J.P. Euzéby : Dictionnaire de Bactériologie Vétérinaire

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Créé le 02 décembre 1999
Mise à jour : 21 novembre 2001

 

ATOPOBIUM FOSSOR

 

Autre dénomination : Eubacterium fossor.

 

Le genre Atopobium, décrit en 1992 et validement publié en 1993, a été proposé pour reclasser deux espèces du genres Lactobacillus (Lactobacillus minutus et Lactobacillus rimae) et une espèce du genre Streptococcus (Streptococcus parvulus). La création de ce genre repose sur le séquençage des ARNr 16S et les analyses phylogénétiques montrent qu'il appartient à la classe des ¤ Actinobacteria, à la sous-classe des Coriobacteridae, à l'ordre des Coriobacteriales et à la famille des Coriobacteriaceae. En 1999, deux nouvelles espèces, Atopobium fossor et Atopobium vaginae, ont été incorporées dans ce genre.

Le genre Atopobium rassemble des bactéries à Gram positif, de forme coccoïde ou bacillaire, anaérobies strictes et produisant principalement de l'acide lactique lors de la fermentation des sucres. À l'exception de Atopobium fossor, les Atopobium sp. sont des germes de l'homme, isolés de la gencive ou du vagin et qui peuvent être associés à diverses infections (abcès dentaires, abcès pelviens, plaies abdominales...).

Atopobium fossor a été décrit en 1986 sous la dénomination de Eubacterium fossor. Les caractères phénotypiques de cette espèce tendaient à la rapprocher du genre Actinomyces mais elle a été placée dans le genre Eubacterium en raison de la valeur de son G + C p. cent. Toutefois, la détermination de la séquence de l'ARNr 16S montre que cette bactérie est phylogénétiquement éloignée de Eubacterium limosum (espèce type du genre Eubacterium) et qu'elle mérite d'être incluse dans le genre Atopobium. La valeur du G + C p. cent (comprise entre 43 et 46) et les caractères phénotypiques sont compatibles avec ceux des Atopobium sp. aussi, en 1999, Kageyama et al. proposent la nouvelle combinaison de Atopobium fossor.

Les souches de Atopobium fossor se présentent sous la forme de cocco-bacilles ou de bacilles, de 0,3 mm de diamètre sur 0,5 à 0,9 mm de longueur, immobiles, présentant des pili polaires, non sporulés et détruits par un chauffage de 10 minutes à 80 °C, anaérobies strictes, catalase négative.

Toutes les souches acidifient le mannose (pH final de l’ordre de 5,07) et la plupart des souches acidifient faiblement le glucose (pH final de l’ordre de 5,85). L'adonitol, l'amidon, l'amygdaline, l'arabinose, le cellobiose, l'érythritol, l'esculine, le fructose, le glycogène, l'inositol, le lactose, le maltose, le mannitol, le mélézitose, le mélibiose, le raffinose, le rhamnose, le ribose, le saccharose, la salicine, le sorbitol, le tréhalose et le xylose ne sont pas fermentés.
Un résultat négatif est observé pour les tests réduction des nitrates, urée, indole, VP, liquéfaction de la gélatine, hydrolyse de l’amidon, hydrolyse de l’esculine, hydrolyse du Tween (Tween 20, Tween 40 et Tween 80), présence d’une lipase ou d’une lécithinase. Par contre, cette bactérie produit de l’hydrogène sulfuré révélé par la méthode du papier à l’acétate.

Les cultures doivent être incubées en anaérobiose stricte (10 p. cent d'hydrogène, 10 p. cent de dioxyde de carbone et 80 p. cent d'azote) car aucune croissance n'est observée dans une atmosphère contenant 0,07 p. cent d'oxygène.
Sur gélose au sang de mouton, les colonies obtenues en 24 heures sont minuscules et leur diamètre n’atteint 1 mm qu’après 48 heures d’incubation. Elles sont non hémolytiques, circulaires et elles s’enfoncent dans la gélose. Après 4 jours d’incubation, elles présentent une dépression centrale ou elles prennent un aspect en cible de tir (présence d’une série d’anneaux concentriques).
En bouillon (peptone, extraits de levure, glucose) enrichi en sérum ou en Tween 80, on observe un trouble uniforme et un fin dépôt granuleux.
La présence de bile, d'hémine, de vitamine K ou d'IsoVitalex n'a aucune influence sur le développement des cultures. En revanche, l'adjonction de 5 p. cent de sérum ou de 0,75 p. cent de Tween 80 stimule la croissance.

Atopobium fossor est un représentant normal de la flore orale et pharyngée du cheval. Cette espèce est également isolée d’abcès dentaires, d'abcès pharyngiens, d'abcès pulmonaires et de liquides pleuraux. Son pouvoir pathogène demeure incertain car l'isolement est toujours réalisé en association avec d'autres bactéries anaérobies ou aéro-anaérobies. Il n'est toutefois pas exclu que cette bactérie soit un germe pathogène opportuniste capable de participer au développement de lésions purulentes.

Atopobium fossor est sensible à la pénicilline, à l’ampicilline, à la carbénicilline, à la doxycycline, au chloramphénicol et à l’érythromycine.

 

Orientation bibliographique

 

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