J.P. Euzéby : Dictionnaire de Bactériologie Vétérinaire

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Créé le 31 décembre 2008

 

HELICOBACTER BACULIFORMIS

 

Voir aussi le fichier Helicobacter

 

Helicobacter baculiformis est le nom attribué à une souche bactérienne (la souche M50) isolée de la muqueuse gastrique d'un chat euthanasié.
L'isolement de cette souche a été effectué sur des géloses Columbia enrichies de 7 p. cent de sang lysé et défibriné de cheval et de 7 p. cent de sang lysé et défibriné de mouton. La sélectivité des milieux  a été obtenue par addition de vancomycine (5 mg/L), de triméthoprime (3 mg/L), de polymyxine B (2500 UI/L) et d'amphotéricine B (5 mg/L). Les boîtes ont été incubées, couvercle en haut, dans une atmosphère micro-aérophile et riche en humidité.

L'analyse des séquences des gènes rrs permet de placer la souche M50 dans le genre ¤ Helicobacter. Les espèces les plus proches (similitudes d'environ 98 p. cent ou 99 p. cent) sont  ¤ Helicobacter bizzozeronii, ¤ Helicobacter cynogastricus, ¤ Helicobacter felis, ¤ Helicobacter salomonis et ¤ "Candidatus Helicobacter helmannii". Des résultats comparables sont obtenus avec l'analyse des séquences des gènes ureAB et hsp60.
L'analyse électrophorétique des protéines, qui pour le genre ¤ Helicobacter donne des résultats comparables aux hybridations ADN-ADN, montre que la souche M50 constitue une espèce distincte des autres Helicobacter spp.
Les caractères phénotypiques permettent d'identifier la souche M50. Aussi, en février 2008, Baele et al. valident la publication de Helicobacter baculiformis.

L'unique souche de Helicobacter baculiformis rassemble des bacilles à Gram négatif, de 10 µm de longueur sur 1 µm de diamètre, légèrement spiralés, donnant des formes coccoïdes dans les vieilles cultures, présentant des fibres périplasmiques, non sporulés, mobiles grâce à une ciliature amphitriche (jusqu'à 11 flagelles sont présents à chacune des extrémités de la cellule), résistants à la céfalotine et présentant une sensibilité intermédiaire à l'acide nalidixique.

. Une réponse positive est obtenue pour les tests catalase, oxydase, réduction des nitrates, réduction du chlorure de 2-3-5 triphényl tétrazolium (TTC), phosphatase alcaline, L-arginine arylamidase et gamma-glutamyl transpeptidase.
. Une réponse négative est notée pour les tests réduction de l'hippurate, réduction de l'indoxyl acétate, pyrrolidonyl arylamidase, L-aspartate arylamidase, croissance en présence de 1,5 p. cent de NaCl, croissance en présence de 1 p. cent de glycine, croissance en présence de 1 p. cent de bile de bœuf, croissance en aérobiose, croissance à 25 °C et croissance à 42 °C.
. Les caractères permettant de différencier Helicobacter baculiformis des autres espèces du genre ¤ Helicobacter sont donnés dans le tableau I.

Helicobacter baculiformis cultive sur gélose cœur-cervelle, gélose Brucella et gélose de Mueller-Hinton enrichies de 20 p. cent de sérum de veau fœtal ou de 10 p. cent de sang défibriné de cheval. La croissance est obtenue dans une atmosphère micro-aérophile ou dans une atmosphère enrichie de 5 p. cent de dioxyde de carbone. En revanche la croissance est faible en anaérobiose.
Sur des milieux humides, après 3 jours d'incubation à 37 °C dans une atmosphère micro-aérophile, la croissance se traduit par un voile. La surface du milieu de culture doit être humidifiée tous les deux jours à l'aide d'un bouillon cœur-cervelle enrichi de 20 p. cent de sérum de cheval et de 20 p. cent d'extraits de levure.
Sur des géloses non humides, lorsque l'ensemencement est abondant, on peut observer de minuscules colonies formées de formes coccoïdes.

Après ¤ Helicobacter bizzozeronii, ¤ Helicobacter felis et ¤ Helicobacter salomonis, Helicobacter baculiformis est la quatrième espèce du genre Helicobacter mise en évidence dans l'estomac du chat. Son éventuel pouvoir pathogène est inconnu.

 

Orientation bibliographique

 

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