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Créé le 22 mars 2005
GUGGENHEIMELLA, GUGGENHEIMELLA BOVIS
Systématique
La dermite digitée est une infection contagieuse du pied des bovins. Le pied des bovins étant en permanence souillé par la terre, des débris végétaux et des fèces, il est normal de mettre en évidence dans les lésions de nombreuses bactéries dont plusieurs ne sont pas identifiées. Les principaux micro-organismes caractérisés sont Campylobacter sputorum, Fusobacterium necrophorum, Fusobacterium nucleatum, Mycoplasma fermentans, Mycoplasma hyopharingis, Porphyromonas levii, Prevotella bivia, Prevotella denticola, Prevotella oralis, Treponema sp., ¤ Treponema brennaborense...
Deux souches de ces bacilles à Gram positif (une souche isolée de chacun des deux bovins) ont été sélectionnées pour des études complémentaires.
Le genre Guggenheimella est placé dans la famille des Clostridiaceae (ordre des Clostridiales, classe des "Clostridia", division ou phylum des "Firmicutes", domaine ou empire des "Bacteria").
Caractères bactériologiques
La définition du genre Guggenheimella est la suivante :
Outre les caractères du genre, les souches de Guggenheimella bovis rassemblent des bactéries de 0,4 à 0,5 µm de diamètre sur 1,5 µm de longueur, possédant un G + C p. cent de 44,4, donnant une réponse positive (galeries API ZYM) aux tests phosphatase alcaline, phosphatase acide, estérase C4, estérase C8, leucine arylamidase, chymotrypsine et naphtol-AS-BI-phosphohydrolase.
La croissance est observée pour des températures comprises entre 33 et 37 °C (aucune culture n'est obtenue à 25 ou à 45 °C), pour un pH variant de 6,5 à 9,0 (optimum compris entre 7,5 et 8,0) et elle n'est pas stimulée par la présence de sucres*.
Habitat et pouvoir pathogène
Les souches de Guggenheimella bovis ont été isolées de bovins présentant une dermite digitée. Cette affection du pied se traduit par des lésions inflammatoires, ulcératives, pouvant évoluer vers la formation de lésions verruqueuses. Les lésions sont principalement localisées sur la face palmaire ou plantaire, dorsalement aux talons, au-dessus de la région interdigitée. Au sein d'un troupeau, la maladie apparaît brutalement, se propage rapidement et peut concerner jusqu'à 70 p. cent des animaux. Un traitement local (parage des lésions suivi d'une application de violet de gentiane et de tétracyclines sous forme d'aérosol) ou le parage des lésions suivi d'un traitement général (tétracycline par voie intraveineuse) permettent d'obtenir la guérison. Cette maladie, également connue sous les noms de dermite digitée papillomateuse ou de papillomatose digitée ou de dermite verruqueuse ou de footwarts ou de maladie de Mortellaro, a été décrite pour la première fois en Italie en 1974. Par la suite, elle a été mise en évidence dans de nombreux pays (Europe, Amérique du Nord, Asie, Afrique, Australie) et elle est à l'origine de boiteries importantes et de pertes économiques (amaigrissement, diminution de la production lactée). Le pouvoir protéolytique de Guggenheimella bovis suggère que cette bactérie est l'un des agents étiologiques de la dermite digitée.
Diagnostic bactériologique
Compte tenu de la difficulté à isoler et à identifier cette bactérie, le diagnostic bactériologique ne sera sans doute pas utilisé en routine. Wyss et al. ont isolé Guggenheimella bovis de biopsies effectuées à la limite du tissu sain et du tissu enflammé. Après broyage, l'isolement a été réalisé par une technique de dilution-limite sur des milieux OMIZ-Pat enrichis de 1 p. cent de sérum humain et rendus sélectifs par adjonction de 100 mg/L de fosfomycine, de 1 mg/L de rifampicine, de 5 mg/L de polymyxine et de 30 mg/L d'acide nalidixique. L'utilisation de galeries API ZYM permet de différencier Guggenheimella bovis des espèces phylogénétiquement apparentées (voir le tableau I).
Orientation bibliographique
BLOWEY (R.W.) et SHARP (M.W.) : Digital dermatitis in dairy cattle. Vet. Rec., 1998, 122, 505-508. COLLIGHAN (R.J.) et WOODWARD (M.J.) : Spirochaetes and other bacterial species associated with bovine digital dermatitis. FEMS Microbiol. Lett., 1997, 156, 37-41. MANSKE (T.), HULTGREN (J.) et BERGSTEN (C.) : Topical treatment of digital dermatitis associated with severe heel-horn erosion in a Swedish dairy herd. Preventive Vet. Med., 2002, 53, 215-231. READ (D.H.) et WALKER (R.L.) : Papillomatous dermatitis (footwarts) in California dairy cattle: clinical and gross pathologic findings. J. Vet. Diagn. Invest., 1998, 10, 67-76. SCHRANK (K.), CHOI (B.K.), GRUND (S.), MOTER (A.), HEUNER (K.), NATTERMANN (H.) et GÖBEL (U.B.) : Treponema brennaborense sp. nov., a novel spirochaete isolated from a dairy cow suffering from digital dermatitis. Int. J. Syst. Bacteriol., 1999, 49, 43-50. WYSS (C.) : Growth of Porphyromonas gingivalis, Treponema denticola, T. pectinovorum, T. socranskii, and T. vincentii in a chemically defined medium. J. Clin. Microbiol., 1992, 30, 2225-2229. WYSS (C.), CHOI (B.K.), SCHÜPBACH (P.), GUGGENHEIM (B.) et GÖBEL (U.B.) : Treponema maltophilum sp. nov., a small oral spirochete isolated from human periodontal lesions. Int. J. Syst. Bacteriol., 1996, 46, 745-752. WYSS (C.), DEWHIRST (F.E.), PASTER (B.J.), THURNHEER (T.) et LUGINBÜHL (A.) : Guggenheimella bovis gen. nov., sp. nov., isolated from lesions of bovine dermatitis digitalis. Int. J. Syst. Evol. Microbiol., 2005, 55, 667-671.
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** : Milieux OMIZ (Oral Microbiology and Immunology, Zürich) Le milieu OMIZ-W1 est un milieu synthétique complexe dont la description et le mode de préparation sont donnés dans la référence Wyss 1992 (article disponible gratuitement sur Internet : http://www.pubmedcentral.nih.gov/picrender.fcgi?artid=265483&blobtype=pdf). À partir de ce milieu, l'adjonction de glutathion, d'asialofétuine, d'une fraction méthanol-soluble d'extraits de levure et d'une fraction désionisée de "Neopeptone Difco" permet d'obtenir le milieu OMIZ-WP (voir la référence Wyss et al. 1996 disponible gratuitement sur Internet : http://ijs.sgmjournals.org/cgi/reprint/46/3/745). Le milieu OMIZ-Pat est obtenu en ajoutant des sucres (D-mannose, D-arabinose, D-tréhalose, D-saccharose et D-rhamnose) au milieu OMIZ-WP (voir la référence Wyss et al. 1996).
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