J.P. Euzéby : Dictionnaire de Bactériologie Vétérinaire

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Dernière mise à jour le 24 mars 2000

 

CITROBACTER RODENTIUM

 

Autres dénominations : Citrobacter sp. biovar 4280, Citrobacter freundii biovar 4280, Citrobacter genomospecies 9.

 

Voir aussi le fichier ¤ Citrobacter.

 

Systématique

 

En 1993, l’étude de 112 souches de citrobactéries avait permis d’identifier 11 genomospecies au sein du genre ¤ Citrobacter dont 3 (les genomospecies 9, 10 et 11) n’avaient pas reçu de nom (pour la définition d'une genomospecies voir le fichier Définitions d'une genomospecies et d'une espèce bactérienne). La comparaison des 3 souches constituant le genomospecies 9 avec 3 souches préalablement connues sous la dénomination de Citrobacter freundii biovar 4280 a montré que leurs ADN présentent entre 92 et 97 p. cent d’homologie. Les souches de Citrobacter freundii biovar 4280 appartiennent donc au genomospecies 9. Toutes ces souches possèdent des caractères phénotypiques communs et elles constituent une nouvelle espèce, Citrobacter rodentium.

 

Caractères bactériologiques

 

Citrobacter rodentium possède la majorité des caractères du genre ¤ Citrobacter.

Citrobacter rodentium donne une réponse positive aux tests ONPG, ODC, uréase (la réponse n’est parfois positive qu’après 7 jours d’incubation sur le milieu de Christiansen), utilisation du malonate comme unique source de carbone, acidification du cellobiose et du lactose.

Une réponse négative est notée (après 48 heures d'incubation) pour la mobilité, et pour les tests croissance dans le milieu au citrate de Simmons (67 p. cent des souches donnent une réponse positive après un minimum de 4 jours d’incubation), indole, H2S, croissance dans un bouillon au KCN, acidification du dulcitol, de l'esculine, du glycérol, du mélibiose, du raffinose, du saccharose et de la salicine.

Les résultats des tests d'assimilation (galeries Biotype-100, bioMérieux) sont donnés dans la référence Brenner et al. 1999.

D'autres caractères bactériologiques figurent dans le tableau I.

L’ensemble des caractères ODC +, indole -, malonate + permet de différencier Citrobacter rodentium des 10 autres genomospecies du genre ¤ Citrobacter.

 

Habitat et pouvoir pathogène

 

Toutes les souches de Citrobacter rodentium ont été isolées de la souris. Elles sont pathogènes et responsables d’une maladie infectieuse et transmissible connue sous le nom d’hyperplasie du colon de la souris. Cette affection, spécifique de la souris, transmise par voie fécale - orale, atteint principalement les jeunes animaux (Silverman et al. décrivent cependant une épizootie chez des souris âgées de 6 mois) et se traduit par un état de prostration, une anorexie, un retard de croissance, un poil piqué, une légère déshydratation, un ramollissement des fèces qui souillent la région anale, le périnée et la queue et, dans environ 10 à 15 p. cent des cas, par un prolapsus rectal. Dans un élevage, le taux de mortalité peut atteindre 40 p. cent et expérimentalement, ce taux atteint presque 60 p. cent des souriceaux et 6 p. cent des adultes.

L’apparition de signes cliniques dépend non seulement de l’âge mais aussi de l’alimentation et de facteurs génétiques (les souris Swiss NIH sont plus sensibles que les souris C3H/HeJ elles-mêmes plus sensibles que les souris C57BL/6J ou que les souris DBA/2J).

A l’autopsie, la moitié distale du colon apparaît rigide et épaissie et son aspect peut évoquer un tuyau d’arrosage. Cette lésion concerne parfois l’intégralité du colon et du caecum. L’examen anatomopathologique révèle une hyperplasie des cellules épithéliales du colon, une diminution du nombre voire une absence des cellules à mucus, la présence de colonies de bacilles à Gram négatif dans la muqueuse et chez les jeunes animaux on note également une inflammation, une érosion et une nécrose de la muqueuse.

L’examen des lésions en microscopie électronique révèle des lésions d’attachement - effacement tout à fait semblables à celles produites par les souches entéropathogènes de Escherichia coli. Chez les Escherichia coli entéropathogènes, 2 gènes chromosomiques appelés eae (anciennement eaeA) et espB (anciennement eaeB), présents dans le locus LEE (locus for enterocyte effacement), sont indispensables à l’adhésion des bactéries aux cellules épithéliales. Un gène homologue au gène eae (qui code pour une intimine), un gène homologue au gène espB (qui code pour pour la protéine EspB qui s'attache aux cellules eucaryotes) et l’équivalent du locus LEE (qui code pour un système de sécrétion de type III) ont été mis en évidence chez Citrobacter rodentium. Expérimentalement, la présence du gène eaeA est indispensable à la colonisation de l’intestin de la souris par la souche DBS 100.

 

Diagnostic bactériologique

 

Les infections des animaux de laboratoire pouvant influencer les résultats des expérimentations, la FELASA (Fédération des Associations Européennes pour la Science de l’Animal de Laboratoire) préconise un dépistage des infections à Citrobacter rodentium. Un laboratoire spécialisé dans la bactériologie des animaux de laboratoire fera facilement le diagnostic : cette bactérie cultive facilement in vitro, elle possède des caractères bactériologiques typiques et, lorsque la maladie est cliniquement exprimée, les lésions macroscopiques orientent le diagnostic.

 

Orientation bibliographique

 

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