J.P. Euzéby : Dictionnaire de Bactériologie Vétérinaire

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Créé le 07 juin 1998

 

CHRYSEOBACTERIUM SCOPHTHALMUM

 

Autre dénomination : Flavobacterium scophthalmum.

Note : Pour une information concernant les poissons cités dans ce fichier, voir le site FishBase (rentrer le nom du genre et le nom de l'espèce dans le fichier Search FishBase).

 

Systématique

 

L’étude de la flore bactérienne des branchies du turbot (Scophthalmus maximus L.) a permis de caractériser une bactérie capable de provoquer une hyperplasie des branchies et des septicémies hémorragiques chez les jeunes turbots d’un poids moyen de 100 grammes. Ultérieurement, une bactérie similaire a été isolée lors d’une épidémie touchant des turbots élevés en Écosse. L’étude des caractères phénotypiques et génétiques montrent que ce germe est apparenté à Flavobacterium balustinum, Flavobacterium gleum, Flavobacterium indologenes, Flavobacterium indoltheticum et dans une moindre mesure à Flavobacterium meningosepticum (espèce ultérieurement reclassée dans le genre ¤ Elizabethkingia) Toutes ces bactéries ayant été transférées dans le genre ¤ Chryseobacterium, la dénomination originelle de Flavobacterium scophthalmum a été transformée en Chryseobacterium scophthalmum.

 

Caractères bactériologiques

 

La description de Chryseobacterium scophthalmum est la suivante :

Bacilles à Gram négatif, de 1,0 à 2,0 mm de longueur sur 0,5 mm de diamètre, non sporulés, présentant une paroi particulièrement épaisse (50 nm), immobiles (mais à l’isolement, le germe a été décrit comme mobile par glissement), chimio-organotrophes à métabolisme respiratoire et fermentatif.

La culture est obtenue entre 15 et 25 °C (le germe cultive cependant faiblement à 4 °C mais pas à 35 °C) et en présence d’une concentration de NaCl comprise entre 0 et 4 p. cent. Sur les milieux gélosés (gélose K dont la composition est donnée dans la référence Mudarris et al. 1994, gélose à l’eau de mer 2216E de Difco ou gélose trypticase soja) les colonies obtenues après 48 heures d’incubation à 25 °C ont un diamètre de 5 à 6 mm, elles sont circulaires, lisses, brillantes, pigmentées en orange et sur gélose au sang elles sont généralement bêta hémolytiques. En bouillon, le trouble est uniforme. Aucune croissance n’est obtenue sur gélose de MacConkey.

Un résultat positif est noté pour les tests catalase, oxydase, phénylalanine désaminase, phosphatase, dégradation de l’esculine, de l’ADN, de la caséine, de la gélatine, de la tributyrine, de l’urée, de la tyrosine et du Tween.

Un résultat négatif est obtenu pour les tests acidification des sucres, arginine di-hydrolase, lysine décarboxylase, ornithine décarboxylase, indole, H2S, rouge de méthyl, production d’acétoïne, dégradation de l’agar, de la cellulose, de la chitine et de l’amidon.

La recherche d’enzymes effectuée en galerie API ZYM donne un résultat positif (score de 5) pour la phosphatase alcaline, la leucine arylamidase, la phosphatase acide et la phosphoamidase ; un résultat négatif (score de 0) pour l’alpha galactosidase, la bêta galactosidase, la bêta glucuronidase, l’alpha mannosidase et l’alpha fucosidase ; un résultat intermédiaire (score 1, 2, 3 ou 4) pour les 10 autres enzymes.

Les principaux caractères permettant de distinguer Chryseobacterium scophthalmum des espèces voisines sont présentés dans le tableau I.

 

Habitat et pouvoir pathogène

 

Les souches de Chryseobacterium scophthalmum sont retrouvées dans les eaux littorales et dans les branchies des animaux sains où elles représentent 0,1 à 1,0 p. cent de la flore. Lors d’un affaiblissement de l’organisme, cette bactérie est responsable d’infections branchiales et de septicémies hémorragiques. Les animaux malades présentent une asthénie, une distension abdominale, une hyperplasie branchiale, des hémorragies des branchies, des yeux, de la mâchoire et de la peau ainsi que des lésions de nécrose hémorragique sur le cerveau, l’estomac, l’intestin, le foie et les reins. L’inoculation par voie intrapéritonéale ou l’immersion durant 15 minutes dans une eau contenant 107 bactéries par mL reproduisent la maladie chez le turbot (100 p. 100 de mortalité chez les turbots de 100 grammes recevant 107 bactéries) et chez la truite (Salmo gairdneri). Chez la truite, la mortalité peut atteindre 70 p. cent mais les animaux ne présentent pas de lésions branchiales.

 

Orientation bibliographique

 

BERNARDET (J.F.), VANCANNEYT (M.), MATTE-TAILLIEZ (O.), GRISEZ (L.), TAILLIEZ (P.), BIZET (C.), NOWAKOWSKI (M.), KEROUAULT (B.) et SWINGS (J.) : Polyphasic study of Chryseobacterium strains isolated from diseased aquatic animals. Sys. Appl. Microbiol., 2005, 28, 640-660.

MUDARRIS (M.) et AUSTIN (B.) : Systemic disease in turbot Scophthalmus maximus caused by a previously unreconised Cytophaga-like bacterium. Dis. Aquat. Org., 1989, 6, 161-166.

MUDARRIS (M.), AUSTIN (B.), SEGERS (P.), VANCANNEYT (M.), HOSTE (B.) et BERNARDET (J.F.) : Flavobacterium scophthalmum sp. nov., a pathgen of turbot (Scophthalmus maximus L.). Int. J. Syst. Bacteriol., 1994, 44, 447-453.

VANDAMME (P.), BERNARDET (J.F.), SEGERS (P.), KERSTERS (K.) et  HOLMES (B.) : New perspectives in the classification of the flavobacteria: description of Chryseobacterium gen. nov., Bergeyella gen. nov., and Empedobacter nom. rev. Int. J. Syst. Bacteriol., 1994, 44, 827-831.

 

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