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Créé le 04 avril 2001
BURKHOLDERIA
Autres dénominations :
Voir aussi les fichiers :
¤ Burkholderiales, Burkholderiaceae
Systématique
Au vu des résultats de l’hybridation ARNr - ADN, Palleroni et al. divisent le genre Pseudomonas en 5 groupes d’homologie. Dès 1975, dans un article consacré à la taxonomie du genre Pseudomonas, Stanier écrivait "Il est tentant d’accorder à chaque groupe d’homologie de l’ARN ribosomal le rang d’un genre ...".
Le genre Burkholderia est placé dans la famille des ¤ Burkholderiaceae (ordre des ¤ Burkholderiales, classe des ¤ Betaproteobacteria, phylum des "Proteobacteria", domaine ou empire des "Bacteria" ou des "Eubacteria"). Il est donc phylogénétiquement éloigné du genre Pseudomonas placé dans classe des ¤ Gammaproteobacteria.
Par la suite, le genre Burkholderia a connu de nombreux remaniements :
Caractères bactériologiques
La définition du genre Burkholderia repose avant tout sur des considérations génomiques et sur la composition des lipides cellulaires. Pour ce qui concerne les principaux caractères phénotypiques notons que ce sont des bacilles droits, à Gram négatif, accumulant généralement des granules de poly-bêta-hydroxybutyrate, mobiles grâce à un ou à plusieurs flagelles polaires (¤ Burkholderia mallei est cependant dépourvue de flagelles et immobile), aérobies stricts, catalase positive, oxydase variable selon les espèces, capables de croître en utilisant comme unique source de carbone le glucose, le glycérol, l’inositol, le galactose, le sorbitol, le mannose (à la différence des Ralstonia sp. qui n'utilisent pas ce sucre) et le mannitol. Les différentes espèces du genre peuvent être différenciées par les résultats des auxanogrammes (137 substrats ont été utilisés dans l’étude de Gillis et al. 1995).
Habitat et pouvoir pathogène
Les espèces du genre Burkholderia ont pour principal habitat le sol et les plantes mais, quelques espèces sont pathogènes pour l’homme ou l’animal ou se comportent comme des pathogènes opportunistes. Burkholderia mallei, B. pseudomallei, B. thailandensis, B. ubonensis, B. oklahomensis
¤ Burkholderia mallei et ¤ Burkholderia pseudomallei sont des pathogènes majeurs puisqu’ils sont respectivement les agents de la morve et de la mélioïdose.
Burkholderia du complexe cepacia. Les souches incluses dans le complexe cepacia (Burkholderia cepacia sensu lato) sont retrouvées dans le sol et dans l’eau (y compris l’eau distillée et l’eau du robinet), dans des solutions antiseptiques (ammoniums quaternaires, chlorhexidine, polyvidone iodé, ...) et dans des solutés injectables. Burkholderia cepacia sensu lato est une bactérie phytopathogène (oignons, riz) mais c'est aussi une bactérie d'intérêt industriel car elle est apte à produire des substances antibactériennes et antifungiques, à dégrader des déchets industriels et à dégrader des pesticides. Son utilisation en tant qu'agent de lutte biologique contre les micro-organismes phytopathogènes ou en tant qu'agent dépolluant pose des problèmes de santé publique. En effet, Burkholderia anthina, Burkholderia cepacia, Burkholderia multivorans, Burkholderia pyrrocinia, Burkholderia stabilis, Burkholderia vietnamiensis et, surtout, Burkholderia cenocepacia (Burkholderia cepacia genomospecies III) peuvent se comporter comme des pathogènes opportunistes chez des individus aux moyens de défense affaiblis. Ces bactéries sont responsables de petites épidémies nosocomiales consécutives à l'utilisation de liquides contaminés (solutés injectables, anesthésiques, antiseptiques) ou de matériels contaminés (sondes, cathéters, circuits des respirateurs), elles peuvent provoquer des infections pulmonaires graves chez des patients atteints de granulomatose septique chronique ou des septicémies chez des sujets drépanocytaires mais, elles sont surtout responsables d'infections pulmonaires chez des sujets atteints de mucoviscidose. La colonisation des voies respiratoires des patients atteints de mucoviscidose est à l'origine d'une pneumonie nécrosante rapidement fatale, parfois associée à une septicémie, connue sous le nom de "syndrome cepacia" et observée chez environ 20 p. cent des sujets infectés. En médecine vétérinaire, Burkholderia cepacia sensu lato a été isolée de cas de pneumonie chez le cheval (en association avec d'autres bactéries), d'un cas d'endocardite chez un cheval et chez des brebis atteintes de mammites subcliniques. Ces mammites sont apparues dans un troupeau de 620 brebis et elles ont concerné 96 animaux. Les examens bactériologiques pratiqués sur le lait ont permis d'isoler, en culture pure, 64 souches appartenant au complexe Burkholderia cepacia. Sur les huit souches soumises à des examens complémentaires (analyse des acides gras, analyse des protéines, polymorphisme des fragments de restriction) sept se sont révélées appartenir à l'espèce Burkholderia cenocepacia (ex Burkholderia cepacia genomospecies III) et la huitième à l'espèce Burkholderia vietnamiensis (ex Burkholderia cepacia genomospecies V). L'origine de la contamination n'a pas pu être déterminée mais elle pourrait être liée soit à une contamination des solutions antibiotiques utilisées durant la "période sèche" soit à une contamination de l'environnement. L'isolement de Burkholderia cepacia sensu lato nécessite des milieux sélectifs et les milieux semblant donner les meilleurs résultats sont les milieux BCSA* et LAB M B. cepacia medium* (LAB M Ltd, Bury, UK). Le milieu CPAT* présente l'inconvénient de ne pas permettre la croissance de Burkholderia dolosa.
L'identification des espèces du "complexe cepacia" est délicate et les kits commerciaux conduisent souvent à une identification incorrecte.
Burkholderia cepacia sensu lato est une bactérie multirésistante aux antibiotiques (les molécules les plus souvent actives sont la pipéracilline, la ceftazidime, la témocilline, le méropénème et la ciprofloxacine) et il a été montré une absence de corrélation entre les résultats obtenus in vitro et in vivo ainsi qu'une modification du spectre de sensibilité d'une même souche au cours du temps.
Burkholderia gladioli. ¤ Burkholderia gladioli est une bactérie phytopathogène (oignons), proche de Burkholderia cepacia, isolée parfois de patients atteints de mucoviscidose et dont certaines souches sont responsables de toxi-infections alimentaires. Quelques caractères utiles à son identification figurent sur le tableau I. Autres espèces. Burkholderia fungorum a pu être isolée des sécrétions vaginales d'une femme enceinte, du liquide céphalo-rachidien d'une femme âgée de 66 ans, de patients atteints de mucoviscidose et des sécrétions nasales de la souris. Burkholderia andropogonis, Burkholderia caledonica, Burkholderia caribensis, Burkholderia caryophylli, Burkholderia glathei, Burkholderia glumae, Burkholderia graminis, Burkholderia hospita, Burkholderia kururiensis, Burkholderia norimbergensis, Burkholderia phenazinium, Burkholderia phymatum, Burkholderia plantarii, Burkholderia sacchari, Burkholderia sordidicola, Burkholderia terricola et Burkholderia tuberum ne semblent pas provoquer d’infections chez l'homme et chez les animaux.
Orientation bibliographique
International Burkholderia cepacia Working Group Burholderia in List of Procaryotic Names with Standing in Nomenclature
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* : Milieux sélectifs utilisés pour l'isolement de Burkholderia cepacia sensu lato :
Milieu BCSA (en grammes ou UI par litre)
NaCl : 5,0
Milieu LAB M B. cepacia (LAB M Ltd, Bury, UK) (en grammes ou UI par litre):
Hydrolysat acide de caséine : 10,0
Milieu PCAT (en grammes par litre)
MgSO4,7H2O : 0,2
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