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Dernière mise à jour le 01 décembre 1999
BORDETELLA AVIUM
Autres dénominations :
Voir aussi les fichiers : ¤ Alcaligenaceae et ¤ Burkholderiales, Burkholderiaceae.
Systématique
En 1967, Filion et al. décrivent une infection respiratoire du dindon due une bactérie à Gram négatif, inactive sur les sucres. La maladie, d'abord identifiée au Canada, a été ultérieurement observée dans de nombreux pays. Sur la base des caractères morphologiques et biochimiques, l'agent étiologique a été rapproché de Alcaligenes faecalis ou des bordetelles.
Caractères bactériologiques
Les souches de Bordetella avium sont constituées de bacilles à Gram négatif, capsulés (la capsule est mince et parfois difficile à mettre en évidence), mobiles grâce à des flagelles péritriches au nombre de 5 à 8, aérobies strictes, chimio-organotrophes, catalase positive, oxydase positive**, n'acidifiant pas les sucres. Les bactéries se présentent de manière isolée ou groupées par deux et leur taille est de 0,4 à 0,5 µm de diamètre sur 1,0 à 2,0 µm de longueur. Toutefois, après culture à 37 °C, dans des milieux liquides riches et soumis à une forte agitation, il est possible d'observer des formes filamenteuses. Les caractères bactériologiques, étudiés en utilisant des méthodes classiques (pour l'alcalinisation des amides et des autres substrats, il convient d'utiliser le milieu de Greenwood faiblement peptoné***) ou des galeries API 20NE, API ID32 E, rapid ID32 A, API ZYM et API 50CH sont les suivants : . Résultat positif : phosphatase acide, estérase C4, acide aspartique arylamidase, leucine-arylamidase, leucyl glycine arylamidase, phénylalanine arylamidase, tyrosine arylamidase, sérine arylamidase, alcalinisation de l'adipate, de l'acétamide, de l'acétate, de l'asparagine, du citrate, de la formamide, du formate, de la glutamine, de la propionamide, du propionate et de la succinamide, assimilation (liste limitée aux substrats présents dans une galerie API 20 NE) du citrate, du L-malate et du phényl-acétate. . Résultats négatifs : réduction des nitrates, indole, phénylalanine désaminase, LDC, bêta-galactosidase, hydrolyse de l'urée, hydrolyse de l'esculine, hydrolyse de la gélatine, cystine arylamidase, proline arylamidase, acide pyroglutamique arylamidase, glutamyl acide glutamique arylamidase, lipase C14, naphtol-AS-BI-phosphohydrolase, N-benzoyl-DL-arginine-2-naphtylamide hydrolase (trypsine), alcalinisation de la glycine, du maléate, de la malonamide, du malonate, du mucate, de la valéramide et du valérate, assimilation des substrats présents dans les galeries API 50CH ainsi que du caprate (substrat présent dans les galeries API 20 NE mais absent des galeries API 50CH). . Caractères variables : phosphatase alcaline, estérase lipase C8, N-glutaryl-phénylalanine-2-naphtylamide hydrolase (chymotrypsine), arginine arylamidase, valine arylamidase, assimilation de l'acétate, de l'adipate, du phényl-acétate (caractère généralement positif en galeries API 20 NE) et de la L-tyrosine. . Le profil numérique obtenu en galerie API 20 NE est : 0 0 0 0 0 6(4) 7(5).
L'optimum thermique est de 37 °C (toutefois, le germe cultive à 25 °C et à 42 °C) et le germe cultive sur gélose nutritive, sur gélose de MacConkey et sur gélose "salmonella-shigella". En revanche, aucune culture n'est obtenue sur une gélose au citrate de Simmons, en présence de cétrimide**** ou en présence de 6,5 p. cent de NaCl.
Quelques caractères permettant de différencier Bordetella avium des autres espèces du genre Bordetella figurent dans le tableau I.
Habitat et pouvoir pathogène
Bordetella avium est un parasite des oiseaux mais elle peut survivre quelques mois dans le milieu extérieur lorsque la température est basse, le taux d'humidité faible et le pH voisin de la neutralité.
Chez le dindon, cette bactérie est responsable d'une maladie très contagieuse et grave du point de vue économique, la bordetellose de la dinde ou coryza du dindon (turkey coryza). Les signes cliniques peuvent être observés en l'absence de facteurs prédisposants mais, leur apparition est favorisée par de mauvaises conditions d'élevage ou par la présence d'autres agents pathogènes. Dans les conditions naturelles, la période d'incubation est de 7 à 10 jours puis les symptômes apparaissent brutalement et sont observés chez un grand nombre d'animaux notamment chez ceux âgés de 2 à 6 semaines. Les oiseaux infectés présentent un écoulement oculaire et nasal, une rhinite, une dyspnée, un œdème sous-mandibulaire, un ramollissement des anneaux trachéaux (sensible à la palpation) pouvant conduire à un collapsus trachéal, des troubles cardiaques et des retards de croissance. Expérimentalement, l'inoculation de 104 unités formant colonies par voie intranasale à des dindons âgés de trois jours, reproduit les signes cliniques et la maladie se transmet à des oiseaux sains élevés au contact des animaux inoculés. La bactérie peut être isolée de tous les animaux inoculés et de plus de 50 p. cent des animaux contacts. Dans un élevage, le taux de morbidité est important mais le taux de mortalité dépasse rarement 15 p. cent sauf lors de surinfections (notamment par des souches de Escherichia coli).
Facteurs de pathogénicité
Bordetella avium adhère à la muqueuse trachéale et il existe une corrélation entre la capacité d'adhésion (étudiée in vitro à l'aide d'anneaux de trachée) et le pouvoir pathogène. Ultérieurement la multiplication du germe conduit à une perte de la ciliature des cellules épithéliales ainsi qu'à une nécrose cellulaire et à la production de mucus. Ces lésions facilitent la colonisation de l'appareil respiratoire par des agents de surinfection telle que Escherichia coli.
Contrairement à d'autres espèces du genre Bordetella, Bordetella avium ne produit ni hémagglutinine filamenteuse ni cytolysine ni bordetelline. En revanche, Bordetella avium colonise la muqueuse respiratoire grâce à plusieurs adhésines et elle produit plusieurs toxines :
Diagnostic bactériologique
L'isolement du germe ne pose pas de problème particulier par contre, son identification est délicate.
En médecine vétérinaire, il est important de différencier Bordetella avium de ¤ Bordetella hinzii car cette dernière espèce, présente dans l'appareil respiratoire des oiseaux, n'est pas pathogène. Outre les caractères figurant dans le tableau II, on peut noter que, contrairement à Bordetella hinzii, Bordetella avium agglutine les globules rouges (globules rouges de poulets, de dindes, de cobayes ou d'hommes), qu'elle ne cultive ni sur le milieu au citrate de Simmons ni présence de 6,5 p. cent de NaCl ni en présence de cétrimide et qu'elle est sensible à l'ampicilline (diamètre de la zones d’inhibition obtenue avec un disque chargé à 10 mg supérieur ou égal à 29 mm). L’utilisation d’anticorps monoclonaux permet également de distinguer ces deux espèces soit par un test d'agglutination passive inversée (une colonie à examiner est mise en suspension dans 50 µL de PBS puis mélangée à 50 µL d'une suspension de billes de latex revêtues d'anticorps monoclonaux) soit par un test d'immunofluorescence indirecte réalisé directement sur un prélèvement.
Sensibilité aux antibiotiques et prophylaxie médicale
Bordetella avium est généralement sensible à de nombreux antibiotiques (pénicillines, tétracyclines, érythromycine, gentamicine, néomycine, novobiocine...) mais, l'antibiothérapie donne des résultats décevants (aucun effet thérapeutique ou simple diminution transitoire du nombre de bactéries). Des vaccins vivants atténués ou des vaccins inactivés permettent de diminuer l'intensité des lésions mais ils n'empêchent pas l'infection.
Orientation bibliographique
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. Kersters et al. ont comparé les souches de Bordetella avium à la souche type de Pseudomonas pertucinogena car cette dernière avait été préalablement classée au sein de l'espèce Bordetella pertussis.
. Le sigle IV c-2 est une appellation de CDC d’Atlanta pour désigner des bacilles à Gram négatif, mobiles par l’intermédiaire de flagelles péritriches, non sporulés, aérobies stricts, oxydase et catalase positives, possédant une uréase, citrate de Simmons positif, nitrate réductase négative, non saccharolytiques, donnant un résultat négatif aux tests phénylalanine désaminase, hydrolyse de l’esculine, production d’indole, liquefaction de la gélatine.
. Le sigle IVe est une appellation de CDC d’Atlanta pour désigner des bacilles à Gram négatif, mobiles par l’intermédiaire d’un flagelle polaire et d’un flagelle péritriche, non sporulés, aérobies stricts, oxydase et catalase positives, nitrate réductase positive, non saccharolytiques, phénylalanine désaminase positive, possédant une uréase.
** : Recherche de l'oxydase
*** : Recherche de l'alcalinisation des amides et d'autres substrats organiques Milieu de Greenwood faiblement peptoné :
(NH4)2HPO4 : 0,1 g
Après autoclavage, les différents substrats sont stérilisés par filtration et ajoutés au milieu de base à la concentration de 1 p. cent. Le milieu est coulé dans des tubes de 110 X 13 mm, bouchés par du coton cardé, à raison de 3 mL par tube. Les tubes sont inclinés de façon à obtenir une pente. La pente est ensemencée à l'aide d'un inoculum lourd d'une culture de 16 heures. L'apparition d'une couleur bleue foncée indique un résultat positif. L'utilisation d'un autre milieu (tel que le milieu OAL de Otto et Pickett) ou le fait de boucher les tubes hermétiquement modifient les résultats.
Gélose nutritive : 40,0 g
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