|
||
|
Créé le 10 octobre 2001
MYCOBACTERIUM CHELONAE, MYCOBACTERIUM ABSCESSUS
Autres dénominations :
Note : Pour une information concernant les poissons cités dans ce fichier, voir le site FishBase (rentrer le nom du genre et le nom de l'espèce dans le fichier Search FishBase).
Systématique
Les souches apparentées à ¤ Mycobacterium fortuitum avaient reçu différentes appellations : ¤ Mycobacterium fortuitum, "Mycobacterium giae", "Mycobacterium minetti", ¤ Mycobacterium peregrinum, "Mycobacterium ranae", Mycobacterium chelonei (sic), Mycobacterium abscessus, "Mycobacterium borstelense", "Mycobacterium friedmanii" et "Mycobacterium runyonii".
En 1980, les nomenclatures de Mycobacterium chelonei, de Mycobacterium chelonei subsp. abscessus et de Mycobacterium chelonei subsp. chelonei ont été retenues par les Approved Lists of Bacterial Names. Ultérieurement, l'épithète chelonei a été corrigée en chelonae et Mycobacterium chelonae subsp. abscessus a été élevé au rang d'espèce.
En 1976 et en 1978, des mycobactéries phénotypiquement proches de Mycobacterium chelonae ont été mises en évidence chez des patients dialysés présentant une péritonite. Ces souches, également isolées des machines de dialyse et l'eau alimentant ces machines, ont été appelées Mycobacterium chelonae-like. En 1995, sur la base des caractères génotypiques (séquence des ARNr 16S et homologies ADN - ADN), ces souches ont été incluses dans une nouvelle espèce, Mycobacterium mucogenicum. À la connaissance de l'auteur, Mycobacterium mucogenicum n'a pas été mis en évidence chez les animaux. En septembre 2001, Wilson et al. valident la nomenclature de Mycobacterium immunogenum pour des souches de mycobactéries, proches de Mycobacterium abscessus, isolées de l'environnement (notamment dans les industries travaillant sur des huiles synthétiques ou semi-synthétiques à base d'eau) et de divers prélèvements d'origine humaine. Comme c'est le cas pour Mycobacterium mucogenicum, à la connaissance de l'auteur, Mycobacterium immunogenum n'a pas été caractérisé dans des prélèvements d'origine animale. Les souches connues sous le nom de "Mycobacterium salmoniphilum" Ross1960 étaient considérées comme des représentants de Mycobacterium chelonae ou de ¤ Mycobacterium fortuitum. En novembre 2007, Whipps et al. montrent que ces souches sont proches, mais distinctes de Mycobacterium chelonae. Ces souches constituent une nouvelle espèce pour laquelle Whipps et al. valident la nomenclature de ¤ Mycobacterium salmoniphilum (ex Ross 1960) Whipps et al. 2007, sp. nov., nom. rev.
Mycobacterium abscessus, Mycobacterium chelonae, Mycobacterium immunogenum, ¤ Mycobacterium salmoniphilum ainsi que Mycobacterium massiliense et Mycobacterium bolletii sont étroitement apparentés et elles constituent le "complexe Mycobacterium chelonae".
Caractères bactériologiques
Mycobacterium abscessus et Mycobacterium chelonae sont des mycobactérie non responsables de tuberculose (MAMT pour mycobactéries autres que les mycobactéries de la tuberculose) appartenant au groupe IV de la classification de Runyon1 (mycobactéries à croissance rapide).
Outre les caractères généraux de la famille des Mycobacteriaceae2 et du genre Mycobacterium3, ces deux espèces présentent les caractères suivants :
Les caractères phénotypiques permettant de différencier Mycobacterium abscessus de Mycobacterium chelonae sont peu nombreux. Mycobacterium chelonae ne cultive pas sur une gélose de MacConkey incubée à 37 °C, ne cultive pas en présence de 5 p. cent de NaCl à 35 °C, mais cette espèce assimile le citrate. Des résultats inverses sont obtenus avec Mycobacterium abscessus.
Quelques caractères permettant de différencier Mycobacterium abscessus et Mycobacterium chelonae des autres espèces du "complexe Mycobacterium chelonae" sont données dans le tableau I.
Habitat et pouvoir pathogène
Les données concernant l'habitat et le pouvoir pathogène ne sont pas toujours fiables compte tenu (i) des changements taxonomiques intervenus au sein des mycobactéries du complexe Mycobacterium fortuitum ; (ii) de la description de nouvelles espèces et (iii) de la difficulté à différencier Mycobacterium abscessus et Mycobacterium chelonae. Ainsi, une souche qualifiée de Mycobacterium chelonae peut être une souche de Mycobacterium abscessus ou une souche de Mycobacterium immunogenum voire même, dans les publications un peu anciennes, une souche de ¤ Mycobacterium fortuitum. Habitat Mycobacterium abscessus et Mycobacterium chelonae sont des germes très largement répandus dans l'environnement, notamment dans l'eau (eau de rivière, eau de lac, eau de mer, eau d'égout) et, certainement, dans le sol. En Norvège, en Suède et en Allemagne, Mycobacterium chelonae est fréquemment isolé des sphaignes et il est probable que Mycobacterium abscessus puisse être isolé de tels prélèvements. Mycobacterium chelonae et Mycobacterium abscessus résistent mieux au chlore que les bactéries coliformes, ils sont aptes à se multiplier dans l'eau distillée, ils ont été isolés d'échantillons d'eau potable, ils sont fréquemment isolés des systèmes de purification d'eau à usage domestique et ils sont présents dans les biofilms des conduites d'eau. Ces caractéristiques permettent de comprendre que ces espèces puissent survivre et se multiplier dans les réseaux d'eau. En milieu hospitalier, l'eau peut être à l'origine d'infections nosocomiales. Mycobacterium chelonae et Mycobacterium abscessus peuvent résister à des désinfectants tels que le glutaraldéhyde à 2 p. cent (glutaraldéhyde à 2 p. cent + bicarbonate de sodium à 0,3 p. cent) ou le formol à 8 p. cent ce qui renforce leur capacité à contaminer du matériel médical, du matériel chirurgical, du matériel utilisé pour le "percing", des antiseptiques, des réactifs de laboratoire (comme des solutions de violet de gentiane) et de l'eau distillée. Pouvoir pathogène chez les poissons et les batraciens Compte tenu de leur habitat, Mycobacterium abscessus et Mycobacterium chelonae sont aptes à infecter des poissons d'eau douce et des poissons d'eau de mer (poissons sauvages, poissons d'élevage, poissons d'aquarium). Ces infections ont été décrites chez de nombreuses espèces dont Astronotus ocellatus, Carassius auratus auratus, Cichlasoma bimaculatum, Danio rerio, Oryzias latipes, Perca flavescens, Thorichthys meeki... L'infection des poissons peut rester inapparente ou provoquer une maladie parfois désignée sous le terme de "tuberculose des poissons" (ou "fish tuberculosis")4. Les symptômes sont alors comparables à ceux observés lors d'infections à ¤ Mycobacterium marinum : amaigrissement progressif, diminution de l'appétit, baisse de la fécondité, apparition de lésions cutanées (lésions hémorragiques, chute des écailles, ulcérations), distension de l'abdomen avec accumulation de liquide dans la cavité péritonéale, apparitions de granulomes dans de nombreux organes notamment le foie, la rate et les reins. Une augmentation anormale de la mortalité est parfois le seul signe clinique observé. Mycobacterium chelonae a été mis en évidence chez des batraciens (Bufo marinus, Bufo granulosus, Xenopus laevis) et des cas d'infections ont été diagnostiqués dans un élevage de xénopes de laboratoire. Les animaux malades présentaient des ulcères cutanées, un manque de vigueur et un amaigrissement. Le germe a été isolé non seulement des lésions cutanées mais aussi du foie, de la rate et du sang. Pouvoir pathogènes pour les autres espèces animales Chez les serpents et les tortues, Mycobacterium chelonae est responsable de maladies granulomateuses. Chez la tortue, l'infection peut rester localisée à la peau ou se généraliser avec présence de granulomes sur les poumons, le foie et la rate. De rares cas d'infection à Mycobacterium chelonae ont été décrits chez des mammifères sauvages [musaraigne des jardins (Crocidura suaveolens), campagnol des champs (Microtus arvalis), phoque (Arctocephalus australis), otarie (Otaria flavescens), lamantin de l'Amazone (Trichechus inunguis), fourmilier marsupial rayé (Myrmecobius fasciatus)] ainsi que chez des mammifères domestiques (chats, chiens, porcs, bovins, hamsters, souris de laboratoire).
Chez le chien et le chat, la maladie se traduit pas des abcès cutanés. Chez le porc, Mycobacterium chelonae a été mis en évidence dans une lésion caséeuse des muscles du cou. Chez le hamster, un cas d'infection généralisée a été décrit et, chez la souris immunodéprimée (thymectomie ou absence de LB et de LT fonctionnels), cette bactérie a été isolée de lésions granulomateuses de la queue.
Pouvoir pathogène chez l'homme Chez l'homme, Mycobacterium abscessus et Mycobacterium chelonae sont à l'origine de contaminations de plaies traumatiques ou chirurgicales, d'infections cutanées (abcès chroniques ou ulcères chroniques), d'infections des tissus mous, d'infections articulaires, de ténosynovites, d'endocardites provoquées par des prothèses valvulaires contaminées, de bactériémies (notamment consécutives à la pose de cathéters), d'infections de la cornée, d'infections pulmonaires (principalement dues à Mycobacterium abscessus) chez des patients présentant une pathologie pulmonaire sous-jacente... Des infections disséminées ont été observées chez des sujets préalablement affaiblis : infections cutanées disséminées chez des patients atteint d'insuffisance rénale ou ayant reçu une greffe de rein, infections généralisées à de nombreux organes et de pronostic grave chez des patients présentant une diminution de l'immunité à médiation cellulaire, infections généralisées de pronostic moins sombre chez des individus présentant divers troubles pathologiques mais sans atteinte de l'immunité à médiation cellulaire. Aux U.S.A., l'injection d'un médicament non autorisé et contaminé par Mycobacterium abscessus, a provoqué la formation d'abcès chez 87 patients entre le mois de janvier 1995 et le mois d'août 1996. En Colombie, la formation d'abcès chez 350 patients a été attribuée à des injections de lidocaine contaminée par Mycobacterium abscessus. La contamination de réactifs de laboratoires et/ou d'eau distillée stérile peut être à l'origine de pseudo-infections par contamination des prélèvements.
Diagnostic bactériologique
La mise en évidence de bactéries acido-alcoolo-résistantes dans les lésions permet de soupçonner une infection à Mycobacterium sp. Le diagnostic nécessite la mise en culture du prélèvement suivie de son identification. Mycobacterium abscessus et Mycobacterium chelonae cultivent généralement en 3 à 5 jours sur une gélose trypticase soja au sang de mouton ou sur milieu 7H11. Les cultures doivent, de préférence, être incubées à une température comprise entre 22 et 28 °C car certaines souches de Mycobacterium chelonae cultivent mal ou pas du tout à 37 °C. Les caractères permettant de différencier Mycobacterium abscessus et Mycobacterium chelonae des espèces du "complexe Mycobacterium chelonae" figurent dans le tableau I et les caractères permettant de les différencier des autres mycobactéries pathogènes pour les poissons (¤ Mycobacterium fortuitum, ¤ Mycobacterium marinum, ¤ Mycobacterium pseudoshottsii, ¤ Mycobacterium salmoniphilum, ¤ Mycobacterium shottsii et Mycobacterium sp. souche RH20005) sont donnés dans le tableau II. L'identification des souches de Mycobacterium chelonae peut être réalisée grâce à l'emploi d'un kit commercialisé (INNO LiPA Mycobacteria, Innogenetics) basé sur l'hybridation de de la séquence intergénique 16S-23S amplifiée par PCR avec 14 sondes spécifiques fixées sur une membrane. Une évaluation de ce kit, réalisée par Tortoli et al., montre que les 27 souches de Mycobacterium chelonae testées étaient correctement identifiées. Malheureusement, ce kit ne permet pas la caractérisation de Mycobacterium abscessus.
L'analyse des acides gras cellulaires et l'étude des iso-enzymes est une technique réservée aux laboratoires spécialisés et il en va de même pour diverses techniques génétiques (à l'exception du kit INNO LiPA Mycobacteria). Parmi ces dernières, outre le séquençage des ARNr 16S, on peut citer :
Sensibilité aux antibiotiques
Même s'il existe des recommandations du NCCLS (National Committee for Clinical Laboratory Standards), il n'existe pas de méthode standardisée et universellement reconnue pour l'évaluation in vitro de la sensibilité aux antibiotiques de Mycobacterium abscessus et de Mycobacterium chelonae. La technique de microdilution est souvent recommandée et elle semble donner de meilleurs résultats que la technique du Etest®.
Les souches de Mycobacterium abscessus et de Mycobacterium chelonae se caractérisent par une multirésistance aux antibiotiques. De plus, des mécanismes de résistance acquise par mutation, notamment vis-à-vis de l'amikacine et de la clarithromycine, ont été identifiés.
Le traitement antibiotique des animaux pose de nombreux problèmes :
Prophylaxie
Il n'existe pas vaccin capable de prévenir les infections à Mycobacterium abscessus et à Mycobacterium chelonae. La prophylaxie devra donc reposer sur des mesures de prophylaxie sanitaire.
Orientation bibliographique
Site Web : Tuberculose. Techniques de diagnostic en mycobactériologie (Michel Fabre, Frédéric Augu & Stéphane Lecaudey)
ASTROFSKY (K.M.), SCHRENZEL (M.D.), BULLIS (R.A.), SMOLOWITZ (R.M.) et FOX (J.G.) : Diagnosis and management of atypical Mycobacterium spp. infections in established laboratory zebrafish (Brachydanio rerio) facilities. Comp. Med., 2000, 50, 666-672. BERCOVIER (H.) et VINCENT (V.) : Mycobacterial infections in domestic and wild animals due to Mycobacterium marinum, M. fortuitum, M. chelonae, M. porcinum, M. farcinogenes, M. smegmatis, M. scrofulaceum, M. xenopi, M. kansasii, M. simiae and M. genavense. Rev. Sci. Tech. Off. Int. Epiz., 2001, 20, 265-290. CAMARGO (D.), SAAD (C.), RUIZ (F.), RAMIREZ (M.E.), LINEROS (M.), RODRIGUEZ (G.), NAVARRO (E.), PULIDO (B.) et OROZCO (L.C.) : Iatrogenic outbreak of M. chelonae skin abscesses. Epidemiol. Infect., 1996, 117, 113-119. COVERT (T.C.), RODGERS (M.R.), REYES (A.L.) et STELMA Jr. (G.N.) : Occurrence of nontuberculous mycobacteria in environmental samples. Appl. Environ. Microbiol., 1999, 65, 2492-2496. CONVILLE (P.S.) et WITEBSKY (F.G.) : Variables affecting results of sodium chloride tolerance test for identification of rapidly growing mycobacteria. J. Clin. Microbiol., 1998, 36, 1555-1559. DEVALLOIS (A.), SENG GOH (K.) et RASTOGI (N.) : Rapid identification of mycobacteria to species level by PCR-restriction fragment length polymorphism analysis of the hsp65 gene and proposition of an algorithm to differentiate 34 mycobacterial species. J. Clin. Microbiol., 1997, 35, 2969-2973. DULIN (M.P.) : A review of tuberculosis (mycobacteriosis) in fish. Vet. Med, May 1979, 731-735. FALKINHAM (J.O.) : Epidemiology of infection by nontuberculous mycobacteria. Clin. Microbiol. Rev., 1996, 9, 177-215. FISHEDER (R.), SCHULZE-RÖBBECKE (R.) et WEBER (A.) : Occurence of mycobacteria in drinking water samples. Zbl. Hyg., 1991, 192, 154-148. GALIL (K.), MILLER (L.A.), YAKRUS (M.A.), WALLACE Jr. (R.J.), MOSLEY (D.G.), ENGLAND (B.), HUITT (G.), McNEIL (M.M.) et PERKINS (B.A.) : Abscesses due to Mycobacterium abscessus linked to injection of unapproved alternative medication. Emerging Infectious Diseases, 1999, 5, 681-687. GAYNOR (W.T.), COUSINS (D.V.) et FRIEND (J.A.) : Mycobacterial infections in numbats (Myrmecobius fasciatus). J. Zoo Wildlife Med., 1990, 21, 476-479. GREEN (S.L.), LIFLAND (B.D.), BOULEY (D.M.), BROWN (B.A.), WALLACE Jr. (R.J.) et FERRELL Jr. (J.E.) : Disease attributed to Mycobacterium chelonae in South African clawed frogs (Xenopus laevis). Comp. Med., 2000, 50, 675-679. GROSS (T.L.) et CONNELLY (M.R.) : Nontuberculous mycobacterial infections in two dogs. Vet. Pathol., 1983, 20, 117-119. HECKERT (R.A.), ELANKUMARAN (S.), MILANI (A.) et BAYA (A.) : Detection of a new Mycobacterium species in wild striped bass in the Chesapeake Bay. J. Clin. Microbiol., 2001, 39, 710-715. HOWARD (S.T.) et BYRD (T.F.) : The rapidly growing mycobacteria: saprophytes and parasites. Microbes and Infection, 2000, 2, 1845-1853. HSUEH (P.R.), TENG (L.J.), YANG (P.C.), CHEN (Y.C.), HO (S.W.) et LUH (K.T.) : Recurrent catheter-related infection caused by a single clone of Mycobacterium chelonae with two colonial morphotypes. J. Clin. Microbiol., 1998, 36, 1422-1424. KELLOGG (J.A.), BANKERT (D.A.), WITHERS (G.S.), SWEIMLER (W.), KIEHN (T.E.) et PFYFFER (G.E.) : Application of the Sherlock mycobacteria identification system using high-performance liquid chromatography in a clinical laboratory. J. Clin. Microbiol., 2001, 39, 964-970. KUSUNOKI (S.) et EZAKI (T.) : Proposal of Mycobacterium peregrinum sp. nov., nom. rev., and elevation of Mycobacterium chelonae subsp. abscessus (Kubica et al.) to species status: Mycobacterium abscessus comb. nov. Int. J. Syst. Bacteriol., 1992, 42, 240-245. LAI (K.K.), BROWN (B.A.), WESTERLING (J.A.), FONTECCHIO (S.A.), ZHANG (Y.) et WALLACE Jr. (R.J.) : Long-term laboratory contamination by Mycobacterium abscessus resulting in two pseudo-outbreaks: recognition with use of random amplified polymorphic DNA (RAPD) polymerase chain reaction. Clin. Infect. Dis., 1998, 27, 169-175. MÄHLER (M.) et JELÍNEK (F.) : Granulomatous inflammation in the tails of mice associated with Mycobacterium chelonae infection. Lab. Anim., 2000, 34, 212-216. McCORMIK (J.I.), HUGHES (M.S.) et McLOUGHLIN (M.F.) : Identification of Mycobacterium chelonae in a cichlid oscar, Astronotus ocellatus Cuvier, by direct cycle sequencing of polymerase chain reaction amplified 16s rRNA gene sequences. J. Fish Dis., 1995, 18, 459-461. MÉNARD (L.), VANASSE (C.), DIAZ (C.) et RIVARD (G.) : Mycobacterium chelonei mastitis in a Quebec dairy herd. Can. Vet. J., 1983, 24, 305-307. PARK (H.Y.), JANG (H.), KIM (C.), CHUNG (B.), CHANG (C.L.), PARK (S.K.) et SONG (S.) : Detection and identification of mycobacteria by amplification of the internal transcribed spacer regions with genus-and species-specific PCR primers. J. Clin. Microbiol., 2000, 38, 4080-4085. RAAD (I.I.), VARTIVARIAN (S.), KHAN (A.) et BODEY (G.P.) : Catheter-related infections caused by the Mycobacterium fortuitum complex: 15 cases and review. Rev. Infect. Dis., 1991, 13, 1120-1125. RASTOGI (N.), LEGRAND (E.) et SOLA (C.) : The mycobacteria: an introduction to nomenclature and pathogenesis. Rev. Sci. Tech. Off. Int. Epiz., 2001, 20, 21-54. RINGUET (H.), AKOUA-KOFFI (C.), HONORE (S.), VARNEROT (A.), VINCENT (V.), BERCHE (P.), GAILLARD (J.L.) et PIERRE-AUDIGIER (C.) : hsp65 sequencing for identification of rapidly growing mycobacteria. J. Clin. Microbiol., 1999, 37, 852-857. ROTH (A.), REISCHL (U.), STREUBEL (A.), NAUMANN (L.), KROPPENSTEDT (R.M.), HABICHT (M.), FISCHER (M.) et MAUCH (H.) : Novel diagnostic algorithm for identification of mycobacteria using genus-specific amplification of the 16S-23S rRNA gene spacer and restriction endonucleases. J. Clin. Microbiol., 2000, 38, 1094-1104. SPRINGER (B.), BÖTTGER (E.C.), KIRSCHNER (P.) et WALLACE Jr. (R.J.) : Phylogeny of the Mycobacterium chelonae-like organism based on partial sequencing of the 16S rRNA gene and proposal of Mycobacterium mucogenicum sp. nov. Int. J. Syst. Bacteriol., 1995, 45, 262-267. STEINGRUBE (V.A.), GIBSON (J.L.), BROWN (B.A.), ZHANG (Y.), WILSON (R.W.), RAJAGOPALAN (M.) et WALLACE Jr. (R.J.) : PCR amplification and restriction endonuclease analysis of a 65-kilodalton heat shock protein gene sequence for taxonomic separation of rapidly growing mycobacteria. J. Clin. Microbiol., 1995, 33, 149-153. TALAAT (A.M.), REIMSCHUESSEL (R.) et TRUCKSIS (M.) : Identification of mycobacteria infecting fish to the species level using polymerase chain reaction and restriction enzyme analysis. Vet. Microbiol., 1997, 58, 229-237. THOREL (M.F.) et BOISVERT (H.) : Abcès du chat à Mycobacterium chelonei. Bull. Acad. Vét., 1974, 47, 415-422. TORTOLI (E.), NANETTI (A.), PIERSIMONI (C.), CICHERO (P.), FARINA (C.), MUCIGNAT (G.), SCARPARO (C.), BARTOLINI (L.), VALENTINI (R.), NISTA (D.), GESU (G.), PASSERINI TOSI (C.), CROVATTO (M.) et BRUSAROSCO (G.) : Performance assessment of new multiplex probe assay for identification of mycobacteria. J. Clin. Microbiol., 2001, 39, 1079-1084. TRUPIANO (J.K.), SEBEK (B.A.), GOLDFARB (J.), LEVY (L.R.), HALL (G.S.) et PROCOP (G.W.) : Mastitis due to Mycobacterium abscessus after body piercing. Clin. Infect. Dis., 2001, 33, 131-134. VAN DUIJN (C.) : Tuberculosis in fishes. J. Small. Anim. Pract., 1981, 22, 391-411. WALLACE Jr. (R.J.), BROWN-ELLIOTT (B.A.), WARD (S.C.), CRIST (C.J.), MANN (L.B.) et WILSON (R.W.) : Activities of linezolid against rapidly growing mycobacteria. Anticrob. Agents Chemother., 2001, 45, 764-767. WALLACE Jr. (R.J.), MEIER (A.), BROWN (B.A.), ZHANG (Y.), SANDER (P.), ONYI (G.O.) et BÖTTGER (E.C.) : Genetic basis for clarithromycin resistance among isolates of Mycobacterium chelonae and Mycobacterium abscessus. Antimicrob. Agents Chemother., 1996, 40, 1676-1681. WAYNE (L.G.) et SRAMEK (H.A.) : Agents of newly recognized or infrequently encountered mycobacterial diseases. Clin. Microbiol. Rev., 1992, 5, 1-25. WHIPPS (C.M.), BUTLER (W.R.), POURAHMAD (F.), WATRAL (V.G.) et KENT (M.L.) : Molecular systematics support the revival of Mycobacterium salmoniphilum (ex Ross 1960) sp. nov., nom. rev., a species closely related to Mycobacterium chelonae. Int. J. Syst. Evol. Microbiol., 2007, 57, 2525-2531. WILSON (R.W.), STEINGRUBE (V.A.), BÖTTGER (E.C.), SPRINGER (B.), BROWN-ELLIOTT (B.A.), VINCENT (V.), JOST Jr. (K.C.), ZHANG (Y.), GARCIA (M.J.), CHIU (S.H.), ONYI (G.O.), ROSSMOORE (H.), NASH (D.R.) et WALLACE Jr. (R.J.) : Mycobacterium immunogenum sp. nov., a novel species related to Mycobacterium abscessus and associated with clinical disease, pseudo-outbreaks and contaminated metalworking fluids: an international cooperative study on mycobacterial taxonomy. Int. J. Syst. Evol. Microbiol., 2001, 51, 1751-1764. WOODS (G.L.) : Susceptibility testing for mycobacteria. Clin. Infect. Dis., 2000, 31, 1209-1215. WOODS (G.L.), BERGMANN (J.S.), WITEBSKY (F.G.), FAHLE (G.A.), WANGER (A.), BOULET (B.), PLAUNT (M.), BROWN (B.A.) et WALLACE Jr. (R.J.) : Multisite reproducibility of results obtained by the broth microdilution method for susceptibility testing of Mycobacterium abscessus, Mycobacterium chelonae, and Mycobacterium fortuitum. J. Clin. Microbiol., 1999, 37, 1676-1682. YAKRUS (M.A.), HERNANDEZ (M.), FLOYD (M.M.), SIKES (D.), BUTLER (W.R.) et METCHOCK (B.) : Comparison of methods for identification of Mycobacterium abscessus and M. chelonae isolates. J. Clin. Mirobiol., 2001, 39, 4103-4110.
AVIS JURIDIQUE IMPORTANT : Les informations qui figurent sur ce site sont soumises à une clause de non responsabilité et sont protégées par un copyright.
Pour des raisons pratiques, les mycobactéries sont réparties en trois groupes : (i) Mycobacterium leprae ; (ii) les mycobactéries responsables de tuberculoses ou mycobactéries du complexe Mycobacterium tuberculosis (Mycobacterium africanum, Mycobacterium bovis, Mycobacterium microti et Mycobacterium tuberculosis) et (iii) les mycobactéries autres que les mycobactéries de la tuberculose (MAMT ou MOTT pour mycobacteria other than tuberculosis). Les MAMT étaient autrefois qualifiées de "mycobactéries atypiques" termes qui sont généralement abandonnés car ils pouvaient laisser croire que ces espèces n'étaient pas d'authentiques mycobactéries.
Dans la classification de Runyon, les MAMT sont distingués en quatre groupes :
La famille des Mycobacteriaceae La famille des Mycobacteriaceae constitue, avec les familles des Corynebacteriaceae (genres Corynebacterium et Turicella), des Dietziaceae (genre Dietzia), des Gordoniaceae (genre Gordonia), des Nocardiaceae (genres ¤ Nocardia et ¤ Rhodococcus), des Tsukamurellaceae (genres Tsukamurella) et des "Williamsiaceae" (genre Williamsia), le sous-ordre des Corynebacterineae placé dans l'ordre des Actinomycetales (voir le fichier ¤ Actinobacteria). Elle est constituée d'un unique genre, le genre Mycobacterium qui compte, à la date du 03 octobre 2001, 90 espèces dont deux (Mycobacterium avium et Mycobacterium fortuitum) sont divisées en sous-espèces (voir : ¤ Mycobacterium in ¤ List of Procaryotic Names with Standing in Nomenclature). La définition de la famille des Mycobacteriaceae et de son unique genre repose sur trois critères : l'acido-alcoolo-résistance, la composition des acides mycoliques et la valeur du G + C. p. cent.
. Acido-alcoolo-résistance
. Composition des acides mycoliques
. G + C p. cent
Caractères bactériologiques du genre Mycobacterium Les mycobactéries sont des bacilles droits ou légèrement incurvés, de 0,2 à 0,6mm de diamètre sur 1,0 à 10,0 mm de longueur, présentant parfois des renflements ou des ramifications, formant occasionnellement des hyphes rampants qui se fragmentent très facilement en éléments bacillaires (Mycobacterium farcinogenes et Mycobacterium senegalense donnent des filaments qui se fragmentent peu), ne formant jamais d'hyphes aériens visibles à l'œil nu, prenant difficilement la coloration de Gram mais considérés comme à Gram positif (en fait, la paroi des mycobactéries possède une structure plus complexe que la paroi des bactéries à Gram positif et, sur un frottis coloré par la technique de Gram, les mycobactéries apparaissent souvent comme non colorées, sous la forme de "fantômes" ce qui les fait qualifier parfois de "à Gram neutre"), acido-alcoolo-résistants (coloration de Ziehl-Neelsen, coloration de Kinyoun, coloration fluorescente à l'auramine phéniquée), immobiles, non sporulés, aérobies stricts, catalase positive.
Sur le plan structural, elles se caractérisent par une paroi originale, très riche en lipides (60 p. cent des constituants) et dont la constitution explique, au moins partiellement, les propriétés tinctoriales, la pathogénicité et la résistance à divers antibiotiques.
Selon les espèces, le temps de génération des mycobactéries varie de 2 heures à plus de 200 heures et les colonies ne sont visibles qu'après un temps d'incubation compris entre 2 jours et 10 semaines, voire plus. En fonction de leur vitesse de croissance, les espèces du genre Mycobacterium sont divisées en 2 groupes :
Les termes de "tuberculose des poissons" ou de "fish tuberculosis" ne devraient pas être utilisés car ils peuvent laisser supposer que Mycobacterium abscessus et Mycobacterium chelonae sont à l'origine d'une véritable tuberculose. De plus, pour les personnes étrangères au monde médical, le mot tuberculose peut faire croire que ces bactéries sont responsables de tuberculoses chez l'homme.
En 1997, Heckerts et al. isolent, de bars d'Amérique (Morone saxatilis), une souche de mycobactérie désignée Mycobacterium sp. RH2000. Les bars présentaient des lésions cutanées et des granulomes disséminés dans divers organes. Mycobacterium sp. RH2000 possède une séquence d'insertion particulière et les analyses phylogénétiques révèlent une parenté avec Mycobacterium ulcerans, Mycobacterium tuberculosis et Mycobacterium marinum. Les caractères bactériologiques permettent de différencier cette souche des espèces phylogénétiquement apparentées ainsi que des espèces du genre Mycobacterium pathogènes pour les poissons. Mycobacterium sp. souche RH2000 semble constituer une nouvelle espèce pour laquelle les auteurs suggèrent la dénomination de "Mycobacterium chesapeaki". Toutefois, des études complémentaires et notamment des études d'hybridation ADN - ADN sont nécessaires avant que cette nouvelle nomenclature puisse être validement publiée.
|
||