J.P. Euzéby : Dictionnaire de Bactériologie Vétérinaire

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Créé le 15 mars 2010

 

ERYSIPELOTRICHIA, ERYSIPELOTRICHALES, ERYSIPELOTRICHACEAE

 

Voir aussi les fichiers ¤ Erysipelothrix, ¤ Erysipelothrix rhusiopathiae et ¤ Erysipelothrix tonsillarum.

Classification :
. Voir Erysipelotrichia in Classification of classes, Erysipelotrichales in Classification of orders, Erysipelotrichaceae in Classification of families.
. Pour la liste des ordres inclus dans la classe des Erysipelotrichia, voir Erysipelotrichia in List of orders and suborders included in classes.
. Pour la liste des familles et des genres inclus dans l'ordre des Erysipelotrichales voir Erysipelotrichales in List of families included in the orders et Erysipelotrichales in List of genera included in the orders.
. Pour la liste des genres inclus dans la famille des Erysipelotrichaceae voir Erysipelotrichaceae in List of genera included in families.

 

Introduction

Durant de nombreuses années, le genre ¤ Erysipelothrix (genre type de la famille des Erysipelotrichaceae et de l'ordre des Erysipelotrichales) a été rapproché du genre ¤ Listeria et dans les 6ème et 7ème édition du Bergey's Manual of Determinative Bacteriology ces deux genres étaient inclus dans la famille des Corynebacteriaceae. Dans son Traité de Systématique Bactérienne, Prévot étudiait les genres ¤ Erysipelothrix et ¤ Listeria au sein de la famille des Actinomycetaceae. Toutefois, les études de taxonomie numérique, la composition du peptidoglycane, l'étude des lipides et les hybridations ADN-ADN n'étaient pas en faveur d'un rapprochement de ces deux genres.

Dans la première édition du Bergey's Manual of Systematic Bacteriology, le genre ¤ Erysipelothrix était placé dans le groupe des bacilles à Gram positif, non sporulés et de forme régulière qui rassemblait également les genres Brochothrix, ¤ Carnobacterium, Caryophanon, Kurthia, Lactobacillus, ¤ Listeria et ¤ Renibacterium.

Les premières analyses des séquences des ARNr16S montraient que ¤ Erysipelothrix rhusiopathiae (espèce type du genre) était dans une certaine mesure apparentée à Clostridium innocuum. En 1994, Collins et al. publient les résultats d'une étude phylogénétique du genre Clostridium (sensu lato) et leurs résultats montrent que ¤ Erysipelothrix rhusiopathiae et Clostridium innocuum appartiennent à un groupe apparenté aux Mycoplasmatales. Pour Collins et al., ce groupe comprendrait 5 genres : (i) un genre qui devrait rassembler ¤ Clostridium spiroforme et Clostridium ramosum ; (ii) un genre qui devrait regrouper Lactobacillus catenaformis et Lactobacillus vitulinus ; (iii) un genre rassemblant Eubacterium biforme et Streptococcus polymorphus ; (iv) un genre constitué par l'espèce Clostridium innocuum et (v) le genre ¤ Erysipelothrix.

En 2004, Verbarg et al. proposaient de placer le genre ¤ Erysipelothrix dans la nouvelle famille des Erysipelotrichaceae. Cette proposition reposait sur les analyses phylogénétiques et sur la structure du peptidoglycane. En effet, les représentants de cette famille possèdent un peptidoglycane du type B1delta (voir aussi le fichier ¤ "Classification des peptidoglycanes selon Schleifer et Kandler").
Les peptidoglycanes du type B sont caractérisés par leurs ponts interpeptidiques qui unissent l'un des groupes carboxyles du deuxième acide aminé d'une chaîne tétrapeptidique au groupe carboxyle du quatrième acide aminé d'une autre chaîne tétrapeptidique.
Dans le sous-groupe B1, les ponts interpeptidiques renferment un acide aminé "basique" sous forme L (généralement la L-lysine) et, pour les espèces ayant un peptidoglycane du type B1delta, l'acide aminé en position 3 de la chaîne tétrapeptidique est la L-alanine.
Dans le cas des représentants de la famille des ¤ Erysipelotrichaceae, les pont interpeptidiques sont constitués de glycine -> L-lysine -> L-lysine.

La familles des Erysipelotrichaceae était classée dans un ordre incertae sedis de la classe des Mollicutes. Dans la dernière Edition du Bergey's Manual of Systematic Bacteriology, la classe des Mollicutes est exclue du phylum des "Firmicutes" et elle est classée dans le phylum des "Tenericutes".

 

Classe des Erysipelotrichia

Le transfert la classe des Mollicutes dans le phylum des "Tenericutes" justifie la création d'une nouvelle classe au sein du phylum des "Firmicutes", la classe des Erysipelotrichia dont la nomenclature a été validement publiée en mars 2010 par inscription sur la liste de validation 132.

La classe des Erysipelotrichia est définie uniquement sur la base des analyses phylogénétiques déduites de l'étude des séquences des ARNr 16S. Sa description est identique à celle de l'ordre des Erysipelotrichales.
L'ordre type de la classe est l'ordre des Erysipelotrichales.

 

Ordre des Erysipelotrichales

La nouvelle classe des Erysipelotrichia comporte un seul ordre, l'ordre des Erysipelotrichales, dont la nomenclature a été validement publiée en mars 2010 par inscription sur la liste de validation 132.

L'ordre des Erysipelotrichales est défini principalement sur la base des analyses phylogénétiques déduites de l'étude des séquences des ARNr 16S. La description donnée dans la deuxième édition du Bergey's Manual of Systematic Bacteriology comporte, malheureusement, quelques erreurs (voir ci-dessous le chapitre "Famille des Erysipelotrichaceae").

La description de l'ordre des Erysipelotrichales pourrait être la suivante :
Fins bacilles à Gram positif, immobiles, non sporulés, aéro-anaérobies ou anaérobies, chimio-organotrophes, à métabolisme respiratoire ou fermentatif.
Le genre type est le genre ¤ Erysipelothrix.

 

Famille des Erysipelotrichaceae

La description de la famille Erysipelotrichaceae, telle qu'elle était donnée par Verbarg et al., était cohérente. Malheureusement, il l n'en va pas de même pour la description donnée dans la deuxième édition du Bergey's Manual of Systematic Bacteriology qui comprend de nombreuses erreurs.

Pour Verbarg et al., la famille des Erysipelotrichaceae était restreinte au genre Erysipelothrix. Dans la deuxième édition du Bergey's Manual of Systematic Bacteriology, la famille comprend également les genres Allobaculum, Bulleidia, Catenibacterium, Coprobacillus, Holdemania, Solobacterium et Turicibacter. Toutefois, la description de la famille ne prend pas en compte l'inclusion de ces nouveaux genres.
Ainsi, dans la deuxième édition du Bergey's Manual of Systematic Bacteriology, les premières phrases de la description de la famille sont les suivantes :
"Straight, or slightly curved, slender rods; some strains with a tendency to form long filaments. Nonmotile. Endospores are not produced. Aerobic to facultatively anaerobic. Chemo-organotrophic, metabolism respiratory and weakly fermentative.".
Or, les espèces des genres Allobaculum, Bulleidia, Catenibacterium, Coprobacillus, Holdemania, Solobacterium et Turicibacter rassemblent des bacilles anaérobies à métabolisme fermentatif !
De même, la valeur du G + C p. cent des représentants de la famille est indiqué comme allant de 36 à 40 alors que le G + C p. cent du genre Coprobacillus est compris entre 32 et 34 !

La description de la famille des Erysipelotrichaceae pourrait être la suivante :
. Bacilles minces, droits ou légèrement incurvés ou de forme irrégulière, pouvant donner des formes filamenteuses, pouvant se présenter de manière isolée ou groupés par deux ou groupés en chaînes, immobiles et non sporulés, aéro-anaérobies ou anaérobies, chimio-organotrophes, à métabolisme respiratoire ou fermentatif, acidifiant le glucose et d'autres sucres, catalase négative.
. Les espèces des genres Erysipelothrix et Holdemania possèdent  un peptidoglycane du type B1delta dont les ponts interpeptidiques sont constitués de glycine -> L-lysine -> L-lysine.
. Le G + C p. cent des représentants de la famille est compris entre 32 et 40.
. Le genre type est le genre Erysipelothrix dont l'ADN des différentes espèces peut être spécifiquement amplifié en utilisant les amorces 5'-TGATGCCATAGAAACTGGTA-3' et 5'-CTGTATCCGCCATAACTA-3'.
. Certains représentants de la famille sont pathogènes pour les mammifères (y compris l'homme) et/ou les oiseaux.

. Allobaculum stercoricanis (unique espèce du genre) a pour origine des fèces de chiens.
. Bulleidia extructa (unique espèce du genre) a pour habitat la bouche de l'homme. Cette espèce a été isolée de poches parodontales et d'abcès dento-alvéolaires.
. Catenibacterium mitsuokai (unique espèce du genre), Coprobacillus cateniformis (unique espèce du genre), Holdemania filiformis (unique espèce du genre) et Solobacterium moorei ont pour habitat l'intestin de l'homme.
. Les espèces du genre ¤ Erysipelothrix sp. sont largement répandues dans la nature. Ce sont des parasites des mammifères, des oiseaux, des poissons et d’autres animaux aquatiques. Certaines souches de ¤ Erysipelothrix rhusiopathiae et de ¤ Erysipelothrix tonsillarum sont pathogènes pour les mammifères.
. Les souches de Turicibacter sanguinis (unique espèce du genre) ont été isolées de sang de patients présentant un état fébrile. Des souches proches de Turicibacter sanguinis ont été mises en évidence dans l'intestin de l'homme, dans du compost, dans du lait cru et des effluents de laiteries et dans l'intestin de coléoptères.

Outre les huit genres actuellement inclus dans la famille, celle ci pourrait également comprendre les espèces actuellement connues sous les noms de Clostridium catenaformis, Clostridium cocleatum, Clostridium innocuum, Clostridium ramosum, Clostridium spiroforme, Eubacterium biforme, Eubacterium cylindroides, Eubacterium dolichum, Eubacterium tortuosum, Lactobacillus catenaformis, Lactobacillus vitulinus et Streptococcus pleomorphus.

 

Orientation bibliographique

 

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