|
||
|
Créé le 25 mars 2005
HELICOBACTER BILIS
Voir aussi le fichier Helicobacter Autres dénominations : "Flexispira" taxon 9 ou "Flexispira rappinii" corrig. taxon 9. Note : L'espèce Helicobacter bilis inclut les souches de "Flexispira" taxon 2, de "Flexispira" taxon 3 et de "Flexispira" taxon 8.
Systématique
La nomenclature de Helicobacter bilis a été proposée en décembre 1995 pour 31 souches isolées des caecums, du colon, du foie, de la bile et de la rate de souris âgées de 19 à 27 mois.
Les séquences de l'ADN codant pour les ARNr 16S (étude effectuée sur trois des 31 souches) sont identiques et elles présentent un intron (IVS ou InterVening Sequence) de 187 bases. Une analyse phylogénétique montre que les trois souches sont apparentées à ¤ Helicobacter canis, à ¤ Helicobacter cinaedi et à "Flexispira rappinii*" corrig.
Le 18 mars 2005, Hänninen et al. publient les résultats d'une étude portant sur la souche type de Helicobacter bilis, neuf souches de "Flexispira sp." isolées du chien, cinq souches de "Flexispira sp." isolées du chat, une souche de référence de "Flexispira" taxon 2, une souche de référence de "Flexispira" taxon 3 et deux souches de "Flexispira" taxon 8.
Caractères bactériologiques
Helicobacter bilis présente les caractères généraux du genre Helicobacter (voir fichier ¤ Helicobacter).
Helicobacter bilis est une bactérie de morphologie fusiforme ou légèrement spiralée, mesurant 0,5 mm de diamètre sur 4 à 5 mm de longueur, possédant des fibres périplasmiques, mobile grâce à une ciliature amphitriche (3 à 14 flagelles à chaque extrémité de la cellule), oxydase positive, uréase positive, gamma glutamyl transférase positive, produisant de faibles quantités d'hydrogène sulfuré révélées par un papier filtre imprégné de sous-acétate de plomb.
La culture est obtenue après 3 à 4 jours d’incubation à 37 ou à 42 °C et dans une atmosphère micro-aérophile. Aucune culture n'est observée à 25 °C.
Helicobacter bilis est résistante à la céfalotine et à l'acide nalidixique, mais elle est sensible au métronidazole. Les caractères permettant de différencier Helicobacter bilis des autres hélicobactéries sont présentés dans le tableau I.
Habitat et pouvoir pathogène
Helicobacter bilis a été primitivement isolée du foie, de la vésicule biliaire, des caecums, du colon et de la rate chez des souris de lignée (C57BL/6, CBA/CA, DBA/2 et BALB/c), âgées de 19 à 27 mois et présentant une hépatite chronique et/ou un hépatome.
L’habitat normal de Helicobacter bilis semble être l’intestin et cette espèce n’est généralement pas responsable d’un pouvoir pathogène chez les souris normales. Toutefois, chez des souris SCID (Severe Combined ImmunoDeficiency, animaux dépourvus de lymphocytes B et T), une co-infection par Helicobacter bilis et Helicobacter rodentium a été associée à des diarrhées sévères. L’inoculation par voie intrapéritonéale de 108 unités formant colonies à des souris SCID possédant une flore intestinale contrôlée conduit à une inflammation intestinale avec des lésions de typhlocolite proliférative et l'inoculation par voie gastrique de 107 unités formant colonies conduit à des lésions de typhlite et, parfois, au développement d'une hépatite chronique active.
Helicobacter bilis a également été mis en évidence (coloration à l'argent de Steiner, culture, étude de la séquence des ARNr 16S) dans les cryptes intestinales de rats athymiques (Cr:NIH-rnu). Les animaux présentaient des lésions de typhlite proliférative et ulcérative, de colite et de rectite. L'infection a été reproduite chez des rats athymiques par injection intrapéritonéale et la bactérie est isolée des fèces et des caecums des animaux inoculés.
Ultérieurement, cette bactérie a été isolée de hamsters, de gerbilles, des fèces de chiens et de chats cliniquement sains, d'avortons d'ovins (souches de "Flexispira" taxon 2), de l'estomac d'un fœtus de porc (souche de "Flexispira" taxon 3) et des fèces de l'homme (souches de "Flexispira" taxon 8). Des bactéries ressemblant à Helicobacter bilis ont été isolées du sang chez l'homme et des séquences spécifiques de Helicobacter bilis ont été mises en évidence dans la bile et dans la vésicule biliaire d'hommes atteints de cholécystite chronique. Par une technique de PCR, cette espèce a également été identifiée dans les fèces d'un crocodile du Nil.
Helicobacter bilis (y compris les souches autrefois appelées "Flexispira" taxons 2, 3 et 8) synthétise une toxine CDT (Cytolethal Distending Toxin). Cette toxine, codée par trois gènes (cdtA, cdtB, cdtC), tous nécessaires à son activité biologique, est responsable d'une distension des cellules, d'anomalies du cytosquelette, d'un arrêt du cycle cellulaire et d'une mort des cellules HeLa ou CHO.
Diagnostic bactériologique et sérologique
La culture suivie d'une identification biochimique est difficile. Elle nécessite le recours à des milieux enrichis (géloses Columbia ou Brucella additionnées de sang et fraîchement préparées) éventuellement rendus sélectifs par l'adjonction d'un mélange d'antibiotiques (par exemple triméthoprime, vancomycine polymyxine B, amphotéricine B), une atmosphère micro-aérophile et un temps d'incubation important (les boîtes doivent être conservées 3 semaines avant de conclure à une absence de germes). La filtration à travers des filtres de porosité 0,65 µm facilite l'isolement à partir de prélèvements contaminés. Des colorations à l'argent, effectuées sur des coupes de foie, permettent la mise en évidence de Helicobacter bilis. Cette technique est toutefois peu sensible, peu spécifique et elle nécessite l'euthanasie des animaux. Plusieurs techniques de PCR ont été décrites : amplification d'un segment de 638 pb de l'ADNr 16S, PCR utilisant des amorces permettant d'amplifier une séquence de 390 pb de l'ADNr 16S, PCR utilisant des amorces dirigées contre des séquences conservées de l'ADNr 16S et permettant l'amplification d'un fragment de 375 pb de l'ADN, amplification des IVS... Ces techniques ne sont pas toujours spécifiques, mais elles sont plus sensibles que la culture. Le sérodiagnostic par des tests ELISA fait appel à des lysats bactériens ou à des antigènes membranaires et il se révèle peu spécifique. L'utilisation de protéines recombinantes de 167 kDa, fixées sur des microbilles, semble à la fois sensible et spécifique.
Sensibilité aux antibiotiques
À la connaissance de l'auteur, aucune étude sur la sensibilité in vitro aux antibiotiques n'a été publiée. En revanche, au moins une publication fait état d'un essai de traitement de souris co-infectées par Helicobacter bilis et Helicobacter rodentium. Il est important de souligner que l'infection par les hélicobactéries intestinales peut avoir des répercussions sur les résultats expérimentaux et qu'il est nécessaire de travailler avec des animaux indemnes. Le traitement des infections bactériennes des animaux de laboratoire doit être déconseillé pour au moins deux raisons : (i) les molécules administrées peuvent altérer les paramètres physiologiques et/ou interférer avec les résultats et (ii) il est parfois difficile d'obtenir une éradication totale des bactéries. Aussi, il ne nous paraît pas souhaitable de développer ce sujet.
Orientation bibliographique
BRYNER (J.H.): Flexispira rappini, gen. nov., sp. nov. A motile, urease-producing rod similar to Campylobacter pyloridis. In: B. KAIJSER and E. FALSEN (ed.): Proceedings of the fourth international workshop on Campylobacter infections, Göteborg, Sweden. 1987, 440-442. CHIEN (C.C.), TAYLOR (N.S.), GE (Z.), SCHAUER (D.B.), YOUNG (V.B.) et FOX (J.G.) : Identification of cdtB homologues and cytolethal distending toxin activity in enterohepatic Helicobacter spp. J. Med. Microbiol., 2000, 49, 525-534. DEWHIRST (F.E.), FOX (J.G.), MENDES (E.N.), PASTER (B.J.), GATES (C.E.), KIRKBRIDE (C.A.) et EATON (K.A.) : "Flexispira rappini" strains represent at least 10 Helicobacter taxa. Int. J. Syst. Evol. Microbiol., 2000, 50, 1781-1787. DEWHIRST (F.E.), FOX (J.G.) et ON (S.L.W.) : Recommended minimal standards for describing new species of the genus Helicobacter. Int. J. Syst. Evol. Microbiol., 2000, 50, 2231-2237. FENG (S.), HODZIC (E.), KENDALL (L.V.), SMITH (A.), FREET (K.) et BARTHOLD (S.W.) : Cloning and expression of a Helicobacter bilis immunoreactive protein. Clin. Diagn. Lab. Immunol., 2002, 9, 627-632. FENG (S.), KENDALL (L.V.), HODZIC (E.), WONG (S.), LORENZANA (E.), FREET (K.), KU (K.S.), LUCIW (P.A.), BARTHOLD (S.W.) et KHAN (I.H.) : Recombinant Helicobacter bilis protein P167 for mouse serodiagnosis in a multiplex microbead assay. Clin. Diagn. Lab. Immunol., 2004, 11, 1094-1099. FOX (J.G.) et LEE (A.) : The role of Helicobacter species in newly recognized gastrointestinal tract diseases of animals. Lab. Anim. Sci., 1997, 47, 222-255. FOX (J.G.), YAN (L.L.), DEWHIRST (F.E.), PASTER (B.J.), SHAMES (B.), MURPHY (J.C.), HAYWARD (A.), BELCHER (J.C.) et MENDES (E.N.) : Helicobacter bilis sp. nov., a novel Helicobacter species isolated from bile, livers, and intestines of aged, inbred mice. J. Clin. Microbiol., 1995, 33, 445-454. HAINES (D.C.), GORELICK (P.L.), BATTLES (J.K.), PIKE (K.M.), ANDERSON (R.J.), FOX (J.G.), TAYLOR (N.S.), SHEN (Z.), DEWHIRST (F.E.), ANVER (M.R.) et WARD (J.M.) : Inflammatory large bowel disease in immunodeficient rats naturally and experimentally infected with Helicobacter bilis. Vet. Pathol., 1998, 35, 202-208. HÄNNINEN (M.L.), KÄRENLAMPI (R.I.), KOORT (J.M.K.), MIKKONEN (T.) et BJÖRKROTH (K.J.) : Extension of the species Helicobacter bilis to include the reference strains of Helicobacter sp. flexispira taxa 2, 3 and 8 and Finnish canine and feline flexispira strains. Int. J. Syst. Evol. Microbiol., 2005, 55, 891-898. KOSTIA (S.), VEIJALAINEN (P.), HIRVI (U.) et HÄNNINEN (M.L.) : Cytolethal distending toxin B gene (cdtB) homologues in taxa 2, 3 and 8 and in six canine isolates of Helicobacter sp. flexispira. J. Med. Microbiol., 2003, 52, 103-108 (résumé disponible sur la base de données PubMed). LI (X.), FOX (J.G.), WHARY (M.T.), YAN (L.), SHAMES (B.) et ZHAO (Z.) : SCID/NCr mice naturally infected with Helicobacter hepaticus develop progressive hepatitis, proliferative typhlitis, and colitis. Infect. Immun., 1998, 66, 5477-5484. MAGGIO-PRICE (L.), SHOWS (D.), WAGGIE (K.), BURICH (A.), ZENG (W.), ESCOBAR (S.), MORRISSEY (P.) et VINEY (J.L.) : Helicobacter bilis infection accelerates and H. hepaticus infection delays the development of colitis in multiple drug resistance-deficient (mdr1a-/-) mice. Am. J. Pathol., 2002, 160, 739-751. MATSUKURA (N.), YOKOMURO (S.), YAMADA (S.), TAJIRI (T.), SUNDO (T.), HADAMA (T.), KAMIYA (S.), NAITO (Z.) et FOX (J.G.) : Association between Helicobacter bilis in bile and biliary tract malignancies: H. bilis in bile from Japanese and Thai patients with benign and malignant diseases in the biliary tract. Jpn. J. Cancer. Res., 2002, 93, 842-847. ON (S.L.W.) : Taxonomy of Campylobacter, Arcobacter, Helicobacter and related bacteria: current status, future prospects and immediate concerns. J. Appl. Microbiol., 2001, 90, 1S-15S. RILEY (L.K.), FRANKLIN (C.L.), HOOK Jr (R.R .) et BESCH-WILLIFORD (C.) : Identification of murine helicobacters by PCR and restriction enzyme analyses. J. Clin. Microbiol., 1996, 34, 942-946. SHOMER (N.H.), DANGLER (C.A.), MARINI (R.P.) et FOX (J.G.) : Helicobacter bilis/Helicobacter rodentium co-infection associated with diarrhea in a colony of scide mice. Lab. Anim. Sci., 1998, 48, 455-459. VANDAMME (P.), HARRINGTON (C.S.), JALAVA (K.) et ON (S.L.W.) : Misidentifying helicobacters: the Helicobacter cinaedi example. J. Clin. Microbiol., 2000, 38, 2261-2266. ZENNER (L.) : Pathology, diagnosis and epidemiology of the rodent Helicobacter infection. Comp. Immunol. Microbiol. Infect. Dis., 1999, 23, 41-61.
AVIS JURIDIQUE IMPORTANT : Les informations qui figurent sur ce site sont soumises à une clause de non responsabilité et sont protégées par un copyright.
* :
|
||