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Créé le 27 juin 1998
BACILLUS ANTHRACIS
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Autres dénominations :
Systématique
Bacillus anthracis est apparenté à ¤ Bacillus cereus, à Bacillus mycoides, à Bacillus pseudomycoides, à Bacillus thuringiensis et à ¤ Bacillus weihenstephanensis.
Pour de plus amples informations, voir les fichiers Systématique des espèces placées dans le "groupe Bacillus cereus" et Hors texte : Principales conclusions de quelques travaux concernant la systématique des espèces du "groupe Bacillus cereus".
Caractères bactériologiques
Bacillus anthracis est un bacille à Gram positif, aux extrémités carrées, de 1,0 à 1,2 mm de diamètre sur 3 à 5 mm de longueur, immobile, sporulé, capsulé, synthétisant une couche S. Dans les produits pathologiques, Bacillus anthracis se présente sous forme isolée ou en courtes chaînes mais, en culture, il forme fréquemment des chaînes plus longues qui lui confère un aspect en "tiges de bambou". Bacillus anthracis est nitrate réductase positive, uréase négative, VP +, il acidifie le glucose mais ni le mannitol ni le xylose, il liquéfie très lentement la gélatine et ses activités lécithinasique et phosphatasique sont nulles ou faibles. Bacillus anthracis est aéro-anaérobie et il pousse en 24 heures sur les milieux ordinaires, incubés sous atmosphère normale, en donnant des colonies de 3 à 5 mm de diamètre qui ont un aspect R, "en tête de méduse". Sur gélose au sang, le germe apparaît non hémolytique en 24 heures mais, en prolongeant l'incubation, il se développe une légère zone d'hémolyse incomplète. Après culture sur des géloses enrichies en sérum et/ou en bicarbonate et incubées à 37 °C dans une atmosphère contenant 5 p. cent de CO2, le bacille synthétise sa capsule et les colonies ont un aspect lisse et brillant. Les principaux caractères bactériologiques permettant de différencier Bacillus anthracis des espèces apparentées sont présentés dans le tableau I.
La spore, ovoïde et non déformante, occupe une position centrale. Elle survit dans le sol durant de longues périodes (la survie des spores est de l'ordre d'une centaine d'années mais, des spores dont l'âge a été estimé à 200 ans ont permis l'obtention de la forme végétative). La persistance dans le sol est favorisée par un pH neutre ou légèrement alcalin (pH compris entre 6 et 8,5). Cette résistance explique la persistance de la maladie dans certaines régions ("champs maudits") ou sa résurgence lorsque des spores enfouies remontent à la surface à la faveur de grands travaux (drainage, construction de routes, ...). La possibilité d'une germination suivie d'une multiplication de la forme végétative dans le sol ne peut être totalement exclue (théorie de Van Ness).
Comme de nombreuses autres espèces du genre Bacillus, Bacillus anthracis possède une couche cristalline de surface (S layer). Cette structure, rarement présente chez les bactéries capsulées, semble située entre la paroi et la capsule. La couche cristalline représente 5 à 10 p. cent des protéines cellulaires et sa synthèse nécessite de l'énergie ce qui suggère qu'elle doit être importante pour la bactérie. In vitro, en l'absence de couche cristalline, le germe présente d'importantes altérations morphologiques et il est possible que cette structure soit indispensable pour la protection de Bacillus anthracis dans le sol, notamment vis-à-vis des chocs osmotiques. D'autres fonctions peuvent également être invoquées : structure permettant de solidariser la capsule et la paroi ou contrôle des échanges avec l'environnement.
Toutes les souches possèdent une séquence chromosomique de 277 bp, la séquence Ba813. Cette séquence semblait spécifique de Bacillus anthracis car elle n'est pas retrouvée chez les espèces proches comme ¤ Bacillus cereus ou Bacillus thuringiensis. Toutefois, la séquence Ba813 a été mise en évidence par Vaissaire et al. chez des souches de Bacillus sp. isolées du milieu extérieur et non identifiées.
Habitat et pouvoir pathogène
Bacillus anthracis est responsable du charbon bactéridien (ou fièvre charbonneuse ou maladie charbonneuse ou charbon ou, en anglais, anthrax), maladie mondialement répandue, atteignant de nombreuses espèces animales domestiques ou sauvages et transmissible à l'homme.
Le charbon n'a plus une importance économique majeure dans de nombreux pays développés même si quelques foyers sont susceptibles d'apparaître occasionnellement. Ainsi, deux foyers ont été décrits en France au cours de l'année 1997 : l'un dans le Béarn (mort de 21 vaches dans 9 élevages, trois cas humains secondaires, un cas chez un chien) et l'autre en Savoie (mort d'au moins 39 bovins et peut être d'un cheval, pas de cas humains). Par contre, l'infection est endémique dans le cheptel des pays de l'Est, du pourtour méditerranéen, de l'Asie du Sud Est, d'Afrique et d'Amérique du Sud. Le nombre de cas humains est estimé par l'OMS entre 100 000 et 200 000 par an.
Selon Vaissaire et al., les risques de voir apparaître des cas de charbon chez l'homme et l'animal dans les pays développés sont liés aux facteurs suivants :
Selon le mode de contamination, le charbon peut être interne (ingestion ou inhalation de spores) ou externe (inoculation des spores au travers de la peau et des muqueuses). Le charbon interne est une maladie redoutable et d'évolution rapide.
Du fait de la gravité de l'infection et de la relative facilité à disséminer les spores, Bacillus anthracis est une des bactéries utilisables pour la guerre bactériologique. Son utilisation remonterait à la deuxième guerre mondiale et le Japon aurait dispersé 130 kg de bacilles en Chine Centrale. À titre expérimental, l'Angleterre et les États-Unis d'Amérique ont effectué des essais dans l'île de Gruinard (Écosse) où 4 hectares furent contaminés. En 1979, une épidémie de charbon pulmonaire s'est déclarée à Sverdlovsk (ex URSS), à quelques kilomètres d'un centre de recherche militaire et a tué 68 personnes. L'Irak a menacé d'utiliser des armes bactériologiques durant la guerre du Golfe et ce pays semblait détenir des bombes, des missiles et des réservoirs de mirages F1 chargés de spores de Bacillus anthracis. Actuellement, plus de 10 pays posséderaient ce germe dans leur arsenal militaire.
La transmission vectorielle de l'infection par des insectes hématophages (Stomox, Aedes, tabanidés) n'est pas exceptionnelle. Elle conduit à de nombreux cas de charbon externe et elle permet une transmission entre espèces animales ou une transmission de l'animal à l'homme. Charbon animal Les herbivores et en particulier les ruminants sont à la fois les plus exposés et les plus sensibles à l'infection mais, les omnivores (notamment les porcs) et moins fréquemment les carnivores sont susceptibles d'être infectés. L'infection des animaux sauvages (tels que les bisons ou les éléphants) peut conduire secondairement à des cas d'infections chez les animaux domestiques. . Les formes aiguës ou septicémiques sont classiques chez les équidés et les bovidés et elles résultent, le plus souvent, de l'ingestion de spores. Elles débutent par une atteinte brusque de l'état général puis, en 12 à 24 heures, on note une dyspnée, une accélération du rythme cardiaque, une congestion suivie d'une cyanose des muqueuses, des pétéchies, souvent des coliques et des diarrhées sanguinolentes et, plus tardivement, des hémorragies vésicales. La mort intervient en 1 à 3 jours chez les bovins et en 3 à 6 jours chez les équins.
. Les formes suraiguës, fréquentes chez les petits ruminants, se traduisent par des symptômes similaires mais plus prononcés et par une mort rapide en quelques heures.
. Les formes externes s'observent chez les suidés et les carnivores et parfois chez les herbivores (elles sont toutefois exceptionnelles chez les ovins). Elles consistent dans le développement d'une masse œdémateuse (la tumeur charbonneuse), localisée autour des nœuds lymphatiques superficiels drainant le point d'inoculation des spores. L'œdème s'étend aux régions adjacentes, une septicémie apparaît en 12 à 48 heures et l'infection évolue vers un charbon interne.
Les lésions, pratiquement identiques chez toutes les espèces, sont caractéristiques :
De plus, le cadavre ne présente pas une rigidité complète et il se décompose très rapidement. Charbon humain.
Chez l'homme, le charbon est le plus souvent une maladie professionnelle, sévissant aussi bien en zone rurale qu'en zone urbaine et résultant, le plus souvent, de la manipulation d'animaux morts de charbon ou de leurs produits.
Le charbon humain se présente sous trois formes reflétant la voie de contamination : une forme cutanée, le charbon d'inhalation et le charbon d'ingestion. Chacune de ces trois formes est susceptible de se compliquer de méningite ou de septicémie très graves. . La forme cutanée est la plus fréquente et représente 90 à 95 p. cent des cas de charbon chez l'homme. Elle résulte de la contamination d'une plaie ou d'une simple abrasion cutanée par des spores. Elle se traduit après 2 à 5 jours d'incubation (avec des extrêmes allant de 12 heures à 2 semaines) par l'apparition d'une papule rouge puis d'une vésicule prurigineuse avec un œdème envahissant les tissus voisins puis laissant place à une escarre noirâtre (à l'origine du nom de la maladie) qui progresse de façon centrifuge. Dans 80 à 90 p. cent des cas, la guérison est spontanée. Dans les formes sévères, on note une adénite régionale et parfois une septicémie fréquemment mortelle en l'absence de traitement. . Le charbon d'inhalation ou charbon pulmonaire résulte de l'inhalation de spores (cette forme était fréquente chez les ouvriers travaillant la laine). Les spores sont phagocytées par les macrophages alvéolaires et transportées dans les nœuds lymphatiques trachéobronchiques où elles donnent naissance à des formes végétatives qui se multiplient rapidement. La forme clinique associe des signes généraux et respiratoires, elle se complique de médiastinite hémorragique et d'hémoptysie et, en l'absence de traitement, son évolution est mortelle dans plus de 95 p. cent des cas. . Le charbon d'ingestion ou charbon gastro-intestinal, rare dans les pays développés, se traduit par des troubles généraux (fièvre, état de choc) et digestifs (douleurs abdominales, vomissements, diarrhée sanglante) qui apparaissent après une incubation de 2 à 7 jours. Comme pour le charbon pulmonaire, le taux de mortalité est élevé.
Facteurs de pathogénicité
Le pouvoir pathogène de Bacillus anthracis repose principalement sur la présence d'une capsule et sur la synthèse de toxines. Capsule La capsule formée d'un polymère d'acide D-glutamique, caractérise les souches virulentes car elle s'oppose à la phagocytose. Elle est produite in vivo ou in vitro dans des conditions de culture particulière (Cf. supra). La synthèse de la capsule est gouvernée par un plasmide de 60 méga-daltons (plasmide pXO2) et les enzymes de synthèse sont codées par les gènes cap (capB, capC, capA) et dep. Toxine protéique La toxine protéique, codée par un plasmide de 110 méga-daltons (plasmide pXO1), est formée de trois protéines : le facteur I ou œdématogène ou EF (Edema Factor) codé par le gène lef, le facteur II ou antigène protecteur ou PA (Protective Antigen) codé par le gène pag et le facteur III ou létal ou LF (Lethal Factor) codé par le gène cya. Chacun de ces facteurs, injecté séparément à un animal, est dépourvu d'activité. Une activité toxique nécessite l'injection combinée du facteur I et du facteur II ou l'injection simultanée du facteur III et du facteur II.
. Le facteur II ou PA, de 85 kDa, suscite l'élaboration d'anticorps protecteurs. Lorsque le facteur II est neutralisé par les anticorps, les facteurs I et III sont inoffensifs. Le facteur II est responsable de la fixation sur les membranes des cellules eucaryotes en s'associant à un récepteur ubiquiste, de nature protéique et d'un poids moléculaire de 85 à 90 kDa. Après sa fixation, le facteur PA est clivé, soit par une protéase endocellulaire soit par une protéase sérique, en deux fragments : un fragment de 20 kDa (PA20) qui est libéré et un fragment de 63 kDa (PA63) qui reste lié au récepteur. PA63 joue le rôle d'un ligand pour le facteur œdématogène ou pour le facteur létal et les complexes PA63-EF ou PA63-LF sont ingérés par endocytose. Le facteur II a donc un rôle clé dans le pouvoir pathogène de la toxine charbonneuse car la phase de liaison aux récepteurs cellulaires est un stade indispensable à l'expression de l'activité toxique.
. Le facteur I ou EF, de 89 kDa, possède une activité de type adénylcyclase qui ne s'exprime qu'en présence d'une protéine eucaryote : la calmoduline. Le facteur I et la calmoduline forment un complexe enzymatique qui transforme l'ATP en AMPc. De nombreuses cultures de cellules sont sensibles au facteur œdématogène qui provoque une augmentation considérable de la concentration intracellulaire en AMPc. L'œdème résulterait d'une perturbation de l'équilibre ionique des cellules et, par ses effets mécaniques, il semble favoriser la dispersion des bactéries dans le tissu sous-cutané. De plus, la toxine œdématogène inhibe la phagocytose et le métabolisme oxydatif des neutrophiles. . Le facteur III ou LF, de 83 kDa, fixe 3 atomes de zinc avec une forte affinité ce qui est nécessaire à son activité cytotoxique. Toutefois, il n'est pas prouvé qu'il s'agit d'une véritable métalloprotéase car aucune activité protéolytique n'a été identifiée. Le facteur LF possède deux activités : a) il est cytotoxique pour les macrophages et, certainement, pour d'autres cellules; b) il induit une libération massive de TNFa et d'IL-1 par les macrophages. La libération de ces deux cytokines pourraient expliquer l'effet létal du facteur III. Autres facteurs de virulence D'autres facteurs susceptibles de jouer un rôle dans la virulence ont été identifiés : . La paroi de Bacillus anthracis contient un polysaccharide (galactose, N-acétylglucosamine, N-acétylmannosamine) apte à se lier à des lectines cellulaires et à assurer l'adhésion aux cellules de l'hôte. . Le peptidoglycane de la paroi est faiblement acétylé ce qui confère à la bactérie une résistance au lysozyme. . Bacillus anthracis produit un sidérophore, dérivé du catéchol et semblable à l'entérobactine de Escherichia coli.
Diagnostic bactériologique
Outre les diagnostics épidémiologiques, cliniques et nécropsiques (autopsies réalisées avec d'extrêmes précautions dans un local isolé et facile à désinfecter), il est souhaitable d'avoir recours à un diagnostic expérimental. Celui ci doit être effectué le plus rapidement possible (dans les 24 heures suivant la mort) car la présence d'un grand nombre de germes de putréfaction rend difficile, voire même impossible, l'isolement de Bacillus anthracis. La simple coloration de Gram effectuée sur un frottis sanguin ou sur un décalque d'organe (foie ou rate par exemple) permet de visualiser de gros bacilles à Gram positif, souvent associés en courtes chaînettes. Cet examen direct nécessite un temps d'observation prolongé de l'ordre de 30 minutes avant de conclure à la négativité. Il existe un risque de confusion avec des clostridies souvent présentes dans le sang et les organes après la mort. La mise en évidence d'une capsule, à l'aide de colorations spéciales*, permet de différencier Bacillus anthracis des Clostridium sp. L'isolement est réalisé sur des milieux usuels lorsque le prélèvement est vraissemblablement monomicrobien. En revanche lorsque le prélèvement est contaminé par d'autres germes, il convient de recourir à des milieux sélectifs comme le milieu PLET (Cf. infra). L'isolement par inoculation au cobaye est également possible. Elle consiste à déposer le prélèvement sur la peau préalablement scarifiée puis à isoler le germe à partir de l'animal inoculé. Cette technique expose à des risques de contamination importants et elle doit être réservée aux laboratoires possédant une animalerie très bien contrôlée. Pour des échantillons de sol et, d'une manière générale, en cas de contamination importante du prélèvement, il est possible d'avoir recours à un chauffage des échantillons (15 minutes à 65 °C) pour éliminer les bactéries non sporulées et à l'utilisation de milieux sélectifs tels que le milieu PLET contenant de la polymyxine B (30 UI/mL), du lysozyme (40 mg/mL), de l'éthylène di-amine tétra-acétique (300 mg/mL) et de l'acétate de thallium (40 mg/mL). Ce milieu permettrait de détecter 3 spores par gramme de sol. La recherche du germe dans des échantillons de sol peut également avoir recours à l'inoculation expérimentale de cobayes ou de souris qui auront reçu au préalable des sérums antigangréneux et antitétanique (cette méthode, très sensible, est cependant réservée à des situations exceptionnelles lorsque la détection de Bacillus anthracis revêt un caractère d'urgence). L'identification du germe est facile et seul le diagnostic différentiel Bacillus anthracis/¤ Bacillus cereus pose quelques problèmes (voir tableau I). L'absence de mobilité, la présence d'une capsule (obtenue in vitro dans des conditions spéciales, Cf. supra ), l'absence d'hémolyse en 24 heures, la sensibilité habituelle à la pénicilline et le pouvoir pathogène expérimental pour le cobaye suffisent, en tenant compte du contexte, à diagnostiquer Bacillus anthracis . Cette identification devra, ultérieurement, être confirmée par l'étude d'autres caractères : sensibilité au phage gamma, fermentation des sucres, présence dans la paroi d'un polysaccharide constitué de N-acétyl-D-glucosamine et de D-galactose (recherche effectuée par interaction de ce polysaccharide avec la lectine de Glycine max ou à l'aide d'anticorps monoclonaux). L'inoculation par voie sous cutanée au cobaye d'une culture de 24 heures (0,3 à 0,5 mL d'une suspension de turbidité 0,5 de Mac Farland) permet d'apprécier le pouvoir pathogène. Une souche pathogène provoque la mort en 24 - 72 heures avec des lésions caractéristiques (œdème gélatineux, hématurie, épistaxis) et le germe peut être réisolé de nombreux tissus ou liquides biologiques (rate, foie, sang, liquide d'œdème). Cette inoculation expérimentale expose à des risques de contamination importants et elle doit être réservée aux laboratoires possédant une animalerie très bien contrôlée. Lorsque les prélèvements ont subi une autolyse avancée, la mise en évidence du germe devient irréalisable mais il est possible de mettre en évidence le polysaccharide thermostable (galactose, N-acétylglucosamine, N-acétylmannosamine) grâce à une réaction d'immunoprécipitation. Le prélèvement est broyé, chauffé 5 minutes à 100 °C puis filtré. Le filtrat est ensuite déposé au-dessus d'un sérum spécifique contenu dans un tube à précipitation. Une réaction positive se traduit par l'obtention d'un précipité à l'interface des deux liquides. Cette réaction, connue sous le nom de test d'Ascoli, nécessite l'utilisation d'antisérums spécifiques non commercialisés en France.
La détermination de la séquence nucléotidique des plasmides pXO1 et pXO2 a permis de développer des sondes nucléiques très spécifiques de Bacillus anthracis puisqu'elles ne réagissent ni avec ¤ Bacillus cereus ni avec 31 autres espèces de Bacillus sp. L'analyse des VNTR associée à des techniques de "PCR multiplexe" (permettant la détection des gènes de virulence, la détection de l'espace intergénique cap B-cap C, et la détection de la séquence chromosomique Ba 813) permettent de connaître rapidement les caractéristiques génétiques des souches isolées. Ces techniques ont été utilisées par Vaissaire et al. lors des épisodes de fièvre charbonneuse apparus en 1997 en France. Elles ont montré :
Les diagnostics sérologiques et allergiques, utilisables chez l'homme, ont moins d'intérêt. Le diagnostic sérologique (E.L.I.S.A. ou Western blott) semble d'un usage courant dans certains pays, notamment pour des études épidémiologiques et pour des études rétrospectives. Le diagnostic allergique (Anthrax Skin test) qui met en évidence une réaction locale d'hypersensibilité, est peu onéreux et permet un diagnostic précoce. Ce test, utlisé dans les pays de l'Est depuis 1957, permet d'évaluer la protection conférée chez l'homme par un vaccin vivant atténué.
Prophylaxie
La prophylaxie sanitaire ne permet que difficilement l'éradication de ce germe tellurique et sporulé. Elle a simplement pour but :
La vaccination est couramment pratiquée chez les animaux et plus rarement chez l'homme.
L'antibioprohylaxie peut être utilisée, chez l'homme et chez l'animal non vacciné, lorsque les risques de contamination sont réels. Chez l'animal, l'antibiotique le plus utilisé est la pénicilline G. Chez l'homme on utilise généralement la ciprofloxacine ou la doxycycline. En cas de contre-indications à ces molécules, la pénicilline ou l'amoxicilline sont une alternative.
Sensibilité aux antibiotiques
Habituellement, Bacillus anthracis est sensible à la pénicilline G et la pénicillinothérapie est souvent considérée comme le traitement de choix aussi bien chez l'homme que chez l'animal. Toutefois, on connaît quelques souches résistantes et une telle souche a été isolée en France par Vaissaire et al. en 1997. Cette souche, produisant des bêta-lactamases, était résistante à la pénicilline G, à l'amoxicilline, à l'oxacilline et la céfalotine. Certaines souches produisent des céphalosporinases et les céphalosporines ne sont pas conseillées pour le traitement ou la prophylaxie. L'existence de souches résistantes doit conduire à effectuer un antibiogramme pour contrôler l'efficacité d'une pénicillinothérapie. D'autres antibiotiques sont également actifs : gentamicine, chloramphénicol, ciprofloxacine, doxycycline, clindamycine, rifampicine, vancomycine, clarithromycine... La tétracycline, active in vitro, se révèle peu efficace in vivo. Dans les formes graves, le traitement doit être précoce car la production des toxines est rapide.
Orientation bibliographique
Pour des informations fiables concernant les cas de charbon ou anthrax décrits depuis le mois d'octobre 2001 aux U.S.A. ainsi que dans d'autres pays, voir (en anglais), le fichier Anthrax du CDC (Centers for Disease Control and Prevention).
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AVIS JURIDIQUE IMPORTANT : Les informations qui figurent sur ce site sont soumises à une clause de non responsabilité et sont protégées par un copyright.
* : Colorations permettant la mise en évidence de la capsule de Bacillus anthracis : . Coloration de Loeffler au bleu de méthylène
Bleu de méthylène à 1 p. cent dans l'éthanol à 95 p. cent : 30 mL
Recouvrir de colorant un frottis fixé et laisser agir une minute. Rincer. La capsule apparaît sous la forme d'un halo violacé entourant la bactérie. . Coloration de Giemsa
Fixer le frottis à l'alcool méthylique durant 3 à 5 minutes. Laisser sécher à l'air.
La capsule apparaît colorée en mauve. . Coloration de Wright
Colorant de Wright
Sécher le frottis à l'air.
La capsule apparaît colorée en mauve. . Coloration de Olt
Fixer le frottis à la chaleur.
La capsule apparaît colorée en rose. . Coloration de Hiss (germes en culture)
Mélanger sur une lame une goutte d'une suspension opalescente de culture et une goutte de sérum de cheval.
. Méthode classique à l'encre de chine (de marque Pélican) mise en œuvre sur des cultures.
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