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Créé le 15 décembre 1999
FRANCISELLA, FRANCISELLA NOVICIDA, FRANCISELLA TULARENSIS
Autres dénominations :
Voir aussi les fichiers : ¤ "Francisella noatunensis", ¤ "Francisella philomiragia" et ¤ "Thiotrichales, Francisellaceae, Piscirickettsiaceae".
Systématique
Durant de nombreuses années, la position taxonomique du genre Francisella a été incertaine. En effet, en raison d'un pouvoir pathogène important, peu de travaux ont été consacrés à la classification de ces bactéries. Les études d'hybridation ADN-ADN et la valeur du G + C p. cent révèlent que le genre Francisella n'est apparenté ni au genre Brucella ni au genre Escherichia ni au genre Pasteurella ni au genre Yersinia. L’étude des séquences des ARNr 16S montre que les Francisella spp. appartiennent à la classe des ¤ Gammaproteobacteria .
La deuxième édition du Bergey's Manual of Systematic Bacteriology place le genre Francisella dans la familles des ¤ Francisellaceae (ordre des ¤ Thiotrichales, classe des ¤ Gammaproteobacteria, phylum ou division des ¤ "Proteobacteria", domaine ou empire des "Bacteria" ou des "Eubacteria").
Les Approved Lists of Bacterial Names citent le genre Francisella et les espèces Francisella novicida et Francisella tularensis.
Sur la base du pouvoir pathogène et de l'habitat, Olfsujev et al. reconnaissaient l'existence de deux biovars (ou variétés) au sein de l'espèce Francisella tularensis, Francisella tularensis biovar Tularensis (ou biovar Nearctica) et Francisella tularensis biovar Holarctica (ou Palaeartica). Les travaux de Jellison et al. confirment l'existence de ces deux biovars mais, ces auteurs les désignent sous les noms de Francisella tularensis type A (pour Francisella tularensis biovar Tularensis) et de Francisella tularensis type B (pour Francisella tularensis biovar Holarctica). Ultérieurement, Aikimbaev a décrit un troisième biovar, Francisella tularensis biovar Mediasiatica.
En 1989, à la suite de travaux portant sur les caractères biochimiques, sur la composition des acides gras et sur les homologies ADN-ADN, Hollis et al. transfèrent Yersinia philomiragia dans le genre Francisella avec la dénomination de ¤ Francisella philomiragia.
Toutes les espèces du genre Francisella, ainsi que Wolbachia persica et deux bactéries endosymbiontes des tiques, se caractérisent par la présence de neuf séquences signatures (voir le fichier ¤ "Thiotrichales, Francisellaceae, Piscirickettsiaceae").
Caractères bactériologiques (Francisella novicida, Francisella tularensis)
Les Francisella spp. (autres que ¤ Francisella philomiragia) sont des coccobacilles à Gram négatif, de 0,2 à 1,7 mm de longueur sur 0,2 à 0,7 mm de diamètre (Francisella tularensis mesure 0,2-0,7 X 0,2 µm et Francisella novicida 1,7 X 0,7 µm), immobiles, non sporulés, aérobies strictes (mais la culture est favorisée par une incubation dans une atmosphère micro-aérophile), faiblement catalase positive, oxydase négative, nitrate réductase négative, acidifiant lentement et faiblement les sucres sans production de gaz, ne produisant pas d'hydrogène sulfuré en milieu TSI (Triple Sugar Iron), produisant de l'hydrogène sulfuré dans les milieux enrichis en cystéine, uréase négative, indole négative, n'hydrolysant pas la gélatine.
Francisella novicida est sensible à l'érythromycine, elle acidifie le glucose, le glycérol, parfois le maltose et elle est citrulline-uréidase positive (capable de convertir la L-citrulline en ornithine). Contrairement à Francisella tularensis, cette espèce acidifie le saccharose. Les souches de Francisella tularensis subsp. tularensis sont sensibles à l'érythromycine, aux autres macrolides et à la lincomycine. Elles acidifient le glucose, le glycérol, le maltose, mais pas le saccharose et elles sont citrulline-uréidase positive.
Les souches de Francisella tularensis subsp. holarctica acidifient le glucose et le maltose mais pas le saccharose et elles sont citrulline-uréidase négatives. Les souches de Francisella tularensis subsp. holarctica se répartissent en trois biovars.
Les souches de Francisella tularensis subsp. mediasiatica sont sensibles à l'érythromycine, elles acidifient le glycérol mais pas (ou très faiblement) le glucose et le maltose et elles sont citrulline-uréidase positive. Les principaux caractères permettant de différencier les espèces et sous-espèces du genre Francisella figurent dans le tableau I.
La culture est difficile et la présence de cystéine ou de cystine est indispensable pour la croissance de Francisella tularensis (à l'exception de quelques souches) et elle favorise la croissance de Francisella novicida. L'étude du génome de Francisella tularensis subsp. tularensis montre que plus de 10 p. cent des gènes contiennent des insertion ou présentent des délétions ou des substitutions. Ces "anomalies" génétiques sont à l'origine d'un mauvais fonctionnement de certaines voies métaboliques ce qui explique que la culture des Francisella spp. est toujours lente et difficile.
Certaines souches de Francisella tularensis ou de Francisella spp. sont atypiques :
Habitat et pouvoir pathogène (Francisella novicida, Francisella tularensis)
Francisella novicida L'habitat et le pouvoir pathogène de Francisella novicida sont mal connus. La première souche de Francisella novicida a été isolée d'un prélèvement d'eau effectué en 1951 dans l'Utah. Jusqu'à l'année 1989, cette souche était l'unique représentant de l'espèce. En 1989, Hollis et al. rapportent l'isolement de deux souches de Francisella novicida à partir de prélèvements d'origine humaine. Une souche a été isolée des nœuds lymphatiques chez un sujet préalablement en bonne santé et présentant une infection comparable à la tularémie ulcéro-ganglionnaire (Cf. infra) et une souche a été isolée du sang chez un individu âgé et alcoolique présentant une infection comparable à la forme typhoïde de la tularémie (Cf. infra). Francisella tularensis
Francisella tularensis a été isolée pour la première fois en 1912, dans le conté de Tulare (Californie), à partir de rongeurs présentant des signes cliniques évoquant la peste.
La distribution géographique et le pouvoir pathogène sont variables selon la sous-espèce :
En France, la tularémie est due à Francisella tularensis subsp. holarctica. Elle sévit régulièrement dans les départements suivants : Doubs, Isère, Marne, Aube, Loir et Cher, Indre et Loire, Vienne et Dordogne. D’autres départements sont toutefois irrégulièrement infectés : Haute Saône, Jura, Ain, Hautes Alpes, Alpes de Haute Provence, Vaucluse, Sarthe, Loiret, Charente, Charente Maritime, Creuse, Allier, Gers... En revanche, la Bretagne, les Landes, les Pyrénées, le Bassin méditerranéen, les Alpes et la Corse semblent indemnes de tularémie.
La contamination de l'homme et des animaux peut s’effectuer, de manière directe ou indirecte, par de nombreuses voies : voie cutanée ou muqueuse (Francisella tularensis traverse la peau ou les muqueuses saines et la simple manipulation des cadavres d'animaux morts ou à plus forte raison leur dépeçage sont une source majeure de contamination de l'homme), aérosols, ingestion de viande d’animaux contaminés, ingestion d’eau, piqûres de tiques (les tiques infectées [Amblyomma, Dermacentor, Haemaphysalis, Ixodes, Ornithodoros] transmettent le germe à leur descendance et sont capables d’entretenir l’infection de façon pérenne), piqûres d'autres arthropodes (taons, moustiques...), morsures ou griffures de chat...
Les rongeurs et les lièvres contaminés présentent soit des septicémies mortelles en 2 à 3 jours soit des formes subaiguës accompagnées d’une asthénie intense et mortelle en une semaine. A l’autopsie, les organes sont congestionnés, la rate présente une augmentation de taille (rate allongée en cigare) et des micro-abcès sont souvent visibles sur de nombreux organes et notamment sur la rate.
Chez le chat, l'infection a une traduction clinique variable : formes inapparentes révélées uniquement par sérologie, septicémie mortelle ou infection subaiguë. Dans ce dernier cas, on note de la fièvre, de l’anorexie, une indifférence, des adénites localisées aux pharynx, à la région cervicale et à l’intestin ou une adénite généralisée, des ulcérations de la langue ou de la muqueuse buccale, une splénomégalie, une hépatomégalie et parfois un ictère. A l’autopsie, de nombreux foyers de nécrose d’une taille de 1 à 4 mm et de couleur grisâtre sont visibles sur le foie, la rate et les poumons. L’examen nécropsique révèle également des lésions d’entérocolite caractérisées par des hémorragies, des foyers de nécrose et des ulcérations de la muqueuse de l’intestin. Les ulcérations sont particulièrement visibles sur les plaques de Peyer.
La tularémie est peu documentée chez le chien et cette espèce semble relativement résistante à l'infection. Après un à trois jours d'incubation apparaît de la fièvre, un écoulement nasal et oculaire et une nécrose des amygdales. Expérimentalement, on observe de la fièvre, un écoulement nasal et oculaire, une abcédation au point d’injection et un érythème vésiculopapuleux. L’évolution est favorable même en l’absence de traitement. Le cheval infecté présente de la fièvre, de l’asthénie, une boiterie et un œdème des membres. Les bovins semblent résistants par contre, l’infection des ovins conduit à de la fièvre, à une asthénie, à une diarrhée et à des difficultés respiratoires. Le porc adulte est atteint de formes inapparentes mais le porcelet contaminé présente de la fièvre, une asthénie et une dyspnée. Les primates de jardins zoologiques ou de laboratoires peuvent développer des formes comparables à la forme typhoïde de l’homme (Cf. infra) et présenter des complications pulmonaires. Le taux de mortalité peut atteindre 20 à 25 p. cent en dépit du traitement. A l'autopsie, on note des foyers de nécrose hépatique, une inflammation de la rate, des lésions de néphrite interstitielle, des adénites, des lésions nécrotiques du jéjunum et des lésions pulmonaires. Les oiseaux et les poissons sont insensibles.
En France, l’homme se contamine principalement au contact de lièvres ou des petits rongeurs. La simple manipulation d’un animal malade ou mort suffit à provoquer une infection et explique que la fréquence de la tularémie est plus élevée parmi les chasseurs, les gardes-chasses, les forestiers et les agriculteurs. La contamination par voie orale a été décrite chez des cuisinières voulant vérifier (avant cuisson) la qualité de leurs marinades et chez des enfants portant leurs doigts à la bouche. Par contre, l’ingestion de viande cuite n’est pas à l’origine de tularémie car Francisella tularensis est détruit en 10 minutes à des températures de 55 - 60 °C. La contamination par piqûres de taons et surtout de tiques est fréquente aux USA mais elle existe également en France. D’autres voies de contamination sont possibles : morsures ou griffures de chat, ingestion d'eau, inhalation de poussières produites par la manipulation de foin ou de graines contaminés...
Utilisation de Francisella tularensis comme arme biologique
Compte tenu de sa pathogénicité, Francisella tularensis est une des bactéries pouvant être utilisée lors d'actes de malveillance, de terrorisme ou de guerre bactériologique. Des études, concernant son utilisation dans le domaine militaire, ont été effectuées par les japonais, les américains, les soviétiques et, peut-être, par d'autres pays. Aux Etats Unis et en Union Soviétique les chercheurs ont développé des souches résistantes au chloramphénicol, à la tétracycline et à la streptomycine. Plusieurs dizaines de milliers de cas de tularémie ont été observés durant la deuxième guerre mondiale chez des soldats allemands et russes ce qui a conduit à formuler l'hypothèse d'une utilisation intentionnelle de cette bactérie. Il faut toutefois remarquer qu'une recrudescence de la tularémie est observée lors de nombreuses guerres sans doute en raison de mauvaises conditions d'hygiène. Ainsi, lors des guerres civiles en Bosnie et au Kosovo, une augmentation de l'incidence de la tularémie a été observée alors que l'utilisation du germe en tant qu'arme biologique n'a jamais été évoquée. Francisella tularensis n'est pas concernée par le plan Biotox. Toutefois, selon l'Institut de Veille Sanitaire ou les Centers for Disease Control and Prevention (CDC), Francisella tularensis et notamment la sous-espèce Francisella tularensis subsp. tularensis pourrait être utilisée comme arme biologique. La dissémination par aérosol serait le scénario le plus probable car elle permet d’obtenir un nombre maximum de victimes. Un rapport de l’OMS estime que 50 kg de Francisella tularensis subsp. tularensis, répandus sur une zone urbaine de 5 millions d’habitants, pourraient entraîner 250 000 cas de maladie, avec présence de formes pleuro-pulmonaire et septiques, et 19 000 décès. En se basant sur ces données, les CDC ont estimé que le coût d'une attaque bioterroriste serait de 5,4 billions de dollars pour 100 000 personnes exposées.
Selon l'Institut de Veille Sanitaire (voir le fichier Guide pour l’investigation épidémiologique Tularémie), les scénarios pouvant faire évoquer une malveillance ou une attaque bioterroriste par Francisella tularensis en France sont les suivants :
Facteurs de pathogénicité (Francisella tularensis)
Les facteurs de pathogénicité sont très mal connus et de nombreuses énigmes subsistent. Ainsi, la tularémie peut être contractée par ingestion d'eau contaminée mais aucune invasine n'a été identifiée et les mécanismes qui permettent à la bactérie d'envahir l'organisme à partir de l'intestin sont inconnus.
. In vitro, Francisella tularensis, est une bactérie intracellulaire facultative mais in vivo elle est souvent considérée comme une bactérie intracellulaire stricte.
Diagnostic bactériologique et sérologique (Francisella tularensis)
La manipulation de prélèvements infectés ou de cultures représente un risque important pour le personnel et elle ne peut se réaliser que dans des laboratoires spécialement équipés (Francisella tularensis subsp. tularensis présente un niveau de risque 3 et Francisella tularensis subsp. holarctica un niveau de risque 2 (voir le fichier ¤ "Classification des bactéries en fonction du risque d'infection pour l'homme"). Les laboratoires non spécialisés doivent refuser les prélèvements venant d'animaux ou d'êtres humains suspects de tularémie. La coloration de Gram, effectuée sur des calques ou des frottis d’organes, a peu de valeur car le germe se colore difficilement et il se distingue mal du fond de la préparation. L'immunofluorescence directe, pratiquée sur des calques ou des frottis d’organes ou des coupes histologiques, révèle la présence de multiples bactéries. Toutefois, seuls quelques laboratoires disposent des anticorps marqués.
L’isolement de Francisella tularensis conduit à un diagnostic de certitude mais il est difficile. Chez l'homme, les lésions cutanées récentes, les nœuds lymphatiques non suppurés, les crachats et, éventuellement, le sang permettent l’isolement. Chez l'animal, le meilleur prélèvement est la rate mais on peut également prélever le foie ou les poumons. Ces prélèvements doivent être effectués très rapidement après la mort soit dans un laboratoire spécialisé soit dans un lieu facile à désinfecter et par un opérateur protégé par de doubles gants, un masque et des lunettes.
En l’absence d’isolement ou pour éviter les risques de contamination accidentelle, le diagnostic fait souvent appel à la sérologie. L'agglutination sur lame ou en tubes utilise une suspension bactérienne inactivée par le formol commercialisée par Difco-Becton-Dickinson. En France, le Centre National de Référence de Francisella tularensis a décidé du stockage d'une quantité d'antigène suffisante pour pouvoir répondre à une centaine de demandes dans un éventuel contexte épidémiologique ou pour pallier une déficience de l'unique fournisseur commercial d'antigène utilisable pour le sérodiagnostic.
Chez l'homme, les anticorps agglutinants apparaissent en une dizaine de jours, ils atteignent un titre maximal de 100 à 2000 en 1 à 2 mois et ils peuvent persister plus de 10 ans. Un titre supérieur à 160 donne une présomption mais, un diagnostic de certitude nécessite la mise en évidence d’une séroconversion avec un titre multiplié par 4. Des réactions croisées sont observées entre Francisella tularensis et ¤ Francisella philomiragia ou Francisella novicida. Comme ces deux dernières espèces sont susceptibles de donner des tableaux cliniques comparables à celui de la tularémie, ces réactions croisées ne sont pas vraiment gênantes. En revanche, les réactions croisées observées avec Brucella, Yersinia enterocolitica et ¤ Proteus vulgaris OX19 compliquent l'interprétation du diagnostic et peuvent nécessiter la réalisation d'examens sérologiques vis-à-vis de ces diverses bactéries. Une technique de micro-agglutination permet un diagnostic plus précoce et plus spécifique (absence de réaction croisée avec les brucelles) mais les réactifs ne sont pas commercialisés.
L'intradermo-réaction utilise de la tularine qui est un lysat bactérien chauffé une heure à 75 °C. L'injection intradermique de 0,1 mL de tularine (non commercialisée) conduit, chez les individus malades, à une réaction érythémateuse et œdémateuse qui apparaît en 12 à 20 heures et qui atteint un maximum en 48 heures.
Des techniques de diagnostic plus modernes telles que l’utilisation de sondes, l’immuno-électromicroscopie ou des tests PCR (amplification de gènes codant pour des protéines ou pour une lipoprotéine de membrane externe) ont été proposées.
Sensibilité aux antibiotiques (Francisella tularensis)
Compte tenu de la faible croissance de Francisella tularensis, la réalisation d'un antibiogramme nécessite l'utilisation de milieux particuliers. Vaissaire et al. (1997) ont validé une technique de diffusion en gélose faisant appel à un milieu de Mueller-Hinton additionné de 10 p. cent de sang cuit de cheval et de Polyvitex. Les résultats obtenus par ces auteurs (68 souches appartenant certainement au biovar I de la sous-espèce Francisella tularensis subsp. holarctica) révèlent un spectre de sensibilité remarquablement identique pour toutes les souches : résistance vis-à-vis de la pénicilline G, de l'amoxicilline, de la céphalosporine, de la céfalotine, de la vancomycine, du triméthoprime et de la bacitracine ; sensibilité vis-à-vis de la streptomycine, de la kanamycine, de la gentamicine, du chloramphénicol, de la tétracycline, de la minocycline, de l'érythromycine (à l'exception des souches de Francisella tularensis subsp. holarctica biovar II), de la spiramycine (la sensibilité à cet antibiotique est parfois intermédiaire), des streptogramines, de la virginiamycine, des furanes et de la fluméquine.
Chez l’homme, le traitement faisait classiquement appel à la streptomycine (97 p. cent de guérison) ou à la gentamicine (86 p. cent de guérison, 6 p. cent de rechute). Les tétracyclines (88 p. cent de guérison, 12 p. cent de rechute) ou le chloramphénicol (77 p. cent de guérison, 21 p. cent de rechute) sont une alternative possible.
Prophylaxie (Francisella tularensis)
En France, la tularémie n'est plus une maladie légalement réputée contagieuse, mais tout docteur en médecine ou tout biologiste responsable d'un laboratoire, ayant connaissance d'un cas, doit le signaler sans délai au médecin inspecteur de santé publique (MISP) de la DDASS concernée, par téléphone ou par télécopie ou tout autre moyen jugé pertinent (Circulaire DGS/SD 5 n° 2002-492 du 20 septembre 2002). La prophylaxie n'est pas réglementée. Celle-ci est avant tout d’ordre sanitaire : information des gardes-chasses, des chasseurs et des forestiers, destruction des cadavres, manipulation des cadavres de rongeurs et de lagomorphes avec des gants, interdiction de la consommation des lagomorphes en cas d’épizooties, précautions lors de l'examen d'un animal, tel que le chat, suspect de tularémie (une enquête effectuée dans une zone d'endémie a montré que 14 p. cent des vétérinaires étaient séropositifs alors que dans le reste de la population, seul 1 p. cent des individus présentaient des anticorps)...
La prophylaxie médicale par vaccination n’est pas utilisée chez l’animal mais elle est utilisée chez l’homme. Seules les souches vivantes atténuées, stimulant à la fois une réponse immunitaire à médiation humorale et surtout à médiation cellulaire, sont susceptibles d’avoir un pouvoir protecteur. De tels vaccins ont été utilisés à partir de 1946 en URSS. À partir de souches vaccinales utilisées en URSS, il a été possible d'obtenir d'autres souches immunogènes et possédant un pouvoir protecteur (souche LVS = Live Vaccine Strain, souche 15/10). L’utilisation par scarification ou par inhalation de la souche LVS donne des résultats prometteurs mais la protection n’est pas complète. Ce vaccin pose encore de nombreux problèmes (le mécanisme de l’atténuation est inconnu et, lors de la multiplication de la souche, de nombreuses cellules perdent leur pouvoir immunogène) et il n’est pas commercialisé.
Orientation bibliographique
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Ministère de la Santé :
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Quelques milieux utilisés pour la culture de Francisella tularensis :
D'après :
. Milieu de Francis :
. Milieu de McCoy et Chapin :
. Milieu glucose-cystéine-peptone :
Gélose BCYE (Buffer Charcoal Yeast Extract) :
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