J.P. Euzéby : Dictionnaire de Bactériologie Vétérinaire

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Dernière mise à jour le 25 juin 2000

 

HELICOBACTER CHOLECYSTUS

 

Voir aussi le fichier Helicobacter

 

Systématique et caractères bactériologiques

 

La mise en culture de la vésicule biliaire de 32 hamsters provenant d’un élevage atteint de cholangiofibrose a permis à Franklin et al. d’obtenir 22 souches d’hélicobactéries. La morphologie, la structure, les caractères biochimiques et culturaux ainsi que la séquence des gènes codant pour l’ARNr 16S montrent que ces hélicobactéries appartiennent à une nouvelle espèce que les auteurs appellent Helicobacter cholecystus (nomenclature validement publiée par inscription sur la liste de validation n° 61). L’analyse phylogénétique montre une parenté avec ¤ Helicobacter pametensis, "Helicobacter species Bird-B", "Helicobacter species Bird-C", ¤ Helicobacter mustelae et, dans une moindre mesure, une parenté avec ¤ Helicobacter muridarum et ¤ Helicobacter bilis.
Il convient de noter que les hybridations ADN - ADN n'ont pas été effectuées or, comme le souligne Vandamme et al. (2000), seules les hybridations ADN - ADN (ou l'analyse électrophorétique des protéines qui donne des résultats équivalents) permettent de définir de nouvelles espèces au sein du genre Helicobacter.

Helicobacter cholecystus présente les caractères généraux du genre Helicobacter (voir fichier ¤ Helicobacter).
C'est une bactérie non sporulée, à Gram négatif, qui se présente sous deux formes différentes. Pour 5 p. cent des cellules on observe des bâtonnets droits et légèrement fusiformes munis d’un seul flagelle polaire entouré d’une gaine et mesurant (en moyenne) 3,65 mm de longueur sur 0,56 mm de diamètre. Pour la majorité des bactéries, la morphologie est celle d’un coque (diamètre d’environ 1 mm) ou d’un très court bacille incurvé d’environ 1,2 mm de longueur sur 0,8 mm de diamètre. Les formes coccoïdes et les formes courtes peuvent compter un ou plusieurs flagelles entourés d’une gaine. Quelle que soit la morphologie, il n’existe pas de fibres périplasmiques.

Les caractères biochimiques n’ont été étudiés que sur deux souches et les caractères de résistance aux antibiotiques n’ont été étudiés que sur une seule souche. Ces résultats, sans doute préliminaires, montrent que Helicobacter cholecystus produit une catalase, une oxydase, une nitrate réductase, une phosphatase alcaline, une arginine aminopeptidase et une L-arginine arylamidase ; il n’hydrolyse ni l’urée ni l’hippurate ni l’acétate d’indoxyl ; il ne produit ni hydrogène sulfuré ni histidine aminopeptidase ni leucine aminopeptidase ni gamma glutamyltransférase ; il résiste à la céfalotine et présente une sensibilité intermédiaire à l’acide nalidixique.

La croissance est obtenue en anaérobiose ou sous atmosphère micro-aérophile pour des températures d’incubation de 37 ou de 42 °C et elle a lieu en présence de 1 p. cent de glycine ou de 5 p. cent de sels biliaires. Par contre, aucune croissance n’est observée en aérobiose ou à 25 °C ou en présence de 1,5 p. cent de NaCl.
Les conditions optimales de culture sont représentées par une croissance à 37 °C dans une atmosphère contenant 90 p. cent d'azote, 5 p. cent d'hydrogène et 5 p. cent de dioxyde de carbone. Après 72 heures d'incubation sur une gélose trypticase soja contenant 5 p. cent de sang de mouton, les colonies sont translucides et minuscules. La croissance est également bonne dans un bouillon Brucella additionné de 5 p. cent de sérum de veau fœtal.

 

Habitat et pouvoir pathogène

 

Après ¤ Helicobacter cinaedi, Helicobacter cholecystus est la deuxième espèce du genre Helicobacter identifiée chez le hamster (Mesocricetus auratus). Les 22 souches ont été isolées de 2 animaux atteints de pancréatite centrolobulaire et de 20 animaux présentant à la fois une pancréatite centrolobulaire et une cholangiofibrose. L'incidence de la colonisation est identique chez les deux sexes mais elle semble plus importante chez les animaux âgés de 5 à 8 semaines.

La cholangiofibose du hamster, appelée également cholangiohépatite ou hépatite chronique et cirrhotique est un syndrome connu depuis 1965. Les hamsters apparaissent cliniquement sains mais ils présentent de nombreuses lésions du système biliaire, une élévation de la concentration sérique en alanine aminotransférase, en phosphatase alcaline, en acides biliaires et en cholestérol. Les animaux souffrant de cholangiofibrose présentent souvent une pancréatite centrolobulaire ce qui suggère une étiologie commune pour ces deux affections.
Le rôle de Helicobacter cholecystus dans l’établissement de ces lésions n’est pas prouvé. Toutefois, il existe une forte corrélation entre l’isolement du germe et la présence des lésions de cholangiofibrose et/ou des lésions de pancréatite.

L’habitat de cette bactérie semble être l’intestin car la recherche par PCR d’hélicobactéries dans les fèces de hamster est positive. De plus, dès 1989, Stills et al. avaient mis en évidence une bactérie morphologiquement semblable à Helicobacter cholecystus dans l’iléum de 4 hamsters. Le hamster présente une particularité anatomique car le canal biliaire et le canal pancréatique se rejoignent pour former un canal commun qui débouche dans l’intestin. Franklin et al. suggèrent que des souches de Helicobacter cholecystus pourraient coloniser ce canal commun puis gagner le foie et le pancréas où elles pourraient provoquer les lésions ou exacerber le développement de lésions préexistantes.

 

Diagnostic bactériologique

 

Helicobacter cholecystus est une bactérie ne synthétisant pas d'uréase. Parmi les hélicobactéries isolées des rongeurs, seuls ¤ Helicobacter cinaedi et ¤ Helicobacter rodentium présentent cette caractéristique.
¤ Helicobacter rodentium, isolé uniquement chez la souris, se différencie de Helicobacter cholecystus par ses caractères morphologiques et structuraux et par l'absence de synthèse de phosphatase alcaline.
Helicobacter cholecystus se différencie de ¤ Helicobacter cinaedi car cette dernière bactérie ne produit pas de phosphatase alcaline, ne cultive ni à 42 °C ni en anaérobiose, présente une sensibilité à l’acide nalidixique et une sensibilité intermédiaire à la céfalotine et présente des caractères morphologiques différents.

Quelques caractères permettant de différencier Helicobacter cholecystus des autres hélicobactéries figurent dans le tableau I.

 

Orientation bibliographique

 

BRUNNERT (S.R.) et ALTMAN (N.H.) : Laboratory assessment of chronic hepatitis in Syrian hamsters. Lab. Anim. Sci., 1991, 41, 559-562.

FRANKLIN (C.L.), BECKWITH (C.S.), LIVINGSTON (R.S.), RILEY (L.K.), GIBSON (S.V.), BESCH-WILLIFORD (C.L.) et HOOK Jr. (R.R.) : Isolation of a novel Helicobacter species, Helicobacter cholecystus sp. nov., from the gallbladders of Syrian hamsters with cholangiofibrosis and centrilobular pancreatitis. J. Clin. Microbiol., 1996, 34, 2952-2958.

FRANKLIN (C.L.), GIBSON (S.V.), WAGNER (J.E.), CAFFREY (C.J.) et SHANNON (T.R.) : cholangiohepatitis in Syriam hamster. Lab. Anim. Sci., 1989, 39, 469.

GEBHART (C.J.), FENNELL (C.L.), MURTAUGH (M.P.) et STAMM (W.E.) : Campylobacter cinaedi is normal intestinal flora in hamsters. J. Clin. Microbiol., 1989, 27, 1692-1694.

HAMILTON (J.M.), REYNOLDS (T.) et SALUJA (P.G.) : Cholangiofibrosis in the Syrian golden hamster. Vet. Rec., 1983, 112, 359-360.

STILLS (H.F.), HOOK (R.R.) et KINDEN (D.A.) : Isolation of a Campylobacter-like organisms from healthy Syrian hamsters (Mesocricetus auratus). J. Clin. Microbiol., 1989, 27, 2497-2501.

VANDAMME (P.), HARRINGTON (C.S.), JALAVA (K.) et ON (S.L.W.) : Misidentifying helicobacters: the Helicobacter cinaedi example. J. Clin. Microbiol., 2000, 38, 2261-2266.

 

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