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Créé le 07 juin 1998
JANTHINOBACTERIUM, JANTHINOBACTERIUM LIVIDUM
Autres dénominations :
Voir aussi les fichiers : ¤ Oxalobacteraceae et ¤ Burkholderiales, Burkholderiaceae.
Systématique
Avant 1978, le genre ¤ Chromobacterium rassemblait deux espèces ¤ Chromobacterium violaceum (espèce type du genre) et "Chromobacterium lividum". Ces deux espèces présentaient des caractères très différents et dès 1960 Sneath soulignait qu'elles pouvaient appartenir à deux genres distincts.
En 1978, De Ley et al. publient les résultats d'une étude basée sur des hybridations ADN-ARNr et sur des hybridations ADN-ADN. Leurs résultats montrent que ¤ Chromobacterium violaceum et "Chromobacterium lividum" n'appartiennent pas à un même genre. Ces auteurs restreignent le genre ¤ Chromobacterium à l'espèce ¤ Chromobacterium violaceum et ils proposent la création du genre Janthinobacterium constitué de la seule espèce Janthinobacterium lividum.
En 1999, Lincoln et al. décriront une nouvelle espèce du genre Janthinobacterium, Janthinobacterium agaricidamnosum dont les souches sont responsables d'une maladie du champignon de couche (Agaricus bisporus). Cette infection, appelée pourriture molle (soft rot), a été décrite en Angleterre et en France et elle peut conduire à une liquéfaction complète des champignons en 48 heures. Le genre Janthinobacterium est actuellement considéré comme un représentant de la famille des ¤ Oxalobacteraceae (ordre des ¤ Burkholderiales, classe des ¤ Betaproteobacteria, phylum des "Proteobacteria", domaine ou empire des "Bacteria" ou des "Eubacteria").
Caractères bactériologiques
Le genre Janthinobacterium rassemble des bacilles à Gram négatif, de 0,8 à 1,5 µm de diamètre sur 1,8 à 6,0 µm de longueur, mobiles, non sporulés, strictement aérobies, à métabolisme oxydatif, catalase et oxydase positives, non indologènes, ne produisant pas d'acétoïne.
Lincoln et al. ont étudié les caractères de 6 souches (3 souches de chacune des deux espèces) à l'aide de galeries BIOLOG GN, API 50CH et API 20NE. Seuls les résultats obtenus à l'aide de galeries API sont rapportés ci-dessous.
Outre les caractères de genre, Janthinobacterium lividum (seule espèce d'intérêt vétérinaire) présente les caractères suivants :
La croissance de Janthinobacterium lividum a lieu en 3 jours à des températures comprises entre 4 et 30 °C et pour des concentrations de NaCl comprises entre 0 et 2 p. cent. Par contre, cette espèce ne pousse ni à 37 °C ni en présence de 3 p. cent de NaCl. La culture se traduit par l’apparition de colonies ayant souvent un aspect gélatineux ou caoutchouteux. En bouillon on observe l'apparition d'un anneau violet. La pigmentation bleue des colonies est généralement peu intense et lente à apparaître.
Les principaux caractères permettant de différencier Janthinobacterium lividum de quelques espèces produisant de la violacéine figurent dans le tableau I. Les caractères permettant de différencier les deux espèces du genre Janthinobacterium sont donnés dans le tableau II.
Habitat et pouvoir pathogène
Janthinobacterium lividum est une bactérie du milieu extérieur et elle est isolée du sol, de l’eau douce, de l'environnement marin et des eaux usées.
Des souches de Janthinobacterium lividum produisent des décapeptides cycliques lactoniques, les janthinomycines A, B et C, qui possèdent une activité sur les bactéries à Gram positif aérobies et anaérobies à l'exception de ¤ Clostridium difficile.
La contamination de denrées alimentaires par des souches de Janthinobacterium lividum peut colorer les aliments en bleu ou provoquer la formation de taches bleues. Une étude publiée dans une revue thaïlandaise (voir Patijanasoontorn et al. J Med Assoc Thai., 1992, 75, Suppl. 2, 6-10 ; résumé disponible sur PubMed) décrit 9 cas de septicémie (dont 7 mortels) observés chez des patients hospitalisés. Ces infections nosocomiales résultaient de l'emploi de bains de bouche, d'eau distillée et d'eau physiologique contaminés. En 1992, Janthinobacterium lividum a été associé à une maladie des salmonidés, Oncorhyncus mykiss. La maladie dénommée "rainbow trout fry syndrome" atteint les alevins de 0,2 à 1 gramme et elle a été observée dans des élevages d'Écosse et d’Irlande du Nord. Cliniquement, elle se traduit par de la mortalité, une exophtalmie, un ramollissement de l’abdomen, une altération des branchies et des anomalies de la peau. L’inoculation expérimentale du germe reproduit les signes cliniques.
Orientation bibliographique
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