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Créé le 12 octobre 2002
LONEPINELLA, LONEPINELLA KOALARUM
Autre dénomination :
Voir aussi le fichier : ¤ Pasteurellaceae, Pasteurellales.
Introduction
Les tanins sont des polyphénols présents dans de nombreuses plantes et capables de se lier à des polyosides et aux protéines. La présence de tanins fixés sur les protéines peut modifier leur rôle (par exemple, inhibition de l'activité des enzymes) et provoquer leur précipitation. Dans le cas des protéines alimentaires, cette insolubilisation rend les protéines inaccessibles aux enzymes digestives. Chez les herbivores ingérant des végétaux riches en tanins ceci se traduira par une moindre utilisation digestive et métabolique de ces nutriments. Les herbivores adaptés à une alimentation riche en tanins ont développé des mécanismes de protection telle que la synthèse de protéines salivaires riches en proline qui "neutralisent" les tanins. Des micro-organismes, présents dans la flore digestive des animaux ingérant une alimentation riche en tanins, sont également capables de dégrader les tanins et de permettre une valorisation des aliments. Lonepinella koalarum est le nom donné à une espèce bactérienne présente dans l'intestin des koalas et apte à dégrader les complexes tanins-protéines.
Systématique
Les koalas (Phascolarctos cinereus*), bien qu'étant capables de consommer d'autres végétaux, se nourrissent essentiellement d'eucalyptus dont les feuilles sont riches en tanins. La flore fécale des koalas, ainsi que celle d'autres herbivores, renferme des souches de ¤ Streptococcus gallolyticus aptes à dégrader les complexes tanins-protéines. En 1992, Osawa a recherché, dans les fèces et dans la flore caecale des koalas, la présence de bactéries autres que ¤ Streptococcus gallolyticus et capables de dégrader les complexes tanins-protéines.
En 1995, Osawa et al. publient les résultats d'un travail taxonomique portant sur huit souches T-PCDE. Ces huit souches se répartissent en quatre biovars, le biovar a (3 souches), le biovar b (2 souches), le biovar c (2 souches) et le biovar d (1 souche).
Caractères bactériologiques
Les souches de Lonepinella koalarum se présentent sous la forme de cellules coccoïdes (0,5 µm de diamètre sur 2 µm de longueur) ou de courts bacilles (0,5 µm de diamètre sur 3 à 5 µm de longueur) ou de formes filamenteuses (0,5 µm de diamètre sur 50 à 100 µm de longueur). Ce sont des bactéries à Gram négatif, immobiles, aéro-anaérobies, oxydase et catalase négatives, n'exigeant ni le facteur X (hémine) ni le facteur V (NAD). Lonepinella koalarum hydrolyse les tanins** avec libération d'acide gallique puis décarboxyle l'acide gallique (la mise en évidence d'une gallate décarboxylase nécessite un appareillage particulier et ne peut être effectuée en routine). La possession d'une tanase et d'une gallate décarboxylase sont des caractéristiques originales, non décrites chez les autres représentants de la famille des Pasteurellaceae.
Les autres caractères phénotypiques ont été étudiés à l'aide de galeries API 20E. Des fautes de frappe se sont malheureusement glissées dans l'article de Osawa et al. ; par exemple, dans le tableau I, la production d'indole est un caractère négatif mais, dans la description du genre Lonepinella, il est indiqué que les souches sont indologènes. Aussi, les résultats présentés ci-dessous tiennent compte des caractères figurant dans l'article de Osawa en 1992.
Les colonies obtenues sur gélose Wilkins-Chalgren (Oxoid), après trois jours d'incubation à 35 °C dans une atmosphère micro-aérophile, sont lisses, plus ou moins convexes, grises ou blanches, non pigmentées et leur diamètre atteint 1 à 3 mm.
Le milieu sélectif, utilisé pour isoler les souches de Lonepinella koalarum à partir des fèces de koalas, est constitué d'une gélose Wilkins-Chalgren contenant du chlorhydrate de vancomycine à la concentration de 2,5 mg/L.
Habitat
Lonepinella koalarum est l'une des espèces bactériennes colonisant l'épithélium caecal des koalas. Les cellules bactériennes, entraînées par le péristaltisme, peuvent également être présentes dans les selles. Les koalas semblent avoir établi une symbiose avec des bactéries capables de dégrader les complexes tanins-protéines, ce qui leur permet d'utiliser une nourriture riche en tanins. Après ¤ Streptococcus gallolyticus, Lonepinella koalarum est la deuxième espèce bactérienne synthétisant une tanase et isolée de l'intestin des koalas. Lonepinella koalarum est quantitativement plus abondante que ¤ Streptococcus gallolyticus et cette espèce aurait un rôle majeur dans la digestion des feuilles d'eucalyptus.
Orientation bibliographique
OSAWA : Tannin-protein complex-degrading enterobacteria isolated from the alimentary tracts of koalas and a selective medium for their enumeration. Appl. Environ. Microbiol., 1992, 58, 1754-1759. OSAWA (R.), RAINEY (F.), FUJISAWA (T.), LANG (E.), BUSSE (H.J.), WALSH (T.P.) et STACKEBRANDT (E.) : Lonepinella koalarum gen. nov., sp. nov., a new tannin-protein complex degrading bacterium. Syst. Appl. Microbiol., 1995, 18, 368-373.
Quelques références sur l'influence des tanins dans l'alimentation des herbivores et sur les bactéries aptes à dégrader les tanins :
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Classification de Phascolarctos cinereus d'après le NCBI Taxonomy Browser : Eukaryota ; Metazoa ; Chordata ; Craniata ; Vertebrata ; Euteleostomi ; Mammalia ; Metatheria ; Diprotodontia ; Phascolarctidae ; Phascolarctos ; Phascolarctos cinereus. Pour quelques renseignements sur Phascolarctos cinereus voir le fichier Phascolarctos cinereus sur le site Museum of Zoology (University of Michigan).
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