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Créé le 23 mai 2001
LACTOBACILLUS PSITTACI
Systématique
Le genre Lactobacillus* renferme renferme de nombreuses espèces ou sous-espèces (voir le fichier Lactobacillus in List of Procaryotic names with Standing in Nomenclature) associées aux muqueuses de l'homme et de l'animal et jouant un rôle important dans l'industrie agro-alimentaire (ferments, producteurs d'arômes, probiotiques...) ou dans l'industrie pharmaceutique (préparations visant à maintenir ou à restaurer les flores).
Plusieurs espèces du genre Lactobacillus ont été isolées chez les oiseaux notamment, Lactobacillus animalis (fèces), Lactobacillus aviarius (fèces), Lactobacillus brevis (fèces), Lactobacillus cellobiosus (fèces), Lactobacillus crispatus (fèces), Lactobacillus acidophilus (intestin, cloaque), Lactobacillus fermentum (intestin, cloaque), Lactobacillus gallinarum (fèces), Lactobacillus johnsonii (fèces), Lactobacillus reuteri (intestin), Lactobacillus salivarius (langue, pharynx, larynx, voies respiratoires, voies génitales, cloaque) et ¤ Lactobacillus thermotolerans (fèces).
Caractères bactériologiques
Lactobacillus psittaci possède les caractères généraux du genre Lactobacillus. Il se présente sous la forme de cocco-bacilles ou de petits bacilles à Gram positif, isolés ou groupés par deux, non sporulés, aéro-anaérobies, catalase et oxydase négatives, capables de croître à pH 5,4.
Les caractères biochimiques, obtenus avec des galeries API CORYNE, API rapid ID32 Strep et API ZYM, sont les suivants:
En utilisant un milieu semi-solide***, l'acidification du glucose s'accompagne de la production de gaz.
Après 24 heures d'incubation à 37 °C dans une atmosphère contenant 5 p. cent de dioxyde de carbone, les colonies, obtenues sur gélose Columbia enrichie de 5 p. cent de sang défibriné de cheval, ont un diamètre de 1 à 2 mm, elles sont non pigmentées, dépourvues d'odeur particulière et elles s'entourent d'une zone d'hémolyse alpha.
Habitat, pouvoir pathogène et diagnostic différentiel
L'unique souche de Lactobacillus psittaci a été isolée, en culture pure, des sacs aériens d'un ara hyacinthe adulte. Les symptômes cliniques ne sont pas décrits mais Lawson et al. précisent que l'autopsie de l'animal a permis de mettre en évidence une importante aérosacculite. L'isolement en culture pure, à partir de sacs aériens présentant une inflammation, suggère que Lactobacillus psittaci est une bactérie pathogène opportuniste. Un tel pouvoir pathogène opportuniste est d'ailleurs bien connu chez l'homme où des souches de lactobacilles peuvent être responsables de diverses infections (endocardites, septicémies, péritonites, abcès...) notamment chez des individus affaiblis. Lawson et al. espèrent que la description de cette espèce permettra des identifications ultérieures aptes à préciser l'habitat et le pouvoir pathogène de cette bactérie. Malheureusement, l'identification des lactobacilles est difficile. Pour se limiter aux espèces identifiées chez les oiseaux et fermentant le glucose par voie hétérofermentaire (production de gaz), on peut noter que Lactobacillus fermentum acidifie le mélibiose et ne cultive pas à 15 °C et que Lactobacillus reuteri ne cultive pas à 15 °C et acidifie l'arabinose et le mélibiose.
Orientation bibliographique
KAWAGUCHI (I.), HAYASHIDANI (H.), KANEKO (K.I.), OGAWA (M.) et BENNO (Y.) : Bacterial flora of the respiratory tracts in chicken with a particular reference to Lactobacillus species. J. Vet. Med. Sci., 1992, 54, 261-267. ROSSELLÓ-MORA (R.) et AMANN (R.) : Review. The species concept for prokaryotes. FEMS Microbiol. Rev., 2001, 25, 39-67. Quelques articles de synthèse consacrés au pouvoir pathogène des lactobacilles chez l'homme : AGUIRRE (M.) et COLLINS (M.D.) : Lactic acid bacteria and human clinical infection. J. Appl. Bacteriol., 1993, 75, 95-107. GASSER (F.) : Safety of lactic acid bacteria and their occurence in human clinical infections. Bull. Inst. Pasteur, 1994, 92, 45-67. HARTY (D.W.S.), OAKEY (H.J.), PATRIKAKIS (M.), HUME (E.B.H.) et KNOX (K.W.) : Pathogenic potential of lactobacilli. Int. J. Food Microbiol., 1994, 24, 179-189. HUSNI (R.N.), GORDON (S.M.), WASHINGTON (J.A.) et LONGWORTH (D.L.) : Lactobacillus bacteremia and endocarditis: review of 45 cases. Clin. Infect. Dis., 1997, 25, 1048-1055.
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* : Le genre Lactobacillus
Le genre Lactobacillus est, quantitativement, le plus important des genres du groupe des bactéries lactiques.
Les souches de lactobacilles sont constituées de bactéries à Gram positif. Généralement les cellules se présentent sous la forme de bacilles longs et fins (parfois incurvés) ou de coccobacilles dont la forme évoque une corynébactérie. Toutefois, les souches de ¤ Lactobacillus equigenerosi et de Lactobacillus gastricus sont constituées de coques ou de cellules ovoïdes. Les lactobacilles sont non sporulés, généralement immobiles (pour les souches mobiles, la ciliature est péritriche), catalase négative, généralement nitrate réductase négative, gélatinase négative, possédant un métabolisme fermentatif (l'acide lactique représente au moins 50 p. cent des produits de fermentation) et présentant des exigences nutritionnelles complexes. Le type respiratoire est très généralement aéro-anaérobie, mais une atmosphère strictement aérobie a souvent un effet inhibiteur sur la croissance. La croissance sur des milieux solides est généralement stimulée par une réduction de la tension en oxygène et par l'adjonction de 5 à 10 p. cent de dioxyde de carbone. Quelques espèces ne cultivent qu'en anaérobiose lors de l'isolement et ¤ Lactobacillus equicursoris est une espèce anaérobie. La température optimale de croissance est généralement comprise entre 30 et 40 °C. Mais, selon les espèces, une culture peut être observée pour des températures variant de 2 à 53 °C.
Les lactobacilles ont un habitat vaste et ils sont présents dans de nombreux biotopes : eau, sol, lait et produits laitiers, végétaux, ensilages, produits carnés, poissons, bière, vin, fruits et jus de fruits, intestin, bouche et vagin de l'homme et de nombreuses espèces animales. Plusieurs espèces du genre sont utilisées comme probiotiques et les lactobacilles jouent un rôle important dans la technologie des denrées alimentaires.
En 1919, Orla-Jensen a proposé de diviser le genre en trois sous-genres : "Thermobacterium", "Streptobacterium" et "Betabacterium". Ces nomenclatures n'ont pas été retenues par les Approved Lists of Bacterial Names, elles n'ont pas été validées depuis le premier janvier 1980 et elles n'ont pas de statut dans la nomenclature.
La liste des espèces incluses dans le genre est donnée dans le fichier Lactobacillus in List of Prokaryotic names with Standing in Nomenclature. Pour plus d'information, voir HAMMES (W.P.) et HERTEL (C.) : Genus I. Lactobacillus beijerinck 1901, 212AL. In: P. DE VOS, G.M. GARRITY, D. JONES, N.R. KRIEG, W. LUDWIG, F.A. RAINEY, K.H. SCHLEIFER and W.B. WHITMAN (eds): Bergey's Manual of Systematic Bacteriology, second edition, vol. 3 (The Firmicutes), Springer, Dordrecht, Heidelberg, London, New York, 2009, pp. 465-511.
** : Quelques informations sur l'ara hyacinthe.
L'ara hyacinthe est le plus grand perroquet au monde et son plumage bleu profond en fait l'un des plus beaux. Originaire de l'Amérique du Sud, l'espèce est classée comme menacée d'extinction et protégée. Son déclin a été causé par le commerce illégal d'animaux exotiques, par la chasse pour la chair et le plumage et par la déforestation de l'habitat, qui entraîne la disparition des grands arbres utilisés pour la nidification. En 1995, 246 individus répartis dans 13 institutions privées et 57 institutions zoologiques, participaient au programme de survie de l'espèce (Species Survival Plan). La population captive ainsi obtenue se porte bien et son taux de reproduction est adéquat. Le braconnage et le commerce illégal se poursuivent toutefois à l'endroit de cet oiseau à la valeur marchande élevée. Pour une photographie voir le fichier "L'ara hyacinthe" (Biodôme de Montréal) ou le fichier Psittacinae (Office Vétérinaire Fédéral, Suisse).
*** : Milieu semi-solide pour l'étude de la fermentation des sucres (D'après KLEIN (G.) et BONAPARTE (C.) : Lactobacillus. In : J. FRENEY, F. RENAUD, W. HANSEN et C. BOLLET : Précis de bactériologie clinique, Editions ESKA, Paris, 2000, pp. 983-992.)
Pour un litre de milieu :
pH 6,8 ± 0,2 à 25 °C Les sucres (stérilisés par filtration) sont ajoutés à la concentration finale de 1 p. cent.
**** : Bouillon MRS (DeMan, Rogosa et Sharpe)
Pour un litre de milieu:
pH 6,2 ± 0,2 à 25 °C
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