J.P. Euzéby : Dictionnaire de Bactériologie Vétérinaire

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Crée le 26 février 2010

 

CAMPYLOBACTER CUNICULORUM

 

Voir aussi : ¤ Campylobacter.

 

Systématique

 

La présence de campylobactéries chez le lapin est peu documentée, même si Campylobacter jejuni et des souches qualifiées de Campylobacter-like ont été mises en évidence chez cette espèce.

Entre 2005 et 2007, huit souches de Campylobacter spp. ont été isolées du contenu caecal de lapins (Oryctolagus cuniculus), élevés dans différentes régions d'Italie.

Une hybridation avec une sonde spécifique du genre Campylobacter permet de placer les souches dans le genre Campylobacter.

L'analyse des séquences des ARNr 16S montre que les huit souches forment un groupe homogène (99,1 à 100 p. cent de similitude) et que ces souches appartiennent bien au genre Campylobacter. Les espèces les plus proches étant Campylobacter helveticus (96,6 p. cent de similitude entre la souche 150B qui sera désignée comme la souche type de Campylobacter cuniculorum et la souche type de Campylobacter helveticus), Campylobacter jejuni (96,5 p. cent de similitude) et Campylobacter upsaliensis (96,1 p. cent de similitude).

L'étude des séquences des gènes rpoB et groEL et l'analyse électrophorétique des protéines cellulaires confirment que les souches isolées du lapin constituent un groupe distinct au sein du genre Campylobacter.

Les caractères phénotypiques permettent une identification des souches si bien que Zanoni et al. proposent la création d'une nouvelle espèce, Campylobacter cuniculorum (nomenclature validement publiée le 8 juillet 2009).

 

Caractères bactériologiques

 

Les souches de Campylobacter cuniculorum sont constituées de bactéries à Gram négatif, polymorphes, spiralées, de 0,2 à 0,4 µm de diamètre sur 1,9 à 3,3 µm de longueur, donnant des formes coccoïdes après 10 à 12 jours d'incubation, mobiles grâce à la présence d'un flagelle à chacune des extrémités des cellules, strictement micro-aérophiles (ne cultivant ni en aérobiose ni en anaérobiose), oxydase et catalase positives.

Une réponse positive est notée pour les tests nitrate réductase et hydrolyse de l'indoxyl acétate.

Une réponse négative est obtenue avec les tests uréase, production d'hydrogène sulfuré (milieu TSI), hydrolyse de l'hippurate, gamma-glutamyltranspeptidase, phosphatase alcaline, réduction du sélénite, croissance en présence de 1 p. cent de glycine, croissance en présence de 2 p. cent de NaCl et croissance sur une gélose de MacConkey

La réduction du chlorure de triphényltétrazolium, la croissance en présence de 1 p. cent de bile, la croissance sur une gélose nutritive, la résistance à l'acide nalidixique (disques chargés à 30 µg) et la résistance à la céfalotine (disques chargés à 30 µg) donnent une réponse variable selon les souches.

La croissance n'exige pas d'hydrogène. Campylobacter cuniculorum cultive à 37 °C et, le plus souvent, à 42 °C. En revanche aucune culture n'est obtenue à 25 °C.

Après 72 à 96 heures d'incubation à 37 °C dans une atmosphère micro-aérophile, les colonies obtenues sur une gélose au sang de mouton sont lisses, plates, à contour irrégulier, d'une couleur grisâtre ou verdâtre, leur diamètre est 1 à 2 mm et elles s'entourent d'une zone d'hémolyse alpha.
La croissance est plus lente et moins abondante sur une gélose mCCD (modified Cefoperazone Charcoal Deoxycholate), mais les colonies ont une apparence comparable.

 

Habitat et pouvoir pathogène

 

Campylobacter cuniculorum a été isolé du contenu caecal de lapins d'élevage. Le pouvoir pathogène de cette espèce est inconnu.

 

Diagnostic bactériologique

 

Les souches ont été isolées, après 6 à 8 jours d'incubation à 37 °C dans une atmosphère micro-aérophile (10 p. cent d'hydrogène, 10 p. cent de dioxyde de carbone, 80 p. cent d'azote), sur des géloses nutritives contant 5 p. cent de sang de mouton et le mélange sélectif CAT (Cefoperazone Amphotericin Teicoplanin ; voir le fichier ¤ Campylobacter) ou sur des géloses gélose mCCD (modified Cefoperazone Charcoal Deoxycholate ; voir le fichier ¤ Campylobacter) ou sur des géloses au sang de mouton après filtration des prélèvements.

Comme pour les autres campylobactéries, le diagnostic phénotypique est difficile et il nécessite des techniques standardisées. Quelques caractères permettant de différencier Campylobacter cuniculorum des autres espèces du genre sont donnés dans le tableau I.

 

Orientation bibliographique

 

Voir aussi le fichier ¤ Campylobacter.

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