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Créé le 18 avril 2002
BARTONELLA BOVIS
Notes :
Remerciements : L'auteur remercie le Dr. H.-J. Boulouis (École Nationale Vétérinaire d'Alfort) qui a eu la gentillesse de lui communiquer des renseignements non encore publiés.
Voir aussi le fichier ¤ Bartonella.
Systématique
La nomenclature de Bartonella bovis a été validement publiée le 11 mars 2002 par Bermond et al. pour une unique souche bactérienne isolée du sang d'un bovin élevé en France. Cette souche possède les caractères phénotypiques du genre Bartonella et son ARNr 16S présente 97 à 99,8 p. cent d'homologie avec les ARNr 16S des souches types de 16 autres espèces ou sous-espèces de Bartonella sp.*. L'appartenance au genre Bartonella est confirmée par l'analyse de la séquence de 1000 pb du gène gltA (codant pour la citrate synthétase) qui présente entre 85,9 et 94,1 p. cent d'homologie avec les séquences des16 autres souches types incluses dans l'analyse phylogénétique. Les études d'hybridation ADN-ADN, réalisées avec les souches types de 16 espèces ou sous-espèces du genre Bartonella, montrent que la souche d'origine bovine constitue une genomospecies** distincte car les pourcentages d'homologie les plus élevés (obtenus avec les souches types de ¤ Bartonella capreoli et de ¤ Bartonella schoenbuchensis) ne dépassent pas 45. Ces études génotypiques ont également permis de montrer que les souches préalablement décrites sous l'appellation de "Bartonella weissii" ou de "Bartonella weissi" (sic) sont en fait des souches de Bartonella bovis. En effet, les ADNr 16S et les séquences gltA de la souche type de Bartonella bovis et de la souche FC7049UT de "Bartonella weissii" sont identiques et les pourcentages d'homologie ADN-ADN obtenus entre ces deux souches sont de 80. "Bartonella weissii" est une nomenclature qui n'a jamais fait l'objet d'une publication valide (ni même d'une publication effective) et qui ne pourra plus être validement publiée car Bartonella bovis a priorité***. Il est intéressant de remarquer que l'étude de la séquence du gène groEL (codant pour une protéine du choc thermique), effectuée par Zeaiter et al. et incluant la souche FC7049UT, confirme l'appartenance de Bartonella bovis au genre Bartonella. Bartonella bovis Bermond et al. 2002 ne doit pas être confondue avec "Bartonella bovis" espèce décrite en 1934 par Donatien et Lestoquard mais non retenue par les Approved Lists of Bacterial Names. En fait, la bactérie décrite par Donatien et Lestoquard pourrait être identique à l'espèce actuellement connue sous le nom de ¤ Mycoplasma wenyonii. L'étude des séquences des gènes gltA, des gènes codant pour les ARNr 16S et des espaces intergéniques 16S-23S révèle une parenté entre toutes les espèces isolées des ruminants : Bartonella bovis, ¤ Bartonella capreoli, ¤ Bartonella chomelii et ¤ Bartonella schoenbuchensis.
Caractères bactériologiques
Bartonella bovis est un cocco-bacille à Gram négatif, d'environ 1,3 mm de diamètre, dépourvu de flagelle, aérobie, oxydase et catalase négatives.
Les caractères biochimiques ont été étudiés en utilisant des kits MicroScan® Rapid Anaerobe Panel**** (Dade International) et des tablettes Rosco Diagnostica [VP, hydrolyse de la tributyrine, proline aminopeptidase, pyrazinamidase et activité peptidasique vis-à-vis de la benzoyl-arginine-bêta-naphtylamide (activité trypsine-like)]. Comme pour les autres bartonelles, les caractères biochimiques présentent peu d'intérêt pour l'identification ce qui explique, certainement, l'omission de certains résultats dans la publication de Bermond et al.
Comme pour les autres Bartonella sp., la primoculture de Bartonella bovis est longue et nécessite 10 jours d'incubation. Lors des repiquages, la culture est plus rapide et des colonies sont visibles en quatre jours.
Habitat et pouvoir pathogène
Selon H.-J. Boulouis, des Bartonella sp. sont fréquemment isolées du sang de bovins apparemment sains et de nombreuses souches appartiennent à l'espèce Bartonella bovis. Ainsi, l'analyse du sang de 75 bovins élevés dans les départements du Nord et de la Loire-Atlantique a permis à Maillard et al.(2004) d'isoler 150 souches de Bartonella sp. dont 148 souches de Bartonella bovis (les deux autres souches ont été placées dans une nouvelle espèce, ¤ Bartonella chomelii). La grande prévalence des bactériémies asymptomatiques chez les bovins suggère que ces animaux constituent le réservoir naturel de Bartonella bovis. La fréquence de l'infection des bovins par des Bartonella sp. a également été observée aux U.S.A.
Les souches décrites sous l'appellation "Bartonella weissii" et actuellement incluses dans l'espèce Bartonella bovis, ont été isolées chez quelques chats ne présentant aucun signe clinique. Compte tenu de sa fréquence chez les bovins et de sa relative rareté chez le chat, il est vraisemblable que l'habitat de Bartonella bovis soit constitué par les bovins (et peut être par d'autres ruminants) et que la transmission au chat soit un phénomène accidentel.
Quelques espèces ou sous-espèces du genre Bartonella sont des agents de zoonoses (voir le fichier ¤ Bartonella) et il est probable que ce genre renferme d'autres bactéries pathogènes pour l'homme.
Orientation bibliographique
Voir aussi le fichier ¤ Bartonella. BERMOND (D.), BOULOUIS (H.J.), HELLER (R.), VAN LAERE (G.), MONTEIL (H.), CHOMEL (B.B.), SANDER (A.), DEHIO (C.) et PIÉMONT (Y.) : Bartonella bovis Bermond et al. sp. nov. and Bartonella capreoli sp. nov., isolated from European ruminants. Int. J. Syst. Evol. Microbiol., 2002, 52, 383–390. BIRTLES (R.J.) et RAOULT (D.) : Comparison of partial citrate synthase gene (gltA) sequences for phylogenetic analysis of Bartonella species. Int. J. Syst. Bacteriol., 1996, 46, 891-897. BREITSCHWERDT (E.) et KORDICK (D.L.) : Bartonella infection in animals: carriership, reservoir potential, pathogenicity, and zoonotic potential for human infection. Clin. Microbiol. Rev., 2000, 13, 428-438. BREITSCHWERDT (E.B.) SONTAKKE (S.), CANNEDY (A.), HANCOCK (S.I.) et BRADLEY (J.M.) : Infection with Bartonella weissii and detection of Nanobacterium antigens in a North Carolina beef herd. J. Clin. Microbiol., 2001, 39, 879-882. CHANG (C.C.), CHOMEL (B.B.), KASTEN (R.W.), HELLER (R.), KOCAN (K.M.), UENO (H.), YAMAMOTO (K.), BLEICH (V.C.), GONZALES (B.J.), SWIFT (P.K.), BOYCE (W.M.), JANG (S.S.), BOULOUIS (H.J.) et PIEMONT (Y.) : Bartonella spp. isolated from wild and domestic ruminants in North America. Emerg. Infect. Dis., 2000, 6, 306– 311. DEHIO (C.), LANZ (C.), POHL (R.), BEHRENS (P.), BERMOND (D.), PIÉMONT (Y.), PELZ (K.) et SANDER (A.) : Bartonella schoenbuchii sp. nov., isolated from the blood of wild roe deer. Int. J. Syst. Evol. Microbiol., 2001, 51, 1557-1565. DONATIEN (A.) et LESTOQUARD (F.) : Sur une Bartonella nouvelle du bœuf, Bartonella bovis n. sp. Bull. Soc. Path. Exo, 1934, 7, 652-654. HOUPIKIAN (P.) et RAOULT (D.) : Molecular phylogeny of the genus Bartonella: what is the current knowledge. FEMS Microbiol. Lett., 2001, 200, 1-7. JOBLET (C.), ROUX (V.), DRANCOURT (M.), GOUVERNET (J.) et RAOULT (D.) : Identification of Bartonella (Rochalimaea) species among fastidious gram-negative bacteria on the basis of the partial sequence of the citrate-synthase gene. J. Clin. Microbiol., 1995, 33, 1879-1883. MAILLARD (R.), RIEGEL (P.), BARRAT (F.), BOUILLIN (C.), THIBAULT (D.), GANDOIN (C.), HALOS (L.), DEMANCHE (C.), ALLIOT (A.), GUILLOT (J.), PIÉMONT (Y.), BOULOUIS (H.J.) et VAYSSIER-TAUSSAT (M.) : Bartonella chomelii sp. nov., isolated from French domestic cattle (Bos taurus). Int. J. Syst. Evol. Microbiol., 2004, 54, 215-220. MAILLARD (R.), VAYSSIER-TAUSSAT (M.), BOUILLIN (C.), GANDOIN (C.), HALOS (L.), CHOMEL (B.), PIEMONT (Y.) et BOULOUIS (H.J.) : Identification of Bartonella strains isolated from wild and domestic ruminants by a single-step PCR analysis of the 16S-23S intergenic spacer region. Vet. Microbiol., 2004, 98, 63-69. ZEAITER (Z.), FOURNIER (P.E.), OGATA (H.) et RAOULT (D.) : Phylogenetic classification of Bartonella species by comparing groEL sequences. Int. J. Syst. Evol. Microbiol., 2002, 52, 165-171.
AVIS JURIDIQUE IMPORTANT : Les informations qui figurent sur ce site sont soumises à une clause de non responsabilité et sont protégées par un copyright.
Les 16 espèces ou sous-espèces étudiées par Bermond et al. sont Bartonella alsatica, Bartonella bacilliformis, Bartonella birtlesii, Bartonella capreoli, Bartonella clarridgeiae, Bartonella doshiae, Bartonella elizabethae, Bartonella grahamii, Bartonella henselae, Bartonella koehlerae, Bartonella quintana, Bartonella schoenbuchensis, Bartonella taylorii, Bartonella tribocorum, Bartonella vinsonii subsp. arupensis et Bartonella vinsonii subsp. vinsonii L'absence de Bartonella peromysci et de Bartonella talpae s'explique facilement car aucune souche type n'est disponible pour ces deux espèces. En revanche, l'omission de la souche type de Bartonella vinsonii subsp. berkhoffii est plus difficile à comprendre !
** : voir le fichier Définitions d'une genomospecies et d'une espèce bactérienne.
Une équipe décrivant une nouvelle espèce a tout intérêt à valider rapidement la nouvelle nomenclature sous peine de se voir devancer par d'autres auteurs ! Il convient également de remarquer que ce type de situation est une source de confusions pour les bactériologistes de terrain qui se trouvent confrontés à deux appellations, l'une validement publiée (Bartonella bovis) et l'autre sans statut dans la nomenclature ("Bartonella weissii"), pour une unique espèce bactérienne.
**** : Galerie MicroScan® Rapid Anaerobe Panel
La galerie MicroScan® Rapid Anaerobe Panel a été conçue pour l'identification des bactéries anaérobies mais elle est fréquemment utilisée pour les espèces du genre Bartonella. La galerie comprend 24 substrats déshydratés et elle est inoculée (50 µL par puits) avec une suspension bactérienne dont l'opacité est comprise entre les valeurs 3 et 5 de l'échelle de McFarland. Les tests détectent des enzymes préformées et la croissance du germe n'est pas nécessaire si bien que la galerie est incubée sous une atmosphère normale durant 4 heures à 35 - 37 °C. Après incubation, la lecture repose sur les changements de pH et l'apparition de colorations après adjonction éventuelle de réactifs. Deux cupules de contrôle sont prévues pour faciliter la lecture. Un contrôle au nitrophényl qui doit rester incolore et un contrôle au bêta-naphthylamide qui doit virer au jaune-orange après addition du réactif "peptidase". La liste des 24 substrats ainsi que le principe de la lecture sont donnés dans le tableau ci-dessous :
* : Les substrats d'ortho- ou de para-nitrophényl sont incolores. L'enzyme, lorsqu'elle est présente, hydrolyse le substrat et libère de l'ortho- ou du para-nitrophénol de couleur jaune. ** : Lorsque le substrat est hydrolysé par l'arylamidase appropriée, le bêta-naphthylamide est libéré et détecté par l'addition du réactif "peptidase" qui crée un complexe chimique de coloration rose à pourpre magenta. La recherche de la catalase peut s'effectuer dans la cupule p-nitrophényl-bêta-D-galactopyranoside. En cas de réaction positive, l'adjonction de deux à trois gouttes d'eau oxygénée à 3 p. cent provoque l'apparition de bulles après 2 à 3 minutes. Les tests sont séparés par groupe de trois et une valeur 4, 2 ou 1 est attribuée à chaque test. La valeur 4 est attribuée à une réponse positive notée pour le premier test d'un groupe de trois. La valeur 2 est attribuée à une réponse positive notée pour le deuxième test d'un groupe de trois. La valeur 1 est attribuée à une réponse positive notée pour le troisième test d'un groupe de trois. L'addition des valeurs pour chacun des groupes permet d'obtenir un profil numérique à huit chiffres. |
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