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Créé le 14 septembre 2004
ESCHERICHIA (à l'exception de Escherichia coli)
Autres dénominations :
Note : Escherichia hermannii est parfois mal orthographiée [Escherichia hermanii (sic)] dans certains articles, y compris dans des articles publiées par de grandes revues comme Emerg. Infect. Dis., J. Bact., J. Basic Microbiol., J. Clin. Mirobiol., Lett. Appl. Microbiol., Res. Microbiol., etc. Plus rarement, Escherichia fergusonii est également mal orthographiée [Escherichia fergusonnii (sic)].
Systématique
Le genre Escherichia et l'espèce Escherichia coli ont été proposés en 1919 pour reclasser une espèce préalablement connue sous les noms de "Bacterium coli commune", de "Bacillus coli" ou de "Bacterium coli".
Le genre Escherichia et les espèces Escherichia adecarboxylata, Escherichia blattae et Escherichia coli sont cités dans les Approved Lists of Bacterial Names.
Escherichia coli et les quatre espèces du genre Shigella présentent entre 70 et 100 p. cent d'homologie ADN-ADN. Tous ces taxons devraient donc être considérés comme une unique espèce qui, en raison des règles de priorité, devrait être appelé Escherichia coli. Toutefois, pour des raisons historiques et médicales, aucune proposition formelle n'a été publiée et le genre Shigella conserve un statut dans la nomenclature bactérienne. Depuis la publication des Approved Lists of Bacterial Names, le genre Escherichia a connu quelques changements. 1) Sur la base des homologies ADN-ADN, Tamura et al. reclassent Escherichia adecarboxylata dans le nouveau genre Leclercia avec l'appellation de Leclercia adecarboxylata. Ces nouvelles dénominations seront validement publiées par inscription sur la liste de validation n° 23.
2) En 1983, deux nouvelles espèces, Escherichia hermannii et Escherichia vulneris, seront validement publiées par citation sur la liste de validation n° 10.
3) En 1985, Escherichia fergusonii sera validement publiée par inscription sur la liste de validation n° 17.
4) En 2003, Huys et al. étudient cinq souches, isolées par l'ICDDRB (International Centre for Diarrhoeal Disease Research Branch in Bangladesh) et préalablement considérées comme des souches de ¤ Hafnia alvei. La séquence de l'ARNr 16S de la souche LMG 20976 présente 98,3 p. cent d'homologie avec la souche type de Escherichia coli. Les souches présentent entre elles plus de 82 p. cent d'homologie ADN-ADN et les pourcentages d'homologie ADN-ADN, obtenus entre cette genomospecies et la souche type de Escherichia coli, n'excèdent pas 64. Ces cinq souches constituent donc une genomospecies distincte. Cette genomospecies est identifiable par ses caractères phénotypiques ce qui conduit Huys et al. à valider la publication de Escherichia albertii.
Caractères bactériologiques
Le genre Escherichia présente les caractères généraux de la famille des Enterobacteriaceae (voir le fichier Enterobacteriaceae, "Enterobacteriales"). La variabilité des souches de Escherichia coli et l'inclusion de nouvelles espèces dans ce genre ne permettent pas d'en donner une définition simple.
Le genre Escherichia rassemble des bacilles droits, à Gram négatif, non sporulés, parfois capsulés, immobiles ou mobiles grâce à une ciliature péritriche, aéro-anaérobies, à métabolisme respiratoire et fermentaire, fermentant le glucose avec production de gaz (quelques souches de Escherichia coli, autrefois qualifiées de Alkalescens-Dispar, ne produisent pas de gaz), oxydase négative, catalase positive et nitrate réductase positive.
Habitat et pouvoir pathogène
Escherichia albertii La première souche de Escherichia albertii a été isolée, en culture pure, d’un cas de diarrhée chez un enfant âgé de 9 mois. Pour Albert et al., cette souche était une souche de ¤ Hafnia alvei. Ces auteurs montrent que la souche est douée d’un pouvoir pathogène chez le lapin, qu’elle est capable d'adhérer à l’épithélium intestinal, qu’elle provoque une perte des villosités de l’iléon et du colon et qu’elle produit des lésions de la muqueuse comparables à celles observées lors d'infections par les pathovars entéropathogènes (souches EPEC) de Escherichia coli (lésions d’attachement effacement). En revanche, cette souche ne produit pas de toxine et elle ne possède pas de pouvoir invasif in vitro (cellules HeLa) ou in vivo (test de Sérény). Par la suite, la même équipe a isolé 6 autres souches ayant un pouvoir pathogène comparable et les auteurs montrent que les 7 souches hébergent le gène eae (anciennement eaeA) caractéristique des souches entéropathogènes de Escherichia coli.
En 1999, Janda et al. ont étudié 5 des souches isolées par Albert et al. et leurs résultats suggèrent que ces souches sont des souches atypiques de Escherichia coli. En 2003, Huys et al. confirment les conclusions de Janda et al. et ces auteurs transfèrent les souches possédant le gène eae dans une nouvelle espèce du genre Escherichia, Escherichia albertii (voir le chapitre Systématique).
À la connaissance de l'auteur, Escherichia albertii n'a jamais été identifiée chez les animaux. Escherichia blattae
Les 16 souches de Escherichia blattae ont été isolées de l'intestin de blattes (Blatta orientalis) capturées à Londres. En dépit de contacts étroits entre les blattes et l'homme ou les animaux, cette espèce n'a jamais été retrouvée chez l'homme ou chez d'autres espèces animales.
Escherichia fergusonii
Initialement, 41 souches ont été incluses dans l'espèce Escherichia fergusonii : 21 souches isolées de l'homme, 9 souches isolées d'animaux et 7 souches dont l'origine était inconnue.
Ultérieurement d'autres souches de Escherichia fergusonii ont été identifiées chez les animaux : poulets (au moins cinq souches isolées) et rapaces élevés en captivité (trois souches isolées à partir de 32 oiseaux de l'ordre des Falconiformes et six souche isolée de 15 oiseaux de l'ordre des Strigiformes).
Escherichia hermannii Toutes les souches de Escherichia hermannii ont pour origine l'environnement, les aliments (viande de porc, coquilles d'œufs) ou, le plus souvent, des prélèvements effectués chez l'homme. Chez l'homme, cette espèce est isolée (par ordre décroissant de fréquence) de plaies, de l'appareil respiratoire, des selles, du sang, du LCR et du liquide péritonéal. En revanche, Escherichia hermannii n'a jamais été isolée de l'appareil génito-urinaire. Expérimentalement, ce germe s'avère non pathogène pour la souris. Une souche de Escherichia hermannii, isolée d'effluents industriels, s'est avérée capable de dégrader les chlorobenzènes et elle pourrait être utilisée pour la dépollution de l'environnement. Escherichia vulneris Parmi les 16 souches ayant permis de décrire l'espèce Escherichia vulneris, 12 souches avaient une origine humaine (9 provenaient de plaies, 1 du sang et 3 provenaient de prélèvements dont la nature n'est pas précisée), 2 souches avaient été isolées d'animaux (1 souche isolée d'un oiseau et 1 souche isolée d'un lapin) et 1 souche avait une origine inconnue.
Ultérieurement, cette espèce a également été isolée d'urines, de pus, d'un cas d'ostéomyélite, d'un liquide péritonéal, d'eau de boisson, de crottins d'équidés et de poissons.
Orientation bibliographique
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