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Créé le 07 juin 1998
ERYSIPELOTHRIX
Voir aussi les fichiers : ¤ Erysipelotrichia, Erysipelotrichales, Erysipelotrichaceae, ¤ Erysipelothrix rhusiopathiae et ¤ Erysipelothrix tonsillarum.
Systématique
Les nomenclatures de Erysipelothrix, "Erysipelothrix porci", "Erysipelothrix erysipeloides" et "Erysipelothrix murisepticus" (sic) ont été proposées en 1909 par Rosenbach. En fait, les trois espèces décrites par Rosenbach sont identiques entre elles et identiques à l'espèce "Bacterium rhusiopathiae" décrite en 1900 par Migula. L'épithète rhusiopathiae ayant priorité, les Approved Lists of Bacterial Names retiendront les noms de Erysipelothrix et de Erysipelothrix rhusiopathiae.
Dans la première édition du Bergey's Manual of Systematic Bacteriology, le genre Erysipelothrix est placé dans le groupe des bacilles à Gram positif, non sporulés et de forme régulière qui rassemble également les genres Brochothrix, ¤ Carnobacterium, Caryophanon, Kurthia, Lactobacillus, ¤ Listeria et Renibacterium.
Les premières analyses des séquences des ARNr16S montraient que ¤ Erysipelothrix rhusiopathiae (espèce type du genre) était dans une certaine mesure apparentée à Clostridium innocuum. En 1994, Collins et al. publient les résultats d'une étude phylogénétique du genre Clostridium (sensu lato) et leurs résultats montrent que ¤ Erysipelothrix rhusiopathiae et Clostridium innocuum appartiennent à un groupe apparenté aux Mycoplasmatales. Pour Collins et al., ce groupe comprendrait 5 genres : (i) un genre qui devrait rassembler ¤ Clostridium spiroforme et Clostridium ramosum ; (ii) un genre qui devrait regrouper Lactobacillus catenaformis et Lactobacillus vitulinus ; (iii) un genre rassemblant Eubacterium biforme et Streptococcus polymorphus ; (iv) un genre constitué par l'espèce Clostridium innocuum et (v) le genre Erysipelothrix.
En 2004, Verbarg et al. proposent de placer le genre Erysipelothrix dans la nouvelle famille des ¤ Erysipelotrichaceae. Cette proposition repose sur les analyses phylogénétiques et sur la structure du peptidoglycane. En effet, les représentants de cette famille peuvent posséder un peptidoglycane du type B1delta (voir aussi le fichier ¤ "Classification des peptidoglycanes selon Schleifer et Kandler").
Jusqu’en 1987, le genre Erysipelothrix n’hébergeait qu’une unique espèce, ¤ Erysipelothrix rhusiopathiae.
En 1987, Takahashi et al., proposent la nomenclature de ¤ Erysipelothrix tonsillarum pour des souches dépourvues de pouvoir pathogène pour le porc, présentant une faible homologie ADN-ADN avec ¤ Erysipelothrix rhusiopathiae et appartenant au sérovar 7. Ultérieurement, la même équipe inclut dans cette nouvelle espèce les sérovars 3, 10, 14, 20, 22 et 23.
En 2004, le genre Erysipelothrix s'est enrichi d'une troisième espèce, Erysipelothrix inopinata.
Caractères bactériologiques
À l'exception de Erysipelothrix inopinata*, les espèces du genre Erysipelothrix sont des bacilles à Gram positif (toutefois, les bactéries se décolorent facilement et elles peuvent apparaître comme des germes à Gram négatif renfermant des granules ayant conservé la coloration de Gram), droits ou légèrement incurvés, de 0,2 à 0,4 mm de diamètre sur 0,8 à 2,5 mm de longueur, se présentant de manière isolée, ou en courtes chaînes, ou en V ou en amas, ayant tendance à former de longs filaments pouvant atteindre ou dépasser 60 mm de longueur, non sporulés, immobiles, ne possédant ni cytochromes ni quinones isoprénoïdes. Plus rarement, les souches de Erysipelothrix sp. peuvent se présenter sous une forme coccobacillaire.
Ce sont des bactéries aéro-anaérobies facultatives (mais apparaissant souvent micro-aérophiles notamment à l’isolement), à métabolisme faiblement fermentatif, catalase et oxydase négatives, acidifiant sans gaz le glucose ou d’autres sucres (l’acidification des sucres peut varier avec les milieux utilisés). À l'exception des vieilles cultures, la très grande majorité des souches produit de l’hydrogène sulfuré (à condition d’effectuer cette recherche en milieu TSI). La majorité des souches coagulent le plasma de lapin citraté (sans doute en utilisant ou en dégradant le citrate), produisent une hyaluronidase (les souches du sérovar 1 en produisent généralement de grandes quantités) et synthétisent une neuraminidase. La production de neuraminidase semble corrélée positivement avec la virulence.
La croissance est possible entre 5 et 42 °C avec un optimum thermique compris entre 30 et 37 °C. Elle est favorisée par un pH légèrement alcalin (la croissance se produit entre pH 6,7 et 9,2 avec un optimum de 7,2 à 7,6) et par la présence de glucose (0,2 à 0,5 p. cent), de sérum (5 à 10 p. cent), d’hydrolysats de protéines ou de Tween 80.
Les souches de Erysipelothrix sp. peuvent se présenter sous une forme S ou une forme R.
Les Erysipelothrix sp. sont dépourvues d’hémolyse bêta mais sur gélose au sang, les colonies peuvent s’entourer d’une zone d’hémolyse alpha parfois très marquée et pouvant mimer une hémolyse bêta lors d’un examen superficiel. Sur un milieu à base de gélatine coulé en tube, ensemencé avec une strie centrale et incubé à 22 °C, la croissance se traduit par un aspect en "brosse à bouteille". Après 24 heures d’incubation, la croissance est faible et ne se matérialise qu’en surface puis progressivement, la culture se développe et atteint le fond du tube réalisant une image caractéristique. Les souches S donnent des ramifications de 2 à 3 mm alors que les souches R produisent des ramifications plus longues pouvant atteindre les parois du tube. Il semble que toutes les souches possèdent en commun un ou plusieurs antigènes thermolabiles constitués de protéines ou de glycoprotéines. En revanche, des antigènes thermostables liés au peptidoglycane permettent de décrire au moins 26 sérovars.
Les principaux caractères bactériologiques permettant de différencier ¤ Erysipelothrix rhusiopathiae et ¤ Erysipelothrix tonsillarum sont donnés dans le tableau I.
Habitat et pouvoir pathogène
Les Erysipelothrix sp. sont largement répandues dans la nature. Ce sont des parasites des mammifères, des oiseaux, des poissons et d’autres animaux aquatiques.
Certaines souches de ¤ Erysipelothrix rhusiopathiae et de ¤ Erysipelothrix tonsillarum sont pathogènes pour les mammifères.
Orientation bibliographique
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La description de cette espèce est la suivante :
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