisé.
Pour pallier la difficulté du diagnostic bactériologique classique, Chen et al. ont mis au point un test de PCR. Ce test, appelé HP-2 PCR, est rapide (environ 6 heures) et spécifique. Toutes les souches de Avibacterium paragallinarum testées (plus de 40 souches incluant des souches NAD-indépendantes, des variants atypiques du sérogroupe A et des souches atypiques du sérovar B) sont correctement identifiées alors qu'un résultat négatif est obtenu avec des souches de Avibacterium avium, Avibacterium volantium, "Avibacterium species A", et ¤ Ornithobacterium rhinotracheale.
Plusieurs test sérologiques ont été décrits, mais seuls des test d'inhibition de l'hémagglutination sont couramment utilisés car les techniques immuno-enzymatiques font appel à des anticorps monoclonaux non commercialisés.
Traitement et prophylaxie des infections à Avibacterium paragallinarum
Plusieurs antibiotiques sont actifs sur Avibacterium paragallinarum : sulfachloropyridazine, sulfadimidine, association chlortétracycline-sulfadiméthoxine, association sulfachloropyridazine-triméthoprime, érythromycine, oxytétracycline, association streptomycine-sulfamide.
Outre les mesures de prophylaxie sanitaire, notamment le respect des règles d'hygiène, la prophylaxie repose sur la vaccination.
Orientation bibliographique
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* : Besoins en facteurs X et V (d'après RENAUD (J.) et FRENEY (J.) : Haemophilus. In : J. FRENEY, F. RENAUD, W. HANSEN et C. BOLLET : Manuel de bactériologie clinique, 2ème édition, volume 3, Elsevier, collection Option Bio, Paris, 1994, pp. 1397-1419.) : La technique la plus simple consiste à ensemencer par inondation une gélose dépourvue de facteur X et V comme une gélose trypticase soja puis à placer (après séchage) des disques du commerce imprégnés des facteurs X ou V ou X+V. Les disques doivent être conservés dans des conditions rigoureuses car les facteurs de croissance sont instables. Le besoin en facteur V peut également s'étudier en utilisant une gélose dans laquelle on introduit, avant autoclavage, 5 à 10 p. cent de sang. Après autoclavage, le facteur X (thermostable) reste présent alors que le facteur V est détruit. Le facteur V sera alors apporté par une strie de staphylocoque (la croissance des staphylocoques apporte les facteurs X et V) ou d'entérocoque (la croissance des entérocoques apporte le facteur V mais pas le facteur X).
De nombreux milieux pouvant contenir de l'hémine (au moins à l'état de trace), le besoin en facteur X s'étudie de manière plus précise en ayant recours au test à la porphyrine.
** : Milieu sélectif de Terzolo et al.
Gélose Columbia contenant 7 p. cent de sang lysé de cheval, 5UI/mL de bacitracine, 5 µg/mL de cloxacilline et 20 µg/mL de vancomycine.
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