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Créé le 04 octobre 2000
MYCOBACTERIUM ELEPHANTIS
Les éléphants et, notamment ceux élevés en captivité dans des parcs zoologiques, peuvent être infectés par Mycobacterium bovis ou Mycobacterium tuberculosis. Par contre, peu de données sont disponibles en ce qui concerne l'infection des éléphants par d'autres espèces du genre Mycobacterium. En septembre 2000, Shojaei et al. proposent une nouvelle espèce du genre Mycobacterium, Mycobacterium elephantis, pour une souche bactérienne isolée d'un abcès pulmonaire d'un éléphant adulte mort de maladie respiratoire chronique. Aucune précision n'est donnée concernant l'espèce (éléphant d'Afrique ou éléphant d'Asie) et le mode de vie de l'animal (animal sauvage ou animal domestique ou animal de parc zoologique ou animal de cirque).
L'unique souche de Mycobacterium elephantis décrite par Shojaei et al. présente les caractères généraux de la famille des Mycobacteriaceae* et du genre Mycobacterium** mais, l'ensemble des critères nécessaires à la description d'une nouvelle espèce du genre Mycobacterium (voir Lévy-Frébault et Portaels 1992) ne sont pas réunis. Il est vrai que ces recommandations concernent les espèces à croissance lente et que Mycobacterium elephantis est une espèce à croissance rapide. Toutefois, on peut déplorer l'absence d'hybridation ADN - ADN et de détermination du G + C p. cent.
En 2002, Turenne et al. publient un article décrivant 11 souches bactériennes isolées de l'homme (10 souches proviennent de crachats et une souche d'un nœud lymphatique) et dont les séquences des ARNr 16S, la composition des acides mycoliques et l'analyse des fragments de restriction du gène hsp65 (codant pour la protéine du choc thermique de 65 kDa) montrent qu'elles appartiennent à l'espèce Mycobacterium elephantis. Les travaux de Turenne et al. ont permis de modifier et de compléter la description originelle de Mycobacterium elephantis.
Mycobacterium elephantis est un coccobacille faiblement acido-alcoolo-résistant, de 1,2 à 1,4 µm de longueur, à croissance rapide et scotochromogène (pigmentation jaune pale, devenant plus foncée dans les vieilles cultures).
Quelques caractères permettant de différencier Mycobacterium elephantis des espèces phylogénétiquement apparentées sont présentés dans le tableau I.
Comme le soulignent Floy et al., les tests d'identification biochimique ont été mis au point pour permettre le diagnostic des bacilles tuberculeux et de quelques autres mycobactéries importantes en clinique. Pour les autres mycobactéries, l'identification est difficile et devra, notamment, recourir à l'étude des acides mycoliques et/ou à l'analyse de la séquence des ADNr 16S.
Orientation bibliographique
Site Web : Tuberculose. Techniques de diagnostic en mycobactériologie (Michel Fabre, Frédéric Augu & Stéphane Lecaudey)
FLOYD (M.M.), GROSS (W.M.), BONATO (D.A.), SILCOX (V.A.), SMITHWICK (R.W.), METCHOCK (B.), CRAWFORD (J.T.) et BUTLER (W.R.) : Mycobacterium kubicae sp. nov., a slowly growing, scotochromogenic Mycobacterium. Int. J. Syst. Evol. Microbiol., 2000, 50, 1811-1816. LÉVY-FRÉBAULT (V.) et PORTAELS (F.) : Proposed minimal standards for the genus Mycobacterium and for description of new slowly growing Mycobacterium species. Int. J. Syst. Bacteriol., 1992, 42, 315-323. PINTO (M.R.), JAINUDEEN (M.R.) et PANABOKKE (R.G.) : Tuberculosis in a domesticated Asiatic elephant Elephas maximus. Vet. Rec., 1973, 93, 662-664. SAUNDERS (G.) : Pulmonary mycobacterium tuberculosis infection in a circus elephant. J. Am. Vet. Med. Assoc., 1983, 183, 1311-1312. SHOJAEI (H.), MAGEE (J.G.), FREEMAN (R.), YATES (M.), HORADAGODA (N.U.) et GOODFELLOW (M.) : Mycobacterium elephantis sp. nov., a rapidly growing non-chromogenic Mycobacterium isolated from an elephant. Int. J. Syst. Evol. Microbiol., 2000, 50, 1817-1819. THOEN (C.O.), RICHARDS (W.D.) et JARNAGIN (J.L.) : Mycobacteria isolated from exotic animals. J. Amer. Vet. Med. Assoc., 1977, 170, 987-990. TURENNE (C, CHEDORE (P, WOLFE (J, JAMIESON (F, MAY (K.) et KABANI (A.) : Phenotypic and molecular characterization of clinical isolates of Mycobacterium elephantis from human specimens. J. Clin. Microbiol., 2002, 40, 1230-1236.
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* : La famille des Mycobacteriaceae La famille des Mycobacteriaceae constitue avec les familles des Corynebacteriaceae (genres Corynebacterium et Turicella), des Dietziaceae (genre Dietzia) des Gordoniaceae (genre Gordonia) des Nocardiaceae (genres ¤ Nocardia et ¤ Rhodococcus) et des Tsukamurellaceae (genres Tsukamurella), le sous-ordre des Corynebacterineae placé dans l'ordre des Actinomycetales (voir le fichier ¤ Actinobacteria). Elle est constituée d'un unique genre, le genre Mycobacterium qui compte, à la date du 29 septembre 2000, 87 espèces dont deux (Mycobacterium avium et ¤ Mycobacterium fortuitum) sont divisées en sous-espèces (voir : ¤ Mycobacterium in ¤ List of Procaryotic Names with Standing in Nomenclature). La définition de la famille des Mycobacteriaceae et de son unique genre repose sur trois critères : l'acido-alcoolo-résistance, la composition des acides mycoliques et la valeur du G + C. p. cent.
. Acido-alcoolo-résistance
. Composition des acides mycoliques
. G + C p. cent
** : Caractères bactériologiques du genre Mycobacterium Les mycobactéries sont des bacilles droits ou légèrement incurvés, de 0,2 à 0,6mm de diamètre sur 1,0 à 10,0 mm de longueur, présentant parfois des renflements ou des ramifications, formant occasionnellement des hyphes rampants qui se fragmentent très facilement en éléments bacillaires (Mycobacterium farcinogenes et Mycobacterium senegalense donnent des filaments qui se fragmentent peu), ne formant jamais d’hyphes aériens visibles à l'œil nu, prenant difficilement la coloration de Gram mais considérés comme à Gram positif (en fait, la paroi des mycobactéries possède une structure plus complexe que la paroi des bactéries à Gram positif et, sur un frottis coloré par la technique de Gram, les mycobactéries apparaissent souvent comme non colorées, sous la forme de "fantômes" ce qui les fait qualifier parfois de "à Gram neutre"), acido-alcoolo-résistants (coloration de Ziehl-Neelsen, coloration de Kinyoun, coloration fluorescente à l’auramine phéniquée), immobiles, non sporulés, aérobies stricts, catalase positive.
Sur le plan structural, elles se caractérisent par une paroi originale, très riche en lipides (60 p. cent des constituants) et dont la constitution explique, au moins partiellement, les propriétés tinctoriales, la pathogénicité et la résistance à divers antibiotiques.
Selon les espèces, le temps de génération des mycobactéries varie de 2 heures à plus de 200 heures et les colonies ne sont visibles qu’après un temps d'incubation compris entre 2 jours et 10 semaines, voire plus. En fonction de leur vitesse de croissance, les espèces du genre Mycobacterium sont divisées en 2 groupes :
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