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Créé le 04 octobre 2001
MYCOBACTERIUM BOHEMICUM
La nomenclature de Mycobacterium bohemicum a été validement publiée le 29 octobre 1998 pour une unique souche, la souche DSM 44277, isolée de crachats d'un patient atteint de tuberculose à Mycobacterium tuberculosis. L'individualisation de cette nouvelle espèce repose sur l'analyse des acides gras et sur l'analyse des séquences des ARNr 16S qui révèle une parenté avec Mycobacterium kansasii, Mycobacterium gastri, Mycobacterium szulgai, Mycobacterium avium et Mycobacterium intracellulare.
Mycobacterium bohemicum est une mycobactérie non responsable de tuberculose (MAMT pour mycobactéries autres que les mycobactéries de la tuberculose) appartenant au groupe II de la classification de Runyon* (mycobactéries scotochromogènes à croissance lente).
Mycobacterium bohemicum présente les caractères généraux de la famille des Mycobacteriaceae** et du genre Mycobacterium***. Elle possède une catalase thermostable et une uréase mais elle donne une réponse négative aux tests accumulation de niacine, phosphatase acide, benzamidase, acétamidase, nicotinamidase, succinamidase, allantoïnamidase, alpha-estérase, bêta-estérase et bêta-galactosidase.
La culture est obtenue en 6 semaines sur un milieu de Löwenstein-Jensen incubé à 25 ou à 31 °C et en 4 semaines lorsque l'incubation est réalisée à 37 ou à 40 °C. La croissance est obtenue à 42 °C, mais aucune croissance n'est observée à 45 °C ou en présence de 5 p. cent de NaCl. Les colonies se pigmentent en jaune à l'obscurité, elles sont lisses et leur diamètre est de 1 à 2 mm. Quelques caractères culturaux et biochimiques permettant de différencier Mycobacterium bohemicum de quelques espèces du genre Mycobacterium à croissance lente et dont au moins 90 p. cent des souches sont aptes à croître à 42 °C sont donnés dans le tableau I. Les acides mycoliques sont du type alpha, cétonique, méthoxylé et dicarboxylique. Une telle combinaison d'acides mycoliques n'est pas retrouvée chez les autres espèces de mycobactéries à croissance lente mais elle a été décrite chez au moins une espèce à croissance rapide, Mycobacterium komossense. In vitro (étude réalisée sur milieu de Löwenstein-Jensen) la souche DSM 44277 est sensible à la cyclosérine, à la gentamicine, à l'amikacine et à la clarithromycine mais résistante à l'isoniazide, à la rifampicine, à la streptomycine, à l'éthambutol et à la ciprofloxacine.
L'habitat et le pouvoir pathogène de cette espèce sont mal connus. Cinq souches de Mycobacterium bohemicum ont été isolées de 53 prélèvements d'eau effectués en Finlande et l'eau pourrait constituer un réservoir de germes. Chez l'homme, les souches ont été isolées de crachats (une souche a été isolée en association avec ¤ Mycobacterium palustre), d'une adénite cervicale et d'une biopsie de peau. Pour Torkko et al., Mycobacterium bohemicum pourrait être potentiellement pathogène.
Orientation bibliographique
Site Web : Tuberculose. Techniques de diagnostic en mycobactériologie (Michel Fabre, Frédéric Augu & Stéphane Lecaudey)
REISCHL (U.), EMLER (S.), HORAK (Z.), KAUSTOVA (J.), KROPPENSTEDT (R.M.), LEHN (N.) et NAUMANN (L.) : Mycobacterium bohemicum sp. nov., a new slow-growing scotochromogenic mycobacterium. Int. J. Syst. Bacteriol., 1998, 48, 1349-1355. TORKKO (P.), SUOMALAINEN (S.), IIVANAINEN (E.), SUUTARI (M.), PAULIN (L.), RUDBÄCK (E.), TORTOLI (E.), VINCENT (V.), MATTILA (R.) et KATILA (M.) : Characterization of Mycobacterium bohemicum isolated from human, veterinary, and environmental sources. J. Clin. Microbiol., 2001, 39, 207-211. TORKKO (P.), SUOMALAINEN (S.), IIVANAINEN (E.), TORTOLI (E.), SUUTARI (M.), SEPPÄNEN (J.), PAULIN (L.) and KATILA (M.L.): Mycobacterium palustre sp. nov., a potentially pathogenic, slowly growing mycobacterium isolated from clinical and veterinary specimens and from Finnish stream waters. Int. J. Syst. Evol. Microbiol., 2002, 52, 1519-1525.
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Pour des raisons pratiques, les mycobactéries sont réparties en trois groupes : (i) Mycobacterium leprae ; (ii) les mycobactéries responsables de tuberculoses ou mycobactéries du complexe Mycobacterium tuberculosis (Mycobacterium africanum, Mycobacterium bovis, Mycobacterium microti et Mycobacterium tuberculosis) et (iii) les mycobactéries autres que les mycobactéries de la tuberculose (MAMT ou MOTT pour mycobacteria other than tuberculosis). Les MAMT étaient autrefois qualifiées de "mycobactéries atypiques" termes qui sont généralement abandonnés car ils pouvaient laisser croire que ces espèces n'étaient pas d'authentiques mycobactéries.
Dans la classification de Runyon, les MAMT sont distingués en quatre groupes :
La famille des Mycobacteriaceae La famille des Mycobacteriaceae constitue, avec les familles des Corynebacteriaceae (genres Corynebacterium et Turicella), des Dietziaceae (genre Dietzia), des Gordoniaceae (genre Gordonia), des Nocardiaceae (genres ¤ Nocardia et ¤ Rhodococcus), des Tsukamurellaceae (genres Tsukamurella) et des "Williamsiaceae" (genre Williamsia), le sous-ordre des Corynebacterineae placé dans l'ordre des Actinomycetales (voir le fichier ¤ Actinobacteria). Elle est constituée d'un unique genre, le genre Mycobacterium qui compte, à la date du 03 octobre 2001, 90 espèces dont deux (Mycobacterium avium et ¤ Mycobacterium fortuitum) sont divisées en sous-espèces (voir : ¤ Mycobacterium in ¤ List of Procaryotic Names with Standing in Nomenclature). La définition de la famille des Mycobacteriaceae et de son unique genre repose sur trois critères : l'acido-alcoolo-résistance, la composition des acides mycoliques et la valeur du G + C. p. cent.
. Acido-alcoolo-résistance
. Composition des acides mycoliques
. G + C p. cent
Caractères bactériologiques du genre Mycobacterium Les mycobactéries sont des bacilles droits ou légèrement incurvés, de 0,2 à 0,6mm de diamètre sur 1,0 à 10,0 mm de longueur, présentant parfois des renflements ou des ramifications, formant occasionnellement des hyphes rampants qui se fragmentent très facilement en éléments bacillaires (Mycobacterium farcinogenes et Mycobacterium senegalense donnent des filaments qui se fragmentent peu), ne formant jamais d’hyphes aériens visibles à l'œil nu, prenant difficilement la coloration de Gram mais considérés comme à Gram positif (en fait, la paroi des mycobactéries possède une structure plus complexe que la paroi des bactéries à Gram positif et, sur un frottis coloré par la technique de Gram, les mycobactéries apparaissent souvent comme non colorées, sous la forme de "fantômes" ce qui les fait qualifier parfois de "à Gram neutre"), acido-alcoolo-résistants (coloration de Ziehl-Neelsen, coloration de Kinyoun, coloration fluorescente à l’auramine phéniquée), immobiles, non sporulés, aérobies stricts, catalase positive.
Sur le plan structural, elles se caractérisent par une paroi originale, très riche en lipides (60 p. cent des constituants) et dont la constitution explique, au moins partiellement, les propriétés tinctoriales, la pathogénicité et la résistance à divers antibiotiques.
Selon les espèces, le temps de génération des mycobactéries varie de 2 heures à plus de 200 heures et les colonies ne sont visibles qu’après un temps d'incubation compris entre 2 jours et 10 semaines, voire plus. En fonction de leur vitesse de croissance, les espèces du genre Mycobacterium sont divisées en 2 groupes :
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