J.P. Euzéby : Dictionnaire de Bactériologie Vétérinaire

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Créé le 03 novembre 1999
Dernière mise à jour le 01 décembre 2004

 

HELCOCOCCUS

 

Systématique

 

En 1993, Collins et al. publient les résultats d'une étude portant sur des coques à Gram positif, catalase négative, aéro-anaérobies, présentant quelques ressemblances avec ¤ Aerococcus viridans et isolés de l'homme. L'étude de la séquence des ARNr 16S montre que ces coques forment un groupe distinct au sein de la famille des Streptococcaceae. Ces bactéries étant identifiables sur la base de leurs caractères phénotypiques, les auteurs proposent la création d'un nouveau genre et d'une nouvelle espèce, Helcococcus kunzii.

En 1999, le séquençage des ARNr 16S permet à Collins et al. de placer, dans le genre Helcococcus, deux souches bactériennes isolées de moutons. Ces souches sont phylogénétiquement apparentées à Helcococcus kunzii mais elles s'en distinguent par leurs caractères phénotypiques (profil électrophorétique des protéines, caractères biochimiques) ce qui permet de décrire une nouvelle espèce, Helcococcus ovis.

En 2004, la nomenclature de Helcococcus sueciensis a été validement publiée pour une unique souche isolée d'une plaie chez une suédoise âgée de 83 ans. L'individualisation de cette nouvelle espèce repose sur l'étude des séquences codant pour les ARNr 16S et sur l'étude des protéines cellulaires.

La nomenclature de "Helcococcus pyogenica" a été effectivement publiée mais, à la date du 1er décembre 2004, ce taxon n'a pas été validement publié et il n'est pas inclus dans ce fichier.

 

Caractères bactériologiques

 

Comme c'est le cas pour de nombreux taxons récemment décrits au sein de la famille des Streptococcaceae, la définition du genre Helcococcus et de ses trois espèces repose, avant tout, sur l'étude des séquences des ARNr 16S et sur le profil électrophorétique des protéines. Dans ces conditions, les caractères phénotypiques "classiques" ne sont que des alibis permettant de respecter les règles autorisant la description de nouveaux taxons.
Les articles décrivant le genre Helcococcus, Helcococcus kunzii, Helcococcus ovis et Helcococcus sueciensis ont pour premier auteur M.D. Collins et il serait logique que les caractères phénotypiques mentionnés dans les trois publications soient comparables. Toutefois, ce n'est pas le cas ainsi, à titre d'exemple, dans la première publication, les auteurs considèrent que la stimulation de la croissance par le Tween 80 ou par le sérum de cheval est un critère important pour caractériser le genre Helcococcus alors que, dans les deux autres publications, ce caractère n'est pas étudié. De même, quelques caractères considérés comme essentiels pour permettre une orientation du diagnostic au sein de la famille des Streptococcaceae sont donnés pour Helcococcus kunzii, mais pas pour Helcococcus ovis ou Helcococcus sueciensis : croissance en présence de 6,5 p. cent de NaCl, test bile-esculine, croissance à 10 °C, croissance à 45 °C.

Le genre Helcococcus rassemble des coques à Gram positif, non acido-résistants, légèrement ovoïdes, se présentant de manière isolée ou groupés par deux ou en courtes chaînes, immobiles, non sporulés, catalase négative, aéro-anaérobies, nitrate réductase négative, acidifiant le glucose sans production de gaz, sensibles à la vancomycine (la sensibilité à cet antibiotique n'a pas été étudiée pour Helcococcus sueciensis), non pigmentés et non hémolytiques sur gélose au sang de mouton.
Ces caractères ne permettent pas de distinguer, avec certitude, le genre Helcococcus d'autres genres de la famille des Streptococcaceae (voir tableau I) et le diagnostic se réalisera directement au niveau de l'espèce. Helcococcus kunzii et Helcococcus sueciensis ne présentent pas d'intérêt en médecine vétérinaire et les caractères mentionnés ci-dessous sont ceux de Helcococcus ovis. Quelques caractères permettant de différencier les trois espèces du genre Helcococcus sont toutefois présentés dans le tableau II.

Les caractères biochimiques ont été étudiés à l'aide de galeries API ZYM et de galeries API ID32 Strep. Les résultats obtenus avec les deux souches de Helcococcus ovis sont les suivants :
. Caractères positifs : phosphatase alcaline, phosphatase acide, bêta-glucuronidase et leucine arylamidase.
. Caractères négatifs : ADH, VP, hydrolyse de l'esculine, hydrolyse de l'hippurate, hydrolyse de l'amidon, gélatinase, uréase, alpha-galactosidase, bêta-glucosidase, alanyl-phénylalanine-proline arylamidase, glycyl-tryptophane arylamidase, chymotrypsine, alpha-fucosidase, estérase C4, estérase lipase C8, lipase C14, alpha-mannosidase, bêta-mannosidase, trypsine, valine arylamidase, pyrrolidonyl arylamidase, N-acétyl-bêta-glucosaminidase, acidification de l'amidon, du D-arabitol, du L-arabinose, de l'inuline, du lactose, du mannitol, du mélibiose, du mélézitose, du méthyl-bêta-D-glucopyranoside, du pullulane, du raffinose, du ribose, du sorbitol, du saccharose, du tagatose, du tréhalose et du D-xylose.
. Caractères variables : cystine arylamidase, bêta-galactosidase, phospho-amidase, acidification de la cyclodextrine, du glycogène et du maltose.

Helcococcus ovis n'acidifie qu'un nombre très restreint de sucres et cette caractéristique est importante à prendre en compte pour le diagnostic.
¤ Eremococcus coleocola possède également un pouvoir fermentatif très limité et quelques caractères permettant de différencier Helcococcus ovis et ¤ Eremococcus coleocola figurent dans le tableau III.

Sur gélose Columbia au sang de mouton, incubée à 37 °C, les colonies obtenues, après un temps d'incubation non précisé, ont la taille d'une tête d'épingle. A l'isolement, l'une des deux souches présentait un phénomène de satellitisme vis-à-vis d'une souche de Staphylococcus sp. Cette dépendance a été perdue lors de sub-cultures effectuées en atmosphère micro-aérophile.

 

Habitat et pouvoir pathogène

 

Helcococcus kunzii n'a été isolée que chez l'homme et cette bactérie semble faire partie de la flore cutanée. Son pouvoir pathogène est certainement faible mais, elle a été isolée, le plus souvent en association avec d'autres bactéries, de plaies, d'ulcères, d'abcès, d'un kyste sébacé et d'un cas d'ostéomyélite.
L'unique souche de Helcococcus sueciensis provient d'une plaie. Aucune autre précision n'a été donnée à la CCUG qui a reçu cette souche pour identification.

Les deux souches de Helcococcus ovis ont été isolées chez le mouton, en Ecosse et en Espagne. L'habitat et le pouvoir pathogène de cette espèce sont inconnus. Une des souches a été isolée, en association avec ¤ Arcanobacterium pyogenes, des poumons, du foie et de la rate d'un mâle adulte. L'autre souche a été isolée, en association avec un staphylocoque, d'une brebis présentant une mammite sub-clinique.

 

 Orientation bibliographique

 

CALIENDO (A.M.), JORDAN (C.D.) et RUOFF (K.L.) : Helcococcus, a new genus of catalase-negative, Gram-positive, cocci isolated from clinical specimens. J. Clin. Microbiol., 1995, 33, 1638-1639.

COLLINS (M.D.), FACKLAM (R.R.), RODRIGUES (U.M.) et RUOFF (K.L.) : Phylogenetic analysis of some Aerococcus-like organisms from clinical sources: description of Helcococcus kunzii gen. nov., sp. nov. Int. J. Syst. Bacteriol., 1993, 43, 425-429.

COLLINS (M.D.), FALSEN (E.), BROWNLEE (K.) et LAWSON (P.A.) : Helcococcus sueciensis sp. nov., isolated from a human wound. Int. J. Syst. Evol. Microbiol., 2004, 54, 1557-1560.

COLLINS (M.D.), FALSEN (E.), FOSTER (G.), MONASTERIO (L.R.), DOMINGUEZ (L.) et FERNANDEZ-GARAZABAL (J.F.) : Helcococcus ovis sp. nov., a Gram-positive organism from sheep. Int. J. Syst. Bacteriol., 1999, 49, 1429-1432.

 

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