|
||
|
Dernière mise à jour le 26 mars 1999
MORAXELLA CAPRAE
Lors d’une enquête écopathologique effectuée en 1988 dans la région Rhône-Alpes, Richard et al. isolent, de la flore nasale de la chèvre, 24 souches de Moraxella sp. Huit de ces souches (les souches du groupe 2) possèdent des caractères bactériologiques qui permettent de les rapprocher de Moraxella bovis, de Moraxella lacunata ou de Moraxella nonliquefaciens*.
La position taxonomique de ces souches a été évaluée par hybridation ADN - ADN et par des tests de transformation génétique**.
Les souches de Moraxella caprae sont constituées de bacilles droits à Gram négatif, souvent groupés par 2 ou en courtes chaînes, immobiles, aérobies, oxydase, catalase et nitrate réductase positives, n’acidifiant pas les sucres, non protéolytiques, hydrolysant le Tween 80 et la tributyrine, donnant une réponse négative aux tests indole et urée. Après 18 heures d’incubation à une température comprise entre 30 et 37 °C, les colonies obtenues sur gélose au sang de mouton ou sur gélose au sang humain sont lisses, convexes, de couleur légèrement grisâtre et leur diamètre atteint 1 à 1,5 mm. Après 36 à 48 heures d’incubation les colonies grossissent et surtout, elles s’entourent d’une large zone d’hémolyse. La croissance est également observée sur gélose nutritive mais elle est moins luxuriante. Aucune culture ne se développe sur gélose de MacConkey.
Moraxella caprae se différencie facilement de Moraxella lacunata qui est non hémolytique et gélatinase positive et de Moraxella nonliquefaciens qui est non hémolytique et incapable d'hydrolyser le Tween 80.
Le pouvoir pathogène de cette espèce est inconnu et toutes les souches ont été isolées de la cavité nasale d’animaux sains.
Orientation bibliographique
KODJO (A.), DORIER (A.), LERONDELLE (C.) et RICHARD (Y.) : Isolation and characterization of a new biovar of Moraxella bovis from healthy caprine nasal swabs. Small Ruminant Research, 1994, 15, 87-95. KODJO (A.), EXBRAYAT (P.) et RICHARD (Y.) : Identification of Moraxella bovis and related species from calves with IBK and goats by qualitative genetic transformation assay. J. Vet. Med., 1994, B41, 336-343. KODJO (A.), MOUSSA (A.), BORGES (E.) et RICHARD (Y.) : Identification of Moraxella-like bacteria isolated from caprine and ovine nasal flora. J. Vet. Med., 1993, B40, 97-104. KODJO (A.), TONJUM (T.), RICHARD (Y.) et BOVRE (K.) : Moraxella caprae sp. nov., a new member of the classical moraxellae with very close affinity to Moraxella bovis. Int. J. Syst. Bacteriol., 1995, 45, 467-471. RICHARD (Y.), BORGES (E.), FAVIER (C.) et OUDAR (J.) : Flores nasale et pulmonaire de la chèvre. Ann. Rech. Vét., 1989, 20, 269-276.
AVIS JURIDIQUE IMPORTANT : Les informations qui figurent sur ce site sont soumises à une clause de non responsabilité et sont protégées par un copyright.
* : Ces trois espèces partagent en commun de nombreux caractères phénotypiques et elles sont génétiquement proches si bien qu’elles sont parfois désignées comme les "moraxelles du groupe Moraxella lacunata" ou comme les "moraxelles classiques". A ces 3 espèces, on peut rajouter Moraxella equi qui semble être un variant non hémolytique de Moraxella bovis. Les "moraxelles du groupe Moraxella lacunata" peuvent cependant être distinguées les unes des autres par des tests de transformation génétique, par hybridation ADN - ADN et par l’étude du polymorphisme électrophorétique des enzymes.
La transformation permet d’évaluer les relations génétiques entre différentes espèces car l’intégration de l’ADN exogène reflète, au moins partiellement, l’existence d’homologies. Les tests de transformation ont été utilisés pour l’étude taxonomique des genres Actinobacillus, Haemophilus, Micrococcus, Moraxella, Neisseria, Pasteurella et Streptococcus ainsi que pour l’étude des relations existant entre les espèces Agrobacterium tumefaciens et Rhizobium leguminosarum. Les tests de transformation nécessitent l’obtention de souches bactériennes mutantes (par exemple des mutants résistants à un antibiotique x) dont l’ADN servira aux tests et l’obtention de souches compétentes (souches réceptrices aptes à incorporer un ADN exogène) ayant conservé leur sensibilité à l’antibiotique x. Après mise en contact de l’ADN de la souche donatrice avec les bactéries réceptrices, les cellules transformées sont sélectionnées par culture sur un milieu contenant l’antibiotique. Dans un test de transformation quantitative, l’efficacité ou la fréquence de la transformation est évaluée en faisant le rapport du nombre de colonies obtenues après une transformation hétérologue (la souche donatrice d’ADN et la souche réceptrice appartiennent à des espèces différentes) sur le nombre de colonies obtenues après une transformation homologue (la souche donatrice d’ADN et la souche réceptrice appartiennent à une même espèce). D’une manière générale, l’efficacité de la transformation est de l’ordre de 2 X 10-1 lorsque les souches donatrices et réceptrices appartiennent à des espèces différentes d’un même genre, elle est de l’ordre de 10-3 lorsque les souches appartiennent à des genres différents d’une même famille et de 10-6 lorsque les souches appartiennent à des familles différentes. Dans le cas particulier des souches appartenant au "groupe des moraxelles classiques", l’efficacité de la transformation varie entre 0,3 et 1,0 pour des souches d’une même espèce et elle varie de 10-1 à 10-3 pour des souches d’espèces différentes. Les techniques de transformation sont actuellement peu utilisées en systématique bactérienne et elles sont délicates à réaliser. Références : BOVRE (K.) : Studies on transformation in Moraxella and organisms assumed to be related to Moraxella. 3. Quantitative sterptomycin resistance transformation between Moraxella bovis and Moraxella nonliquefaciens strains. Acta Path. et Microbiol. Scandinav., 1965, 63, 42-50. BOVRE (K.) : Studies on transformation in Moraxella and organisms assumed to be related to Moraxella. 5. Streptomycin resistance transformation between serum-liquefying, nonhaemolytic moraxellae, Moraxella bovis and Moraxella nonliquefaciens. Acta Path. et Microbiol. Scandinav., 1965, 65, 435-449. GOODFELLOW (M.) et O’DONNELL (A.G.) : Roots of bacterial systematics. In : M. GOODFELLOW et A.G. O’DONNELL (éditeurs), Handbook of new bacterial systematics, Academic Press, Londres, 1993, 3-54. JONES (D.) : Bacterial classification IV. Genetic methodes. In : Williams ST, Sharpe ME et Holt JG (éditeurs), Bergey’s manual of systematic bacteriology. Volume 4 , The Williams and Wilkins Compagny, Baltimore, 1989, p. 2310-2312. JONES (D.) et SNEATH (P.H.A.) : Genetic transfer and bacterial taxonomy. Bacteriol. Rev., 1970, 34, 40-81. KODJO (A.), EXBRAYAT (P.) et RICHARD (Y.) : Identification of Moraxella bovis and related species from calves with IBK and goats by qualitative genetic transformation assay. J. Vet. Med., 1994, B41, 336-343.
*** : L’espèce Moraxella caprae ne doit pas être confondue avec "Moraxella caprae". Ce dernier taxon, isolé en 1960 de cas de kératites chez la chèvre, n’a pas été retenu dans les "Approved Lists of Bacterial Names" et ne peut faire l’objet d’études complémentaires car aucune souche n’est actuellement disponible. Dans la huitième édition du Bergey’s Manual of Determinative Bacteriology, "Moraxella caprae" est décrite comme une espèce présentant tous les caractères de Moraxella bovis à l’exception de ses propriétés antigéniques.
|
||