J.P. Euzéby : Dictionnaire de Bactériologie Vétérinaire

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Dernière mise à jour le 05 mai 1999

 

HAEMOPHILUS HAEMOGLOBINOPHILUS

 

Autres dénominations : "Bacillus haemoglobinophilus canis", "Bacterium haemoglobinophilus" (sic), "Hemophilus (sic) canis".

Voir aussi le fichier : ¤ Pasteurellaceae, Pasteurellales.

 

Haemophilus haemoglobinophilus dont le nom apparaît dans les Approved Lists of Bacterial Names, est une bactérie phylogénétiquement proche de Haemophilus paracuniculus, de Actinobacillus capsulatus, de ¤ Bibersteinia trehalosi, de Haemophilus parasuis et du "taxon 7 de Bisgaard".

Haemophilus haemoglobinophilus est un bacille à Gram négatif, aéro-anaérobie, immobile, non sporulé, catalase, oxydase et nitrate réductase positives, exigeant pour sa croissance la présence de facteur X (hémine) mais non exigeant en NAD (facteur V). D'autres caractères figurent dans le tableau I.

La croissance peut être obtenue sur une gélose chocolat polyvitex (ou sur une gélose au sang cuit) incubée à 37 °C dans une atmosphère normale. Les colonies apparaissent non pigmentées, translucides et lisses.

Haemophilus haemoglobinophilus semble faire partie de la flore normale des voies génitales du chien et notamment des mâles. A de rares occasions, cette bactérie a été impliquée dans des cas de vaginite, de cystite et de mortalité chez les jeunes chiots.

À l'exception de rares souches de Haemophilus aphrophilus, parfois présentes dans le pharynx, Haemophilus haemoglobinophilus est la seule espèce du genre Haemophilus susceptible de contaminer le chien. Cette bactérie est rarement pathogène et les bactériologistes ne la connaissent pas toujours. Aussi, les laboratoires de diagnostic recevant des prélèvements d'origine canine n'ont pas l'habitude de rechercher systématiquement les Haemophilus sp.

L’isolement peut se réaliser sur une gélose au sang cuit ou sur une gélose chocolat polyvitex incubée 48 heures à 37 °C dans une atmosphère normale. Le diagnostic repose sur la provenance du prélèvement, sur la présence d'une catalase et d'une oxydase, sur l'exigence en hémine*, sur l'indépendance vis-à-vis du facteur V* et sur les caractères mentionnés dans le tableau I.

 

Orientation bibliographique

 

BIBERSTEIN (E.L.) : Haemophilus and Taylorella. In G.R. Carter, J.R. Cole (eds) Diagnostic Procedures in Veterinary Bacteriology and Mycology. 5th edn. Academic Press, Inc. San Diego, 1990, pp. 151-164.

DEWHIRST, (F.E.), PASTER (B.J.), OLSEN (I.) et FRASER (G.J.) : Phylogeny of the Pasteurellaceae as determined by comparison of 16S ribosomal ribonucleic acid sequences. Zbl. Bakt., 1993, 279, 35-44.

KILIAN (M.) et BIBERSTEIN (L.) : 1984. Genus II. Haemophilus Winslow, Broadhurst, Buchanan, Krumwiede, Rogers and smith 1917, 561AL, p. 558-569. In N.R. Krieg et J.G. Holt (éds.) : Bergey’s Manual of Systematic Bacteriology, vol. 1. Williams & Wilkins, Baltimore, 1984, pp. 558-569.

MACLACHLAN (G.K.) et HOPKINS (G.F.) : Early death in pups due to Haemophilus haemoglobinophilus (canis) infection. Vet. Rec., 1978, 103, 409-410.

OSBALDISTON (G.W.) : 1971. Vaginitis in a bitch associated with Haemophilus sp. Am. J. Vet. Res., 1971, 32, 2067-2069.

 

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* Besoins en facteurs X et V (d'après: RENAUD (J.) et FRENEY (J.) : Haemophilus. In: J. FRENEY, F. RENAUD, W. HANSEN et C. BOLLET : Manuel de bactériologie clinique, 2ème édition, volume 3, Elsevier, collection Option Bio, Paris, 1994, pp. 1397-1419.) :

La technique la plus simple consiste à ensemencer par inondation une gélose dépourvue de facteur X et V comme une gélose trypticase soja puis à placer (après séchage) des disques du commerce imprégnés des facteurs X ou V ou X+V. Les disques doivent être conservés dans des conditions rigoureuses car les facteurs de croissance sont instables.

Le besoin en facteur V peut également s'étudier en utilisant une gélose dans laquelle on introduit, avant autoclavage, 5 à 10 p. cent de sang. Après autoclavage, le facteur X (thermostable) reste présent alors que le facteur V est détruit. Le facteur V sera alors apporté par une strie de staphylocoque (la croissance des staphylocoques apporte les facteurs X et V) ou d'entérocoque (la croissance des entérocoques apporte le facteur V mais pas le facteur X).

De nombreux milieux pouvant contenir de l'hémine (au moins à l'état de trace), le besoin en facteur X s'étudie de manière plus précise en ayant recours au test à la porphyrine.
Lorsqu'elles sont incubées en présence d'acide d -aminolévulinique, les souches X-indépendantes synthétisent du porphobilinogène ainsi que diverses porphyrines (uroporphyrinogène, coproporphyrinogène et protoporphyrine) qui sont des métabolites intermédiaires dans la synthèse de l'hémine. L'objet du test à la porphyrine est de caractériser soit le porphobilinogène soit la protoporphyrine.
Pour effectuer le test à la porphyrine :
. Préparer une solution d'acide d -aminolévulinique (Sigma) 2 mM avec MgSO4 0,8 mM dans du tampon phosphate 0,1 M pH 6,9.
. Répartir à raison de 0,5 mL dans des tubes en verre bouchés. La solution peut alors se conserver plusieurs mois à + 4 °C.
. Inoculer avec une anse pleine de culture, incuber 4 heures à 37 °C.
. Placer le tube sous une source UV à 360 nm. Une fluorescence rouge indique la présence de protoporphyrine et donc la possibilité de synthèse de l'hémine. La souche sera dite X-indépendante. En cas de réaction douteuse, la lecture peut être renouvelée après une incubation de 24 heures.
. Si le laboratoire ne dispose pas de la source UV, il est possible de rajouter dans le tube 0,5 mL de réactif de Kovacs puis de procéder à une agitation vigoureuse. Après séparation des phases, une coloration rouge dans la phase inférieure indique la présence de porphobilinogène et donc la possibilité de synthèse de l'hémine. Cette deuxième méthode nécessite de réaliser un témoin en incubant un tube sans acide d -aminolévulinique car la production éventuelle d'indole conduit à une coloration rouge dans la phase supérieure pouvant amener à une mauvaise interprétation.

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