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Dernière mise à jour le 30 mars 2000
EUBACTERIUM, EUBACTERIUM TARANTELLAE, EUBACTERIUM TORTUOSUM
Voir aussi le fichier ¤ Eubacteriaceae.
Autres dénominations :
Systématique et caractères bactériologiques
Le genre Eubacterium, inclus dans les Approved Lists of Bacterial Names, est le genre type de la famille des ¤ Eubacteriaceae. Plus de 50 espèces ont été décrites au sein du genre Eubacterium (voir Eubacterium in List of Prokaryotic names with Standing in Nomenclature). Toutefois, ce genre est très hétérogène et de nombreuses espèces ont été abusivement incluses dans le genre Eubacterium. Les analyses phylogénétiques montrent que le genre Eubacterium devrait être restreint à l'espèce type (Eubacterium limosum) et à quelques espèces fortement apparentées comme Eubacterium aggregans, Eubacterium barkeri et Eubacterium callanderi.
Le genre Eubacterium regroupe des espèces ayant comme seul point commun d'être des bactéries à Gram positif, non sporulées, anaérobies strictes (la tolérance à l'oxygène est variable selon les espèces voire même selon les souches), catalase négative, chimio-organotrophes, ne produisant pas de gaz en gélose profonde et dont les produits terminaux majeurs du métabolisme ne sont ni l'acide propionique ni l'acide lactique ni l'acide succinique ni un mélange d'acide acétique et d'acide lactique.
Du fait de son hétérogénéité, le genre Eubacterium est en perpétuel remaniement et plusieurs espèces ont été reclassées dans les genres Actinobaculum, Atopobium, Collinsella, Dorea, Eggerthella, Flavonifractor, Mogibacterium, Pseudoramibacter ou Slackia.
Habitat et pouvoir pathogène
Quelques eubactéries (Eubacterium limosum, Eubacterium moniliforme, Eubacterium multiforme, Eubacterium nitritogenes, Eubacterium tortuosum) sont présentes dans le sol ou l’eau mais, la majorité des espèces sont des constituants normaux des flores digestives :
Les Eubacterium sp. sont isolés d'infections mais, compte tenu de la présence normale de ces bactéries dans les flores, il est parfois difficile de faire le lien entre la présence du germe et la pathologie observée.
Diagnostic bactériologique
Le diagnostic est toujours difficile et ne peut être conduit à son terme que par des laboratoires spécialisés. L'orientation du diagnostic repose sur les caractères culturaux (culture en anaérobiose, aspect des colonies), sur l'absence de production de gaz en gélose profonde, sur la coloration de Gram, sur l'absence de spore et sur l'absence de catalase. L'identification précise nécessite la mise en évidence des produits du métabolisme par chromatographie gaz-liquide (les Eubacterium sp. produisent un mélange d'acides notamment, de l'acide butyrique, de l'acide acétique ou de l'acide formique auxquels se rajoutent de petites quantités d'acides propionique, isopropionique, isobutyrique, isovalérique ou succinique).
Eubacterium tarantellae est la seule espèce du genre Eubacterium douée d’un pouvoir pathogène pour les poissons. C’est un long bacille filamenteux, à Gram positif, non ramifié, se fragmentant pour donner naissance à des formes de 1,3 à 1,6 mm de diamètre sur 10,0 à 17,0 mm de longueur, immobile, non sporulé, anaérobie stricte, chimio-organotrophe, catalase et nitrate réductase négatives, synthétisant une DNase et une lécithinase et fermentant le glucose, le lactose et le fructose. Une réponse négative est obtenue pour les tests hydrolyse de l'esculine, hydrolyse de la gélatine, hydrolyse de l'amidon, production d'indole, production d'hydrogène sulfuré, acidification de l'amidon, de l'amygdaline, de l'arabinose, du cellobiose, de l'esculine, du maltose, du mannitol, du mannose, du mélézitose, du raffinose, du rhamnose, de la salicine, du saccharose, du tréhalose et du xylose.
L'habitat de Eubacterium tarantellae n'est pas connu avec certitude (eau et/ou intestin des poissons ?) mais, sa distribution géographique est restreinte aux eaux peu salées et chaudes du sud des U.S.A. Cette bactérie a été isolée du cerveau de poissons (notamment des mulets, Mugil cephalus) capturés dans la Baie de Biscayne et dans la Baie de Floride ainsi que d’autres espèces de poissons (Centropomus undecimalis, Diapterus plumieri, Sciaenops ocellata) vivants sur les côtes du Texas. La maladie, connue sous le nom de "méningite à Eubacterium" se traduit par une nage erratique et rapide et par un taux de mortalité important.
Après coloration de Gram, Eubacterium tarantellae est visible sur des frottis de cerveaux. Son isolement est réalisé sur gélose cœur-cervelle, sur gélose au sang ou sur gélose de Brewer au thioglycollate* incubées 7 jours en anaérobiose et à température ambiante. L’adjonction de 100 µg/mL de gentamicine à une gélose au sang permet d’obtenir un milieu sélectif. In vitro, cette bactérie est sensible à l’érythromycine, au chloramphénicol, à la pénicilline, aux tétracyclines et à la novobiocine.
Les souches de Eubacterium tortuosum, cultivées en bouillon, se présentent sous la forme de bacilles de 0,5 à 0,6 µm de diamètre sur 2,4 à 5,0 µm de longueur, souvent groupés en longues chaînes, immobiles, non sporulés, anaérobies strictes, catalase négative, nitrate réductase variable selon les souches, chimio-organotrophes, acidifiant le glucose et le saccharose, hydrolysant l'esculine, donnant une réponse négative aux tests hydrolyse de l'amidon, hydrolyse de l'hippurate, gélatinase, lécithinase, indole, acidification de l'adonitol, de l'amidon, de l'amygdaline, de l'arabinose, du dulcitol, de l'érythritol, de l'esculine, du galactose, du glycérol, du glycogène, de l'inositol, de l'inuline, du mannitol, du mannose, du mélézitose, du rhamnose, du ribose, du saccharose, du sorbose, du sorbitol, du tréhalose et du xylose. Une réponse variable ou faiblement positive peut être notée pour l'acidification du cellobiose, du lactose, du maltose, du mélibiose, du raffinose et de la salicine.
Eubacterium tortuosum est présent dans le sol, dans l'eau et dans les fèces de l'homme. Cette bactérie est également isolée de granulomes hépatiques chez le dindon et de granulomes hépatiques et spléniques chez la poule. L'injection de 5 X 106 unités formant colonies à des poulets âgés de 15 jours provoque la formation de granulomes spléniques (chez 15 animaux sur les 19 inoculés), le germe est visible au niveau des lésions mais il ne peut pas être re-isolé.
Orientation bibliographique
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* : Milieu de Brewer au thioglycollate :
Digestion trypsique de caséine : 17,0 g
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