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Dernière mise à jour le 18 juin 1998
CAPNOCYTOPHAGA CANIMORSUS, CAPNOCYTOPHAGA CYNODEGMI
Autres dénominations :
Systématique
Le genre Capnocytophaga, placé dans la famille des ¤ Flavobacteriaceae, a été proposé pour des bactéries à Gram négatif, oxydase et catalase négatives, microaérophiles, capnophyles, à métabolisme fermentatif et mobiles par glissement. Ce genre comprend 7 espèces : Capnocytophaga canimorsus, Capnocytophaga cynodegmi, Capnocytophaga gingivalis, Capnocytophaga granulosa, Capnocytophaga haemolytica, Capnocytophaga ochracea et Capnocytophaga sputigena. Capnocytophaga gingivalis, Capnocytophaga granulosa, Capnocytophaga haemolytica, Capnocytophaga ochracea et Capnocytophaga sputigena sont présentes dans la cavité buccale de l'homme. Ces bactéries sont souvent associés à des lésions du parodonte et elles peuvent provoquer des septicémies, des endocardites, des méningites, des ostéites, des troubles respiratoires, des abcès du médiastin, des adénites cervicales, des ostéomyélites... Capnocytophaga canimorsus et Capnocytophaga cynodegmi correspondent aux anciens groupes CDC DF-2 et CDC DF-2 like (DF pour Dysgonic Fermenter). Ces deux espèces se distinguent génétiquement et phénotypiquement des autres espèces du genre. Toutefois elles s’en rapprochent par quelques caractères comme la morphologie, la mobilité par glissement, la composition en acide gras, le caractère capnophyle et la valeur du G + C p. cent. Plutôt que de créer un nouveau genre, Brenner et al. ont choisi de placer les souches des groupes DF-2 et DF-2 like dans le genre Capnocytophaga. Seules ces deux dernières espèces sont importantes en médecine vétérinaire.
Caractères bactériologiques
Capnocytophaga canimorsus et Capnocytophaga cynodegmi sont de fins bacilles à Gram négatif, de 1 à 3 mm de longueur, pouvant former de filaments plus longs et souvent incurvés lorsqu’ils sont cultivés sur une gélose au sang. Ce sont des bactéries non sporulées, dépourvues de flagelle mais mobiles par glissement. L’étude des caractères biochimiques nécessite d’utiliser un inoculum important et des milieux enrichis en sérum de lapin (0,1 mL pour 3 mL). Une réponse positive est obtenue pour les tests catalase, oxydase, ONPG, ADH, acidification du glucose, du glycogène, du lactose et du maltose. Une réponse négative est notée pour les tests réduction des nitrates, citrate de Simmons, LDC, ODC, indole, uréase, hydrolyse de la gélatine, H2S, acidification du mannitol et du xylose. La présence d’une catalase et d’une oxydase permet de différencier ces deux espèces des autres espèces du genre Capnocytophaga. Capnocytophaga cynodegmi se différencie de Capnocytophaga canimorsus par sa capacité à acidifier le mélibiose et, le plus souvent, l’inuline, le saccharose et le raffinose. La culture est obtenue sur gélose au sang ou mieux sur gélose chocolat enrichie en Polyvitex. Après 24 heures d'incubation dans une atmosphère enrichie en CO2 et à 37 °C, les colonies ont un diamètre inférieur à 0,5 mm et elles sont soit convexes et de forme régulière soit plates et de forme irrégulière. Après 48 heures d’incubation, les colonies grossissent et atteignent un diamètre de 1 à 3,5 mm. Sur gélose au sang de lapin, Capnocytophaga canimorus est non hémolytique alors que Capnocytophaga cynodegmi est bêta-hémolytique. Aucune croissance n’a lieu sur gélose de MacConkey.
Habitat et pouvoir pathogène
Capnocytophaga canimorsus est un hôte de la cavité buccale des carnivores et il peut être isolé chez 26 p. cent des chiens et 15 p. cent des chats. Son pouvoir pathogène s'exprime chez l'homme après contact étroit avec un carnivore et notamment après morsure ou griffure de chien, plus rarement de chat. Capnocytophaga canimorsus est une bactérie pathogène pour l’homme mais sa virulence est faible chez les individus en bonne santé ce qui s’expliquerait par sa sensibilité à la lyse par le système complémentaire. Cliniquement les infections se traduisent par une surinfection des plaies et, chez les individus débilités (alcoolisme, splénectomie), par des septicémies, des méningites, des endocardites et plus rarement des arthrites, des ostéomyélites, des kératites, des blépharites... Plus de 100 cas ont été décrits dans la littérature et lors de septicémie, le taux de mortalité atteint 27 p. cent. Capnocytophaga cynodegmi est présent dans la cavité buccale du chien sain. Il provoque chez l'homme mordu ou griffé une surinfection des plaies. Les facteurs de pathogénicité sont mal connus. Capnocytophaga canimorsus et Capnocytophaga cynodegmi se multiplient dans des macrophages de souris maintenus en culture et Capnocytophaga canimorsus semble produire une cytotoxine.
Diagnostic bactériologique
Rarement réalisé en bactériologie vétérinaire, le diagnostic de Capnocytophaga canimorus et de Capnocytophaga cynodegmi est délicat, compte tenu des exigences culturales (milieux riches, atmosphère humide enrichie en CO2). En médecine humaine, les dispositifs pour hémoculture ne permettent pas toujours la détection de ces bactéries et des sub-cultures en aveugle doivent être réalisées sur des géloses chocolat enrichies en Isovitalex et incubées sous CO2. Le diagnostic sera orienté par les commémoratifs, par la morphologie et par les caractères culturaux. Quelques caractères permettant de différencier Capnocytophaga canimorus et Capnocytophaga cynodegmi des autres bacilles à Gram négatif, non anaérobies, n'appartenant pas à la famille des Enterobacteriaceae et isolés de plaies occasionnées par des morsures ou des griffures de carnivores sont donnés dans le tableau I.
Sensibilité aux antibiotiques
La sensibilité aux antibiotiques est difficile à étudier in vitro et des résultats différents ont été obtenus selon la méthode utilisée. Capnocytophaga canimorsus est sensible à de nombreux antibiotiques : bêta-lactamines, macrolides, chloramphénicol, tétracyclines, clindamycine. Une résistance est notée pour la colistine, le triméthoprime et la fosfomycine. La sensibilité semble variable pour l’association triméthoprime - sulfaméthoxazole et des résultats différents selon les auteurs sont obtenus pour les aminosides.
Orientation bibliographique
BRENNER (D.J.), HOLLIS (D.G.), FANNING (G.R.) et WEAVER (R.E.) : Capnocytophaga canimorsus sp. nov. (formely CDC group DF-2), a cause of septicemia following dog bite, and C. cynodegmi sp. nov., a cause of localized wound infection following dog bite. J. Clin. Microbiol., 1989, 27, 231-235. FISCHER (L.J.), WEYANT (R.S.), WHITE (E.H.) et QUINN (F.D.) : Intracellular multiplication and toxic destruction of cultured macrophages by Capnocytophaga canimorsus. Infect. Immun., 1995, 63, 3484-3490. LION (C.), ESCANDE (F.) et BURDIN (J.C.) : Capnocytophaga canimorsus infections in human: review of the literature and cases report. Eur J. Epidemiol., 1996, 12, 521-533. ZBINDEN (R.) : Capnocytophaga canimorsus: challenge for the clinical microbiologist. Med. Microbiol. Lett., 1995, 4, 217-223.
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