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Créé le 08 novembre 1999
BREVIBACTERIUM
Autres dénominations :
Systématique
Le genre Brevibacterium est l'unique genre de la famille des Brevibacteriaceae (sous-ordre des Micrococcineae, ordre des Actinomycetales, sous-classe des ¤ Actinobacteridae, classe des ¤ Actinobacteria). Ce genre a été proposé en 1953 pour accueillir de courts bacilles à Gram positif, non sporulés et non ramifiés. De nombreuses espèces bactériennes possèdent ces caractères et ont été incluses dans le genre Brevibacterium si bien qu'il était très hétérogène. Ultérieurement, ce genre a été restreint aux espèces présentant une forte ressemblance avec l'espèce type, Brevibacterium linens. Plus de 25 espèces différentes ont été décrites au sein du genre Brevibacterium (voir le fichier Brevibacterium in List of Procaryotic Names with Standing in Nomenclature), mais seuls Brevibacterium avium, Brevibacterium casei, Brevibacterium epidermidis, Brevibacterium iodinum, Brevibacterium linens, Brevibacterium luteolum corrig. [lutescens (sic)], Brevibacterium mcbrellneri, Brevibacterium paucivorans et Brevibacterium otitidis semblent effectivement appartenir à ce genre.
Caractères bactériologiques
Les Brevibacterium sp. sont des bactéries à Gram positif, non sporulées, non ramifiées, immobiles, dont la paroi est dépourvue d'acide mycolique et d'arabinose, possédant un peptidoglycane du type A1g (voir : le fichier ¤ "Classification des peptidoglycanes selon Schleifer et Kandler"), non lipophiles, aérobies strictes, catalase positive, oxydase et nitrate réductase variables selon les espèces, chimio-organotrophes à métabolisme respiratoire, halotolérantes (caractère non étudié pour Brevibacterium avium et pour Brevibacterium paucivorans), inactives sur les sucres (à l'exception de quelques souches capables d'acidifier faiblement et lentement le glucose, le maltose et le saccharose), hydrolysant la gélatine (caractère lentement positif pour Brevibacterium paucivorans), la caséine (à l'exception de Brevibacterium paucivorans) et l'ADN (caractère non étudié pour Brevibacterium luteolum et Brevibacterium paucivorans), n'hydrolysant ni l'esculine ni l'urée ni l'amidon (caractère non étudié pour Brevibacterium luteolum et Brevibacterium paucivorans). Dans les jeunes cultures (âgées de moins de 24 heures), les souches se présentent sous la forme de courts bacilles corynéformes souvent groupés en V. Après 3 à 7 jours d'incubation, les cultures renferment des cocco-bacilles ou des formes coccoïdes perdant facilement la coloration de Gram.
Après 24 à 48 heures d'incubation sur gélose nutritive, à l'exception de Brevibacterium mcbrellneri qui donne des colonies sèches, friables et s'émulsionnant avec difficulté, les colonies de Brevibacterium sp. sont petites (0,5 à 2 mm de diamètre), opaques, convexes, à contour régulier, lisses et brillantes. Les colonies de Brevibacterium paucivorans peuvent adhérer à la gélose.
À la connaissance de l'auteur, seul Brevibacterium avium a été associé à des infections chez les animaux. Outre les caractères du genre, cette espèce, décrite en 1999 pour deux souches isolées des volailles, présente les caractères suivants (les tests d'assimilation ont été réalisés sur galeries API 50CH avec le milieu "AUX medium", les activités enzymatiques ont été recherchées sur galeries API ZYM) :
L'identification des Brevibacterium sp. est difficile. Le diagnostic peut être orienté par la morphologie (à condition de faire une coloration de Gram sur des cultures jeunes et sur des cultures de 72 heures), le type respiratoire aérobie, le métabolisme oxydatif, l'absence fréquente d'acidification des sucres. Selon Carlotti et al. (1993) le diagnostic de genre nécessite de vérifier l'absence d'acide mycolique et la présence d'acide meso-diaminopimélique. Quelques caractères permettant de différencier les principales espèces du genre Brevibacterium sont donnés dans le tableau I.
Habitat et pouvoir pathogène
Brevibacterium casei, Brevibacterium iodinum et Brevibacterium linens sont retrouvés dans le lait et dans la croûte des fromages affinés. Ces espèces et, notamment Brevibacterium linens, contribuent à la formation de l'arôme et à la coloration des fromages.
Brevibacterium casei et Brevibacterium epidermidis sont isolés de la flore cutanée de l'homme et ils contribueraient à l'odeur désagréable dégagée par les pieds de certains individus. Ces deux espèces et, notamment Brevibacterium casei, sont parfois responsables de cas d'infections opportunistes chez l'homme. Elles peuvent être isolées d'infections sur matériel étranger (cathéters, valves de dérivation du LCR, cathéters de dialyse péritonéale, prothèses osseuses ou endovasculaires), de suppurations, de plaies, du liquide pleural, du liquide synovial, d'infections de la cornée... De nombreuses souches de Brevibacterium casei résistent aux bêta-lactamines, à la ciprofloxacine, à la clindamycine et à l'érythromycine mais, elles sont sensibles à la gentamicine, à la rifampicine et à la tétracycline.
Les deux souches de Brevibacterium avium ont été isolées de granulomes se développant sur le pied de la poule. L'inoculation expérimentale ne reproduit pas les lésions et cette bactérie semble être, tout au plus, un pathogène opportuniste. Des travaux hongrois, cités par Alzieu et al. font état de la présence de Brevibacterium sp. sur la peau des ovins. L'odeur de ces bactéries attirerait des mouches (Wohlfartia magnifica) dont les larves sont à l'origine de myiases.
Orientation bibliographique
ALZIEU (J.P.), BRARD (C.) et PERSONNE (F.) : Les ectomyiases ovines. Bull. GTV, 1993, 67-79. BOCKELMANN (W.) et HOPPE-SEYLER (T.) : The surface of bacterial smear-ripened cheeses from cow’s and goat’s milk. Int. Dairy J., 2001, 11, 307-314. BIMET (F.), RIEGEL (P.) et PATEY (O.) : Actualités sur les corynébactéries. Bull. Soc. Fr. Micerobiol., 1995, 10 (H.S.), 19-23. CARLOTTI (A.), MEUGNIER (H.), POMMIER (M.T.), VILLARD (J.) et FRENEY (J.) : Chemotaxonomy and molecular taxonomy of some coryneform clinical isolates. Zbl. Bakt., 1993, 278, 23-33. CURTIN (A.C.), GOBBETTI (M.) et McSWEENEY (P.L.H.) : Peptidolytic, esterolytic and amino acid catabolic activities of selected bacterial strains from the surface of smear cheese. Int. J. Food Microbiol., 2002, 76, 231-240. FUNKE (G.), VON GRAEVENITZ (A.), CLARRIDGE III (J.E.) et BERNARD (K.) : Clinical microbiology of coryneform bacteria. Clin. Microbiol. Rev., 1997, 10, 125-159. GRUNER (E.), STEIGERWALT (A.G.), HOLLIS (D.G.), WEYNANT (R.S.), WEAVER (R.E.), MOSS (C.W.), DANESHVAR (M.), BROWN (J.M.) et BRENNER (D.J.) : Human infections caused by Brevibacterium casei, formerly CDC groups B-1 and B-3. J. Clin. Microbiol., 1994, 32, 1511-1518. McBRIDE (M.E.), ELLNER (K.M.), BLACK (H.S.), CLARRIDGE (J.E.), and WOLF (J.E.): A new Brevibacterium sp. isolated from infected genital hair of patients with white piedra. J. Med. Microbiol., 1993, 39, 225-261. PASCUAL (C.) et COLLINS (M.D.) : Brevibacterium avium sp. nov., isolated from poultry. Int. J. Syst. Bacteriol., 1999, 49, 1527-1530. VON GRAEVENITZ (A.) et FUNKE (G.) : An identification scheme for rapidly and aerobically growing Gram-positive rods. Zbl. Bakt., 1996, 284, 246-254. WAUTERS (G.), AVESANI (V.), LAFFINEUR (K.), CHARLIER (J.), JANSSENS (M.), VAN BOSTERHAUT (B.) et DELMÉE (M.) : Brevibacterium lutescens sp. nov., from human and environmental samples. Int. J. Syst. Evol. Microbiol., 2003, 53, 1321-1325. WAUTERS (G.), CHARLIER (J.), JANSSENS (M.) et DELMÉE (M.) : Brevibacterium paucivorans sp. nov., from human clinical specimens. Int. J. Syst. Evol. Microbiol., 2001, 51, 1703-1707.
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