J.P. Euzéby : Dictionnaire de Bactériologie Vétérinaire

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Créé le 11 octobre 2006

 

HELICOBACTER CYNOGASTRICUS

 

Voir aussi le fichier Helicobacter

 

Avant octobre 2006, trois espèces du genre Helicobacter avaient été isolées de l'estomac du chien : ¤ Helicobacter bizzozeronii, ¤ Helicobacter felis et ¤ Helicobacter salomonis. Lors d'une enquête ayant pour objet d'étudier la prévalence de ces espèces chez le chien, Van den Bulck et al. ont isolé, de la région antrale de l'estomac d'un chien euthanasié, une souche (la souche JKM4) représentant une nouvelle espèce d'hélicobactérie.

L'ARNr 16S de la souche JKM4 présente plus de 97 p. cent d'homologie avec les séquences des ARNr 16S de ¤ Helicobacter bizzozeronii, de ¤ Helicobacter felis, de ¤ Helicobacter salomonis et de ¤ "Candidatus Helicobacter heilmannii".
L'analyse du gène codant pour l'uréase différencie nettement la souche JKM4 des autres espèces du genre Helicobacter et il en va de même pour l'analyse électrophorétique des protéines cellulaires. Cette dernière technique donne des résultats superposables à ceux obtenus par hybridation ADN-ADN, si bien que "le sous-comité de taxonomie des Campylobacter et des bactéries apparentées" a reconnu la validité de cette méthode pour individualiser une nouvelle espèce.
Les caractères bactériologiques permettent d'identifier la souche JKM4 et Van den Bulck et al. proposent la description d'une nouvelle espèce, Helicobacter cynogastricus, dont la nomenclature a été validement publiée le 09 octobre 2006.

L'unique souche de Helicobacter cynogastricus se présente sous la forme de bacilles à Gram négatif, spiralés, de 1 µm de diamètre sur 10 à 18 µm de longueur, présentant une fibre périplasmique entourant la surface de la cellule, mobiles grâce à une touffe de 6 à 12 flagelles présente à une extrémité ou aux deux extrémités de la cellule. Les flagelles sont entourés d'une gaine et ils présentent une extrémité légèrement renflée. Dans les vieilles cultures, les formes bacillaires sont remplacées par des formes coccoïdes.
. Une réponse positive est observée pour les tests catalase, oxydase, uréase, réduction des nitrates, phosphatase alcaline, gamma-glutamyl transférase, réduction du chlorure de triphényltétrazolium et L-arginine arylamidase.
. Une réponse négative est obtenue pour les tests croissance à 42 °C, croissance à 25 °C, croissance en présence de 1 p. cent de bile de bœuf, croissance en présence de 1 p. cent de glycine, croissance en présence de 1,5 p. cent de NaCl, hydrolyse de l'hippurate, indoxyl acétate estérase, pyrrolidonyl arylamidase et L-aspartate arylamidase.
. Les caractères permettant de différencier Helicobacter cynogastricus des autres espèces isolées chez les carnivores sont donnés dans le tableau I.

La culture est obtenue à 30 et à 37 °C, dans une atmosphère micro-aérophile ou anaérobie, sur une gélose cœur-cervelle contenant 5 p. cent de sang de cheval. Tous les deux jours la surface de la gélose doit être humidifiée par du bouillon cœur-cervelle. Dans ces conditions, après 10 jours d'incubation, la croissance se traduit par un film.
Sur des boîtes dont la gélose n'est pas humidifiée, on peut parfois observer des colonies minuscules renfermant des formes coccoïdes.
La culture est particulièrement délicate si bien que la CCUG, collection qui a une excellente réputation en ce qui concerne les hélicobactéries, n'a pas été capable de cultiver ce germe. Il en va de même pour la NCTC.

La souche JKM4 est sensible au métronidazole, à l'ampicilline, à la clarithromycine, à la tétracycline, à l'enrofloxacine, à la lincomycine, à la tylosine, à la néomycine, à la spectinomycine et à la gentamicine.
De manière un peu surprenante, Van den Bulck et al. n'ont pas testé la céfalotine et l'acide nalidixique alors que la détermination de sensibilité à ces deux antibiotiques est souvent utilisée pour le diagnostic différentiel des hélicobactéries.

Helicobacter cynogastricus a été isolé de l'estomac d'un chien, mais son habitat n'est pas encore connu avec certitude. Le pouvoir pathogène de cette bactérie est inconnu.

 

Orientation bibliographique

 

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VANDAMME (P.), HARRINGTON (C.S.), JALAVA (K.) et ON (S.L.W.) : Misidentifying helicobacters: the Helicobacter cinaedi example. J. Clin. Microbiol., 2000, 38, 2261-2266.

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