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Créé le 26 septembre 2003
GRIMONTIA, GRIMONTIA HOLLISAE
Autre dénomination : Vibrio hollisae, "EF13", "Enteric Group 42". Voir aussi le fichier : ¤ "Vibrionales", Vibrionaceae, Vibrio.
Systématique
La nomenclature de Vibrio hollisae a été validement publiée en 1982 par inscription sur la liste de validation n° 9. Dès 1992, une étude phylogénétique suggérait que ce taxon n'était pas une espèce du genre Vibrio. D'autres travaux basés sur l'analyse des séquences des ARNr 16S, sur l'analyse des séquences des gènes toxR*, sur l'analyse des séquences des gènes gyrB (codant pour la sous-unité B de l'ADN gyrase ou topoisomérase de type II) ou sur les résultats obtenus par FAFLP (Fluorescent Amplified Fragment Lenght Polymorphism) allaient dans le même sens. Vibrio hollisae présente également des caractères phénotypiques originaux pour une espèce du genre Vibrio car il ne cultive pas ou mal sur le milieu TCBS**, il est faiblement mobile et il est à la fois LDC-, ODC- et ADH-.
En 2003, Thompson et al. soumettent trois souches de Vibrio hollisae (dont la souche type) à une nouvelle analyse phylogénétique. Les séquences des ARNr 16S de ces trois souches présentent 99,5 p. cent d'homologie et le pourcentage d'homologie obtenu avec la séquence de l'espèce la plus proche, ¤ Enterovibrio norvegicus, est de 94,6. Comparées à la séquence de la souche type de l'espèce type du genre Vibrio (Vibrio cholerae), les homologies de séquences sont de 90,8.
Le genre Grimontia est actuellement placé dans la famille des "Enterovibrionaceae" (ordre des ¤ "Vibrionales", classe des ¤ Gammaproteobacteria, phylum des ¤ "Proteobacteria", domaine ou empire des "Bacteria" ou des "Eubacteria").
Caractères bactériologiques
Le genre Grimontia rassemble des bacilles à Gram négatif, faiblement mobiles grâce à un unique flagelle polaire, non sporulés, chimio-organotrophes, aéro-anaérobies, à métabolisme fermentatif et oxydatif, fermentant le glucose sans gaz, mésophiles, modérément halophiles, oxydase positive, réduisant les nitrates en nitrites (à condition d'utiliser un bouillon nitraté contenant 1 p. cent de NaCl), indologènes (à condition d'utiliser une eau peptonée contenant 1 p. cent de NaCl), donnant une réponse négative aux tests LDC, ODC, ADH et VP.
L'étude des caractères biochimiques doit utiliser des milieux contenant 1 p. cent de NaCl.
La croissance de Grimontia hollisae nécessite du NaCl. L'halophilie est cependant modérée car seule 83 p. cent des souches cultivent en présence de 6 p. cent de NaCl et aucune culture n'est obtenue pour des concentrations en NaCl égales ou supérieures à 8 p. cent.
Habitat et pouvoir pathogène
L'habitat de Grimontia hollisae est certainement l'eau de mer et cette espèce semble avoir une vaste distribution géographique (Amérique, Europe, Indonésie, Japon…). Toutefois, Grimontia hollisae n'a jamais été isolée de l'eau de mer et seuls deux isolements ont été effectués à partir de coquillages (huîtres et moules) et deux isolements à partir de poissons (Rhynchopelates oxyrhynchus). L'absence de croissance sur les milieux TCBS et MacConkey et l'inertie biochimique de Grimontia hollisae pourraient expliquer que sa mise en évidence soit rare.
Grimontia hollisae est à l'origine de diarrhées (nécessitant parfois une hospitalisation) observées chez des individus ayant consommé des coquillages crus (notamment des huîtres) ou plus rarement des poissons crus ou insuffisamment cuits. Des cas de septicémies (dont un cas mortel chez un individu co-infecté par Cryptococcus neoformans) et des cas de surinfections des plaies ont également été observés.
Contrairement à ce qui est écrit dans un avis de l'AFSSA en date du 14 août 2002, des facteurs de pathogénicité ont été identifiés chez Grimontia hollisae.
Diagnostic bactériologique
L'isolement au sein d'une flore complexe est difficile car Grimontia hollisae ne cultive pas ou mal sur une gélose TCBS et ne cultive pas sur une gélose de MacConkey. Nishibuchi et al. ont mis au point un milieu d'isolement**** contenant du D-mannitol, du maltose, du bleu de bromothymol et du rouge de crésol. Sur ce milieu, les colonies de Grimontia hollisae sont de couleur rouge (absence d'acidification du mannitol et du maltose).
Pour pallier ces difficultés, Vuddhakul et al. ont développé des tests PCR amplifiant des séquences des gènes toxR et gyrB. Ces tests semblent spécifiques. Expérimentalement, l'amplification du gène toxR permet de détecter 1 à 100 UFC (unités formant colonies) de Grimontia hollisae dans une eau peptonée alcaline contenant un broyat de coquillages ou de poissons.
Sensibilité aux antibiotiques
Grimontia hollisae est sensible à de nombreux antibiotiques : pénicilline G, ampicilline, carbénicilline, céfalotine, colistine, tétracycline, chloramphénicol, streptomycine, kanamycine, gentamicine, acide nalidixique. La sensibilité à la sulfadiazine est variable selon les souches.
Orientation bibliographique
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Le gène toxR a tout d'abord été identifié chez Vibrio cholerae comme un gène régulateur de la transcription du gène ctx codant pour la toxine cholérique. Ultérieurement, on a montré que ce gène joue un rôle central dans la régulation de nombreux gènes de Vibrio cholerae comme le gène tcp (toxin-coregulated pili) et les gènes ompU et ompT (codant pour des protéines de membrane externe). En fait, le gène toxR est un gène régulateur présent chez de nombreux représentants de la famille des Vibrionaceae. Outre Vibrio cholerae, ce gène a été identifié chez Vibrio alginolyticus, Vibrio fisheri, Vibrio fluvialis, Vibrio hollisae, Vibrio mimicus, Vibrio parahaemolyticus, Vibrio vulnificus…
** : Gélose TCBS : Thiosulfate Citrate Bile salt Sucrose
Extraits de levure : 0,5 p. cent (poids/volume)
Porter à ébullition pour dissoudre les ingrédients. Ne pas autoclaver.
Le désoxycholate de sodium est un détergent capable de lyser de nombreuses bactéries à Gram négatif. Cette lyse libère l'ADN ce qui rend le milieu visqueux. La réalisation du test est simple. Une ou plusieurs colonies du germe à étudier sont mises en suspension dans 0,1 mL d'une solution à 0,5 p. cent de désoxycholate de sodium. La réaction est positive si en une minute on observe une viscosité et si des fils sont mis en évidence lorsque l'on retire doucement une öse préalablement plongée dans le milieu.
**** : Milieu d'isolement selon Nishibuchi et al.
Phytone : 5 g
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