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Dernière mise à jour le 23 mars 1999
BURKHOLDERIA GLADIOLI
Voir aussi les fichiers : ¤ Burkholderia et ¤ Burkholderiales, Burkholderiaceae.
Systématique
Burkholderia gladioli a été décrite en 1913 sous la dénomination de Pseudomonas gladioli et cette dernière nomenclature a été incluse dans les "Approved Lists of Bacterial Names". En 1992, Yabuuchi et al. transfèrent cette espèce dans le nouveau genre ¤ Burkholderia. La nomenclature de Pseudomonas cocovenenans figure également dans les "Approved Lists of Bacterial Names" bien qu’aucune description de cette espèce ne soit disponible (il fallut attendre 1990 pour que Zhao et al. décrivent cette bactérie). En 1995, Gillis et al. proposent de reclasser Pseudomonas cocovenenans dans le genre ¤ Burkholderia puis, en 1999, Coenye et al. montrent que cette espèce est en fait identique à Burkholderia gladioli par ses caractères génomiques (76 p. cent d'homologie ADN - ADN entre les souches types), ses caractères chimiotaxonomiques (similitude des profils électrophorétiques des protéines cellulaires) et ses caractères phénotypiques. La nomenclature de gladioli (Severini 1913) ayant priorité sur celle de cocovenenans (van Damme et al. 1960), les souches connues sous le nom de Burkholderia cocovenenans doivent être désignées sous le nom de Burkholderia gladioli.
Caractères bactériologiques
Burkholderia gladioli présente tous les caractères du genre ¤ Burkholderia. C'est un bacille à Gram négatif de 0,3 à 0,8 mm de diamètre sur 1,6 à 2,0 mm de longueur, mobile (à 20 °C) grâce à des flagelles polaires, accumulant des granules de poly-bêta-hydroxybutyrate, aérobie, catalase positive, oxydase généralement négative (en cas de positivité, la réponse est très faiblement positive), chimio-organotrophe à métabolisme oxydatif. Un caractère positif est noté pour les tests croissance à 20 °C, croissance sur gélose de MacConkey, croissance sur gélose au citrate de Simmons, lécithinase, hydrolyse du Tween 20 et du Tween 80, hydrolyse de la tyrosine, acidification* du L-arabinose, du dulcitol, du fructose, du glucose, de l'inositol, du mannitol, du sorbitol et du D-xylose. Une réponse négative est observée pour les tests mobilité à 37 °C, hémolyse, production de pigment fluorescent (pyoverdine) sur le milieu de King B, croissance sur milieu au KCN, croissance à 5 °C, croissance en présence de 0,4 p. cent de sélénite, réduction des nitrites, indole, H2S, ADH, LDC, ODC, production d'acide phénylpyruvique, hydrolyse de l'esculine et de l'amidon, DNase, acidification des sucres en eau peptonée, acidification* du lactose, du maltose, du raffinose, du rhamnose, du saccharose et de la salicine.
Une réponse variable est obtenue pour les tests croissance à 42 °C, nitrate réductase, uréase, gélatinase, bêta-galactosidase, utilisation du malonate et de la leucine.
La liste des substrats utilisables comme seule source de carbone (plus de 135 substrats étudiés) est donnée dans la référence Gillis et al. 1995.
Quelques caractères permettant de différencier Burkholderia gladioli d'autres espèces isolées en médecine figurent dans le tableau I.
Habitat et pouvoir pathogène
Burkholderia gladioli est une bactérie phytopathogène (oignons), proche de Burkholderia cepacia, isolée parfois de patients atteints de mucoviscidose. Les souches capables de croître à 42 °C et capables d'utiliser le malonate et la leucine (souches préalablement désignées sous la nomenclature de Burkholderia cocovenenans) produisent une toxoflavine et elles sont responsables de toxi-infections alimentaires observées en Chine et à Java. Ces toxi-infections résultent de l’ingestion de préparations à base de farine de maïs fermentée, de noix de coco fermentée ou de l’ingestion de gâteaux recouverts d’une moisissure (Tremella fuciformis).
Orientation bibliographique
COENYE (T.), HOLMES (B.), KERSTERS (K.), GOVAN (J.R.W.) and VANDAMME (P.): Burkholderia cocovenenans (van Damme et al. 1960) Gillis et al. 1995 and Burkholderia vandii Urakami et al. 1994 are junior synonyms of Burkholderia gladioli (Severini 1913) Yabuuchi et al. 1993 and Burkholderia plantarii (Azegami et al. 1987) Urakami et al. 1994, respectively. Int. J. Syst. Bacteriol., 1999, 49, 37-42. GILLIS (M.), VAN KAN (T.), BARDIN (R.), GOOR (M.), HEBBAR (P.), WILLEMS (A.), SEGERS (P.), KERSTERS (K.), HEULIN (T.) et FERNANDEZ (M.P.) : Polyphasic taxonomy in the genus Burkholderia leading to an emended description of the genus and proposition of Burkholderia vietnamiensis sp. nov. for N2-fixing isolates from rice in Vietnam. Int. J. Syst. Bacteriol., 1995, 45, 274-289. YABUUCHI (E.), KOSAKO (Y.), OYAIZU (H.), YANO (I.), HOTTA (H.), HASHIMOTO (Y.), EZAKI (T.) et ARAKAWA (M.) : Proposal of Burkholderia gen. nov. and transfer of seven species of the genus Pseudomonas homology group II to the new genus, with the type species Burkholderia cepacia (Palleroni and Holmes 1981) comb. nov. Microbiol. Immunol., 1992, 36, 1251-1275. ZHAO (N.X.), MA (M.S.), ZHANG (Y.P.) et XU (D.C.) : Comparative description of Pseudomonas cocovenenans (van Damme, Johannes, Cox, and Berends 1960) NCIB 9450T and strains isolated from cases of food poisoning caused by consumption of fermented corn flour in China. Int. J. Syst. Bacteriol., 1990, 40, 452-455.
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* : L'acidification des sucres est étudiée dans le milieu Oxydation-Fermentation (Difco). On ensemence en parallèle un milieu sans sucre et un milieu contenant le sucre à étudier. Un résultat est considéré comme positif lorsque le milieu dépourvu de sucre est alcalin alors que le milieu contenant le sucre est inchangé.
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