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Créé le 31 mars 2003
ALLISONELLA, ALLISONELLA HISTAMINIFORMANS
Voir aussi le fichier ¤ Veillonellaceae.
Autre dénomination :
Remerciements : L'auteur remercie les professeurs J.P. Braun et F. Enjalbert (École Nationale Vétérinaire de Toulouse) pour leur aide concernant la biochimie et la nutrition animale.
Systématique
Il est bien connu qu'une baisse du pH ruminal s'accompagne d'une décarboxylation de l'histidine et donc de la formation d'histamine. Certaines souches de lactobacilles sont aptes à décarboxyler l'histidine et il est couramment admis que les lactobacilles sont responsables de la formation d'histamine dans le rumen des bovins. Toutefois, s'il est possible de mettre en évidence des bactéries produisant de l'histamine lors d'acidose, il est impossible de stimuler la croissance de ces bactéries par le glucose. Cette observation suggère que des bactéries autres que les lactobacilles sont responsables de la décarboxylation de l'histidine.
La culture de la flore bactérienne du rumen de bovins, effectuée sur une gélose MRS* contenant 50 mmol/L d'histidine, conduit à la formation d'histamine. Cependant, la décarboxylation de l'histidine n'est observée que dans la mesure ou les animaux ont consommé des céréales et le nombre de bactéries aptes à former de l'histidine croit avec la quantité de céréales ajoutée à la ration. Ainsi, la flore ruminale de bovins n'ingérant aucune céréale ne permet pas d'obtenir la formation d'histamine, la flore ruminale de bovins dont la ration journalière contient 3,4 kg de grain est apte à produire de l'histamine même à une dilution de 10-4 et une production d'histamine est observée jusqu'à une dilution de 10-7 lorsque la flore ruminale est prélevée sur des animaux nourris avec une ration contenant 9,8 kg de céréales.
La gélose MRS enrichie de 50 mmol/L d'histidine permet la culture de bactéries très diverses, mais seules les bactéries formant des colonies translucides et de petite taille sont aptes à décarboxyler l'histidine lorsqu'elles sont cultivées sur le milieu carbonate contenant de l'histidine.
Ces bactéries ont été étudiées par Garner et al. et ces auteurs montrent que ce sont des bacilles à Gram négatif.
Les caractères phénotypiques permettant une identification, Garner et al. proposent la création d'un nouveau genre et d'une nouvelle espèces, Allisonella histaminiformans dont la nomenclature sera validement publiée le 14 mars 2003 par inscription sur la liste de validation n° 90.
Caractères bactériologiques
Bien que cette espèce soit apparentée aux bactéries à Gram positif ayant une faible valeur de G +C p. cent, Allisonella histaminiformans ne retient pas la coloration de Gram. Elle est également capable de résister à la monensine*****, même si cet antibiotique est utilisé à la dose de 25 µmol/L.
Après incubation à 39 °C dans une atmosphère anaérobie, Allisonella histaminiformans cultive rapidement (temps de génération de 110 minutes) sur le milieu carbonate contenant 50 mmol/L d'histidine mais aucune croissance n'est détectée en l'absence d'histidine. La croissance est proportionnelle à la concentration en histidine et elle atteint un maximum pour une quantité d'histidine de l'ordre de 150 mmol/L. Allisonella histaminiformans semble être la seule bactérie capable d'utiliser l'histidine comme seule source d'énergie.
Allisonella histaminiformans est capable de cultiver à un pH de 4,5 mais la production d'histamine alcalinise le milieu dont le pH s'élève rapidement pour atteindre une valeur supérieure à 6. Les souches de Allisonella histaminiformans sont constituées par de bacilles de forme ovoïde, de 1,0 à 8,0 µm de longueur sur 0,4 à 0,8 µm de diamètre, souvent groupés par deux ou en courtes chaînes, immobiles, non sporulés, à Gram négatif, résistants à la monensine, catalase négative, oxydase négative, non indologènes, ne cultivant qu'en anaérobiose mais tolérant l'oxygène, cultivant de manière optimale à une température de 39 °C, donnant des colonies translucides et de petite taille sur milieu MRS, chimio-organotrophes, n'utilisant ni les sucres ni les acides organiques, capables d'utiliser l'histidine en produisant de l'histamine, capable d'utiliser la lysine et ne produisant pas d'acides gras volatils.
Habitat et pouvoir pathogène
Les souches de Allisonella histaminiformans ont été isolées du rumen de bovins dont la ration alimentaire est enrichie en céréales et le nombre de cellules bactériennes peut atteindre 107/mL. En revanche, elle n'a pas pu être isolée de bovins nourris avec de l'herbe et du foin.
Une caractéristique importante de Allisonella histaminiformans réside dans sa capacité à former de l'histamine à partir de l'histidine. Dans les pays riches, les céréales peuvent représenter environ 30 à 35 p. cent de la ration alimentaire d'une vache laitière et 50 à 90 p. cent de la ration d'un bovin à l'engraissement. Si l'acidité résultant de la fermentation de l'amidon dépasse le pouvoir tampon du contenu ruminal, le pH diminue et il peut descendre à 5,5 - 6 voire même à 5 dans les cas extrêmes. Cette acidose déséquilibrerait la flore ruminale et favoriserait la multiplication de Allisonella histaminiformans qui peut se multiplier à pH acide. Dans ces conditions, Allisonella histaminiformans peut être détectée jusqu'à une dilution de 10-7 et produire de grandes quantités d'histamine.
L'isolement de Allisonella histaminiformans du caecum de chevaux suggère une implication de cette bactérie dans la fourbure du cheval. Toutefois, selon Millinovich et al. on ne note aucune prolifération de Allisonella histaminiformans lors d'un épisode de fourbure.
Orientation bibliographique
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* : Composition (pour un litre de milieu) de la gélose MRS (DeMan, Rogosa et Sharpe) :
Glucose : 20,0 g
** Milieu carbonate utilisé pour la croissance de Allisonella histaminiformans (composition pour un litre de milieu)
K2HPO4 : 292 mg
Dialister pneumosintes a été initialement décrit sous la nomenclature de "Bacterium pneumosintes" par Olitsky et Gates en 1921. En 1923, Bergey et al. transfèrent cette bactérie dans le genre "Dialister" puis elle sera placée dans le genre Bacteroides par Holdeman et Moore.
Dialister pneumosintes est un petit bacille à Gram négatif, immobile, non sporulé, anaérobie et dépourvu de pouvoir fermentatif. Cette espèce a pour habitat la bouche de l'homme et elle peut être responsable de gingivites, de périodontites, d'abcès, d'infections respiratoires, de diverses infections de la tête et du cou, d'infections de plaies résultant de morsures...
Références:
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Les enzymes catalysant ces réactions sont, successivement, l'histidine ammoniaque lyase, l'urocanate hydratase, l'imidazolone propionase et la glutamate forminino transférase.
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