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Dernière mise à jour le 22 mai 2000
HELICOBACTER CANIS
Voir aussi le fichier Helicobacter
Systématique
La recherche systématique de campylobactéries dans les selles d'un millier de chiens a permis à Stanley et al. d'isoler 15 souches bactériennes constituant une unique genomospecies (pour la définition d'une genomospecies voir le fichier Définitions d'une genomospecies et d'une espèce bactérienne) et dont les caractères phénotypiques sont plus proches des hélicobactéries que des campylobactéries d'où la dénomination de "HC (Helicobacter canine) group" utilisée pour désigner ces bactéries. Ultérieurement, une souche du groupe HC a été isolée d'un enfant atteint de diarrhée. En 1993, Stanley et al. publient les résultats d'une étude génotypique (détermination du G + C p. cent, hybridation ADN - ADN, détermination de la séquence du gène codant pour l’ARNr 16S) et phénotypique (étude structurale et morphologique, caractères culturaux, recherche d’une DNase, caractères biochimiques, électrophorèse des protéines) portant sur cinq souches du groupe HC (quatre souches isolées de chiens et l'unique souche isolée des fèces de l'homme).
Les hybridations ADN - ADN montrent que les cinq souches présentent des pourcentages d'homologie supérieurs à 70 alors que les pourcentages d'homologie obtenus avec les souches types ou les souches de référence d'autres espèces appartenant à la subdivision epsilon des Proteobacteria (¤ Arcobacter sp., ¤ Campylobacter sp., Helicobacter sp., Wolinella sp.) sont inférieurs à 52.
Caractères bactériologiques
Helicobacter canis possède les caractères du genre Helicobacter (voir fichier ¤ Helicobacter). Les souches de Helicobacter canis se présentent sous la forme de bacilles à Gram négatif, de forme hélicoïdale, mesurant 0,25 à 0,5 µm de diamètre sur 3 à 4 µm de longueur, mobiles grâce à un flagelle engainé inséré à chacune des extrémités des cellules, micro-aérophiles, inactifs sur les sucres, sensibles à l'acide nalidixique (32 mg/L), sensibles au métronidazole (4 mg/L), sensibles à la carbénicilline (32 mg/L) et résistants à la polymyxine B (absence de zone d'inhibition autour d'un disque chargé à 300 UI). Une réponse positive est obtenue pour les tests oxydase, phosphatase alcaline (quelques souches donnent une réponse faiblement positive), croissance à 37 °C, croissance à 42 °C, croissance en présence de 100 mg/L de 5-fluorouracyl, croissance en présence de 1 p. cent et de 1,5 p. cent de bile. La réponse est négative pour les tests catalase (quelques souches peuvent être faiblement catalase positive), uréase, production d'hydrogène sulfuré (milieu TSI), DNase, réduction des nitrates, réduction du sélénite, hydrolyse de l'hippurate, croissance à 20, à 25 ou à 30 °C, croissance en aérobiose, croissance en anaérobiose, croissance sur gélose nutritive, croissance sur gélose de MacConkey, tolérance à la safranine O (0,001 p. cent), tolérance à 1 p. cent de glycine, tolérance à 2 et à 3,5 p. cent de NaCl. La synthèse d'une indoxyl acétate estérase et la sensibilité à la céfalotine sont variables selon les souches. Sur gélose au sang de cheval, les colonies obtenues après 48 heures d’incubation (37 °C, atmosphère micro-aérophile) sont minuscules, elles ont un aspect en goutte d’eau, elles sont non pigmentées, translucides et alpha hémolytiques.
Habitat et pouvoir pathogène
Contrairement aux hélicobactéries isolées de l'estomac des carnivores, Helicobacter canis a fait l'objet d'un nombre restreint de publications concernant son habitat et son pouvoir pathogène.
Helicobacter canis est principalement isolé chez le chien mais cette espèce ne semble pas être associée à des cas de diarrhées. En octobre 1999, quatre souches de Helicobacter canis ont été isolées de chats, atteints ou non de diarrhées, et vivant dans une même chatterie.
Cette bactérie a la capacité de coloniser le tube digestif de l’homme puisqu’une souche a été isolée d’un enfant atteint de gastro-entérite. Une autre souche de Helicobacter canis a été isolée du sang mais, aucune précision n'est donnée en ce qui concerne l'âge et l'état de santé du patient. Le rôle des carnivores domestiques en tant que source de contamination pour l’espèce humaine nécessite des travaux supplémentaires. Helicobacter canis synthétise une toxine CDT (Cytolethal Distending Toxin). Cette toxine, codée par trois gènes (cdtA, cdtB, cdtC) tous nécessaires à son activité biologique, est responsable d'une distension des cellules, d'anomalies du cytosquelette, d'un arrêt du cycle cellulaire et d'une mort des cellules HeLa ou CHO cultivées in vitro.
Diagnostic bactériologique
Les souches de Helicobacter canis peuvent être isolées sur des milieux sélectifs (tel que la gélose Campylosel) dépourvus de polymyxine B et/ou de céfalotine et incubés à 37 °C dans une atmosphère micro-aérophile. Les points clés de l'identification sont l'absence de catalase, l'absence d'uréase, l'absence de réduction des nitrates, la croissance à 42 °C et la sensibilité à l'acide nalidixique (voir tableau I).
L'identification phénotypique devrait être confirmée par d'autres méthodes : amplification d'un segment d'ADNr 16S de 1200 paires de bases suivie d'une analyse des fragments de restriction, séquençage de l'ADNr 16S, hybridation avec des sondes spécifiques, étude du profil protéique.
Orientation bibliographique
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