J.P. Euzéby : Dictionnaire de Bactériologie Vétérinaire

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Créé le 19 mai 2005

 

ELIZABETHKINGIA

 

Autres dénominations :
. Elizabethkingia meningoseptica : Flavobacterium meningosepticum, Chryseobacterium meningosepticum.
. Elizabethkingia miricola : Chryseobacterium miricola.

 

Le genre Elizabethkingia a été validement publié le 10 mai 2005 pour reclasser deux espèces préalablement incluses dans le genre ¤ Chryseobacterium : Chryseobacterium meningosepticum et Chryseobacterium miricola. Ce reclassement repose sur l'étude des séquences des ARNr 16S, sur le profil des acides gras et sur les caractères phénotypiques.
Les hybridations ADN-ADN montrent que les souches de Elizabethkingia meningoseptica se répartissent en deux genomospecies (voir le fichier ¤ "Définitions d'une genomospecies et d'une espèce bactérienne"). Aucun caractère phénotypique ou écologique ne permet de distinguer ces deux genomospecies qui restent donc rassemblées sous la dénomination de Elizabethkingia meningoseptica.
Le genre Elizabethkingia est classé dans la famille des ¤ Flavobacteriaceae (ordre des "Flavobacteriales", classe des Flavobacteria, division ou phylum des "Bacteroidetes", domaine ou empire des "Bacteria").

Le genre Elizabethkingia regroupe des bacilles à Gram négatif, de 0,5 µm de diamètre sur 1,0 à 2,5 µm de longueur, immobiles, non sporulés, aérobies, chimio-organotrophes, oxydase et catalase positives.
Les caractères biochimiques présentés ci-dessous tiennent compte des résultats rapportés par Shen et al.
. Une réponse positive est notée pour les tests bêta-galactosidase, phosphatase, p-nitrophényl-bêta-D-galactopyranoside, hydrolyse de la caséine, hydrolyse de l'esculine, hydrolyse de la gélatine, acidification du D-glucose, du D-maltose, du D-mannitol et du tréhalose.
. Une réponse négative est obtenue pour les tests réduction des nitrates, production d'hydrogène sulfuré, hydrolyse de l'amidon, synthèse de flexirubine, assimilation du malonate, acidification du L-arabinose, du D-cellobiose, du raffinose, de la salicine, du saccharose et du D-xylose.
. La réponse aux tests indole, hydrolyse de l'urée, acidification du D-fructose et acidification du lactose est variable selon les souches.
. En utilisant une galerie API ZYM, un score compris entre 2 et 5 est observé pour les tests phosphatase alcaline, estérase lipase (C8), leucine arylamidase, valine arylamidase, trypsine, phosphatase acide, naphtol-AS-BI-phosphohydrolase, alpha-glucosidase et N-acétyl-bêta-glucosaminidase. En revanche, une réponse négative (score de 0 ou de 1) est notée pour la production de lipase (C14), de bêta-glucuronidase, de bêta-glucosidase et d'alpha-mannosidase.
. À l'exception du test estérase (C4) qui est positif pour Elizabethkingia miricola et négatif pour Elizabethkingia meningoseptica, aucun test ne semble capable de différencier les deux espèces du genre Elizabethkingia. Pour Kim et al. l'hydrolyse de l'urée est positive pour Elizabethkingia miricola et négatif pour Elizabethkingia meningoseptica. Cependant, Shen et al observent que 18 souches de Elizabethkingia meningoseptica, sur un total de 49 souches, sont uréase positive.
. Les espèces du genre Elizabethkingia cultivent facilement à 36-37 °C sur une gélose trypticase soja ou sur une gélose nutritive. Aucune croissance n'est observée à 5 ou à 42 °C. Les colonies sont blanches ou jaunâtres, brillantes, circulaires et à contour régulier.
. Les caractères permettant de différencier le genre Elizabethkingia des autres genres de la famille des ¤ Flavobacteriaceae sont donnés dans le tableau I.

Une souche de Elizabethkingia miricola a été isolée de l'eau de condensation de la station spatiale Mir et une deuxième souche a pour origine une enzyme contaminée.

Elizabethkingia meningoseptica est isolée du sol, des plantes, de l'eau, de l'environnement hospitalier et de denrées alimentaires. Chez l'homme, cette espèce est responsable d'infections nosocomiales et elle est isolée du sang, du liquide céphalo-rachidien, d'urines, de plaies, de crachats et des fèces. Elle peut être responsable de méningites néonatales graves, mortelles dans plus de 50 p. cent des cas et laissant des séquelles neurologiques chez les survivants.
Plus rarement, Elizabethkingia meningoseptica est responsable d’infections chez les animaux :
. Elizabethkingia meningoseptica a été isolée en culture pure chez des grenouilles (Rana pipiens) élevées en laboratoire et présentant des signes neurologiques et oculaires.
. Une souche a été rendue responsable d’un cas de méningite chez le chat.
. En 1994, 5 souches de Elizabethkingia meningoseptica ont été isolées, en culture pure, de prélèvements d’oiseaux malades (poulets, fringilles, pigeons). Deux souches proviennent du péricarde, une souche d’un liquide articulaire, une souche du foie et une souche de l’œil. Les principaux caractères bactériologiques permettant de distinguer Elizabethkingia meningoseptica d'autres espèces phénotypiquement proches et isolées chez les oiseaux figurent dans le tableau II.

 

Orientation bibliographique

 

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