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Créé le 07 juin 1998
ERYSIPELOTHRIX TONSILLARUM
Autre dénomination : Erysipelothrix rhusiopathiae sérovars 3, 7, 10, 14, 20, 22 ou 23.
Voir aussi les fichiers : ¤ Erysipelotrichia, Erysipelotrichales, Erysipelotrichaceae, ¤ Erysipelothrix et ¤ Erysipelothrix rhusiopathiae.
Systématique
Jusqu’en 1987, le genre ¤ Erysipelothrix n’hébergeait qu’une unique espèce, ¤ Erysipelothrix rhusiopathiae. En 1987, Takahashi et al., proposent la nomenclature de Erysipelothrix tonsillarum pour des souches dépourvues de pouvoir pathogène pour le porc, présentant une faible homologie ADN-ADN avec Erysipelothrix rhusiopathiae et appartenant au sérovar 7. Ultérieurement, la même équipe inclut dans cette nouvelle espèce les sérovars 3, 10, 14, 20, 22 et 23. Les travaux de Ahrne et al., portant sur le polymorphisme de restriction des gènes codant pour l’ARNr, indiquent cependant que les souches des sérovars 2 et 7 appartiennent soit à l’espèce ¤ Erysipelothrix rhusiopathiae soit à l’espèce Erysipelothrix tonsillarum, ce qui remet en cause l’utilisation de la sérologie pour la détermination de l’espèce. Pour de plus amples informations sur la systématique de cette espèce, voir le fichier ¤ Erysipelothrix.
Caractères bactériologiques
Erysipelothrix tonsillarum est phénotypiquement très proche de Erysipelothrix rhusiopathiae (tableau I). En pratique, outre le sérotypage, ces deux espèces se différencient (i) par l’acidification du saccharose et (ii) par la présence d’une N-acétyl-bêta-glucosaminidase (galerie Api ZYM) présente chez 90 p. cent des souches de ¤ Erysipelothrix rhusiopathiae contre 24 p. cent des souches de Erysipelothrix tonsillarum. Verbarg et al. ont étudié les caractères bactériologiques des trois espèces du genre Erysipelothrix en utilisant des galeries API 32 STREPT et des galeries Biolog GP. Leurs résultats figurent dans le tableau II.
Habitat et pouvoir pathogène
L’habitat de cette espèce n’est pas connu avec certitude mais Erysipelothrix tonsillarum a été isolée chez des porcs et des bovins apparemment sains ainsi que chez des poissons. Expérimentalement, Erysipelothrix tonsillarum est généralement dépourvue de tout pouvoir pathogène pour le porc et pour le poulet, mais elle se révèle virulente pour la souris. Toutefois, Enoe et Norrung ont montré que les sérovars 10 et 23 sont pathogènes pour le porc et Vaissaire et al. font état de l’isolement du sérovar 10 lors d’infections naturelles du porc. Le sérovar 7 de Erysipelothrix tonsillarum est pathogène pour le chien, il a été isolé de plusieurs cas d’endocardites et l’infection peut être reproduite expérimentalement. En revanche, l’inoculation au chien de souches de ¤ Erysipelothrix rhusiopathiae isolées du porc provoquent des polyarthrites, des discopondylites mais pas d’endocardite.
Diagnostic bactériologique
Lors d’endocardite chez le chien, le germe est facilement isolé du sang et le recours à des milieux sélectifs est inutile. Le diagnostic de genre est facile, il repose sur les caractères morphologiques et culturaux, sur l’absence de mobilité, sur l’absence d’hémolyse bêta, sur l’absence de catalase, sur la production d’hydrogène sulfuré (milieu TSI ou Kligler) et sur l’absence d’hydrolyse de l’esculine.
L’identification de l’espèce Erysipelothrix tonsillarum sera plus délicate, elle repose principalement sur l’acidification du saccharose et sur le sérotypage.
Okatani et al. ont montré que l'analyse des fragments de macrorestriction obtenus avec l'enzyme SmaI permettait de différencier Erysipelothrix tonsillarum et ¤ Erysipelothrix rhusiopathiae. En pratique courante, la distinction entre les Erysipelothrix tonsillarum et ¤ Erysipelothrix rhusiopathiae n’est généralement pas faite et les souches isolées de l’homme ou des animaux sont baptisées Erysipelothrix rhusiopathiae.
Sensibilité aux antibiotiques
Comme ¤ Erysipelothrix rhusiopathiae, Erysipelothrix tonsillarum est sensible aux bêta-lactamines (notamment pénicilline G et ampicilline), aux tétracyclines, aux macrolides et au chloramphénicol. Par contre, il est résistant aux aminosides (notamment à la kanamycine), aux sulfamides et au cotrimoxazole.
Orientation bibliographique
AHRNE (S.), STRENSTROM (I.M.), JENSEN (N.E.), PETTERSSON (B.), UHLEN (M.) et MOLIN (G.) : Classification of Erysipelothrix strains on the basis of restriction fragment length polymorphisms. Int. J. Syst. Bacteriol., 1995, 45, 382-385. ENOE (C.) et NORRUNG (V.) : Experimental infection of pigs with serotypes of Erysipelothrix rhusiopathiae. In : International Pig Veterinary Society, Proceedings 12th congress, 1992, 345. ERIKSEN (K.), FOSSUM (K.), GAMLEM (H.), GRONDALEN (J,.) KUCSERA (G.) et ULSTEIN (T.) : Endocarditis in two dogs caused by Erysipelothrix rhusiopathiae. J. Small Anim. Pract., 1987, 28, 117-123. HASSANEIN (R.), SAWADA (T.), KATAOKA (Y.), ITOH (K.) et SUZUKI (Y.) : Serovars of Erysipelothrix species isolated from the tonsils of healthy cattle in Japan. Vet. Microbiol., 2001, 82, 97-100. KUCSERA (G.Y.) : Serological typing of Erysipelothrix rhusiopathiae strains and the epizootiological significance of the typing. Acta Vet. Acad. Scientarum Hungaricae, 1979, 27, 19-28. OKATANI (A.T.), UTO (T.), TANIGUCHI (T.), HORISAKA (T.), HORIKITA (T.), KENEKO (K.I.) et HAYASHIDANI (H.) : Pulsed-field gel electrophoresis in differentiation of Erysipelothrix species strains. J. Clin. Microbiol., 2001, 39, 4032-4036. SCHRAUWEN (E.), DEVRIESE (L.A.), HOORENS (J.) et TAKAHASHI (T.) : Erysipelothrix tonsillarum endocarditis in a dog. A case report. Vlaams Diergeneeskd Tijdschr, 1993, 62, 160-161. TAKAHASHI (T.), FUJISAWA (T.), BENNO (Y.), TAMURA (Y.), SAWADA (T.), SUZUKI (S.), MURAMATSU (M.), and MITSUOKA (T.): Erysipelothrix tonsillarum sp. nov. isolated from tonsils of apparently healthy pigs. Int. J. Syst. Bacteriol., 1987, 37, 166-168. TAKAHASHI (T.), FUJISAWA (T.), TAMURA (Y.), SUZUKI (S.), MURAMATSU (M.), SAWADA (T.), BENNO (Y.), and MITSUOKA (T.): DNA relatedness among Erysipelothrix rhusiopathiae strains representing all twenty-three serovars and Erysipelothrix tonsillarum. Int. J. Syst. Bacteriol., 1992, 42, 469-473. TAKAHASHI (T.), TAKAGI (M.), YAMAOKA (R.), OHISHI (K.), NORIMATSU (M.), TAMURA (Y.) et NAKAMURA (M.) : Comparison of the pathogenicity for chickens of Erysipelothrix rhusiopathiae and Erysopelothrix tonsillarum. Avian Pathol., 1994, 23, 237-245. TAKAHASHI (T.), TAMURA (Y.), SAWADA (T.), SUZUKI (S.), MURAMATSU (M.), FUJISAWA (T.), BENNO (Y.) et MITSUOKA (T.) : Enzymatic profiles of Erysipelothrix rhusiopathiae and Erysipelothrix tonsillae. Res. Vet. Sci., 1989, 47, 275-276. TAKAHASHI (T.), TAMURA (Y.), YOSHIMURA (H.), NAGAMINE (N.), KIJIMA (M.), NAKAMURA (M.) et DEVRIESE (L.A.) : Erysipelothrix tonsillarum isolated from dogs with endocarditis in Belgium. Res. Vet. Sci., 1993, 54, 264-265. VAISSAIRE (J.), MILWARD (F.), PAILLE (G.) et LAROCHE (M.) : Le rouget (Erysipelothrix rhusiopathiae). Situation sanitaire et sérotypes rencontrés en France. Journées Rech. Porcine en France, 1989, 21, 215-218. VERBARG (S.), RHEIMS (H.), EMUS (S.), FRÜHLING (A.), KROPPENSTEDT (R.M.), STACKEBRANDT (E.) et SCHUMANN (P.) : Erysipelothrix inopinata sp. nov., isolated in the course of sterile filtration of vegetable peptone broth, and description of Erysipelotrichaceae fam. nov. Int. J. Syst. Evol. Microbiol., 2004, 54, 221-225.
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