|
||
|
Créé le 7 juin 1998
MYCOBACTERIUM LEPRAEMURIUM
Autres dénominations : "Bacillus der Rattenlepra", "Mycobacterium leprae murium".
Systématique
La lèpre du rat a été décrite en 1902 lors d'une campagne de dératisation conduite en Ukraine. Un an plus tard, la maladie a été identifiée au Royaume Uni puis dans la plupart des pays. La maladie du rat présente des analogies clinique et anatomopathologique avec la lèpre de l'homme si bien que, durant de nombreuses années, l'agent de la lèpre du rat a été assimilé à Mycobacterium leprae. La présence de communautés antigéniques entre l'agent de la lèpre du rat et Mycobacterium leprae ainsi que des similitudes dans les caractères bactériologiques sont venus renforcer l'idée d'une identité entre les agents de la lèpre humaine et de la lèpre du rat. En se basant sur des arguments principalement morphologiques (contrairement à Mycobacterium leprae, l'agent de la lèpre du rat n'est pas groupé en amas ou en palissades au niveau des lésions) Marchoux et Sorel proposent l'appellation de Mycobacterium lepraemurium pour l'agent de la lèpre du rat. Cette dénomination a été incluse dans les Approved Lists of Bacterial Names et des analyses antigéniques ainsi que l'étude des sucres de la paroi, l'analyse des acides mycoliques, la possibilité de cultiver cette bactérie in vitro, l'étude des ADN et l'étude des séquences des ARNr 16S montrent que Mycobacterium lepraemurium est une espèce distincte de Mycobacterium leprae.
Caractères bactériologiques
Mycobacterium lepraemurium est un bacille de 2 à 7 mm de longueur sur 0,3 à 0,4 µm de diamètre, acido-alcoolo-résistant mais pouvant présenter une coloration irrégulière, sensible au p-nitrobenzoate (500mg/L), sensible à l'hydroxylamine (125 mg/L), donnant une réponse négative aux tests niacine, nitrate réductase, catalase thermostable, hydrolyse du Tween 80, uréase, nicotinamidase, pyrazinamidase et phosphatase acide. Cette bactérie est très difficile à cultiver in vitro et elle ne pousse pas sur les milieux couramment utilisés pour les mycobactéries (Löwenstein-Jensen, milieux gélosés de Middlebrook, milieu de Herrold, milieu de Dorset...). Toutefois, le milieu au jaune d’œuf d’Ogawa, à condition d’être ensemencé de manière abondante et d'être incubé à 30 °C, permet la croissance. Les colonies qui apparaissent en 4 à 8 semaines sont petites, rugueuses, non pigmentées ou légèrement pigmentées en jaune clair.
Habitat et pouvoir pathogène
Mycobacterium lepraemurium est responsable d’une maladie endémique, chronique et granulomateuse du rat mais cette bactérie est également responsable de la "lèpre du chat". La preuve de l'identité entre l'agent de la "lèpre du chat " et Mycobacterium lepraemurium a été apportée par la comparaison des séquences des ARNr 16S. Toutefois, d'autres mycobactéries, proches de Mycobacterium malmoense, semblent également être responsables de la "lèpre du chat".
La lèpre du chat, d’abord décrite en Nouvelle Zélande, semble avoir une répartition mondiale (Australie, Amérique du Nord, Europe). L’infection du chat résulterait de morsures de rats et la maladie se traduit par l’apparition de un ou de multiples nodules cutanés, de 1 à 3 cm de diamètre, ulcérés ou non, présents sur toutes les parties du corps mais avec une localisation préférentielle à la tête et aux membres. Les nodules sont non douloureux, l’état général de l’animal est non affecté mais on observe fréquemment une adénite des nœuds lymphatiques drainant la région. L’examen anatomopathologique révèle des granulomes inflammatoires présentant parfois des foyers de nécrose caséeuse, des macrophages et des cellules géantes multinucléées. La coloration de Ziehl permet de visualiser de nombreuses mycobactéries notamment dans les zones nécrosées et dans le cytoplasme des macrophages ou des cellules géantes. Expérimentalement, l’injection d’un broyat de granulomes reproduit chez le rat ou la souris une infection tout à fait comparable à la lèpre du rat. Le traitement fait généralement appel à une excision chirurgicale. La dapsone a été utilisée, notamment en Australie, mais cette substance provoque des effets secondaires importants chez le chat (anémie hémolytique, troubles nerveux).
Diagnostic bactériologique
Le diagnostic repose sur la mise en évidence dans les lésions de nombreuses bactéries acido-alcoolo-résistantes, souvent présentes dans les macrophages, et ne cultivant pas sur Löwenstein-Jensen (les autres mycobactéries telles que ¤ Mycobacterium fortuitum, ¤ Mycobacterium chelonae ou ¤ Mycobacterium smegmatis, capables de provoquer des lésions cutanées chez le chat, sont cultivables in vitro sur les milieux couramment utilisés pour les mycobactéries). La technique de PCR décrite par Hughes et al. peut être mise en œuvre directement dans les prélèvements et, selon les auteurs, donnent un diagnostic de certitude.
Orientation bibliographique
Site Web : Tuberculose. Techniques de diagnostic en mycobactériologie (Michel Fabre, Frédéric Augu & Stéphane Lecaudey)
GREENE (C.E.) : Mycobacterial infections. In : C.E. GREENE (ed.) : Infectious diseases of the dog and cat. W.B. Saunders Company, 1990, pp. 558-572. HUGHES (M.S.), BALL (N.W.), BECK (L.A.), de LISLES (G.W.), SKUCE (R.A.) et NEILL (D.D.) : Determination of the etiology of presumptive feline leprosy by 16S rRNA gene analysis. J. Clin. Microbiol., 1997, 35, 2464-2471. HUGHES (M.S.), JAMES (G.), BALL (N.W.), SCALLY (M.), MALIK (R.), WIGNEY (D.I.), MARTIN (P.), CHEN (S.), MITCHELL (D.) et LOVE (D.N.) : Identification by 16S rRNA gene analyses of a potential novel mycobacterial species as an etiological agent of canine leproid granuloma syndrome. J. Clin. Microbiol., 2000, 38, 953-959. LEWIS (D.T.) et KUNKLE (G.A.) : Feline leprosy. In: C.E. GREENE (ed.) : Infectious Diseases of the Dog and Cat. Second edition, W.B. Saunders, Philadelphia, 1998, pp. 321-322. MONROE (W.E.), AUGUST (J.R.), CHICKERING (W.R.) et SRIRANGANATHAN (N). : Atypical mycobacterial infections in cats. Comp. Cont. Educ. Pract. Vet., 1988, 10, 1044-1048. RASTOGI (N.), LEGRAND (E.) et SOLA (C.) : The mycobacteria: an introduction to nomenclature and pathogenesis. Rev. Sci. Tech. Off. Int. Epiz., 2001, 20, 21-54. ROJAS-ESPINOSA (O.) et LØVIK (M.) :Mycobacterium leprae and Mycobacterium lepraemurium infections in domestic and wild animals. Rev. Sci. Tech. Off. Int. Epiz., 2001, 20, 219-251. SCHIEFER (H.B.) et MIDDLETON (D.M.) : Experimental transmission of a feline mycobacterial skin disease (feline leprosy). Vet. Pathol., 1983, 20, 460-471 THOMPSON (E.J.), LITTLE (P.B.) et CORDES (D.O.) : Observations of cat leprosy. N.Z. Vet. J., 1979, 27, 233-235. WHITE (S.D.) : Cutaneous mycobacteriosis. In : R.M. KIRK (ed.) : Current veterinary therapy small animal practice. Volume IX, WB Saunders company, Philadelphie, 1986, 529-531. WILKINSON (G.T.) : Feline leprosy. In : R.M. KIRK (ed.) : Current veterinary therapy small animal practice. Volume VI., WB Saunders company, 1977, Philadelphie, 569-571.
AVIS JURIDIQUE IMPORTANT : Les informations qui figurent sur ce site sont soumises à une clause de non responsabilité et sont protégées par un copyright.
|
||