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Créé le 30 janvier 2008
BRUCELLA MICROTI
Systématique
Les études d’hybridation ADN-ADN ont montré que le genre Brucella constitue une seule espèce génomique* pour laquelle, en accord avec les règles de priorité, Verger et al. ont proposé le nom de Brucella melitensis. Brucella abortus, Brucella canis, Brucella neotomae, Brucella ovis et Brucella suis devant être considérées comme de simples biovars de Brucella melitensis. Cette proposition respectait (et respecte toujours) les critères utilisés pour la définition d'une espèce bactérienne si bien qu'en 1988, le sous-comité de taxonomie des Brucella a entériné l'existence d'une seule espèce au sein du genre Brucella. Toutefois, ce comité a admis le maintien des anciennes nomenclatures aussi bien pour un usage courant que pour des travaux non liés à la taxonomie.
Le campagnol des champs provoque des ravages dans les cultures et il peut être un réservoir pour ¤ Leptospira interrogans, ¤ Francisella tularensis et Babesia microti. Depuis 1996, la population des campagnols du sud de la Moravie (République Tchèque) fait l'objet d'une surveillance afin de mieux comprendre la dynamique des populations. Dans les années 1999-2003, les campagnols ont été victimes d'une épidémie conduisant à une forte mortalité. L'observation microscopique des lésions permettait de mettre en évidence des coccobacilles à Gram négatif. Les examens bactériologiques, effectués sur quatre animaux capturés en septembre 2000, ont permis d'isoler en culture pure huit souches bactériennes dont cinq ressemblaient à des souches du genre ¤ Ochrobactrum. Deux de ces souches, les souches CCM 4915 et CCM 4916, ont fait l'objet d'une étude bactériologique plus complète et furent identifiées comme des souches de ¤ Ochrobactrum intermedium.
L'analyse des séquences des gènes rrs, recA, omp2a et omp2b, ainsi que les hybridations ADN-ADN permettent de placer les deux souches dans le genre Brucella.
L'AMOS (AMOS pour AbortusMelitensisOvisSuis) PCR, technique permettant de détecter et de différencier Brucella abortus, Brucella melitensis, Brucella ovis et Brucella suis, permet d'obtenir un fragment de 2000 pb absent chez les autres Brucella spp. L'amplification de la région située en aval du gène bp26 conduit à l'obtention d'un amplicon de 1029 pb, caractéristique des Brucella spp. isolées des mammifères terrestres. La technique MLVA [multilocus VNTR (variable-number-tandem-repeat) analysis] effectuée sur les souches CCM 4915 et CCM 4916 et sur 424 souches de Brucella spp., ainsi que la technique MLST (multilocus sequence typing), révèlent que les souches isolées de campagnols forment un groupe distinct des autres espèces du genre Brucella. Les caractères phénotypiques permettent de différencier les souches CCM 4915 et CCM 4916 des autres espèces et biovars du genre Brucella. Aussi, en février 2008, Scholz et al. valident la publication de Brucella microti.
Caractères bactériologiques
Les souches de Brucella microti se présentent sous la forme de coccobacilles ou de courts bacilles à Gram négatif, de 0,5 à 0,8 µm de diamètre sur 0,6 à 1,4 µm de longueur, se présentant de manière isolée ou groupés en amas irréguliers, aérobies, immobiles, non sporulés, oxydase positive, catalase positive, à métabolisme oxydatif et agglutinables par un sérum anti-M dilué au 1/80. Une réponse positive est notée pour les tests réduction des nitrates (avec formation de gaz), réduction des nitrites, uréase, VP, phénylalanine désaminase, assimilation (galeries API 20 NE) de l'adipate, du L-arabinose, de la N-acétyl-glucosamine, du D-glucose, du maltose et du D-mannose, oxydation (utilisation de milieux OF, Difco) du fructose, du glucose, du maltose et du xylose. Une réponse négative est observée avec les tests ADH, LDC, ODC, production d'hydrogène sulfuré, citrate de Simmons, ONPG, hydrolyse de l'ADN, hydrolyse de l'amidon, hydrolyse de la caséine, hydrolyse de l'esculine, hydrolyse de la gélatine, hydrolyse de la lécithine, hydrolyse de la tyrosine, assimilation (galeries API 20 NE) du caprate, du citrate, du gluconate, du malate, du D-mannitol et du phényl-acétate. En utilisant une galerie API ZYM**, une réaction positive est obtenue pour les tests phosphatase acide, phosphatase alcaline, leucine arylamidase, valine arylamidase, cystine arylamidase, alpha-glucosidase et estérase lipase. La réponse est négative pour les tests estérase, lipase, alpha-galactosidase, bêta-galactosidase, bêta-glucuronidase, bêta-glucosidase, alpha-mannosidase, alpha-fucosidase, N-acétyl-bêta-glucosaminidase. Les caractères permettant de différencier Brucella microti des autres espèces du genre sont donnés dans le tableau I.
D'autres caractères phénotypiques ont été étudiés en utilisant un système miniaturisé, le système MICRONAUT de Merlin microbiological diagnostics company (MERLIN Gesellschaft für mikrobiologische Diagnostika mbH).
Brucella microti cultive en présence de thionine (diluée au 1/25000) et en présence de fuchsine basique (diluée au 1/50000). En revanche aucune croissance n'est observée dans un bouillon contenant 6,5 p. cent de NaCl.
Une culture est facilement obtenue sur une gélose nutritive incubée à des températures comprises entre 25 et 42 °C dans une atmosphère aérobie non enrichie en dioxyde de carbone. Après 24 à 48 d'incubation à 28-37 °C, les colonies sont lisses, transparentes, beiges, légèrement concaves, à bord régulier et leur diamètre est de 1 à 2 mm. Sur une gélose au sang, les colonies sont non hémolytiques.
Brucella microti est sensible à la gentamicine, à la tobramycine, à l'ofloxacine et à l'association triméthoprime-sulfaméthoxazole. Une résistance est notée vis-à-vis de la colistine, de la pipéracilline, de la ceftazidime et du tazobactam.
Habitat et pouvoir pathogène
L'infection des campagnols provoque une cachexie, des œdèmes de l'extrémité des membres, des arthrites, des orchites et des adénites. Des abcès mous sont parfois visibles sur les membres et leur rupture conduit à des perforations de la peau. À l'autopsie on note la présence d'abcès péritonéaux, une splénomégalie et une hépatomégalie peu prononcées, et des hémorragies intestinales modérées. L'administration par voie sous-cutanée de 2,5 x 107 germes à des souris de laboratoire (souris SPF de souche ICR) provoque, en 4 à 69 jours, la mort de 50 p. cent des animaux. Les souris mortes présentent des abcès, une légère splénomégalie, un exsudat péritonéal et des bactéries à Gram négatif sont observées dans les lésions. Un éventuel pouvoir pathogène pour l'homme ou pour les espèces animales autres que le campagnol et la souris n'est pas documenté.
Diagnostic bactériologique
Brucella microti est facilement isolée des lésions sur une gélose nutritive ou une gélose trypticase-soja. L'identification est délicate car Brucella microti peut être confondue avec une espèce du genre ¤ Ochrobactrum. Notamment, l'utilisation d'une galerie API 20 NE conduit à une "bonne identification" de ¤ Ochrobactrum anthropi. Toutefois, l'absence de mobilité permet de distinguer facilement Brucella microti des ¤ Ochrobactrum spp.
Orientation bibliographique
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Pour la definition d'une espèce génomique (genomospecies) et d'une espèce bactérienne, voir le fichier ¤ "Definition d'une genomospecies et d'une espèce bactérienne".
Il y a quelques erreurs dans les résultats présentés dans la publication de Scholz et al. 2008. Les résultats cités dans ce fichier sont ceux figurant dans la publication de Hubálek et al. 2007. Référence: SCHOLZ (H.C.) : Communication personnelle en date du 30 janvier 2008.
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