J.P. Euzéby : Dictionnaire de Bactériologie Vétérinaire

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Crée le 26 février 2010

 

CAMPYLOBACTER AVIUM

 

Voir aussi : ¤ Campylobacter.

 

Systématique

 

Sept souches de campylobactéries ont été isolées du contenu caecal de volailles abatues en Italie entre juillet et octobre 2006. Ces souches sont capables d'hydrolyser l'hippurate et elles avaient été identifiées comme des représentants de l'espèce Campylobacter jejuni.

Une hybridation avec une sonde spécifique du genre Campylobacter permet de placer les souches dans le genre Campylobacter. En revanche, aucune hybridation n'est notée lorsque des sondes spécifiques de Campylobacter jejuni ou de Campylobacter coli sont utilisées.
Trois de ces souches (isolées d'un poulet, d'une poule et d'une dinde) ont fait l'objet d'une étude taxonomique.

L'analyse des séquences des ARNr 16S montre que les trois souches forment un groupe homogène (99,1 à 99,9 p. cent de similitude) et que ces souches appartiennent bien au genre Campylobacter. Les espèces les plus proches étant Campylobacter upsaliensis (96,6 p. cent de similitude entre la souche 86/06 qui sera désignée comme la souche type de Campylobacter avium et la souche type de Campylobacter upsaliensis), Campylobacter helveticus (95,5 p. cent de similitude), ¤ Campylobacter cuniculorum (94,9 p. cent de similitude) et Campylobacter jejuni (94,2 p. cent de similitude).

L'étude des séquences des gènes rpoB et groEL, l'analyse électrophorétique des protéines cellulaires et les résultats obtenus par AFLP (Amplified Fragment Length Polymorphism) confirment que les souches isolées du lapin constituent un groupe distinct au sein du genre Campylobacter.

Les caractères phénotypiques permettent une identification des souches si bien que Rossi et al. proposent la création d'une nouvelle espèce, Campylobacter avium (nomenclature validement publiée le 16 septembre 2009).

 

Caractères bactériologiques

 

Les souches de Campylobacter avium sont constituées de bactéries spiralées, à Gram négatif, de 0,2 à 0,4 µm de diamètre sur 1 à 3 µm de longueur, donnant des formes coccoïdes après 4 à 5 jours d'incubation, mobiles, strictement micro-aérophiles (aucune culture n'est obtenue en aérobiose ou en anaérobiose), oxydase positive et catalase faiblement positive.

Une réponse positive est notée pour les tests réduction des nitrates, hydrolyse de l'hippurate* et hydrolyse de l'indoxyl acétate.

Une réponse négative est obtenue avec les tests uréase, production d'hydrogène sulfuré (milieu TSI), gamma-glutamyltranspeptidase, phosphatase alcaline, réduction du sélénite, réduction du chlorure de triphényltétrazolium, culture en présence de 1 p. cent de glycine, culture en présence de 2 p. cent de NaCl, culture sur une gélose de MacConkey, culture sur une gélose nutritive non enrichie en sang.

L'exigence en hydrogène et la croissance en présence de 1 p. cent de bile sont des caractères variables selon les souches.

Les souches sont sensibles à l'acide nalidixique (disques chargés à 30 µg) et résistantes à la céfalotine (disques chargés à 30 µg).

Campylobacter avium cultive à 37 °C et à 42 °C. En revanche aucune culture n'est obtenue à 25 °C.
Après 48 heures d'incubation à 37 °C dans une atmosphère micro-aérophile, les colonies obtenues sur une gélose Brucella au sang de mouton sont non hémolytiques, finement granuleuses, plates, à contour irrégulier et d'une couleur grisâtre ou verdâtre. Les colonies ont tendance à s'étaler et à fusionner entre elles.
La croissance est plus lente sur une gélose CCDA (Cefoperazone Charcoal Deoxycholate Agar) et une culture n'apparaît qu'après 4 à 5 jours d'incubation.

 

Habitat et pouvoir pathogène

 

Campylobacter avium a été isolé du contenu caecal de volailles. Le pouvoir pathogène de cette espèce est inconnu.

Les campylobactéries sont une cause fréquente d'entérite chez l'homme. L'identification courante de Campylobacter jejuni repose sur sa capacité à hydrolyser l'hippurate et seules les souches hippurate négative font l'objet d'une identification par des techniques moléculaires.
Campylobacter avium est également apte à hydrolyser l'hippurate et il existe donc un risque de confusion entre Campylobacter avium et Campylobacter jejuni.

 

Diagnostic bactériologique

 

Les souches ont été isolées, après 3 à 4 jours d'incubation à 37 °C dans une atmosphère micro-aérophile (10 p. cent d'hydrogène, 10 p. cent de dioxyde de carbone, 80 p. cent d'azote), sur des géloses Brucella contant 5 p. cent de sang de mouton, après filtration des prélèvements.
Initialement, la croissance se traduit par un film. L'obtention de colonies isolées nécessite des repiquages successifs.

Comme pour les autres campylobactéries, le diagnostic phénotypique est difficile et il nécessite des techniques standardisées. Quelques caractères permettant de différencier Campylobacter cuniculorum des autres espèces du genre sont donnés dans le tableau I.

L'absence de croissance en présence de 1 p. cent de glycine et l'incapacité à réduire le sélénite ou le chlorure de triphényltétrazolium permettent de différencier Campylobacter avium de Campylobacter jejuni subsp. jejuni.
La distinction entre Campylobacter avium et Campylobacter jejuni subsp. doylei repose principalement sur les tests réduction des nitrates et croissance à 42 °C (voir le tableau I).

 

Orientation bibliographique

 

Voir aussi le fichier ¤ Campylobacter.

KÄRENLAMPI (R.I.), TOLVANEN (T.P.) et HÄNNINEN(M.L.) : Phylogenetic analysis and PCR-restriction fragment length polymorphism identification of Campylobacter species based on partial groEL gene sequences. J. Clin. Microbiol., 2004, 42, 5731–5738.

KORCZAK (B.M.), STIEBER (R.), EMLER (S.), BURNENS (A.P.), FREY (J.) et KUHNERT (P.) : Genetic relatedness within the genus Campylobacter inferred from rpoB sequences. Int. J. Syst. Evol. Microbiol., 2006, 56, 937–945.

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URSING (J.B.), LIOR (H.) et OWEN (R.J.) : Proposal of minimal standards for describing new species of the family Campylobacteraceae. Int. J. Syst. Bacteriol., 1994, 44, 842–845.

 

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* Hydrolyse de l'hippurate :

Le test a été réalisé selon la technique standardisée décrite en 2008 par Nakari et al.

Le test utilise des tablettes Rosco. La suspension bactérienne doit être ajustée à une opacité comprise entre 6 et 10 (échelle de McFarland) soit une absorbance comprise entre 0,8 et 1,4. Les résultats sont lus entre 10 et 30 minutes après l'adjonction de ninhydrine.

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