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Créé le 21 février 2001
ACTINOBACILLUS SEMINIS
Voir aussi les fichiers ¤ Actinobacillus et ¤ Pasteurellaceae, Pasteurellales.
Systématique
La nomenclature de Actinobacillus seminis a été proposée en 1960 pour des souches bactériennes isolées de moutons australiens atteints d'épididymite. Cette espèce n'est pas listée dans l'Index Bergeyana, elle n'est pas étudiée dans la huitième édition du Bergey's Manual of Determinative Bacteriology, elle n'est pas incluse dans les Approved Lists of Bacterial Names et elle est considérée comme une espèce d'affiliation incertaine par le Bergey's Manual of Systematic Bacteriology. Actinobacillus seminis et ¤ Histophilus somni présentent des caractères phénotypiques voisins mais les études d'hybridation ADN - ADN, d'hybridation ADN - ARNr et l'analyse des profils de restriction obtenus avec l'endonucléase BamH1 montrent que ces deux espèces sont nettement différentes. Les études génomiques révèlent également que la souche type de Actinobacillus seminis est génétiquement éloignée des autres espèces du genre Actinobacillus mais qu'elle appartient bien à la famille des Pasteurellaceae.
Une solution, peut-être provisoire, aux problèmes taxonomiques de cette espèce a été apportée par Sneath et Stevens. En 1985, ces deux auteurs réalisent une étude de taxonomie numérique sur plus de 250 souches appartenant (ou apparentées) aux genres ¤ Actinobacillus, Pasteurella et Yersinia. Sneath et Stevens identifient 32 phenospecies dont une vingtaine sont innomées. Ils montrent que les souches étiquetées Actinobacillus seminis sont en fait hétérogènes et ils placent la souche type de Actinobacillus seminis ainsi que deux autres souches dans la phenomospecies 14, elle-même incluse dans un vaste groupe rassemblant diverses espèces des genres ¤ Actinobacillus et Pasteurella. En 1990, en se basant sur les données phénotypiques et génotypiques, ces deux auteurs élèvent six de ces phenospecies au rang d'espèce et ils valident pour les souches de la phenospecies 14 la nomenclature de Actinobacillus seminis.
Les travaux de Christensen et al. montrent clairement que Actinobacillus seminis devrait être exclu du genre ¤ Actinobacillus sensu stricto. En fait, les taxons Actinobacillus seminis, ¤ Pasteurella aerogenes et ¤ Pasteurella mairii forment un groupe monophylétique appelé le "groupe Seminis" (terminologie proposée par Olsen et al.) Toutefois, aucune hybridation ADN-ADN n'a été réalisée entre Actinobacillus seminis et ¤ Pasteurella aerogenes et pour Christensen et al. il semble prématuré de faire des propositions formelles.
Caractères bactériologiques
Selon Sneath et Stevens (1985, 1990) les souches de Actinobacillus seminis rassemblent de bacilles ou des coccobacilles, à Gram négatif (présentant souvent une coloration bipolaire), de 1 à plus de 2 µm de longueur sur 0,25 à plus de 0,5 µm de diamètre, immobiles, non sporulés, aéro-anaérobies. Une réponse positive est notée pour les tests catalase et réduction des nitrates (lecture effectuée après 7 jours d'incubation). Une réponse négative est obtenue avec les tests production d'acétoïne, rouge de méthyle à 35 °C, indole, production d'hydrogène sulfuré, uréase, arginine di-hydrolase, lysine décarboxylase (une souche étudiée par Mannheim et al. donne un résultat tardivement positif), tryptophane désaminase, ONPG (réaction positive selon Piechulla et al.), phosphatase (technique de Cowan), assimilation du citrate, hydrolyse de la gélatine, acidification en 24 heures (galerie API 50CH) de l'adonitol, de l'amidon, de l'amygdaline, du D-arabinose, du L-arabinose, de l'arbutine, du D-cellobiose, de la dextrine, du dulcitol, de l'érythritol, du galactose, de la N-acétyl-glucosamine, de l'alpha-méthyl-D-glucoside, du glycérol, du glycogène, de l'inuline, du lactose, du maltose, du mannitol, du D-mannose, de l'alpha-méthyl-D-mannoside, du D-mélézitose, du D-mélibiose, du D-raffinose, du saccharose, de la salicine, du sorbitol, du L-sorbose, du D-tréhalose, du D-xylose et du L-xylose.
Une réponse variable selon les souches est observée pour les tests oxydase (réponse généralement positive), ornithine décarboxylase (réponse généralement positive), rouge de méthyle à 25 °C, hydrolyse de l'esculine, acidification (en 24 heures) du fructose, du glucose, de l'inositol et du ribose.
En galerie API ZYM, 90 p. cent ou plus des 13 souches étudiées par Cousins et Lloyd donnent un score supérieur ou égal à 3 pour les réactions phosphatase acide et bêta-glucuronidase. Les 13 souches produisent une leucine arylamidase mais seule 10 d'entre elles donnent une réaction fortement positive. Plus de 90 p. cent des souches donnent un score de 1 ou de 2 pour les tests phosphatase alcaline et naphtol-AS-BI-phosphohydrolase. Deux souches donnent une réponse faiblement positive au test estérase (C4), quatre souches donnent une réponse faiblement positive au test estérase lipase (C8) et toutes les souches donnent une réponse négative vis-à-vis des autres activités enzymatiques.
Actinobacillus seminis est un germe mésophile (aucune croissance n'est obtenue à 4, 10, 15 ou 45 °C), ne cultivant pas sur la gélose de MacConkey, n'exigeant ni le facteur X ni le facteur V ni de la thiamine monophosphate et dont la croissance à l'isolement nécessite, le plus souvent, la présence de 5 p. cent de dioxyde de carbone.
Quelques caractères permettant de différencier Actinobacillus seminis des autres espèces du genre ¤ Actinobacillus sont mentionnés dans le tableau I.
Habitat et pouvoir pathogène
Il est possible de confondre Actinobacillus seminis avec ¤ Histophilus somni ou avec un autre représentant de la famille des Pasteurellaceae et la lecture des publications faisant état de l'isolement de cette bactérie n'apporte pas toujours une certitude sur l'identification. Aussi, les données concernant l'habitat et le pouvoir pathogène de cette bactérie doivent être considérées avec prudence. Actinobacillus seminis semble faire partie de la flore bactérienne de l'appareil génital des ovins et cette bactérie a été isolée en Australie, aux USA, au Canada, en Afrique du Sud, en Hongrie, au Royaume Uni et en Espagne.
Cette espèce a été associée à des cas d'épididymite, d'orchi-épididymite et d'infertilité chez les béliers et, lorsque l'infection concerne un animal sélectionné pour la reproduction, les pertes économiques peuvent être importantes. L'examen post-mortem révèle une diminution de la taille du testicule, des zones d'adhérence, une augmentation de volume de la queue de l'épididyme et, parfois, des abcès sur le testicule et/ou l'épididyme.
Actinobacillus seminis (au moins la souche type ATCC 15768 = CCUG 27187 = CIP 102633 = NCTC 1085) synthétise des protéines présentant des communautés antigéniques avec les toxines ApxI, ApxII et ApxII de ¤ Actinobacillus pleuropneumoniae. Le poids moléculaire de ces protéines est cependant plus faible que celui des toxines RTX de ¤ Actinobacillus pleuropneumoniae.
Diagnostic bactériologique
Le diagnostic bactériologique est difficile. L'isolement sera réalisé sur une gélose au sang ou mieux sur une gélose chocolat, incubée en présence de dioxyde de carbone et conservée trois à cinq jours. L'identification est orientée par l'origine du prélèvement, par les caractères morphologiques (bacilles à Gram négatif polymorphes) et par quelques caractères biochimiques (catalase positive, oxydase généralement positive, nitrate réductase positive, absence d'acidification de nombreux sucres, réponse négative aux tests indole, urée et bêta-galactosidase).
Actinobacillus seminis se différencie de ¤ Histophilus somni car cette dernière espèce est catalase négative et donne des colonies pigmentées en jaune pâle.
Orientation bibliographique
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