J.P. Euzéby : Dictionnaire de Bactériologie Vétérinaire

home

Créé le 12 septembre 2003

 

ENTEROCOCCUS RATTI

 

Voir aussi le fichier ¤ Enterococcus.

 

A partir de 1987, les CDC (Centers for Diseases Control and Prevention) ont été sollicités pour identifier des souches d'entérocoques isolées de rats atteints de diarrhée (les diarrhées du rat se traduisent par un simple ramollissement des fèces et une souillure du périnée). Ces souches ressemblaient à Enterococcus durans ou à Enterococcus hirae mais ne pouvaient être identifiées correctement au niveau de l'espèce.

Pour établir la position taxonomique de ces souches, Teixeira et al. ont effectués des hybridations ADN - ADN, une analyse du profil des protéines cellulaires, une analyse électrophorétique en champs pulsé des fragments de restriction de l'ADN obtenus avec l'enzyme de SmaI (technique PFGE, pulsed field gel electrophoresis) et une étude des caractères bactériologiques.
Les résultats montrent que les cinq souches étudiées forment un groupe homogène et qu'elles constituent une nouvelle genomospecies (voir le fichier ¤ "Définitions d'une genomospecies et d'une espèce bactérienne") pour laquelle les auteurs valident, le 10 septembre 2001, la nomenclature de Enterococcus ratti.
Une des cinq souches, la souche SS 1506, décrite en 1998 et provisoirement dénommée "Enterococcus rattus" (sic), se distingue des autres souches par son profil électrophorétique des protéines cellulaires, par son profil électrophorétique de l'ADN et par ses caractères phénotypiques (elle acidifie le mannitol et le tréhalose). Toutefois, le pourcentage d'homologie ADN - ADN entre cette souche et la souche type de Enterococcus ratti est de 82 ce qui montre qu'elle appartient bien à l'espèce Enterococcus ratti.
Selon De Graef et al. 2003, Enterococcus ratti appartient au groupe de Enterococcus faecalis (entérocoques du groupe Faecalis).

L'espèce Enterococcus ratti présente les caractères classiques du genre Enterococcus mais la croissance est lente et les réactions positives sont tardivement et faiblement positives. Enterococcus ratti rassemble des souches de coques à Gram positif, groupés par deux ou en courtes chaînes, non sporulés, présentant l'antigène du groupe D de Lancefield (réaction faiblement positive), réagissant avec la sonde AccuProbe Enterococcus (Gen-Probe), aéro-nanaérobies, catalase négative, fermentant les sucres sans production de gaz, pyrrolidonyl arylamidase positive, cultivant à 10 et 45 °C et cultivant en présence de 6,5 p. cent de NaCl.
. Une réponse positive est observée pour les tests leucine aminopeptidase, hydrolyse de l'esculine, ADH, acidification du glucose, du maltose et du D-ribose.
. Une réponse négative est obtenue avec les tests mobilité, croissance en présence de 0,04 p. cent de tellurite, acidification du L-arabinose, du glycérol, de l'inuline, du mélibiose, du méthyl-alpha-D-glucopyranoside, du D-raffinose, du saccharose, du D-sorbitol, du L-sorbose et du D-xylose.
. La majorité des souches n'acidifie ni le mannitol ni le tréhalose.
. Les réponses aux tests VP, hydrolyse de l'hippurate, acidification du lactose et du mélibiose sont variables selon les souches.
Les principaux caractères permettant de différencier Enterococcus ratti des espèces du genre Enterococcus capables de provoquer des diarrhées chez le rat sont présentés dans le tableau I. D'autres caractères permettant de distinguer Enterococcus ratti des autres entérocoques figurent dans le tableau II.

La croissance obtenue sur une gélose au sang de mouton ou dans un bouillon de Todd-Hewitt, incubés 24 heures à 37 °C, est qualifiée de faible (sans précision complémentaire !). Les colonies obtenues sur gélose au sang de mouton sont non pigmentées, alpha-hémolytiques ou non hémolytiques.

Les souches de Enterococcus ratti sont isolées de jeunes rats atteints de diarrhée. Les travaux de Etheridge et Vonderfrecht, montrent que l'administration d'une souche à des rats âgés de 1 à 3 jours reproduit la maladie, que la souche adhère aux villosités de l'intestin grêle et qu'elle peut être réisolée des animaux inoculés.

 

 

Orientation bibliographique

 

DE GRAEF (E.M.), DEVRIESE (L.A.), VANCANNEYT (M.), BAELE (M.), COLLINS (M.D.), LEFEBVRE (K.), SWINGS (J.) et HAESEBROUCK (F.) : Description of Enterococcus canis sp. nov. from dogs and reclassification of Enterococcus porcinus Teixeira et al. 2001 as a junior synonym of Enterococcus villorum Vancanneyt et al. 2001. Int. J. Syst. Evol. Microbiol., 2003, 53, 1069-1074.

ETHERIDGE (M.E.) et VONDERFECHT (S.L.) : Diarrhea caused by a slow-growing Enterococcus-like agent in neonatal rats. Lab. Anim. Sci., 1992, 42, 548-550.

TEIXEIRA (L.M.), CARVALHO (M. da G.S.), ESPINOLA (M.M.B.), STEIGERWALT (A.G.), DOUGLAS (M.P.), BRENNER (D.J.) et FACKLAM (R.R.) : Enterococcus porcinus sp. nov. and Enterococcus ratti sp. nov., associated with enteric disorders in animals. Int. J. Syst. Evol. Microbiol., 2001, 51, 1737-1743.

 

AVIS JURIDIQUE IMPORTANT : Les informations qui figurent sur ce site sont soumises à une clause de non responsabilité et sont protégées par un copyright.