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Créé le 04 mai 2007
LYSINIBACILLUS SPHAERICUS
Voir aussi le fichier Bacillus.
Introduction
Lysinibacillus sphaericus est une espèce qui a été décrite en 1904 sous la nomenclature de Bacillus sphaericus.
La mise en évidence du pouvoir entomopathogène de quelques souches qualifiées de Lysinus (Bacillus) sphaericus a relancé l'intérêt porté à cette espèce. Les études taxonomiques montrent cependant que les souches entomopathogènes n'appartiennent pas à l'espèce Lysinibacillus sphaericus ce qui diminue considérablement l'importance pratique de ces bactéries. Si l'on ajoute que le pouvoir pathogène de Lysinibacillus sphaericus est classiquement considéré comme faible pour les vertébrés, on peut s'interroger sur l'utilité d'un tel fichier au sein d'un site consacré à la bactériologie vétérinaire.
Systématique
Le premier janvier 1980, la nomenclature de Bacillus sphaericus a été citée dans les Approved Lists of Bacterial Names.
En 1980, l'étude des homologies ADN-ADN, réalisée sur 62 souches de Bacillus sphaericus, permet à Krych et al. de définir cinq genomospecies* (groupes I à V) regroupant 50 des souches étudiées. La souche type de Bacillus sphaericus appartient au groupe d'homologie I qui constitue donc l'espèce Bacillus sphaericus sensu stricto. Les souches du groupe II sont elles mêmes subdivisées en deux sous-groupes (IIA et IIB) qui pourraient être considérées comme des sous-espèces d'une unique espèce. Il est important de remarquer que sur les 62 souches étudiées, toutes les souches entomopathogènes appartiennent au groupe IIA.
L'étude des ARNr 16S, réalisée par Nakamura, permet de diviser les souches de Bacillus sphaericus et de Bacillus fusiformis en 7 groupes. Le groupe 1 correspond au sous-groupe IIA de Krych et al., le groupe 2 à Bacillus fusiformis (sous-groupe IIB de Krych et al.), le groupe 3 représente Bacillus sphaericus sensu stricto et les groupes 4, 5, 6 et 7 représentent de nouveaux taxons.
En 2002, Nakamura et al. valident les nomenclatures de Bacillus pycnus et de Bacillus nedei pour les souches des groupes 6 et 7 qui peuvent être identifiées par quelques caractères phénotypiques. Compte tenu de ces changements et si l'on accepte que les souches du groupe 1 de Nakamura (ou souches du sous-groupe IIA de Krych et al.) appartiennent à l'espèce Bacillus fusiformis alors la nomenclature de Bacillus sphaericus regroupe les souches de Bacillus sphaericus sensu stricto ainsi que les souches des groupes 4 et 5 définis par Nakamura.
En mai 2007, Ahmed et al. valident la publication d'un nouveau genre et d'une nouvelle espèce, Lysinibacillus boronitolerans, pour accueillir des souches bactériennes isolées du sol et capables de résister à 150 mM de bore.
Caractères bactériologiques
Le genre Lysinibacillus regroupe des bacilles à Gram positif, sporulés (spore ovale ou sphérique,déformante en position subterminale ou terminale), mobiles, possédant un peptidoglycane du type A4α, oxydase et catalase positives, donnant une réponse négative aux tests nitrate réductase, production d'indole, production d'hydrogène sulfuré et ONPG.
Outre les caractères du genre Lysinibacillus, les souches de Lysinibacillus sphaericus sont constituées de bacilles à Gram positif se décolorant facilement, de 0,6 à 1,0 µm de diamètre X 1,5 à 5,0 µm de longueur, non groupés en chaînettes, aérobies strictes, à métabolisme strictement oxydatif, produisant une phénylalanine désaminase, hydrolysant la gélatine (lecture après plusieurs jours d'incubation), assimilant l'acétate, le gluconate et le DL-lactate.
La croissance est optimale pour une température comprise entre 10 et 40 °C. Aucune culture n'est obtenue à 50 °C. La croissance requiert de la biotine et de la thiamine mais pas de la cystine. Les colonies obtenues après 24 heures d'incubation sur une gélose au sang sont non hémolytiques, grisâtres ou blanchâtres, lisses, circulaires, à contour régulier et leur diamètre est d'environ 1 à 2 mm. De rares souches produisent un pigment rose.
Habitat et pouvoir pathogène
Lysinibacillus sphaericus est isolé du sol, de sédiments marins et de l'eau douce. Des souches de cette espèce sont également isolées du lait, de divers aliments et d'antiseptiques (alcool à 95).
Chez l'homme, Lysinibacillus sphaericus a été impliqué dans un cas de pathologie pulmonaire, dans un cas de méningite et dans quelques cas de septicémie chez des patients affaiblis (cancers ou immunodépression).
En médecine vétérinaire, des souches étiquetées Lysinibacillus (Bacillus) sphaericus sont isolées chez des canards. À la connaissance de l'auteur, une seule publication rapporte de tels isolements, mais plusieurs laboratoires semblent isoler des souches qualifiées de Lysinibacillus sphaericus (communications personnelles). Selon Gavaret et al. les souches sont isolées soit des poumons et de la trachée, en association avec des souches de Escherichia coli du sérovar O78 soit de nombreux en organes et notamment du cerveau, en association avec d'autres bactéries considérées comme non pathogènes. Pour ces auteurs, ces infections rappellent les infections à ¤ Riemerella anatipestifer et Lysinibacillus sphaericus serait un agent de surinfections respiratoires ou un agent responsable d'infections généralisées, septicémiques et susceptibles d'atteindre le système nerveux central.
Diagnostic bactériologique
Comme pour la très grande majorité des souches de Bacillus sensu lato, le diagnostic est difficile. Cette difficulté du diagnostic est exacerbée par l'inertie biochimique de Lysinibacillus sphaericus.
En ce qui concerne les souches d'origine humaine, les publications récentes basent le diagnostic sur l'utilisation du système bioMérieux Vitek après avoir vérifié que la souche bactérienne est constituée de bacilles sporulés (spore sphérique et déformante), aérobies strictes, mobiles, catalase et oxydase positives.
En médecine vétérinaire, l'identification semble reposer sur l'ensemencement d'une galerie API 20E (inoculum préparé en extrait globulaire et adjonction de paraffine dans les cupules servant à étudier l'acidification des sucres) après avoir mis en évidence un bacille à Gram positif (ou à Gram variable), d'environ 1 µm de diamètre, catalase et oxydase positives et cultivant sur une gélose de MacConkey sans cristal violet. La coloration de Gram, le diamètre de la bactérie et la possibilité de croissance sur MacConkey différencient Lysinibacillus sphaericus de ¤ Riemerella anatipestifer. Il convient de remarquer que ni la densité de l'inoculum ni le profil biochimique obtenu avec une galerie API 20E ne sont précisés***. Les auteurs ne mentionnent ni la présence d'une spore ni le type respiratoire, mais selon H. Gantelet (communication personnelle en date du 16 juin 2003), les souches sont aérobies strictes et présentent une spore.
Sensibilité aux antibiotiques
Les cinq souches étudiées par Gavaret et al. sont sensibles à l'ampicilline, à l'amoxicilline, au ceftiofur, à la tétracycline, à la doxycycline, à la fluméquine et à l'enrofloxacine. La sensibilité est variable vis-à-vis de l'association triméthoprime-sulfadiazine et une résistance est notée pour la colistine et la gentamicine. Les souches isolées de l'homme semblent sensibles aux fluoroquinolones, aux glycopeptides, à l'association d'une bêta-lactamine avec un inhibiteur des bêta-lactamases et aux aminosides.
Orientation bibliographique
AHMED (I.), YOKOTA (A.), YAMAZOE (A.) et FUJIWARA (T.) : Proposal of Lysinibacillus boronitolerans gen. nov., sp. nov., and transfer of Bacillus fusiformis to Lysinibacillus fusiformis comb. nov. and Bacillus sphaericus to Lysinibacillus sphaericus comb. nov. Int. J. Syst. Evol. Microbiol., 2007, 57, 1117-1125. CASTAGNOLA (E.), FIOREDDA (F.), BARRETTA (M.A.), PESCETTO (L.), GARAVENTA (A.), LANINO (E.), MICALIZZI (C.), GIACCHINO (R.) et DINI (G.) : Bacillus sphaericus bacteraemia in children with cancer: case reports and literature review. Journal of Hospital Infection, 2001, 48, 142–145. CLAUS (D.) et BERKELEY (R.C.W.) : Genus Bacillus Cohn 1872, 174AL. In: P.H.A. SNEATH, N.S. MAIR, M.E. SHARPE and J.G. HOLT (ed.) Bergey’s Manual of Systematic Bacteriology, vol. 2, The Williams & Wilkins Co., Baltimore, 1986, pp. 1105-1139. FOX (G.E.), WISOTZKEY (J.D.) et JURTSHUK Jr. (P.) : How close is close: 16S rRNA sequence identity may not be sufficient to guarantee species identity. Int. J. Syst. Bacteriol, 1992, 42, 166-170. GAVARET (T.), GANTELET (H.), THIBAULT (E.) et BALLOY (D.) : Infections à Bacillus sphaericus chez le canard : diagnostic différentiel des riemerelloses. 5ème Journées de la Recherche sur les palmipèdes à Foie Gras, Pau, les 9 et 10 octobre 2002. GUERINEAU (M.), ALEXANDER (B.) et PRIEST (F.G.) : Isolation and identification of Bacillus sphaericus strains pathogeneic for mosquito larvae. J. Invertebrate Pathol., 1991, 57, 325-333. HSUEH (P.R.), TENG (L.J.), YANG (P.C.), PAN, (H.L.), HO (S.W.) et LUH (K.T.) : Nosocomial pseudoepidemic caused by Bacillus cereus traced to contaminated ethyl alcohol from a liquor factory. J. Clin. Microbiol., 1999, 37, 2280-2284. KRYCH (V.A.), JOHNSON (J.L.) et YOUSTEN (A.A.) : Deoxyribonucleic acid homologies among strains of Bacillus sphaericus. Int. J. Syst. Bacteriol., 1980, 30, 476-484. LOGAN (N.A.) et BERKELEY (R.C.W.) : Identification of Bacillus strains using the API system. J. Gen. Microbiol., 1984, 130, 1871-1882. LOGAN (N.A.) et TURNBULL (P.C.B.) : Bacillus and recently derived genera. In : P.R. MURRAY, E.J. BARON, M.A. PFALLER, F.C. TENOVER et R.H. YOLKEN (éd.) : Manual of clinical microbiology, 7th edition, ASM Press, Washington, D.C., 1999, pp. 357-369. LOGAN (N.A.) et TURNBULL (P.C.B.) : Bactéries aérobies sporulées. In : J. FRENEY, F. RENAUD, W. HANSEN et C. BOLLET : Précis de bactériologie clinique, Editions ESKA, Paris, 2000, pp. 965-981. NAKAMURA (L.K.) : Bacillus pseudomycoides sp. nov. Int. J. Syst. Bacteriol., 1998, 48, 1031-1035. NAKAMURA (L.K.) : Phylogeny of Bacillus sphaericus-like organisms. Int. J. Syst. Evol. Microbiol., 2000, 50, 1715-1722. NAKAMURA (L.K.), SHIDA (O.), TAKAGI (H.) et KOMAGATA (K.) : Bacillus pycnus sp. nov. and Bacillus neidei sp. nov., round-spored bacteria from soil. Int. J. Syst. Evol. Microbiol., 2002, 52, 501–505. PRIEST (F.G.), AQUINO DE MURO (M.) et KAJI (D.A.) : Systematics of insect pathogenic bacilli: uses in strain identification and isolation of novel pathogens. In : F.G. PRIEST, A. RAMOS-CORMENZANA et B.J. TINDALL: Bacterial diversity and systematics, Plenum Press, New york, 1994, pp. 275-295. PRIEST (F.G.), GOODFELLOW (M.) et TODD (C.) : A numerical classification of the genus Bacillus. J. Gen. Microbiol., 1988, 134, 1847-1882. RIVA (O.N.), SOROKULOVA (I.B.) et SMIRNOV (V.V.) : Simplified technique for identification of the aerobic spore-forming bacteria by phenotype. Int. J. Syst. Evol. Microbiol., 2001, 51, 1361-1371. RHEIMS (H.), FRÜHLING (A.), SCHUMANN (P.), ROHDE (M.) et STACKEBRANDT (E.) : Bacillus silvestris sp. nov., a new member of the genus Bacillus that contains lysine in its cell wall. Int. J. Syst. Bacteriol., 1999, 49, 795-802. STACKEBRANDT (E.) et GOEBEL (B.M.) : Taxonomic note: A place for DNA-DNA reassociation and 16S rRNA sequence analysis in the present species definition in bacteriology. Int. J. Syst. Bacteriol., 1994, 44, 846-849. WOODBURN (M.A.), YOUSTEN (A.A.) et HILU (K.H.) : Random amplified polymorphic DNA fingerprinting of mosquito-pathogenic and nonpathogenic strains of Bacillus sphaericus. Int. J. Syst. Bacteriol., 1995, 45, 212-217. XU (D.) et CÔTÉ (J.C.) : Phylogenetic relationships between Bacillus species and related genera inferred from comparison of 3' end 16S rDNA and 5' end 16S-23S ITS nucleotide sequences. Int. J. Syst. Evol. Microbiol., 2003, 53, 695-704.
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** : Test au KOH (technique décrite par Ryu en 1938) : Le test au KOH peut être utilisé en cas de doute sur les résultats d'une coloration de Gram. Il se base sur le fait que la paroi des bactéries à Gram négatif est lysée par le KOH alors que la paroi des bactéries à Gram positif n'est pas détruite. Chez les bactéries à Gram négatif, la lyse de la paroi libère l'ADN qui formera une substance visqueuse au contact du KOH. Le test se réalise de manière extrêmement simple et rapide. Les cultures à examiner doivent être âgées de moins de 48 heures. Avec une effilure de pipette Pasteur, on prélève un fragment de colonie bactérienne qui est placé dans deux gouttes d'une solution de KOH à 3 p. cent. Après avoir homogénéisé la culture dans le KOH durant 15 à 30 secondes, l'effilure de la pipette est retirée lentement du liquide. Lorsque la bactérie est à Gram négatif, il se forme un filament visqueux, bien visible si on a pris la précaution de lever la lame à hauteur des yeux. Pour une bactérie à Gram positif la formation de filaments n'est pas observée.
*** : Utilisation des galeries API 20E pour l'identification des Bacillus sensu lato.
En 1984, Logan et Berkeley ont publié un article consacré à l'identification des Bacillus sensu lato et utilisant des galeries API 20E et 50 CHB.
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