J.P. Euzéby : Dictionnaire de Bactériologie Vétérinaire

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Créé le 23 juin 1999

 

HALOMONAS AQUAMARINA

 

Autres dénominations :
"Achromobacter aquamarinus", "Bacterium aquamarinum", Alcaligenes aquamarinus, Deleya aquamarina.
Souches isolées du homard : Alcaligenes faecalis subsp. homari.

Voir aussi les fichiers : ¤ "Oceanospirillales, Halomonadaceae, Oceanospirillaceae" et ¤ Halomonas.

 

Systématique

 

En 1989, Akagawa et Yamasato montrent que les taxons Alcaligenes faecalis subsp. homari, Alcaligenes aquamarinus et Deleya aesta présentent en commun de nombreux caractères phénotypiques (morphologie, type respiratoire) et chimiotaxonomiques (présence d'ubiquinone 9 comme principale quinone respiratoire, similitudes dans les profils des acides gras cellulaires). Les homologies ADN - ADN révèlent que ces trois taxons appartiennent à une même génomospecies du genre Deleya et, la nomenclature de Alcaligenes aquamarinus ayant priorité, cette genomospecies a été appelée Deleya aquamarina (pour la définition d'une genomospecies voir le fichier Définitions d'une genomospecies et d'une espèce bactérienne).

En 1996, l’étude des séquences des ARNr 16S montre que les genres Deleya, Halomonas et Halovibrio ainsi que l’espèce Paracoccus halodenitrificans forment un unique genre qui, en raison des règles de priorité, doit être appelé Halomonas.
Certaines souches de Halomonas aquamarina, préalablement dénommées Alcaligenes faecalis subsp. homari, sont responsables d’infections chez le homard.

 

Caractères bactériologiques

 

Halomonas aquamarina est un bacille à Gram négatif, droit ou légèrement incurvé, mobile grâce à une ciliature péritriche ou polaire, halophile, cultivant à 5 °C, non hémolytique, aérobie, catalase positive, oxydase positive, nitrate réductase positive, résistant au O129, acidifiant le glucose et le mannitol, hydrolysant l’amidon et donnant une réponse négative aux tests ONPG, indole, VP, rouge de méthyle, hydrolyse de l'esculine, du Tween 80, de la gélatine, de la caséine et de l’ADN.
Une réponse variable est obtenue pour les tests phénylalanine désaminase, amidase, uréase, production d'hydrogène sulfuré et réduction du bleu de méthylène.

Les souches responsables d'infection chez le homard possèdent une ciliature péritriche (3 à 8 flagelles), elles mesurent 1,5 mm de longueur et présentent une coloration bipolaire marquée.
Elles donnent une réponse positive aux tests ODC, phénylalanine désaminase, amidase, uréase, production d'hydrogène sulfuré (réaction lentement positive) et réduction du bleu de méthylène. En revanche, elles sont ADH négative.
La culture est obtenue pour des températures comprises entre 4 °C et 42 °C, en présence de 1 à 10 p. cent de NaCl et pour des pH variant de 5 à 9.
Sur gélose Marine Agar 2216E, après 24 heures d'incubation à des températures comprises entre 19 °C et 37 °C, les colonies sont bombées, lisses, translucides et ne produisent pas de pigment diffusible. Elles présentent une légère tendance à l'étalement et leur diamètre est compris entre 2 et 3 mm. En bouillon Marine Broth 2216E, la croissance se traduit par un trouble homogène.

 

Habitat et pouvoir pathogène

 

Seules les souches de Halomonas aquamarina présentes chez le homard ont un intérêt en médecine vétérinaire. Elles ont été isolées en août 1977, en culture pure, de l’hémolymphe de homards américains (Homarus americanus) élevés dans le Massachusetts. La maladie est apparue peu de temps après un épisode de forte chaleur ayant entraîné une augmentation de la température de l’eau (26 °C) et elle a provoqué la mort brutale de 18 p. cent des sujets âgés de 1 an. Les seuls signes observés sont un ramollissement de la carapace et, parfois, l’apparition de plaques opaques de 5 mm de diamètre.
L’inoculation intracardiaque de 107 bactéries à des homards européens (Homarus vulgaris) reproduit la maladie. Les animaux meurent en 7 jours et le germe peut être isolé de l’hémolymphe et de la rate.

 

Sensibilité aux antibiotiques

 

Les 8 souches étudiées par Austin et al. (1981) étaient sensibles à la pénicilline G, à l'ampicilline, au chloramphénicol, à la furazolidone, à la gentamicine et à la kanamycine. Une résistance est notée vis-à-vis de la cloxacilline, des tétracyclines, de la colistine, de la novobiocine, de l'érythromycine, de la néomycine, de la streptomycine et du sulfaméthoxazole.

 

Orientation bibliographique

 

AKAGAWA (M.) et YAMASATO (K.) : Synonymy of Alcaligenes aquamarinus, Alcaligenes faecalis subsp. homari, and Deleya aesta : Deleya aquamarina comb. nov. as the type species of the genus Deleya. Int. J. Syst. Bacteriol., 1989, 39, 462-466.

AUSTIN (B.), RODGERS (C.J.), FORNS (J.M.) et COLWELL (R.R.) : Alcaligenes faecalis subsp. homari subsp. nov., a new group of bacteria isolated from moribund lobsters. Int. J. Syst. Bacteriol., 1981, 31, 72-76.

BAUMANN (L.), BOWDITCH (R.D.) et BAUMANN (P.) : Description of Deleya gen. nov. created to accommodate the marine species Alcaligenes aestus, A. pacificus, A. cupidus, A. venustus, and Pseudomonas marina. Int. J. Syst. Bacteriol., 1983, 33, 793-802.

DOBSON (S.J.) et FRANZMANN (P.D.) : Unification of the genera Deleya (Baumann et al. 1983), Halomonas (Vreeland et al. 1980), and Halovibrio (Fendrich 1988) and the species Paracoccus halodenitrificans (Robinson and Gibbons 1952) into a single genus, Halomonas, and placement of the genus Zymobacter in the family Halomonadaceae. Int. J. Syst. Bacteriol., 1996, 46, 550-558.

 

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