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Créé le 04 décembre 2003
SYSTÉMATIQUE DES ESPÈCES PLACÉES DANS LE "GROUPE BACILLUS CEREUS"
Voir aussi les fichiers
Introduction
Le 01 janvier 1980, les nomenclatures de ¤ Bacillus anthracis, de ¤ Bacillus cereus, de Bacillus mycoides et de Bacillus thuringiensis ont été incluses dans les Approved Lists of Bacterial Names.
¤ Bacillus anthracis, ¤ Bacillus cereus, Bacillus mycoides, Bacillus pseudomycoides, Bacillus thuringiensis et ¤ Bacillus weihenstephanensis présentent des caractères phénotypiques proches et ils sont génétiquement apparentés si bien que ces six espèces sont souvent regroupées sous la dénomination de "Bacillus du groupe cereus". Il convient de remarquer que cette désignation est très mal choisie car l'épithète anthracis a priorité sur celle de cereus. Il est intéressant de remarquer que des bactéries filamenteuses segmentées, présentes dans l'intestin des arthropodes et connues sous le nom de "Arthromitus sp." semblent appartenir au "groupe de Bacillus cereus". Ces bactéries ne seront pas envisagées dans ce fichier mais quelques données sur les "Arthromitus sp." sont présentées dans la note infrapaginale 1. Différenciation basée sur l'habitat et le pouvoir pathogène
Toutes ces espèces ont pour habitat principal le milieu extérieur mais elles peuvent avoir une grande importance pratique.
Les souches de ¤ Bacillus anthracis synthétisent habituellement des exotoxines codées par des gènes présents sur le plasmide pXO1 et une capsule codée par des gènes présents le plasmide pXO2. La synthèse du cristal parasporal de Bacillus thuringiensis est gouvernée par des gènes cry portés par des plasmides.
Différenciation basée sur le phénotype Quelques caractères phénétiques des espèces du "groupe Bacillus cereus" sont présentés dans le tableau I. Cependant, aucun caractère ne permet avec certitude de distinguer ces espèces. L'immobilité, l'absence d'hémolyse sur gélose au sang de mouton, la lyse par le phage gamma et la formation de colonies non-rhizoïdes sont classiquement retenues pour caractériser ¤ Bacillus anthracis. Bacillus mycoides et Bacillus pseudomycoides sont également immobiles mais ces deux espèces sont faiblement hémolytiques sur gélose au sang de mouton et leurs colonies ont un aspect rhizoïde. Un diagnostic différentiel entre ces deux espèces nécessite d'analyser les acides gras ou d'avoir recours à des techniques génétiques.
Les souches des trois autres espèces sont généralement hémolytiques (gélose au sang de mouton) et mobiles.
Différenciation basée sur les caractères génétiques
Les études génétiques réalisées sur ces espèces présentent quelques lacunes :
Les homologies des séquences des ARNr 16S sont supérieures à 98 p. cent et elles sont même supérieures à 99 p. cent si l'on exclue Bacillus pseudomycoides et ¤ Bacillus weihenstephanensis. En accord avec Stackebrandt et Goebel, une telle valeur ne permet pas de conclure et les souches peuvent constituer une ou plusieurs espèces différentes. Les résultats des homologies ADN-ADN donnent des résultats contradictoires. Plusieurs études ont montré que les souches d'une même espèce (par exemple Bacillus thuringiensis) pouvaient présenter des homologies ADN-ADN inférieures à 70 p. cent alors que les homologies ADN-ADN entre les souches d'espèces différentes (par exemple entre ¤ Bacillus cereus et ¤ Bacillus weihenstephanensis) pouvaient atteindre 83,3 p. cent. De même, les homologies ADN-ADN montrent que certaines souches qualifiées de ¤ Bacillus cereus sont plus proches de Bacillus thuringiensis que de la souche type de ¤ Bacillus cereus. Les types électrophorétiques obtenus par MLEE (MultiLocus Enzyme Electrophoresis) ne permettent pas de différencier ¤ Bacillus anthracis, ¤ Bacillus cereus, Bacillus mycoides et Bacillus thuringiensis même si Bacillus mycoides semble constituer un groupe particulier. Des résultats comparables sont obtenus par AFLP (Amplified Fragment Length Polymorphism). Les conclusions basées sur les résultats obtenus avec d'autres techniques sont citées dans le fichier intitulé " Hors texte : Principales conclusions de quelques travaux concernant la systématique de Bacillus anthracis, Bacillus cereus, Bacillus mycoides et Bacillus thuringiensis". Conclusion
En dépit des similitudes phénétiques et génétiques, l'importance médicale et économique des souches du "groupe Bacillus cereus" conduit à respecter le statut de ces différentes espèces afin d'éviter tous risques de confusion (voir aussi le chapitre ¤ "Les dérogations aux règles du Code de Nomenclature" dans le fichier ¤ "Nomenclature bactérienne" et l'entrée ¤ "Nomen periculosum" dans le fichier ¤ "Glossaire de nomenclature bactérienne).
Si l'on tient compte de l'ensemble des données phénétiques et génétiques ainsi que du pouvoir pathogène important de ¤ Bacillus anthracis, il serait cependant souhaitable de proposer des changements de nomenclature au sein du "groupe Bacillus cereus". Les propositions présentées ci-dessous doivent être considérées comme reflétant l'opinion de l'auteur de ce fichier et, bien sûr, elles n'ont aucun caractère officiel.
Orientation bibliographique
Systématique GUINEBRETIÈRE (M.H.) et SANCHIS (V.) : Bacillus cereus sensu lato. Bull. Soc. Fr. Microbiol., 2003, 18, 95-103. Autres références, voir le fichier intitulé "Hors texte : Principales conclusions de quelques travaux concernant la systématique de Bacillus anthracis, Bacillus cereus, Bacillus mycoides et Bacillus thuringiensis".
Quelques articles concernant l'habitat et/ou le pouvoir pathogène des espèces du groupe Bacillus cereus
AGAISSE (H.) et LERECLUS (D.) : Génétique moléculaire de Bacillus thuringiensis. Ann. Inst. Pasteur, 1996, 7, 261-269. DELÉCLUSE (A.), BARLOY (F.) et ROSSO (M.L.) : Les bactéries pathogènes des larves de diptères : structure et specificité des toxines. Ann. Inst. Pasteur, 1996, 7, 217-231. KOTIRANTA (A.), LOUNATMAA (K.) et HAAPASALO (M.) : Epidemiology and pathogenesis of Bacillus cereus infections. Microbes and infection, 2000, 2, 189-198. MICHELET (N.) et MAHILLON (J.) : Bacillus cereus, opportuniste et pathogène. Bull. Soc. Fr. Microbiol., 2003, 18, 113-122. NGUYEN-THE (C.), CARLIN (F.) et GUINEBRETIÈRE (M.H.) : Bacillus cereus et sécurité des aliments. Bull. Soc. Fr. Microbiol., 2003, 18, 104-112. PETERSEN (D.J.), SHISHIDO (M.), HOLL (F.B.) et CHANWAY (C.P.) : Use of species- and strain-specific PCR primers for identification of conifer root-associated Bacillus spp. FEMS Microbiol. Lett., 1995, 133, 71-76. RAMISSE (F.), HERNANDEZ (E.) et GOASDOUE (J.L.) : Bacillus anthracis et guerre biologique. Bull. Soc. Fr. Microbiol., 1998, 13, 145-151. SIEGEL (J.P.) : The mammalian safety of Bacillus thuringiensis-based insecticides. J. Invertebr. Pathol., 2001, 77,13-21. SIRARD (J.C.), MALVILLE (M.), FOUET (A.) et MOCK (M.) : Physiopathologie moléculaire de la maladie du charbon. Revue Méd. Vét., 1996, 147, 653-670. STENFORS (L.P.), MAYR (R.), SCHERER (S.) et GRANUM (P.E.) : Pathogenic potential of fifty Bacillus weihenstephanensis strains. FEMS Microbiol. Lett., 2002, 215, 47-51. TEYSSOU (R.), HANCE (P.) et BUISSON (Y.) : Les infections humaines à Bacillus. Bull. Soc. Fr. Microbiol., 1998, 13, 137-144.
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En 1849, le médecin et naturaliste américain Joseph Leidy observe des filaments segmentés dans l'intestin du termite Reticulitermes flavipes et il dénomme ces organismes "Arthromitus". Malgré la présence de spores, Leidy considérait ces filaments comme des végétaux mais, dès 1929, Duboscq et Grassé montraient qu'il s'agissait de bactéries. Des bactéries filamenteuses segmentées et sporulées ont également été mises en évidences chez d'autres insectes (blattes, isoptères, coléoptères, myriapodes), chez des isopodes, chez des amphibiens, chez des poissons (Oncorhynchus mykiss), chez des oiseaux (canards, poulets) et chez des mammifères (notamment, rats souris et hommes). Chez toutes les espèces, les "Arthromitus sp." sont associés à la muqueuse intestinale.
En 1998, Margulis et al. décrivent l'isolement de plusieurs souches de "Arthromitus sp." à partir de l'intestin de plusieurs insectes. La séquence de l'ADNr 16S de la souche JJ#1, isolée de Odontotaenius disjunctus, présente 99 p. cent d'homologie avec les séquences des ADNr 16S de ¤ Bacillus cereus et de ¤ Bacillus anthracis.
Contrairement aux "Arthromitus sp." des arthropodes, les bactéries filamenteuses segmentées et sporulées des poissons, des oiseaux et des mammifères sont non cultivables et elles seraient apparentées au genre Clostridium. En 1995, Snel et al. ont proposé de les placer dans la catégorie Candidatus (voir l'entrée ¤ "Candidatus" in ¤ "Glossaire de nomenclature bactérienne") sous l'appellation de "Candidatus Arthromitus".
Références :
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