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Dernière mise à jour le 18 juin 1998
FLAVOBACTERIUM BRANCHIOPHILUM
Voir aussi : ¤ Flavobacterium. Autre dénomination : Flavobacterium branchiophila.
Systématique
La nomenclature de Flavobacterium branchiophilum a été proposée pour 16 souches bactériennes isolées de poissons atteints de maladie des branchies. Toutes ces souches présentent des caractères phénotypiques homogènes et les hybridations ADN - ADN conduisent à les placer dans une unique espèce. Compte tenu de l’absence de mobilité, cette espève a été classée dans le genre Flavobacterium plutôt que dans le genre Cytophaga et elle a été appelée Flavobacterium branchiophila puis Flavobacterium branchiophilum. Actuellement, la mobilité n’est plus considérée comme un caractère important pour différencier ces deux genres mais, l’étude de Bernardet et al. conduit à conserver cette espèce dans le genre Flavobacterium même si les auteurs estiment que des études complémentaires doivent être effectuées.
Caractères bactériologiques
Flavobacterium branchiophilum est un bacille à Gram négatif, non sporulé, de 0,5mm de diamètre sur 5 à 8 mm de longueur, aux extrémités arrondies, immobile, chimio-organotrophe à métabolisme oxydatif, catalase et oxydase positives. Un caractère positif est noté pour les tests ONPG, hydrolyse de la gélatine, de la caséine, de la tyrosine, de la tributyrine, de la lécithine, du Tween et de l’amidon, acidification sans gaz du cellobiose, du fructose, du glucose, de l’inuline, du maltose, du mélibiose, du raffinose, du saccharose et du tréhalose. Une réponse négative est observée pour les tests reduction des nitrates, indole, H2S, acidification de l’adonitol, de l’arabinose, du dulcitol, du galactose, de l’inositol, du lactose, du mannitol, de la salicine, du sorbitol, du rhamnose, et du xylose. En plaque API ZYM, le score obtenu avec la souche type est 5 2 3 0 5 4 2 2 0 4 4 0 0 0 1 0 0 0 0. La croissance sur milieu de Anacker et Ordal (extraits de viande, digestion pancréatique de caséine, extraits de levure, acétate de sodium, agar) est obtenue pour des températures d’incubation comprises entre 10 et 25 °C (aucune culture n’est obtenue à 37 °C) et pour une concentration en NaCl ne dépassant pas 0,075 p. cent. Après 5 jours d’incubation à 18 °C, les colonies sont jaunes, lisses, rondes, aux contours réguliers, et leur diamètres est de 0,5 à 1 mm.
Habitat et pouvoir pathogène
Flavobacterium branchiophilum est la bactérie la plus souvent impliquée dans le syndrome maladie des branchies. L’infection a été décrite principalement au Japon, aux USA, au Canada, en Hongrie et, plus récemment en Corée. Toutefois, elle pourrait avoir une répartition géographique beaucoup plus large. Dans certains pays, comme le Canada, l’infection par Flavobacterium branchiophilum est considérée comme une des maladies les plus importantes pour les élevages de salmonidés. L’habitat du germe n’est pas connu avec certitude et cette bactérie pourrait être présente dans l’eau contaminée par les individus infectés. La température de l’eau n’est pas un facteur important dans la survenue de la maladie car des infections ont été décrites chez des carpes vivant dans une eau à 5 °C, chez des salmonidés vivant dans une eau à 19,7 °C et chez des anguilles placées dans une eau à 20 °C. Les poissons affectés deviennent léthargiques et anorexiques, ils ont tendance à nager près de la surface de l’eau, ils présentent des difficultés respiratoires et les branchies sont congestionnées, hypertrophiées et elles se recouvrent de mucus.
Facteurs de pathogénicité
Des facteurs prédisposants comme des stress ou une mauvaise qualité de l’eau ont été évoqués pour expliquer le développement de l’infection mais, la maladie a pu être reproduite chez des poissons élevés dans de bonnes conditions. Flavobacterium branchiophilum n’envahit pas les tissus, ne se dissémine pas dans l’organisme et n’a jamais été isolé d’organes internes. Cette bactérie présente un tropisme pour les cellules épithéliales des branchies et elle possède des adhésines représentées par des pili et par un abondant glycocalyx. L’attachement n’est pas suffisant pour expliquer la colonisation des branchies car des souches virulentes et avirulentes adhèrent de manière similaire. La production d’un facteur hémagglutinant thermolabile (actif sur les hématies de truite et de lapin et dans une moindre mesure sur les hématies de carpe et de mouton) pourrait être également impliqué dans l’adhésion et il permettrait aux bactéries d’adhérer entre elles pour former un film qui colonise et qui recouvre la surface des branchies. La synthèse de protéases a également été évoquée comme élément du pouvoir pathogène et pourrait expliquer les lésions de nécrose des cellules épithéliales. Il existe une très bonne corrélation entre le nombre de bactéries colonisant la surface des branchies et la sévérité des signes cliniques ou des lésions et, inversement, un traitement qui fait disparaître les bactéries conduit rapidement à une guérison totale. La mort résulte d’une asphyxie qui pourrait être liée à une diminution des échanges gazeux provoqués par la présence d’un film bactérien.
Diagnostic bactériologique
L’observation d’une préparation au microscope ne permet pas un diagnostic de certitude qui doit recourir à l’isolement et à l’identification du germe. Compte tenu des caractéristiques culturales de Flavobacterium branchiophilum, ce diagnostic direct est difficile. Il est également difficile de différencier Flavobacterium branchiophilum de Flavobacterium columnare qui peut, occasionnellement, être responsable de maladie des branchies (tableau I). Des anticorps monoclonaux ont été obtenus et ils permettent un diagnostic par immunofluorescence indirecte pratiquée aussi bien sur des frottis de lésions que sur des coupes histologiques. Une technique immuno-enzymatique faisant appel à des immunsérums de lapin permet également de mettre en évidence Flavobacterium branchiophilum dans des préparations de branchies broyées et traitées aux ultra sons.
Traitement et prophylaxie
La mortalité résultant d’asphyxie, il semble important d’assurer une bonne oxygénation de l’eau. Le traitement fait appel à la chloramine T, aux ammoniums quaternaires et parfois aux antibiotiques (mais il est très difficile d’évaluer, in vitro, la sensibilité du germe). Le meilleur moyen de traitement consiste à placer les poissons durant 1 à 2 minutes dans une eau contenant 1 à 5 p. cent de NaCl ce qui permet d’éliminer les bactéries. Une réponse immunitaire protectrice, due à la production d’anticorps locaux, a été mise en évidence. Toutefois, la réponse immunitaire semble de courte durée et les poissons peuvent être victimes de plusieurs épisodes consécutifs de maladie des branchies. Des essais de vaccination par immersion dans une eau contenant des bactéries tuées par l’acétone (trois vaccinations à six semaines d’intervalle) a donné des résultats encourageants chez des truites de 50 grammes.
Orientation bibliographique
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