J.P. Euzéby : Dictionnaire de Bactériologie Vétérinaire

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Dernière mise à jour le 27 décembre 2002

 

Fichier rédigé par V. Guérin-Faublée (Ecole Nationale Vétérinaire de Lyon) et J.P. Euzéby (Ecole Nationale Vétérinaire de Toulouse).

 

 

Flores normales et pathologiques du chien

 

 

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Introduction

I - Bactéries isolées chez les animaux sains
Appareil respiratoire
Appareil digestif
Appareil génito-urinaire
Peau
Œil

II - Bactéries associées à des infections
Infections cutanées
Infections des plaies, abcès
Infections auriculaires
Infections de l'appareil respiratoire
Infections de l'appareil urinaire
Infections de l'appareil digestif
Ostéomyélites
Arthrites
Infections de l'appareil génital
Infections néonatales
Mammites
Infections oculaires
Endocardites
Septicémies, bactériémies
Infections du système nerveux central
Autres bactéries responsables d'infections

 

Introduction

Ce fichier a été conçu pour faciliter le diagnostic, effectué par les laboratoires d'analyses médicales, des principales infections bactériennes du chien. Il est divisé en deux grandes parties, l'une consacrée aux espèces bactériennes isolées d'animaux sains et l'autre aux bactéries isolées dans les différents types d'infections.

Il est relativement difficile d'établir une liste des bactéries isolées dans les différents types d'infections car la preuve du rôle étiologique de l'espèce bactérienne citée n'est le plus souvent pas démontré. Les espèces mentionnées en gras sont celles auxquelles il est attribué un rôle majeur dans les processus infectieux de part la fréquence de leur isolement et/ou de leur caractère virulent.

Pour faciliter l'interprétation du résultat de l'examen bactériologique, des notes complètent éventuellement les listes.

Le lecteur doit être conscient du caractère imparfait de ce fichier. En particulier, il est le plus souvent impossible de vérifier l'exactitude de l'identification mentionnée dans la littérature et les bactéries anaérobies ne sont que rarement recherchées.

 

 

BACTÉRIES ISOLÉES CHEZ LES ANIMAUX SAINS

 

Appareil respiratoire

 

Cavités nasales

Bactéries aérobies ou aéro-anaérobies : staphylocoques à coagulase négative, Micrococcus sensu lato, streptocoques alpha hémolytiques, streptocoques non hémolytiques, Enterococcus sp., Neisseria sp. (dont Neisseria weaveri), Moraxella sp. (dont Moraxella canis), Acinetobacter sp., Alcaligenes sp., Pasteurella canis, Pasteurella multocida subsp. multocida, Pasteurella multocida subsp. septica, Pasteurella dagmatis, Pasteurella stomatis, Neisseria animaloris, Neisseria zoodegmatis, Escherichia coli, Klebsiella sp., Enterobacter sp., Proteus sp., bactéries corynéformes, Bacillus sp., Bordetella bronchiseptica, staphylocoques à coagulase positive (Staphylococcus intermedius, Staphylococcus aureus subsp. aureus), Pseudomonas sp., Flavobacterium sensu lato, streptocoques bêta hémolytiques (Streptococcus canis), Capnocytophaga canimorsus, Capnocytophaga cynodegmi, Mycoplasma sp., Ureaplasma sp.

Bactéries anaérobies : Clostridium sp., Propionibacterium sp., Fusobacterium sp., Bacteroides sensu lato, Actinomyces sp.

Trachée

Staphylocoques à coagulase négative, streptocoques alpha hémolytiques, streptocoques non hémolytiques, Enterococcus sp., Pasteurella sp., staphylocoques à coagulase positive, Bordetella bronchiseptica, Klebsiella sp., Enterobacter sp., Moraxella sp., Acinetobacter sp., bactéries corynéformes, Mycoplasma sp.

 

Appareil digestif

 

Cavité buccale

Bactéries aérobies ou aéro-anaérobies : streptocoques alpha hémolytiques, streptocoques non hémolytiques, Enterococcus sp., staphylocoques à coagulase négative, Micrococcus sensu lato, Neisseria sp. (dont Neisseria weaveri), Moraxella sp. (dont Moraxella canis), Acinetobacter sp., Alcaligenes sp., Pasteurella canis, Pasteurella multocida subsp. multocida, Pasteurella multocida subsp. septica, Pasteurella dagmatis, Pasteurella stomatis, Neisseria animaloris, Neisseria zoodegmatis, Escherichia coli, Enterobacter sp., Bacillus sp., streptocoques bêta hémolytiques (Streptococcus canis), Klebsiella pneumoniae, Proteus sp., Pseudomonas sp., bactéries corynéformes, staphylocoques à coagulase positive, Capnocytophaga canimorsus, Capnocytophaga cynodegmi, Bergeyella zoohelcum, Actinobacillus actinomycetemcomitans, Mycoplasma sp.

Bactéries anaérobies : Clostridium sp., Bacteroides sensu lato, Fusobacterium sp., Propionibacterium sp., Peptostreptococcus sensu lato, Lactobacillus sp., Actinomyces sp. (Actinomyces bovis, Actinomyces meyeri, Actinomyces odontolyticus, Actinomyces viscosus, Actinomyces hordeovulneris), Bifidobacterium sp., Eubacterium sp., Veillonella sp., spirochètes.

Intestin

D'après Benno Y. et al. .1992. J. Vet. Med. Sci. 54: 703-706, et par ordre de concentrations décroissantes :

Bactéries anaérobies : Bacteroidaceae, Peptostreptococcus sensu lato, Eubacterium sp., bactéries spiralées, bactéries incurvées, Clostridium sp. lécithinase moins, Bifidobacterium sp., Lactobacillus sp., Clostridium perfringens, Veillonella sp., Megasphaera sp.

Bactéries aérobies ou aéro-anaérobies : Streptococcus sp. et Enterococcus sp., Enterobacteriaceae (Escherichia coli, Klebsiella sp., Enterobacter sp., Proteus sp.), Staphylococcus sp. et Micrococcus sensu lato, Pseudomonas sp., Bacillus sp., bactéries corynéformes.

Est rapporté le portage possible de Helicobacter sp., Campylobacter sp. (Campylobacter jejuni subsp. jejuni, Campylobacter upsaliensis, Campylobacter helveticus, Campylobacter lari), Clostridium difficile.

 

Appareil génito-urinaire

 

Vagin, vestibule, fosse clitoridienne

Bactéries aérobies ou aéro-anaérobies : Escherichia coli, streptocoques alpha hémolytiques, streptocoques non hémolytiques, streptocoques bêta hémolytiques (Streptococcus canis, streptocoques des groupes C et L), Pasteurella sp., staphylocoques à coagulase négative, Micrococcus sensu lato, Staphylococcus intermedius, Staphylococcus aureus subsp. aureus, Enterococcus sp., Bacillus sp., Proteus sp., bactéries corynéformes, Acinetobacter sp., Alcaligenes sp., Neisseria sp., Moraxella sp., Enterobacter sp., Klebsiella sp., Pseudomonas sp., Flavobacterium sensu lato, Haemophilus haemoglobinophilus, Mycoplasma sp., Ureaplasma sp.

Bactéries anaérobies : Lactobacillus sp., Bacteroides sensu lato, Peptostreptococcus sensu lato, Clostridium sp.

Le nombre de bactéries augmente pendant l'œstrus. Certains auteurs ont rapporté la présence de bactéries provenant du vagin dans l'utérus lors du proœstrus et de l'œstrus.

Urètre mâle, prépuce, sperme

Staphylococcus intermedius, staphylocoques à coagulase négative, Escherichia coli, bactéries corynéformes, streptocoques bêta hémolytiques (Streptococcus canis, streptocoques du groupe C), streptocoques alpha hémolytiques, streptocoques non hémolytiques, Enterococcus sp., Micrococcus sensu lato, Klebsiella sp., Proteus sp., Acinetobacter sp., Moraxella sp., Pseudomonas sp., Flavobacterium sensu lato, Pasteurella sp., Bacillus sp., Haemophilus haemoglobinophilus, Mycoplasma sp., Ureaplasma sp.

 

Peau

 

Pas d'études sur la flore cutanée dans son ensemble à notre connaissance.

Flore résidente : staphylocoques à coagulase négative, streptocoques alpha hémolytiques, Micrococcus sensu lato, streptocoques bêta hémolytiques (Streptococcus canis, streptocoques des groupes C et L), Corynebacterium auriscanis, Corynebacterium sp., Propionibacterium sp., Acinetobacter sp.

Flore transitoire : Staphylococcus intermedius, Staphylococcus aureus subsp. aureus, Enterococcus sp., Proteus sp., Enterobacter sp., Klebsiella sp., Escherichia coli, Clostridium sp., Pasteurella sp., Pseudomonas sp., Bacillus sp.

 

Œil

 

Staphylocoques à coagulase négative, streptocoques alpha hémolytiques, streptocoques non hémolytiques, Enterococcus sp., bactéries corynéformes, Neisseria sp., Moraxella sp., staphylocoques à coagulase positive (Staphylococcus intermedius, Staphylococcus aureus subsp. aureus), streptocoques bêta hémolytiques, Escherichia coli, Klebsiella sp., Pseudomonas sp., Bacillus sp., Clostridium sp., Mycoplasma sp.

 

 

BACTÉRIES ASSOCIÉES À DES INFECTIONS

 

Infections cutanées

 

Staphylococcus intermedius, Staphylococcus aureus subsp. aureus, Streptococcus canis, streptocoques du groupe C, Pseudomonas aeruginosa, Enterobacteriaceae* (dont Escherichia coli, Proteus sp.), Enterococcus sp.*, staphylocoques à coagulase négative*, mycobactéries atypiques, Corynebacterium auriscanis.

Plus de 90% des pyodermites bactériennes du chien sont dues à Staphylococcus intermedius, une espèce présente aussi sur la peau de chiens sains. Son isolement à l'état pur et la mise en évidence à l'examen direct de cocci à Gram positif dans le cytoplasme des granulocytes neutrophiles permet d'établir le diagnostic étiologique. Lorsque Staphylococcus intermedius est associé à une ou plusieurs autres espèces mentionnées dans la liste ci-dessus, le rôle de l'espèce (ou des espèces) associée(s) est controversé, plus particulièrement pour celles marquées d'un astérisque. L'isolement de plus de trois espèces différentes sans une nette prédominance de Staphylococcus intermedius ne permet pas l'interprétation du résultat.

 

Infections des plaies, abcès

 

Staphylococcus intermedius, Staphylococcus aureus subsp. aureus, Streptococcus canis, streptocoques du groupe C, Pseudomonas aeruginosa, Pasteurella spp., Neisseria animaloris, Neisseria zoodegmatis, bactéries anaérobies (Clostridium sp., Bacteroides sensu lato), Actinomyces viscosus, Actinomyces hordeovulneris, Nocardia asteroides.

 

Infections auriculaires

 

Infections du conduit auditif externe

Staphylococcus intermedius, Staphylococcus aureus subsp. aureus, Staphylococcus schleiferi subsp. coagulans, Pseudomonas aeruginosa, streptocoques bêta hémolytiques (dont Streptococcus canis), Proteus sp. (dont Proteus mirabilis), Arcanobacterium pyogenes, Corynebacterium auriscanis, bactéries anaérobies (Clostridium perfringens) (rarement recherchées).

La réalisation d'un prélèvement de bonne qualité est difficile lors d'infection du conduit auditif externe et peut nécessiter une anesthésie générale. L'interprétation du résultat pose de nombreux problèmes car les isolements sont presque toujours polymicrobiens et le pouvoir pathogène des espèces citées ci-dessus n'est pas clairement établi. Certains considèrent que Pseudomonas aeruginosa et Proteus mirabilis ne sont pas présents dans le conduit auditif externe du chien sain. Le rôle étiologique des staphylocoques à coagulase négative, des streptocoques alpha hémolytiques, des entérocoques et d'Escherichia coli est encore plus discutable.

Otites moyennes, otites internes

Mêmes espèces que dans les infections du conduit auditif externe, en particulier : Staphylococcus intermedius, Pseudomonas aeruginosa, streptocoques bêta hémolytiques, Proteus sp., bactéries anaérobies.

 

Infections de l'appareil respiratoire

 

Escherichia coli, Pasteurella multocida subsp. multocida, streptocoques bêta hémolytiques (Streptococcus canis, Streptococcus equi subsp. zooepidemicus), Bordetella bronchiseptica (un des agents du syndrome "toux de chenil" chez le jeune animal), Klebsiella pneumoniae subsp. pneumoniae, staphylocoques à coagulase positive (Staphylococcus intermedius, Staphylococcus aureus subsp. aureus), Mycobacterium tuberculosis, Mycobacterium bovis, Mycobacterium avium subsp. avium (très rare ; le plus souvent adénite isolée), Neisseria animaloris, Neisseria zoodegmatis, Pseudomonas sp., Enterobacter sp.

A l'exception notable de la tuberculose, l'interprétation du résultat de l'examen bactériologique est toujours difficile car on isole souvent plusieurs germes présents normalement dans les flores de l'appareil respiratoire. Le diagnostic biologique d'une infection bactérienne reposera sur, à l'examen cytologique, une cellularité élevée avec un afflux de granulocytes neutrophiles et sur, à l'examen bactériologique, l'isolement d'une espèce bactérienne à l'état pur ou de 2-3 espèces avec une nette prédominance de l'une d'entre elles.

Cytologie normale du LBA du chien (Cadoré, communication personnelle)

Cellularité inférieure ou égale à 500 cellules par mm3

Macrophages 70 ± 11 %

Lymphocytes 7 ± 5 %

Granulocytes neutrophiles 5 ± 5 %

Granulocytes éosinophiles 6 ± 5 %

Pleurésies, pyothorax

Bactéries anaérobies (Bacteroides sensu lato, Fusobacterium sp.), Mycobacterium tuberculosis, Mycobacterium bovis, Pasteurella sp., Neisseria animaloris, Neisseria zoodegmatis, Actinomyces sp. (Actinomyces viscosus, Actinomyces hordeovulneris), Nocardia asteroides.

 

Infections de l'appareil urinaire

 

Cystites

Proteus sp. (Proteus mirabilis), Escherichia coli, Staphylococcus intermedius, Staphylococcus aureus subsp. aureus, Enterobacter sp., Klebsiella pneumoniae subsp. pneumoniae, Streptococcus canis, Enterococcus sp., Pseudomonas aeruginosa, staphylocoques à coagulase négative, Corynebacterium urealyticum (rare), Corynebacterium renale/cystitidis (rare), Haemophilus haemoglobinophilus (rare).

Les prélèvements d'urine obtenus par miction volontaire ou vidange manuelle sont à rejeter. L'isolement de 3 ou plus espèces bactériennes fait considérer le prélèvement comme contaminé et l'examen doit être renouvelé. Les seuils de positivité retenus pour caractériser une infection dépendent du mode de prélèvement.

Interprétation des résultats des dénombrements bactériens (en UFC/mL) dans l'urine chez le chien (Cotard, communication personnelle)

Prélèvement

Absence d'infection

Résultat douteux

Infection

Cystocentèse

Inférieur à 100

100 à 1000

Supérieur à 1000

Cathétérisme urétral

Inférieur à 1000

1000 à 10000

Supérieur à 10000

 

Pour certains bactériologistes, le seuil de positivité pour des prélèvements obtenus par cystocentèse devrait être plus bas. L'examen cytologique complète de toutes façons l'examen bactériologique.

Néphrites

La leptospirose (Leptospira interrogans sensu lato) s'accompagne d'une néphrite. L'excrétion urinaire débute 10 à 12 jours après l'infection et est prolongée. C'est un élément du diagnostic de la leptospirose chez le chien. L'examen de l'urine doit être fait dans un délai de moins d'une heure après son prélèvement (conservation à l'obscurité). L'urine est neutralisée puis centrifugée et la limite entre le surnageant et le culot examiné au microscope à fond noir. Cela nécessite un bon microscope et un œil exercé. Ce test n'est qu'un test d'orientation qui devrait être confirmé par une culture. L'excrétion étant intermittente, l'examen doit être renouvelé.

L'infection par Brucella melitensis biovar Canis peut s'accompagner d'une néphrite.

Pyélonéphrites (rares)

Mêmes espèces que dans les cystites. Sont cités : Escherichia coli, Proteus sp., staphylocoques à coagulase positive, Klebsiella pneumoniae subsp. pneumoniae.

 

Infections de l'appareil digestif

 

Infections de la cavité buccale

Gingivites, parodontites

Bactéries anaérobies en association : Bacteroides sensu lato, Fusobacterium sp., Actinomyces sp. (Actinomyces odontolyticus, Actinomyces viscosus), Peptostreptococcus sensu lato, spirochètes ; Gemella palaticanis (?), Streptococcus sp. (?).

Amygdalites

Très mal documentées car la majorité des prélèvements est contaminée par la flore buccale et inexploitable (le prélèvement devrait être réalisé sous anesthésie générale ! ) ; staphylocoques à coagulase positive, streptocoques bêta hémolytiques.

Glossites

Syndrome actinomycosique : Actinomyces viscosus, Actinomyces bovis, Actinomyces hordeovulneris, Actinobacillus lignieresii.

Diarrhées

Salmonella choleraesuis subsp. choleraesuis, Escherichia coli, Campylobacter jejuni subsp. jejuni (jeunes animaux), Clostridium perfringens, Clostridium piliforme, Leptospira interrogans sensu lato (gastro-entérite hémorragique), Plesiomonas shigelloides, Mycobacterium tuberculosis, Mycobacterium bovis, Mycobacterium avium subsp. avium (très rare), Klebsiella sp., Proteus sp., Staphylococcus intermedius, Staphylococcus aureus subsp. aureus, Yersinia enterocolitica (très rare), Enterococcus durans (?).

La salmonellose est peu fréquente chez le chien. La tuberculose peut s'accompagner de lésions intestinales mais celles-ci ne sont pas isolées (lésions pulmonaires concomitantes). Des ETEC, des EPEC et des Escherichia coli CNF+ ont été caractérisés chez le chien mais, dans la pratique, il est difficile voire impossible d'attribuer un rôle étiologique à des colibacilles dans les diarrhées du chien. Des gastro-entérites hémorragiques seraient dues à la prolifération de souches de Clostridium perfringens entérotoxinogènes ou de toxinovar A.

Le "syndrome de prolifération bactérienne" chronique du grêle désigne une augmentation du nombre de bactéries dans l'intestin grêle proximal. Il se traduit en particulier par une diarrhée chronique et est soit primitif (chez le berger allemand), soit secondaire à un syndrome de malassimilation. Le diagnostic biologique ne fait pas appel à des examens bactériologiques mais à des analyses biochimiques (folates, vitamine B12).

Abcès hépatiques

Chez le chiot, consécutifs à une omphalite : staphylocoques à coagulase positive, Streptococcus sp., Escherichia coli.

Chez le chien adulte, consécutifs le plus souvent à une infection systémique : Escherichia coli, Salmonella choleraesuis subsp. choleraesuis, Clostridium sp.

Hépatites

Leptospira interrogans sensu lato, Clostridium piliforme.

Péritonites

Espèces bactériennes très variées souvent en association : bactéries anaérobies (Bacteroides sensu lato, Clostridium sp., Fusobacterium sp.), Enterobacteriaceae (Escherichia coli, ...), Mycobacterium tuberculosis, Mycobacterium bovis, Actinomyces sp.

 

Ostéomyélites

 

Staphylococcus intermedius, Staphylococcus aureus subsp. aureus, streptocoques bêta hémolytiques, Escherichia coli, Proteus sp., Pasteurella multocida subsp. multocida, Pseudomonas aeruginosa, Klebsiella sp., Enterobacter sp., bactéries anaérobies (Clostridium sp., Bacteroides sensu lato, Fusobacterium sp.), Mycobacterium tuberculosis (rare), Actinomyces sp. (Actinomyces bovis, Actinomyces viscosus, Actinomyces hordeovulneris) (rares), Actinobacillus lignieresii (rare).

La majeure partie des ostéomyélites du chien est secondaire à un traumatisme et le plus souvent les prélèvements sont polymicrobiens. Dans ce cadre, il faudrait rechercher les bactéries anaérobies systématiquement. Les ostéomyélites apparaissent aussi à la suite de l'extension de lésions de voisinage. Seules 3 à 7 % des ostéomyélites du chien ont une origine hématogène ; elles concernent alors plus particulièrement le jeune animal (Cf. septicémies, bactériémies).

Discospondylites

Leur origine est le plus souvent hématogène. Sont retrouvés : Staphylococcus intermedius, Staphylococcus aureus subsp. aureus, streptocoques bêta hémolytiques, Escherichia coli, Brucella melitensis biovar Canis. La mise en œuvre d'hémocultures répétées (car on a une bactériémie discontinue) est particulièrement conseillée pour le diagnostic.

 

Arthrites

 

Staphylococcus intermedius, Staphylococcus aureus subsp. aureus, Streptococcus canis, Escherichia coli, bactéries anaérobies, Pasteurella multocida subsp. multocida, Pseudomonas aeruginosa, Proteus sp., Nocardia asteroides, Actinomyces hordeovulneris, Brucella melitensis biovar Canis (rare), Brucella melitensis biovar Abortus (très rare), Brucella melitensis biovar Melitensis (très rare), Mycobacterium tuberculosis (très rare).

 

Infections de l'appareil génital

 

Vaginites

Les vaginites d'origine bactérienne ne s'accompagnent pas d'une augmentation du nombre de bactéries ; les bactéries isolées (Escherichia coli, streptocoques bêta hémolytiques, Staphylococcus intermedius, Pasteurella multocida subsp. multocida, Haemophilus haemoglobinophilus, Proteus sp., Enterococcus sp.) sont identiques à celles présentes dans le vagin de la chienne saine, sans prédominance d'une ou de deux espèces. L'examen bactériologique n'a donc pas d'intérêt.

Balanopostites

L'examen bactériologique ne présente pas d'intérêt car les prélèvements sont polymicrobiens et renferment des espèces appartenant à la flore normale.

Métrites, pyomètres

Escherichia coli, streptocoques bêta hémolytiques (Streptococcus canis), Staphylococcus intermedius, Pasteurella multocida subsp. multocida, Proteus sp., Klebsiella sp., Enterobacter sp., Pseudomonas sp., bactéries anaérobies (très rarement recherchées).

Orchites, épididymites

Brucella melitensis biovar Canis, Brucella melitensis biovar Abortus (infections le plus souvent inapparentes), Brucella melitensis biovar Melitensis (?), Brucella melitensis biovar Suis (?), staphylocoques à coagulase positive, Streptococcus sp., Escherichia coli.

Infertilité

Brucella melitensis biovar Canis, streptocoques bêta hémolytiques, Pasteurella multocida subsp. multocida, Escherichia coli, Staphylococcus intermedius, Proteus mirabilis, streptocoques alpha hémolytiques.

Lors d'infertilité, seule la recherche spécifique de Brucella melitensis biovar Canis présente un intérêt, chez le mâle comme chez la femelle. Les autres bactéries appartiennent à la flore de l'appareil génito-urinaire et leur mise en évidence dans un prélèvement vaginal chez la femelle ou prépucial chez le mâle n'apporte pas d'élément au diagnostic étiologique.

Avortements

Rares chez la chienne et mal documentés sauf lors d'infection par Brucella melitensis biovar Canis.

Brucella melitensis biovar Canis, Brucella melitensis biovar Abortus (infections le plus souvent inapparentes), Brucella melitensis biovar Melitensis (?), Brucella melitensis biovar Suis (?), Streptococcus canis, streptocoques bêta hémolytiques (streptocoques des groupes C et L), Escherichia coli, Salmonella choleraesuis subsp. choleraesuis (très rare), staphylocoques à coagulase positive, Pasteurella multocida, Proteus sp.

Le prélèvement de choix est constitué par des avortons ; ceux-ci doivent être acheminés dans les meilleurs délais au laboratoire sous couvert du froid car ils présentent une autolyse précoce et rapide. Les écouvillonnages du tiers antérieur du vagin doivent être réalisés très peu de temps après l'avortement ; on pourrait alors isoler le germe responsable à l'état pur. Ultérieurement, ces prélèvements seront polymicrobiens et leur intérêt aussi limité que dans le cas de diagnostic bactériologique de l'infertilité.

Prostatites

Escherichia coli, Pseudomonas aeruginosa, Proteus sp., staphylocoques à coagulase positive, Streptococcus sp., Brucella melitensis biovar Canis, bactéries anaérobies.

Du liquide prostatique peut être recueilli par masturbation ou par massage de la prostate et aspiration urétrale. L'interprétation de l'examen bactériologique est difficile s'il y a simultanément une infection du tractus urinaire bas. Une concentration bactérienne de 104 à 105 UFC/mL avec une dominance de bactéries à Gram positif est considérée comme normale. Sont considérées comme significatives d'une infection bactérienne :

- à partir d'un éjaculat, la présence de nombreux granulocytes neutrophiles et, soit une concentration de bactéries à Gram positif supérieure ou égale à 105 UFC/mL, soit une concentration de bactéries à Gram négatif supérieure ou égale à 104 UFC/mL.

- à partir d'un liquide de massage, la présence de granulocytes neutrophiles et une concentration bactérienne dans le liquide de post-massage supérieure à celle du liquide de pré-massage.

 

Infections néonatales

 

Streptocoques bêta hémolytiques (Streptococcus canis, Streptococcus agalactiae), Escherichia coli, Staphylococcus intermedius, Pasteurella multocida subsp. multocida, Bordetella bronchiseptica, Brucella melitensis biovar Canis, Haemophilus haemoglobinophilus, Proteus sp., Klebsiella pneumoniae subsp. pneumoniae.

Le diagnostic étiologique des infections bactériennes néonatales est difficile et les résultats du laboratoire d'interprétation délicate en raison de la présence de plusieurs germes dans la plupart des prélèvements. Les infections générales du nouveau-né sont contractées dans l'utérus (Cf. avortements) ou dans la cavité vaginale lors du part ; elles peuvent être la conséquence d'une omphalite (streptocoques bêta hémolytiques).

 

Mammites

 

Staphylococcus intermedius, Staphylococcus aureus subsp. aureus, streptocoques bêta hémolytiques, Pasteurella multocida subsp. multocida, Escherichia coli (?).

 

Infections oculaires

 

Conjonctivites

Staphylococcus intermedius, Staphylococcus aureus subsp. aureus, Streptococcus canis.

Les prélèvements étant le plus souvent polymicrobiens, l'interprétation de l'isolement de : Escherichia coli, staphylocoques à coagulase négative, Pseudomonas aeruginosa, streptocoques alpha hémolytiques, Proteus mirabilis est difficile.

Uvéites

Brucella melitensis biovar Canis

Des uvéites peuvent avoir une origine traumatique (Cf. infections des plaies, abcès).

 

Endocardites

 

Staphylococcus intermedius, Staphylococcus aureus subsp. aureus, Escherichia coli, streptocoques bêta hémolytiques, Erysipelothrix tonsillarum, Pseudomonas aeruginosa, Bartonella vinsonii subsp. berkhoffii, staphylocoques à coagulase négative (?), Enterococcus sp. (?).

 

Septicémies, bactériémies

 

Une septicémie ou une bactériémie est observée :

- dans les infections par Brucella melitensis biovar Canis, Brucella melitensis biovar Abortus, Brucella melitensis biovar Melitensis, Brucella melitensis biovar Suis ;

- dans l'infection par Leptospira interrogans sensu lato. La bactériémie est observée pendant les 7 premiers jours suivant l'infection. Les leptospires peuvent être recherchés dans le sang prélevé sur tube hépariné, à partir du culot de centrifugation du plasma ;

- lors d'endocardites ;

- lors de discospondylites.

Ont été isolés d'hémocultures chez le chien : staphylocoques à coagulase positive, Erysipelothrix tonsillarum, Escherichia coli, streptocoques bêta hémolytiques, Clostridium sp. (dont Clostridium perfringens), Salmonella choleraesuis subsp. choleraesuis, Bacteroides sensu lato, staphylocoques à coagulase négative, Klebsiella sp., Enterobacter sp., Proteus sp., Serratia marcescens, Pseudomonas sp., Streptococcus sp., Enterococcus sp., bactéries corynéformes, Bartonella elizabethae. L'absence très fréquente de répétition du prélèvement rend toute interprétation très délicate.

 

Infections du système nerveux central

 

Infections rares et très peu documentées : staphylocoques à coagulase positive, streptocoques bêta hémolytiques, Pasteurella multocida subsp. multocida, bactéries anaérobies, Nocardia asteroides.

La listériose n'est pas documentée chez le chien. Il est impératif de vérifier que le diagnostic de rage a été exclu avant de traiter le prélèvement.

Le liquide céphalo-rachidien de chiens sains contient moins de 5000 cellules par mL avec une prédominance de macrophages et de lymphocytes. Lors d'infection bactérienne, la cellularité augmente en raison d'un afflux de granulocytes neutrophiles.

 

Autres bactéries responsables d'infections

 

Clostridium tetani

Clostridium botulinum

Ehrlichia canis

Anaplasma platys

Mycoplasma haemocanis

Bacillus anthracis : formes loco-régionales plus fréquentes mais des formes digestives sont décrites.

Borrelia burgdorferi, Borrelia garinii, Borrelia afzelii : l'expression clinique de la maladie de Lyme (syndrome fébrile dans la phase aiguë puis arthrites et insuffisance rénale) est rare chez le chien.

Dermatophilus congolensis : rare chez le chien

Rhodococcus equi

Burkholderia pseudomallei

Francisella tularensis : infection le plus souvent inapparente ; des cas de tularémie sont rapportés en Amérique du Nord.

Yersinia pestis : quelques cas mal documentés rapportés aux Etats Unis ; la sensibilité du chien à cette bactérie semble faible.

Chlamydophila sp. : manifestations cliniques diverses (encéphalite, entérite, pneumonie, conjonctivite, avortement).

 

 

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