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Dernière mise à jour le 03 mai 1999
COENONIA ANATINA
Autre dénomination : Riemerella anatipestifer-like taxon 1502.
Systématique
En 1998, Hinz et al. étudient les caractères phénotypiques de 200 souches de ¤ Riemerella anatipestifer et ces auteurs décrivent l'existence de variants phénotypiques. Parmi ces variants, 64 souches dénommées "Riemerella anatipestifer-like taxon 1502" semblaient constituer un nouveau genre proche du genre ¤ Capnocytophaga. Douze souches de "Riemerella anatipestifer-like taxon 1502", choisies au hasard, ont fait l'objet d'une étude approfondie (Vandamme et al. 1999). L'analyse des protéines et des acides gras cellulaires, les hybridations ADN - ADN et les résultats des études biochimiques montrent que ces souches forment un taxon homogène. L'étude de la séquence de l'ARNr 16S, effectuée sur la souche 1502-91 = LMG 14382, révèle une parenté phylogénétique avec les espèces du phylum des "Cytophaga-Flexibacter-Bacteroides" (voir : ¤) et notamment avec les espèces du genre ¤ Capnocytophaga. Les auteurs de cette étude en concluent que les souches de "Riemerella anatipestifer-like taxon 1502" forment une unique espèce qui doit être placée dans un nouveau genre et ils proposent la création du genre Coenonia constitué d'une seule espèce, Coenonia anatina. Le genre Coenonia est l'un des genres de la famille des ¤ Flavobacteriaceae.
Caractères bactériologiques
Coenonia anatina se présente sous la forme de bacilles à Gram négatif, non sporulés, immobiles et dépourvus de flagelle, de 0,2 à 0,4 mm de diamètre sur 1,25 à 2,5 mm de longueur. Certaines cellules se groupent en courtes chaînes et présentent un renflement sphérique ce qui leur confère un aspect en épingle ou en citron. Ce sont des bactéries micro-aérophiles, capnophiles, oxydase et catalase positives, nitrate réductase négative. Une réponse positive est obtenue pour les tests hydrolyse de l'esculine (galerie API 20 NE), VP, acidification (milieu BSS*) de la N-acétylglucosamine, de la dextrine, du D-fructose, du D-galactose, du D-glucose, du lactose, du lactulose, du maltose et du D-mannose. En utilisant une galerie API ID 32E seule l'acidification du glucose est observée. Un résultat négatif est noté pour les tests uréase, gélatinase (galerie API 20 NE), ADH (galerie API 20 NE), LDC, ODC, phénylalanine désaminase, indole (galerie API 20 NE), assimilation des substrats présents dans une galerie API 20 NE, acidification (milieu BSS*) de l'adonitol, du L-arabinose, du dulcitol, du myo-inositol, du D-mannitol, du saccharose, de la salicine, du D-sorbitol, du sorbose, du tréhalose et du D-xylose.
Les résultats des activités enzymatiques varient selon les kits utilisés.
La culture ne nécessite pas de facteurs de croissance particuliers et elle peut être obtenue sur une gélose trypticase soja. La croissance optimale est obtenue à 37 °C, dans une atmosphère micro-aérophile enrichie en CO2 (5 p. cent d'oxygène, 3,5 p. cent de dioxyde de carbone, 7,5 p. cent d'hydrogène et 84 p. cent d'azote). La croissance est faible en anaérobiose et nulle en aérobiose.
Habitat et pouvoir pathogène
Coenonia anatina a été isolée en culture pure de l'appareil respiratoire (poumons, sacs aériens), du péricarde et du cerveau de canards et d'oies malades. Son pouvoir pathogène est comparable à celui de ¤ Riemerella anatipestifer et cette bactérie provoque des sérosites infectieuses et des septicémies ("septicemia anserum exsudativa").
Diagnostic bactériologique
L'isolement doit être pratiqué sur une gélose, telle qu'une gélose au sang, incubée à 37 °C dans une atmosphère micro-aérophile enrichie en CO2.
L’identification est difficile et devra différencier Coenonia anatina, ¤ Riemerella anatipestifer et ¤ Ornithobacterium rhinotracheale (voir tableau I).
¤ Riemerella columbina et ¤ Pelistega europaea, présentes uniquement chez le pigeon, ont un habitat qui diffère de celui de Coenonia anatina qui n'a été isolée que chez le canard et l'oie. Quelques caractères bactériologiques permettant le diagnostic différentiel de ces espèces figurent sur le tableau II. Les représentants du genre ¤ Capnocytophaga, phylogénétiquement proches de Coenonia anatina, ne sont pas isolés chez les oiseaux et nous n'envisagerons pas les problèmes du diagnostic différentiel (ces données figurent dans l'article de Vandamme et al., 1999).
Orientation bibliographique
HINZ (K.H.), RYLL (M.), KÖHLER (B.) et GLÜNDER (G.) : Phenotypic characteristics of Riemerella anatipestifer and similar micro-organisms from various hosts. Avian Pathol., 1998, 27, 33-42. VANDAMME (P.), VANCANNEYT (M.), SEGERS (P.), RYLL (M.), KÖHLER (B.), LUDWIG (W.) and HINZ (K.H.): Coenonia anatina gen. nov., sp. nov., a novel bacterium associated with respiratory disease in ducks and geese. Int. J. Syst. Bacteriol., 1999, 49, 867-874.
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* Recherche de l'acidification des sucres dans le milieu BSS (Buffered Single Substrate) : La recherche de l'acidification des sucres nécessite l'utilisation de techniques particulières car l'acidification est souvent faible et, dans un milieu peptoné, elle est souvent masquée par l'alcalinisation résultant du métabolisme protéique.
La technique utilisée par Vancanneyt et al. (1999) est la suivante :
** LL Agar (Litmus Lactose Agar) :
Agar : 10,0 g
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