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Dernière mise à jour le 18 décembre 2000
GEMELLA
Autre dénomination :
Systématique
Le genre Gemella, avec une unique espèce (Gemella haemolysans) a été proposé par Berger en 1961 et cette nomenclature figure dans les Approved Lists of Bacterial Names. Pour Berger, le genre Gemella appartenait à la famille des ¤ Neisseriaceae et il était constitué par des coques à Gram négatif, aérobies, oxydase et catalase négatives. Par la suite, la composition en acides gras et en sucres, la structure de la paroi et la valeur du G + C p. cent ont révélé que ce genre n'appartient pas à la famille des ¤ Neisseriaceae. Actuellement, il est classé dans une famille incertae sedis de l'ordre des ¤ Bacillales.
Caractères bactériologiques
Le genre Gemella est constitué de coques souvent ovoïdes, de taille parfois irrégulière même pour une unique souche, immobiles, non sporulés, catalase négative, oxydase négative, se présentant de manière isolée ou groupés par 2 (sous forme de diplocoques accolés au niveau d'une surface plane) ou groupés par 4 ou, plus rarement, groupés en courtes chaînes ou en amas. Gemella bergeri, Gemella cuniculi, Gemella sanguinis et Gemella palaticanis sont des bactéries à Gram positif. En revanche, Gemella morbillorum et Gemella haemolysans se présentent sous la forme d'un mélange de coques ou de cocco-bacilles à Gram positif, à Gram négatif ou à Gram variable. Dans certains cas, ces bactéries peuvent apparaître comme étant à Gram négatif. Ce phénomène s'expliquerait par la structure de la paroi qui est celle d'une bactérie à Gram positif mais dont l'épaisseur est variable et toujours assez mince (environ 10 nm). Le type respiratoire est aéro-anaérobie mais Gemella haemolysans cultive mieux en aérobiose et Gemella morbillorum cultive mieux en anaérobiose (surtout à l'isolement).
Les résultats des études portant sur les caractères biochimiques sont difficiles à analyser car ils diffèrent selon les techniques utilisées (notamment, les résultats obtenus avec des galeries miniaturisées ne sont pas toujours semblables à ceux obtenus avec des techniques traditionnelles) et, pour une même technique, selon les auteurs.
Sur gélose au sang de mouton, les colonies obtenues après 48 heures d'incubation sont petites (diamètre maximal de 0,5 mm), circulaires, légèrement convexes, à contour régulier, brillantes ou opaques, lisses et parfois alpha-hémolytiques. L'incubation en présence de 10 p. cent de CO2 favorise la croissance de Gemella morbillorum et de Gemella haemolysans.
Habitat et pouvoir pathogène
A l'exception de Gemella palaticanis (dont l'unique souche a été isolée chez un chien) et de Gemella cuniculi (dont l'unique souche a été isolée du lapin), les espèces du genre Gemella sont considérées comme commensales de l'homme. Elles sont toutefois susceptibles de provoquer des infections (chocs septiques, endocardites, méningites, arthrites, pneumonies, abcès, ...), notamment chez les individus affaiblis. Barbier-Frebourg et al. (1998) rapportent l'isolement d'une souche de Gemella morbillorum d'un cas d'endocardite survenu chez un jeune adulte immunocompétent et les auteurs estiment que le pouvoir pathogène des Gemella sp. est probablement sous-estimé. Gemella palaticanis a été isolée, en association avec une pasteurelle, d'une vésicule présente sur le palais d'un Labrador. L'habitat et le pouvoir pathogène de cette bactérie sont inconnus mais, on peut remarquer que l'animal, âgé d'un an, présentait une inflammation modérée du palais, évoluant depuis plusieurs mois. Gemella cuniculi a été isolée, en association avec Fusobacterium necrophorum, Prevotella melaninogenica et une souche de Peptostreptococcus sp., d'un abcès sous-mandibulaire chez un lapin de compagnie. L'habitat et le pouvoir pathogène de cette bactérie sont inconnus.
Compte tenu de la difficulté du diagnostic (Cf. infra), il convient d'interpréter avec prudence les résultats faisant état de l'isolement des autres espèces du genre Gemella chez les animaux.
Diagnostic bactériologique
Le diagnostic bactériologique est difficile car le genre Gemella doit être distingué des autres représentants de la famille des Streptococcaceae isolés en médecine (voir tableau II).
Les caractères morphologiques et tinctoriaux de Gemella haemolysans et de Gemella morbillorum, peuvent évoquer un représentant de la famille des ¤ Neisseriaceae. Une mauvaise interprétation de la coloration de Gram conduit à réaliser des tests non adaptés à l'identification des Gemella sp. La recherche de la sensibilité à la vancomycine et à la colistine, bien qu'il puisse y avoir des exceptions, constitue un moyen simple pour apprécier la structure de la paroi et l'utilisation de ce test a été préconisée par La Scola et Raoult (1998). La plupart des bactéries à Gram positif sont sensibles à la vancomycine alors que la plupart des bactéries à Gram négatif sont sensibles à la colistine. Au sein du genre Gemella, le diagnostic différentiel peut reposer sur les caractères mentionnés dans le tableau I. Lorsque les caractères phénotypiques ne permettent pas de conclure avec certitude, la détermination partielle de la séquence des gènes codant pour les ARNr 16S assure le diagnostic mais nécessite le recours à un laboratoire spécialisé.
Sensibilité aux antibiotiques
Gemella haemolysans est sensible aux bêta-lactamines, à la vancomycine, au chloramphénicol et à la rifampicine. La sensibilité est variable vis-à-vis de l'érythromycine et des tétracyclines. Une résistance de bas niveau est notée vis-à-vis des aminosides et les souches résistent au triméthoprime et aux sulfamides. Gemella morbillorum est généralement sensible aux bêta-lactamines et à la vancomycine mais quelques souches résistent à la pénicilline G et quelques souches présentent une diminution de sensibilité vis-à-vis de la vancomycine. Un phénomène de tolérance (rapport concentration minimale bactéricide sur concentration minimale inhibitrice supérieur ou égal à 32) a été observé vis-à-vis de la pénicilline G et de l'ampicilline.
Orientation bibliographique
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